Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/05/2026

_Logique de la science-fiction_

Logique de la science-fiction : De Hegel à Philip K. Dick : Jean-Clet MARTIN : 2017 : Les Impressions Nouvelles : ISBN-13 978-2-87449-151513364-3 (la fiche du titre sur l'ISFDB , dans la base à Bruno ) : 341 pages (avec bibliographie mais pas d'index) : coûte 22.00 Euros pour un TP non illustré : ne semble pas disponible chez l'éditeur, mais se trouve en ligne.

Logique de la science-fiction.jpg

Publié par un éditeur belge qui semble plus spécialisé dans la BD, cet ouvrage est dû à un philosophe et historien de l'art français. Dans la mesure où j'ai compris le projet de l'auteur, il s'agit d'une sorte d'illustration par la SF de la pensée du philosophe allemand Georg Wilhelm Friedrich Hegel et en particulier de son Logique dont il suit la structure en trois parties principales : l'être, l'essence et le concept. En gros, il s'agit d'une sorte de sandwich qui mêle deux tiers de réflexions sur les théories d'Hegel en les reliant à un tiers d’œuvres appartenant au genre. Sur la partie philosophique, je suis totalement incompétent (au mieux, cela m'a rappelé mes cours de Terminale) et je dois avouer que l'auteur n'a pas vraiment réussi à m'intéresser à son sujet, sans doute par un excès de jargon et de concepts qui semblent évident pour lui mais forcément pour le profane. Il évoque par exemple le paradoxe de Zenon d'Élée (une somme infinie qui donne un résultat fini) sans l'expliquer pour ceux qui ne le connaîtraient pas.

Le cycle du A (JL 2010-04).jpg

En ce qui concerne la partie SF, je suis plutôt dubitatif. Bien sûr, même si l'on ne peut que constater rapidement l'habituelle fixette sur PKD propre aux universitaires français, les autres références au genre sont assez variés (d'Asimov à Haldeman en passant par Lem), parfois assez récentes (Bear, Baxter, Wilson) et en tout cas portent sur des textes reconnus. Toutefois, et sans que je puisse l'étayer complètement, il y a une sorte de distorsion des textes originaux par Martin pour pouvoir les insérer dans son discours, comme quand il analyse le nom du héros du Monde des A (Gosseyn) qui serait formé de Ghost (esprit ???) et de Sein/Seyn (être en allemand) ou qu'il voit la psychohistoire d'Asimov comme une histoire de l'esprit. À cela s'ajoutent des affirmations étonnantes comme la désignation d'un texte de Gabriel Tarde (Fragment d'histoire future) comme "premier recours à la science-fiction". Mais bon, un homme qui trouve que Le cycle du A (il a l'air de penser que c'est un seul roman, sans doute parce qu'il utilise l'omnibus J'ai Lu) est un texte génial ne peut pas être complètement mauvais.

Le cycle du A (JL 2014-07).jpg

Note GHOR : 1 étoile (pour agrégés de philosophie, pas pour agrégés de SF)

23/04/2026

_Terraforming_

Terraforming: Ecopolitical Transformations and Environmentalism in Science Fiction : Chris PAK : 2016 : Liverpool University Press (série "Liverpool Science Fiction Texts and Studies" #55) : ISBN-13 978-1-78138-284-4 (la fiche ISFDB du titre) : x+241 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 80.00 GBP pour un hc sans jaquette : disponible en ligne (le site de l'éditeur n'est pas très clair), existe aussi en pdf (gratuit ?).

Terraforming.jpg

Encore un livre que j'ai un peu acheté les yeux fermés sur la foi d'un titre (Terraforming) et d'une collection (celle de l'université de Liverpool). Hélas, j'aurai dû mieux lire le sous-titre (Ecopolitical Transformations and Environmentalism in Science Fiction) parce que, au lieu d'un livre sur la terraformation (en gros la transformation de planètes pour les rendre semblables à la Terre), il s'agit d'un livre sur l'environnementalisme, l'écologie politique et théorique (l’hypothèse Gaia, l'altérité de la nature, la sentience de la biosphère, etc.) qui n'est qu'accessoirement sur la SF. C'est aussi un titre typique de ce mode "saupoudrage" où quelques textes appartenant au genre (ici moins d'une trentaine) servent de vague justification à un discours sur un tout autre sujet. Par exemple, le rapport entre le sujet affiché du livre et des textes comme The Moon is a Harsh Mistress (RAH), Major Operation (White) ou The Space Merchants (Pohl & Kornbluth) me semble en effet particulièrement ténu, mais ils sont pourtant détaillés dans ce livre. Comme il s'agit plus ou moins de la transcription d'une thèse, cet effet d'éloignement du genre est sans doute logique. Du coup, à presque un centaine d'Euros le livre imprimé en POD (par Lightning Source) le rapport prix/SF est franchement faible. Assez tristement, cette prestigieuse collection donne l'impression d'une baisse constante de qualité, et c'est bien dommage.

Major operation (Del Rey 1981).jpg

Note GHOR : 1 étoile (et la SF dans tout cela ?)

