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13/01/2010

_Les guides de l'imaginaire : 1. Les thèmes_

Les guides de l'imaginaire : 1. Les thèmes : Alain DOUILLY : 2002 : Bandits Company/La tête ailleurs : pas d'ISBN : 209 pages (y compris une sorte d'index) : coûtait 15 Euros pour un TP largement illustré en couleur à tirage limité (2700 exemplaires).

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Ce guide est dû à la plume d'Alain Douilly, un libraire de la région parisienne qui a récemment sorti un livre sur la collection Anticipation (voir http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/02/16/anticipatio...). La présence d'une numérotation indique qu'il faisait partie d'un ensemble projeté comportant trois ouvrages, le second étant justement consacré au FNA et le troisième aux "Suites, séries et sagas". Hélas, cette aventure semble s'être arrêtée immédiatement avec ce premier volume même s'il est logique de penser que le deuxième tome a servi de base à l'ouvrage évoqué plus haut.

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L'ouvrage débute par une courte présentation qui permet à l'auteur de préciser le vocabulaire propre aux différents genres (puisqu'il couvre la SF, la Fantasy, l'Horreur et le Fantastique) par le biais d'une énumération des divers sous-genres qui les composent. Conformément à son sous-titre, le reste de l'ouvrage est constitué d'un guide thématique qui propose pour un thème donné une sélection de livres où il est abordé. Douilly commence la quarantaine de thèmes traités par Apocalypse/Catastrophes et termine par Virus en passant par Extraterrestres ou Médiéval magique. Pour chacun d'entre eux, il nous propose entre dix et quarante livres organisés (vaguement) par ordre alphabétique d'auteur à l'aide d'un court résumé. Il fournit aussi quelques maigres indications bibliographiques (éditions, appartenance à un cycle). L'ensemble est illustré par un grand nombre de reproductions de couvertures en couleur, parfois en pleine page. Un index par nom d'auteur et titre pointant vers le thème permet de s'y retrouver.

Chroniques du pays des mères (LDP 1996).jpg

Voici un livre qu'il serait extrêmement facile à éreinter : énormes erreurs d'attributions comme ce Seigneurs de lumière (notez la coquille sur le titre) soi-disant écrit par Silverberg alors que la couverture du livre avec le bon auteur est justement reproduite à côté, petites erreurs d'attribution comme ce Lait de la chimère sous la plume de Kit Reed (Douilly a au moins le nom de famille de bon), tromperie sur l'auteur comme ce Planète des dinosaures indiquant Ray Bradbury alors que ce sharecrop est dû à Stephen Leigh; appartenance de certains titres à certains thèmes douteuse (Les dieux eux-mêmes présentés comme une histoire d'invasion) ou choix discutables en terme de qualité (les Hubbard); absence de table de matières qui rend l'index inexploitable du fait que les numéros de pages des thèmes ne sont donc indiqués nulle part (et une fois que l'on a compris que De Camp est classé à son prénom Sprague); choix des éditions mentionnées (puisqu'elles ne le sont pas toutes) d'une logique incompréhensible; informations sur les textes très limitées (pas de date, pas de TO, pas de VT comme pour Les 6 lendemains) ou simple incapacité d'imprimer correctement les trémas (qui transforme les ë en sortes de D cyrilliques).

Seigneur de lumière (Denoel 1984).jpg

Mais voilà, pour un amateur de couvertures comme moi, l'ouvrage a un capital sympathie très important qui le rend très agréable à feuilleter, d'autant que la qualité de reproduction est très bonne (grâce à un papier de qualité). De plus, Douilly fait l'effort méritoire de sortir des sentiers battus (même si les textes ultra connus sont bien là) ce qui rend ce guide intéressant à mettre entre les mains de néophytes ou d'amateurs moins chevronnés qui pourront ainsi être amenés à découvrir des choses aussi obscures (malgré leurs qualités) que Caroline oh ! Caroline ! ou la série des Lord Darcy. Au final un ouvrage d'initiation séduisant qui aurait quand même gagné à être un peu vérifié.

