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10/04/2026

_Bibliothèque de l'Entre-Mondes_

Bibliothèque de l'Entre-Mondes : Francis BERTHELOT : 2005 : Folio (collection SF #225) : ISBN-10 2.-07-042846-X (la fiche ISFDB du titre, dans la base à Bruno : 333 pages (y compris index mais pas de bibliographie) : prix original inconnu (catégorie F8, de l'ordre de 7.00 Euros à sa sortie) : disponible en ligne, existe aussi en ebook.

Bibliothèque de l'entre-mondes (Folio 2005-09).jpg

Il y a longtemps, il arrivait à Folio de nous proposer dans sa collection de poche "SF" des ouvrages de référence. Ainsi donc après Valéry sur la SF, Ruaud sur le merveilleux (on va dire la Fantasy) et Marcel sur le Fantastique, l'éditeur nous propose Berthelot (écrivain français, membre du groupe Limite) avec son guide de lecture sur les "transfictions". Bien sur, la première question qui se pose est : Que sont donc ces transfictions ? N'ayant pas le bagage théorique et l'immense culture littéraire de l'auteur, je ne peux que proposer une définition partiale et partielle. Les transfictions, ce sont donc des textes (essentiellement des romans) qui sont donc : 1) écrits par certains auteurs comme par exemple Berthelot (on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même et, pour le coup, l'auteur s'est bien servi), Burroughs (pas le pulpster, l'autre) ou Ballard; 2) écrits par des auteurs reconnus et classés en littérature générale mais qui sont en fait des œuvres appartenant sans discussion aux divers genres de l'imaginaire, que cela soit à la fable animalière (La ferme aux animaux, Orwell), la SF ou la proto-SF (Force ennemie, Nau) ou le fantastique (Le démon à la crécelle, Chateaureynaud); 3) écrits par des auteurs de SFF mais qui sont visiblement trop bien pour appartenir à des genres mineurs et qui ont été "validés" par l'académie et sortis du caniveau (ceux de Sturgeon, Bradbury ou Wolfe) et 4) d'autres pures œuvres de genre (souvent de SF mais pas que) dont l’inclusion n'obéit à aucune logique précise : Un monde d'azur (Vance), L'homme éclaté (Gerrold), Carrie (King) ou L'oreille interne (Silverberg).

Un monde d'azur (PP 1984-12).jpg

Le lecteur perspicace aura compris que ce nouvel ensemble me semble fait de bric et broc avec une logique à géométrie variable. Même s'il est issu du sérail, Berthelot, comme d'autres auteurs voulant s'éloigner des "calmars dans l'espace", ne fait guère que répéter un certain nombre de stratégies habituelles des représentants de la littérature dominante face aux genres de l'imaginaire : absorption des "meilleurs textes" (que l'on va même retrouver dans les manuels scolaires, cf. Bradbury), négation de l'appartenance au genre de textes "exogènes" (c'est trop profond/bien écrit/intelligent/cultivé/construit/brillant pour être de la SF), construction de nouvelles catégories bien pratiques pour trier le bon grain de l'ivraie (cela permet de lire Nuage de Jouanne sans avoir trop honte). Rien de nouveau sous le soleil, si ce n'est des informations que je ne possédais pas : Les armureries d'Isher date de 1972 (la date du J'ai Lu ?) ou le fait que le personnage de Replay (Grimwood) revit toujours les mêmes 25 ans. Le seul point qui me rassure est le fait qu'un livre de 2005 soit toujours disponible en neuf indique sans doute que je ne suis pas seul à être sceptique vis à vis de la démarche de Berthelot.

Les armureries d'Isher (JL 1972-3T).jpg

Au final, reste de cet ouvrage une liste de lecture idiosyncratique (comme elles le sont toutes) qui n'avait pas besoin de l'habillage théorique (sic) de Berthelot qui s'étend sur une centaine de pages pour nous proposer de découvrir des textes dont certains (pas tous, donc) sont effectivement des objets hybrides qui participent souvent de plusieurs genres et peuvent intéresser un lecteur curieux de sortir de son univers habituel.

L'homme éclaté (Casterman 1978).jpg

Note GHOR : 0 étoile (Back in the gutter !)