10/04/2026

_Bibliothèque de l'Entre-Mondes_

Bibliothèque de l'Entre-Mondes : Francis BERTHELOT : 2005 : Folio (collection SF #225) : ISBN-10 2.-07-042846-X (la fiche ISFDB du titre, dans la base à Bruno : 333 pages (y compris index mais pas de bibliographie) : prix original inconnu (catégorie F8, de l'ordre de 7.00 Euros à sa sortie) : disponible en ligne, existe aussi en ebook.

Bibliothèque de l'entre-mondes (Folio 2005-09).jpg

Il y a longtemps, il arrivait à Folio de nous proposer dans sa collection de poche "SF" des ouvrages de référence. Ainsi donc après Valéry sur la SF, Ruaud sur le merveilleux (on va dire la Fantasy) et Marcel sur le Fantastique, l'éditeur nous propose Berthelot (écrivain français, membre du groupe Limite) avec son guide de lecture sur les "transfictions". Bien sur, la première question qui se pose est : Que sont donc ces transfictions ? N'ayant pas le bagage théorique et l'immense culture littéraire de l'auteur, je ne peux que proposer une définition partiale et partielle. Les transfictions, ce sont donc des textes (essentiellement des romans) qui sont donc : 1) écrits par certains auteurs comme par exemple Berthelot (on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même et, pour le coup, l'auteur s'est bien servi), Burroughs (pas le pulpster, l'autre) ou Ballard; 2) écrits par des auteurs reconnus et classés en littérature générale mais qui sont en fait des œuvres appartenant sans discussion aux divers genres de l'imaginaire, que cela soit à la fable animalière (La ferme aux animaux, Orwell), la SF ou la proto-SF (Force ennemie, Nau) ou le fantastique (Le démon à la crécelle, Chateaureynaud); 3) écrits par des auteurs de SFF mais qui sont visiblement trop bien pour appartenir à des genres mineurs et qui ont été "validés" par l'académie et sortis du caniveau (ceux de Sturgeon, Bradbury ou Wolfe) et 4) d'autres pures œuvres de genre (souvent de SF mais pas que) dont l’inclusion n'obéit à aucune logique précise : Un monde d'azur (Vance), L'homme éclaté (Gerrold), Carrie (King) ou L'oreille interne (Silverberg).

Un monde d'azur (PP 1984-12).jpg

Le lecteur perspicace aura compris que ce nouvel ensemble me semble fait de bric et broc avec une logique à géométrie variable. Même s'il est issu du sérail, Berthelot, comme d'autres auteurs voulant s'éloigner des "calmars dans l'espace", ne fait guère que répéter un certain nombre de stratégies habituelles des représentants de la littérature dominante face aux genres de l'imaginaire : absorption des "meilleurs textes" (que l'on va même retrouver dans les manuels scolaires, cf. Bradbury), négation de l'appartenance au genre de textes "exogènes" (c'est trop profond/bien écrit/intelligent/cultivé/construit/brillant pour être de la SF), construction de nouvelles catégories bien pratiques pour trier le bon grain de l'ivraie (cela permet de lire Nuage de Jouanne sans avoir trop honte). Rien de nouveau sous le soleil, si ce n'est des informations que je ne possédais pas : Les armureries d'Isher date de 1972 (la date du J'ai Lu ?) ou le fait que le personnage de Replay (Grimwood) revit toujours les mêmes 25 ans. Le seul point qui me rassure est le fait qu'un livre de 2005 soit toujours disponible en neuf indique sans doute que je ne suis pas seul à être sceptique vis à vis de la démarche de Berthelot.

Les armureries d'Isher (JL 1972-3T).jpg

Au final, reste de cet ouvrage une liste de lecture idiosyncratique (comme elles le sont toutes) qui n'avait pas besoin de l'habillage théorique (sic) de Berthelot qui s'étend sur une centaine de pages pour nous proposer de découvrir des textes dont certains (pas tous, donc) sont effectivement des objets hybrides qui participent souvent de plusieurs genres et peuvent intéresser un lecteur curieux de sortir de son univers habituel.

L'homme éclaté (Casterman 1978).jpg

Note GHOR : 0 étoile (Back in the gutter !)

30/03/2026

_Aliens, Robots & Virtual Idols in the Science Fiction of H. P. Lovecraft, Isaac Asimov and William Gibson_

Aliens, Robots & Virtual Idols in the Science Fiction of H. P. Lovecraft, Isaac Asimov and William Gibson : John L. STEADMAN : 2020 : Zer0 Books : ISBN-13 978-1-78904-510-9 (la fiche ISFDB du titre) : 256 pages (pas d'index ni de bibliographie) : coûte 16.99 GBP pour un petit tp non illustré : disponible chez l'éditeur, existe aussi en e-book.