Caroline Oh ! Caroline (Le Masque 1976).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

08/01/2010

_Galaxy magazine : The dark and the light years_

Galaxy magazine : The dark and the light years : David L. ROSHEIM : 1986 : Advent : ISBN-10 0-911682-28-7 : 343 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait à sa sortie 15 USD pour un HC solide illustré en N&B avec jaquette qui semble être disponible en neuf chez NESFA (www.store.nesfa.org) qui stocke une partie des titres Advent.

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Des trois principaux magazines américains de SF des années 50 à 80, Galaxy est certainement le plus directement connu des lecteurs français (les deux autres étant F&SF, Fiction en VF et Analog). Il est en effet celui qui a eu une édition dans notre pays qui était la plus proche de l'original, tant en termes de présentation que de contenu. Le seul point complexe étant l'existence successive de deux versions, une première série par les éditions Nuit & Jour suivie d'une deuxième série chez OPTA (65 puis 157 numéros sans compter les fantômes ou récupérations tardives).

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Cet ouvrage est donc une histoire de la revue Galaxy, de son premier numéro (Octobre 1950) à son dernier (Juillet 1980). Il est divisé en deux parties en fonction du rédacteur en chef du magazine. La première est consacrée à l'ère Gold (1950-1961) et la seconde aux années suivantes qui ont vu se succéder plusieurs dirigeants avec une fréquence de plus en plus rapide (Pohl, Jakobsson, Baen et les autres). Ces grandes divisions sont ensuite découpées en chapitres plus petits (couvrant deux ou trois années). Dans chacun d'entre eux, Rosheim parcourt chaque numéro chronologiquement en présentant largement la couverture, les textes et tous les à-côtés de la vie du magazine, y compris les aspects économiques tortueux qui conduiront à l'arrêt de la revue. L'ouvrage est illustré d'un nombre non négligeable de reproductions de couvertures pleine page (en N&B sauf pour la première) et comporte une bibliographie (succincte) et un index (titres et auteurs) par ordre alphabétique.

Galaxy 1972-03.jpg

L'ouvrage est d'une lecture agréable et informative malgré un certain nombre de digressions de la part de Rosheim sur des sujets connexes. Le souci est principalement un manque de ligne directrice précise. C'est tantôt une suite de résumé de textes, tantôt une tentative d'analyse critique plus approfondie ce qui provoque des ruptures dans la façon dont on peut appréhender le livre. On note la même instabilité quand à la couverture décidée par l'auteur. En effet, on pourrait croire qu'il a décidé de citer tous les textes parus dans le magazine, mais une courte recherche montre qu'il n'en est rien (il n'évoque parfois qu'une seule nouvelle ou serial pour un numéro complet qui contient entre six et sept textes). Comme on ne sait pas trop sur quels critères il se base, on peut penser que son histoire du titre est partielle (ou partiale).

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Il faut donc prendre en compte ce mélange d'histoire factuelle et d'histoire personnelle parfois reconstituée (Rosheim nous livrant par exemple ses réactions réelles ou supposées face à telle ou telle couverture ou nouvelle) qui demande un certain tri pour extraire de l'ouvrage les données objectives. On pourra aussi regretter que l'auteur n'ai pas profité de son travail de "décorticage" pour fournir un véritable travail bibliographique sous forme d'un index complet de la revue, même s'il existe maintenant de tels outils. Malgré tout, c'est un ouvrage intéressant qui apporte parfois un éclairage bienvenu sur les tristes dernières années de la revue.

The ninth galaxy reader (Pan 1970).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

31/12/2009

_Fritz Leiber : A bibliography 1934-1979_

Fritz Leiber : A bibliography 1934-1979 : Chris MORGAN : 1979 : Morgenstern : pas d'ISBN : 36 pages (y compris index et page centrale illustrée) : coûtait 1.50 GBP (ou 3 USD) pour un chapbook format A5 à tirage limité (1000 exemplaires) qui se trouve très facilement d'occase.