06/01/2026

_The Politically Incorrect Guide to Science Fiction and Fantasy_

The Politically Incorrect Guide to Science Fiction and Fantasy : D. J. BUTLER : 2025 : Regnery (série "Politically Incorrect Guides") : ISBN-13 978-1-68451-541-7 (la fihe ISFDB du titre) : xix+191 pages (y compris index, pas de bibliographie) : coute 21.99 USD pour tp format carré, disponible chez l'éditeur.

The politically incorrect guide to science fiction and fantasy.jpg

Sous la plume d'un auteur américain et ancien employé de Baen Books et de Wordfire Press (maisons d'édition qui ont publié la plupart de ses livres si j'en crois sa bibliographie), cet ouvrage fait partie de la catégorie de titres voulant initier le lecteur à la SF (et ici aussi la Fantasy). Au début, le ton est plutôt léger et assez sympathique, loin de l'académisme ou de la prétention à la haute culture de certains ouvrages de ce type. Hélas, à la lecture, il se dégage de plus en plus une odeur assez nauséabonde, odeur émise par un certain nombre de petits apartés au début puis par chapitres entiers uniquement occupés consacrés à pourfendre certains auteurs (GRRM en particulier), à en défendre d'autres tant sur le plan littéraire que extra-littéraire (Larry Correia et ses Sad Puppies) et à dénoncer l'horrible et décadent esprit progressiste qui a pris le contrôle du genre par le biais de son bras armé : le fandom. Pire, une partie de la SF est devenue un repaire de très méchants wokistes, progressistes, nihilistes et athées (et en plus ils nient le changement climatique). Cette odeur, c'est celle du conservatisme US qui est d'ailleurs le fond de commerce de l'éditeur. Et bien, je peux vous dire que cela pue. 

Foudre de guerre (L'Atalante 2014-08).jpg

Comme c'est pompé sur diverses encyclopédies (Britannica, SFE, Encyclopedia of Fantasy) et parsemé de publicité gratuite pour certains amis (?) de l'auteur avec par exemple un chapitre entier de recommandations de lecture pour auteurs comme Christopher Ruocchio ou Martin L. Shoemaker (à lire dans Galaxies NS #47), je ne peux recommander ce livre même si son côté un peu iconoclaste et distrayant peut être séduisant au premier abord. Mais c'est un livre qui est de plus en plus phagocyté par une idéologie qui n'est pas la mienne. D'autres lecteurs s'y retrouveront peut-être.

Magie brute (L'Atalante 2012-09).jpg

Note GHOR : 0 étoile (la SF selon Trump)

31/12/2025

_Science Fiction : Voyage to the Edge of Imagination_

Science Fiction : Voyage to the Edge of Imagination : Glyn MORGAN (editor) : 2022 : Thames & Hudson : ISBN-13 978-0-500-25239-0 (la fiche ISFDB du titre) : 288 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 30.00 GBP pour un hc carré sans jaquette illustré en couleurs : disponible en ligne (épuisé chez l'éditeur).

Science fiction Voyage to the edge of imagination.jpg

Ce livre est à l'origine destiné à accompagner l'exposition "Science Fiction" qui s'est tenue au musée de sciences de Londres en octobre 2022. Rassemblant 5 grands chapitres groupant plusieurs essais chacun par des plumes connues, le résultat est une magnifique présentation de la SF sous un jour parfait. On nous décrit un genre idéal : international, tiers-mondiste, quart-mondiste, multi-culturel, multi-ethnique, multi-racial, multi-genré, multi-orienté, écologiste, LGBTQIA+-friendly et adhérant à tous les -ismes possibles, pourvu qu'ils soient cools et bien pensants (du posthumanisme à l'afrofuturisme en passant par le postcolonialisme). C'est une vaste fumisterie et surtout un travestissement de la réalité du genre. En faisant l'impasse sur le fait que la SF est (du moins durant les 50 premières années) un genre littéraire qui s'adressait à des hommes occidentaux (particulièrement anglo-saxons), jeunes, bien nourris et ayant un accès à une certaine culture, on efface d'un seul coup toute l'idéologie, les préjugés, les aveuglements, les aspirations ou les rêves qui ont forgé l'histoire de la SF en bien ou en mal. Non, la SF ce n'est pas Sun Ra (cité dans 6 pages) mais plutôt Van Vogt (jamais cité) ou Herbert (2 fois).