Aliens, robots & virtual reality idols in the science fiction o.jpg

Commençons par un avertissement : contrairement à ce que j'ai pensé initialement, il faut lire le titre d'une façon bien particulière. En effet, le propos de Steadman (un universitaire américain auteur de plusieurs livres sur Lovecraft), n'est pas d'explorer ensemble les trois thèmes (Aliens, Robots, VR/IA) dans les œuvres de trois écrivains (Lovecraft, Asimov & Gibson), mais de traiter dans l'ordre les trois couples (thème/auteur) ainsi formés. On a donc une première partie sur les Aliens chez Lovecraft, une deuxième sur les robots chez Asimov et enfin une dernière sur les IA (pour simplifier) chez Gibson. Même si ces parties sont structurées de façon identique (fournissant des éléments biographiques et de contexte puis "progressant" dans le thème) et qu'elles assimilent les robots et AI aux Aliens, le résultat se lit en fait comme un recueil d'essais et non comme un ensemble thématiquement unifié. Pour en revenir au livre lui-même, il est publié par un éditeur qui s'affiche comme étant "de gauche" (chose assez rare chez nos amis anglo-saxons) et est physiquement proche d'un POD. Outre les trois parties principales (d'environ soixante-dix pages chacune), il offre une introduction, une conclusion et quelques pages de notes, mais pas d'index ni de bibliographie.

The case of Charles Dexter Ward (Del Rey 19th pb).jpg

Du coup, une fois la structure disjointe du livre clairement comprise, le travail de Steadman mérite notre attention. Il maîtrise parfaitement ses divers sujets (même si l'on voit facilement que l'étude de HPL est son domaine de prédilection) et son développement de l'idée que les Aliens, les robots et les IA dans les œuvres respectives des trois auteurs nous sont à la fois inconnaissables, sont au minimum indifférents aux humains, voire carrément hostiles (même chez Asimov) est parfaitement convaincant. Malgré quelques redites d'une partie sur l'autre, Steadman nous amène à voir sous un autre angle certains de ces ensembles fictionnels (surtout le cycle d'Asimov) qui peuvent se révéler d'une noirceur plus inquiétante, même si, dans le cas d'HPL, l'auteur fait cela très bien tout seul. Au bémol près de l'absence d'index (encore !), voici un ouvrage qui donne à  réfléchir sur le sens de certains ensembles de textes que l'on croyait avoir bien compris. En cela, c'est un petit livre plutôt intellectuellement stimulant qui nécessite toutefois de connaître les œuvres étudiées.

The robots of dawn (Voyager 17th pb).jpg

Note GHOR : 2 étoiles (au moins)

09/03/2026

_Science-fiction et didactique des langues_

Science-fiction et didactique des langues : Un outil communicationnel, culturel et conceptuel : Yves BARDIERE & Estelle BLANQUET & Éric PICHOLLE : 2013 : Éditions du Somnium (collection "Enseignement & Science-fiction" #2) : ISBN-13 978-2-9532703-2-7 (la fiche ISFDB du titre , dans la base à Bruno ) : 415 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 23.00 Euros pour un tp  illustré en n&b, disponible chez l'éditeur .

Science fiction et didactique des langues.jpg

Cet ouvrage correspond aux actes des "Deuxièmes journées Enseignement & SF", un colloque qui s'est tenu à Nice en mai 2012. Publié par les éditions du Somnium, un des rares éditeurs français d'ouvrages de référence, il s'agit donc d'un recueil d'essais de tailles variables (de trois à trente pages) qui s'articulent autour de la thématique de l'utilisation de la SF pour enseigner les langues (ici essentiellement l'anglais). En matière d'auteurs, on va retrouver l'équipe habituelle de ce colloque et/ou de cet éditeur (Arnal, Bellagamba, Labrousse, Picholle...). L'ouvrage propose aussi un index et une bibliographie (en fait un index des œuvres citées sans autres précisions, ce qui n'avance pas forcément le lecteur) ainsi qu'un certain nombre de photos et de reproductions de couvertures au format timbre-poste.

Citoyen de la galaxie (LDP 2010-12).jpg

N'étant pas enseignant, je suppose que je ne fais pas partie de la cible de cet ouvrage. Ceci explique sans doute pourquoi je n'ai pas du tout accroché. Entre textes d'orientation purement pédagogique (avec des vrais extraits des circulaires ministérielles ou européennes) auxquels on a rajouté un tout petit chapitre à la fin pour "faire SF", articles "hommages" (que vient faire RCW dans cette galère ?), parties complètement "hors sujet" (comme cet essai sur le film Agora d'Amenàbar dont le rapport avec la SF ou les langues me paraît difficile à établir), discussion oiseuses (pourquoi un tiret à Science-Fiction), extraits de Wikipédia (la chronologie de l'évolution de la langue anglaise) et du Heinlein à toutes les pages (à croire qu'il est le seul avec PKD à avoir écrit de la SF en anglais), je suis rapidement passé en mode "lecture rapide" (c'est-à-dire "sautage de phrases"). En fait, les essais qui (AMHA œuf course) pourraient permettre à un enseignant lambda d'utiliser pratiquement la SF pour l'aider dans sa pédagogie se comptent sur les doigts d'une main (et encore, une main de Mickey), le reste n'est pas forcément inintéressant mais ressemble beaucoup à du remplissage aux marges du sujet.

1984 (Signet 121st pb).jpg

Note GHOR : 1 étoile (désolé, pas pour moi)