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Issu du monde du fanzinat, cette bibliographie est l'une des premières de son genre et montre bien l'intérêt porté par les amateurs à Fritz Leiber. Elle a été compilée par Chris Morgan, un des membres importants du fandom britannique des années 70-80 (il a d'ailleurs écrit un des segments de L'encyclopédie de la SF de Holdstock) avec l'aide du gratin des pratiquants britanniques de la bibliographie (Langford, Stableford, Peyton). Il s'agit donc d'un ouvrage qui couvre les parutions de textes de Leiber entre 1934 et 1979, uniquement en langue anglaise.

The big time (Orbit 1976).jpg

Après une brève biographie, on trouve l'organisation standardisée (ici avec quelques variantes) des bibliographies en une suite de sections : les livres (uniquement les premières impressions par ordre alphabétique de titres); les bibliographies, les numéros spéciaux de revue consacrés à Lieber; les prix reçus par l'auteur, les articles; les nouvelles et romans parus en serial (toutes parutions par ordre chronologique) et les autres médias (films, interviews). Un index clôt l'ouvrage qui est agrémenté d'une page centrale en N&B reproduisant une douzaine de couvertures.

Ship of shadows (Mayflower 1982).jpg

Il n'y a pas grand chose à reprocher à cet ouvrage qui forme une très bonne base bibliographique sur Leiber jusqu'au années 80 sous réserve de se limiter aux VO. On pourra simplement regretter le non traitement des réimpressions chez un même éditeur et la possible existence de certains fantômes (des HC de small-press). Seul le temps a pu jouer contre ce livre qui sera dans la pratique logiquement remplacé par la bibliographie de Leiber parue chez GCP en 1990 (en deux volumes), plus à jour et offrant une couverture internationale (même si elle n'est que partielle).

Fritz Leiber Gcp1.jpg

Comme souvent avec ce type d'ouvrage (assez ancien) et dans ce domaine (la bibliographie VO), ce livre sera surtout utile comme source de vérification et de croisement de données.

Ships to the stars (Ace Double F-285).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

30/12/2009

_Fritz Leiber _

Fritz Leiber : Tom STAICAR : Ungar (série Recognitions) : 1983 : ISBN-10 0-8044-6875-3 : 134 pages (y compris index et biblio basique) : coûtait 7 USD pour un TP (existe aussi en HC -2836-0), se trouve assez aisément d'occase.

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Comme le dit la préface, cet ouvrage paru dans la série de monographies publiées par Ungar est le premier à être consacré uniquement à Fritz Leiber. Une chose assez surprenante quand on connaît la très haute estime dans laquelle était tenu cet auteur.  Il se peut que ses carrières parallèles dans la Science-Fiction, le Fantastique et la Fantasy aient généré une certaine difficulté de placement de ce remarquable auteur sur l'échiquier des divers genres, conduisant à une forme de négligence par manque de visibilité de l'homme qui nous a donné des textes comme The big time, Conjure wife ou la série de Lankhmar.

Ballet de sorcieres (Le Masque 1976).jpg

L'étude de Staicar (un auteur habituel de l'éditeur) est divisée en neuf chapitres de longueur inégale (de moins de cinq à trente pages). Sont successivement abordés les thèmes suivants : une courte biographie, les satires (The silver eggheads, A specter is haunting Texas), l'aliénation et la liberté (Night of the wolf, Gather darkness !), la série Changewar, la série Lankhmar, l'horreur, les principales nouvelles, les autres textes (poésie, essais) et une courte conclusion. On retrouve à la fin de l'ouvrage les fameuses notes inutilisables propres à cet éditeur, une succincte bibliographie primaire et secondaire ainsi qu'un index.

The big time (Ace Double D-491 1961).jpg

C'est un bel hommage qui est rendu à Leiber et une façon claire de montrer l'étendue du talent de l'auteur et de sa facilité à être bons dans les genres de l'imaginaire en général. En plus, Staicar se concentre sur certaines oeuvres peu connues de Leiber (par exemple l'excellent fix-up Night of the wolf) et offre à la SF la place principale dans son étude. Ceci nous évite une nième discussion en longueur sur les éléments autobiographiques de Fafhrd ou sur le fantastique urbain de The pale brown thing/Our lady of darkness. Non pas que ces éléments ne soient pas analysés (il y a un chapitre sur chacun), mais ils ne forment pas l'ossature de l'ouvrage, un point qui est pour le moins rafraîchissant.