Si vous avez honte de la SF, ce livre est parfait pour montrer à vos amis bobos combien c'est un genre ouvert et progressiste (il y a même des Africains et des Aborigènes dedans en plus des Cyborgs de Harraway). Comme quoi la réécriture de l'histoire n'est pas une pratique réservée aux régimes dictatoriaux. Vivement que la SF retourne dans son caniveau.

Note GHOR  : 0 étoile (on sauvera juste les quelques pages d'interviews -Quifan, Anders, Singh, Thompson, KSR-)

18/10/2023

_Plants in Science Fiction_

Plants in Science Fiction : Speculative Vegetation : Katherine E. BISHOP & David HIGGINS & Jerry MÄÄTÄ (editors) : 2020 : University of Wales Press (série "New Dimensions in Science Fiction") : ISBN-13 978-1-78683-559-8 (la fiche ISFDB du titre) : xiii+245 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 60.00 GBP pour un petit hc disponible chez l'éditeur et qui existe aussi en ebook.

Plants in science fiction.jpg

Paru dans une petite collection de titres publiés par l'université galloise (mais écrits en anglais, je vous rassure), ce relativement court ouvrage (pas mal de pages de notes et plutôt aéré au niveau présentation) est un recueil d'essais sur les plantes dans la SF (c'est en tout cas ce qui dit son titre). Rassemblé par trois professeurs de littérature, il comporte dix essais de taille variable (autour de vingt pages). Comme les editors, les auteurs sont des professeurs de littérature ou des doctorants d'universités de troisième zone dont c'est souvent la première publication dans un ouvrage relatif au genre (si j'en cois l'ISFDB qui ne propose même pas le sommaire du livre).

0 étoile,anglais

Du coup cette visible absence totale de connaissance du genre explique l'extrême pauvreté de l'ensemble. On dirait que, pour cette bande d'amateurs (ici au mauvais sens du terme) le thème des plantes dans la SCIENCE FICTION (rappelez-vous, c'est le titre de l'ouvrage) n'est abordé que dans DEUX ouvrages : The Day of Triffids et The Pollinators of Eden (le plus cultivé es-SF rajoute quand même Queen City Jazz) qui forme la base de la partie SF. Par contre on aussi droit à des choses complètement hors-champ, allant de VanderMeer à un roman mainstream coréen (The Vegetarian de Han)  en passant UNE nouvelle d'Algernon Blakcwood. Pour être complètement juste, je peux rajouter une nouvelle de Gibson et une de Le Guin (parce qu'il y a le mot Rose dans leur titre).

0 étoile,anglais

Si ces gens ne connaissent rien à la SF, ils sont par contre parfaitement au point au niveau jargon et au niveau trucs à la mode : colonial gaze, Deleuzian rhizomatic, purposiveness of the willed agent; technocentric modernity... Ils sont aussi bien propre sur eux au niveau idéologique, prêts à dénoncer et à condamner tout et n'importe quoi (colonialisme, capitalisme, libéralisme, communisme, machisme, racisme) d'une même plume. Il est dommage pour mon portefeuille de naïf compulsif que, à ce prix là (de l'ordre de 70 Euros la dose), tous ces universitaires en mal de parutions n'aient pas choisi un autre domaine pour remplir leur quota annuel d'articles publiés.

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Note GHOR : 0 étoiles (À fuir)

28/03/2023

_Précieuses reliques_

Précieuses reliques : Une bibliographie de Philip K. Dick : Éditions françaises 1959-2018 : Henri WINTZ & David HYDE : 03-2019 : Wide Books : ISBN-13 9781795272841 (la fiche ISFDB du titre) : 177 pages : coûte une vingtaine d'euros pour un tp du type POD richement illustré en couleurs, disponible sur les librairies en ligne via le site de l'éditeur.

anglais,français,dick,0 étoile

Cet ouvrage, qui est la suite de ceux-ci (tome 1 et tome 2), présente la particularité d'être presque entièrement bilingue (étrangement seule la deuxième introduction n'est pas traduite en français). Ce qui n'est pas illogique vu que le projet des auteurs (un Anglais et un Français vivant aux USA) est de recenser tous les écrits de PKD publiés en France (et Belgique !).

anglais,français,dick,0 étoile

Donc, et comme l'indique clairement son sous-titre, ce livre est une bibliographie complète des textes de PKD en VF (par contre, je n'y ai pas vu de publications canadiennes, s'il en existe). Il est divisé de façon classique en plusieurs parties qui suivent deux introductions contextuelles : les romans SF, les romans hors-genre, les recueils, les anthologies contenant des nouvelles de PKD, les nouvelles en magazines et les textes "autour" de PKD. On trouve pour chaque entrée (et pour chaque édition dans le cas des recueils et romans) les informations bibliographiques habituelles (éditeur, format, date, prix, pagination, ISBN, illustrateur, traducteur) et les scans de couverture correspondants en taille variable suivant la place disponible mais toujours lisibles. On trouve en fin de volume une bibliographie secondaire "sélective" et un index des noms "hors bibliographie" (c'est à dire qu'elle est à peu près inexploitable).

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Pour être clair, si le livre est agréable à consulter (images de qualité, mise en page soignée...), le côté bibliographique (qui est pourtant l'objet de l'ensemble) est franchement mauvais. À première vue, tout semble nickel, avec une quantité importante de données pour chaque édition/impression, voire même des choses inconnues de la base à Bruno. Hélas, une fois que l'on creuse un peu (ou que l'on a une certaine connaissance du genre en VF), on se rend compte que finalement c'est du grand n'importe quoi. Cela en est à point tel que j'ai très rapidement arrêté de noter toutes les erreurs (mon exemplaire se couvrait trop de post-it). Quelques exemple en vrac : Loterie solaire devenant le Galaxie-Bis #49 (confusion avec le numérotage de la revue mère), la GASF contenant sept recueils de PKD (?), "pas de jaquette" indiqué pour le CLA #24 (alors qu'elle est même scannée page 49), un titre de 1989 (Blade Runner) réimprimé en 1994 (un voyage dans le temps ?), des attributions de couverture qui fleurent bon l'amateurisme comme Rowena (son nom c'est Morrill) ou l'inimitable Pascal Vercken (une agence artistique qui recouvre plein d'illustrateurs dont le vrai nom est simple à trouver, il suffit de consulter l'ISFDB) ou sont tout simplement erronées (non, la couverture du Deus Irae de 1997 n'est pas de Stéphane Dumont), des collections qui sont données avec un format surréaliste (du Futurama relié ou du A&D en poche, étonnant pour un des co-auteurs pourtant proclamé comme un spécialiste français de PKD) ou variable (oscillant entre poche, broché ou relié) suivant les pages consultées, des EO "loupées" (celle de Le voyageur de l'inconnu est antérieure au 4ème trimestre 1974, pour mémoire, c'est mars de la même année), confusion entre titres (SIVA & L'invasion divine page 86), permutation (je suppose) de scans comme à la page 91 entre PP, "roman" traduit par "novelette", la liste est longue (et non exhaustive)...

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Pour enfoncer un peu plus le clou, on est là typiquement dans une bibliographie fabriquée à partir de choses récupérées çà et là sur le net, avec de nombreux emprunts (y compris les erreurs) à la base à Bruno (Noosfère pour ceux qui ne connaissent pas) comme la division arbitraire des J'ai Lu en époques ou les célèbres numéros inventés et rajoutés dans la base pour des collections qui n'en comportent pas. Cela montre bien les limites de la télé-bibliographie et prouve que, pour être un tant soit peu fiable, rien ne peut pour l'instant remplacer l'examen physique des livres listés même si cela réclame de la place et du temps. Du coup, il est impossible de se fier à cet ouvrage pour un travail bibliographique puisqu'il n'y a aucune façon de savoir si tel ou tel détail donné par Wintz & Hyde est correct. Se pose alors la question : À quoi bon ce livre ?

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Note GHOR : 0 étoile (inutilisable comme bibliographie)