Notre-dame des ténèbres (Casterman 1980).jpg

Logiquement un peu elliptique (vu le vaste matériau à étudier et le nombre de page limité), cet ouvrage aurait peut-être pu se permettre de se concentrer sur la SF de Leiber. Il aurait ainsi pu éviter une certaine dispersion entre des genres demandant des approches théoriques différentes et profiter de la place gagnée pour approfondir la réflexion sur les nouvelles 'isolées' de Leiber. Malgré tout un bon essai permettant de mieux appréhender cet auteur protéiforme.

Royaume de Lankhmar (TF 1982).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

29/12/2009

_Frederik Pohl_

Frederik Pohl : Thomas CLARESON : 1987 : Starmont House (Starmont reader's guide #39) : 173 pages (y compris bibliographies & index) : ISBN-10 0-930261-33-X : coûtait 10 USD pour un TP (existe aussi en HC -34-8), semble pouvoir se trouver d'occasion.

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Cette étude consacrée à F. Pohl est donc due à Thomas Clareson, un des grands noms de la réflexion sur le genre aux USA. Faisant partie de la série connue de monographies publiées par Starmont et ses successeurs, elle aborde donc l'oeuvre de l'un des personnages clés de la SF américaine. Pas forcément perçu comme l'un des grands du genre malgré l'aura de certains titres comme The space merchants (en collaboration avec Kornbluth) ou Gateway, il est une figure essentielle de l'histoire de la SF, à la fois comme fan (membre des Futurians), editor (entre autres de Galaxy et If) et auteur acclamé (grand master, multiple vainqueur aux Hugos et Nebulas).

Tomorrow times seven (Ballantine 1959).jpg

L'ouvrage commence, comme souvent dans cette série par une chronologie synthétique de la carrière de l'auteur. On peut dire qu'elle sert de base à Clareson puisque celui-ci a choisi un plan d'ouvrage relativement chronologique. Les premiers chapitres tracent sa longue carrière durant les décennies 40, 50 et 60 avec un focus sur ses collaborations avec Kornbluth et sur ses textes courts. Les suivants, probablement à cause d'une quantité trop grande de matériau à traiter, abandonnent un peu ce principe en se concentrant sur certaines oeuvres ou séries (respectivement The gold at the starbow's end, Man plus, le cycle Heechee, The years of the city, Black star rising et The coming of the quantum cats). En matière d'annexes, on a droit à la liste des oeuvres majeures de l'auteur, une bibliographie secondaire (sélective et commentée) et un index.

The gold at the starbow's end (Ballantine 1972).jpg

Au risque de manquer d'originalité, il faut constater que la mission dévolue à Clareson est impossible comme souvent avec cette série formatée même si ce titre est particulièrement épais. Comment traiter en 150 pages les 60 ans de carrière de Pohl et ses multiples influences à divers titres sur le genre ? Comment aborder en détail le couple Pohl-Kornbluth mais aussi les duos Pohl-Del Rey ou Pohl-Williamson (et même maintenant Pohl-Clarke) en un seul chapitre ?

Gladiator-at-law (Ballantine 1969).jpg

Du coup, et malgré l'érudition incontestable de Clareson, cet ouvrage ne peut être pris que comme un survol qui laisse carrément de côte certains romans (The cool war par exemple), une grande partie de la production sur format court de l'auteur (un ensemble pourtant pléthorique et marquant) et généralement l'importante influence exercée sur l'évolution de la SF par le Pohl editor (de magazines mais aussi de livres). Peut-être aurait-il été préférable de diminuer la part consacrée aux titres récents qui faisaient certes l'actualité de Pohl à l'époque de la parution de cet ouvrage mais qui ont eu du mal à résister à l'oubli (Black star rising en étant l'exemple type).

The cool war (Del Rey 1982).jpg

Au final, et comme souvent chez Starmont, un titre fort recommandable mais qui aurait facilement supporté un doublement de sa taille et mérité une partie bibliographique un peu plus étoffée.

Casse-tête chinois (JL 1987).jpg

Note GHOR : 2 étoiles