Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/04/2020

_The Road to Castle Mount_

The Road to Castle Mount : The Science Fiction of Robert Silverberg : Edgar L. CHAPMAN : 1999 : Greenwood Press (série Contributions to the Study of Science Fiction and Fantasy #82) : ISBN-10 0-313-26145-8 (la fiche ISFDB du titre) : xiii+209 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait plusieurs dizaines d'USD pour un hc non illustré sans jaquette, particulièrement difficile à trouver à des prix acceptables.

silvergberg,anglais,2 étoiles

Il est évident que si l'on considère la très longue et très riche carrière de Robert Silverberg, il faudrait sans doute plusieurs épais volumes pour lui rendre justice. Du coup, le présent livre de Chapman (un professeur d'anglais américain à qui l'on doit aussi un ouvrage sur Farmer évoqué ici) avec ses deux cents pages est forcément une approche partielle comme le sont les autres titres sur Silverberg, que ce soit le recueil d'essais Robert Silverberg's Many Trapdoors chez Greenwood (que j'ai même bizarrement chroniqué deux fois ici en 2013 et là en 2019) ou le Robert Silverberg de Clareson chez Stamont.

silvergberg,anglais,2 étoiles

Chapman a choisi la trame habituelle de ce type de monographie consacrée à un seul auteur, consistant en une premier chapitre (court) plutôt biographique suivi par sept chapitres dans l'ordre chronologique dessinant les diverses phases de la production de l'écrivain dans un schéma devenu lui aussi classique (voire canonique) : l'apprentissage (jusqu'en 1960), les prémices d'un grand auteur (1960-1969), les œuvres majeures (ou considérées comme telles) avant le silence de 1976 (cette période est couverte par trois chapitres) et le retour à l'écriture (initialement par la série Majipoor) qui occupe les deux derniers chapitres et forment la conclusion provisoire de l'ensemble. Outre plusieurs pages de notes, une bibliographie primaire et secondaire ainsi qu'un index complètent l'ouvrage.

silvergberg,anglais,2 étoiles

Le résultat, malgré les limitations liées à la taille mesurée de l'ensemble (170 pages "nettes" de texte) est très plaisant à lire et, en s'autorisant de nombreux et détaillés résumés des intrigues, permet un "rafraîchissement" de la mémoire du lecteur qui, comme moi, a lu Silverberg depuis des dizaines d'années. Il ne faut donc pas attendre de cette étude d'analyse en profondeur mais plus le passage en revue d'une carrière bien fournie et un premier défrichage de ses lignes de force. Peut-être est-il possible de regretter que Chapman adhère si complètement au "modèle standard de RS" (tâcheron - talent prometteur - dégoûté du genre - explosion - dégoûté du genre redux - millionnaire grâce à Valentin - maturité - déclin ?) car on peut parfois discerner des petites tentatives de s'en affranchir. En tout cas, un bon ouvrage "générique" sur un auteur majeur.

silvergberg,anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

19/02/2020

_The Law of Chaos_

The Law of Chaos : The Multiverse of Michael Moorcock : Jeff GARDINER : 2014 : Headpress : ISBN-13 978-1-909394-19-3 (la fiche ISFDB du titre) : iv+162 pages (pas d'index) : coûtait 19.95 USD pour un petit tp légèrement illustré en n&b, disponible chez l’éditeur pour moins cher, existe aussi en ebook (-20-9).

anglais,moorcock,2 étoiles

Pour faire simple, cet ouvrage est une mise à jour d'un précédent titre de Gardiner : The Age of Chaos (évoqué ici). On été rajoutés au texte initial (qui d'après la préface a été légèrement réécrit) un chapitre spécifique à la série Oswald Bastable, une lettre de Moorcock (sans doute en commentaire à la première version du livre), une courte (3 pages) interview de Moorcock par Gardiner, un essai sur le groupe Hawkwind et un certain nombre de reproductions de couvertures (essentiellement britanniques).

anglais,moorcock,2 étoiles

Du coup, je ne peux que répéter ma conclusion à propos de la version précédente : "Au final, ce petit opus est une bonne introduction à cet immense multivers mais sa faible longueur et ses prétentions bibliographiques limitées le cantonnent dans ce rôle de point d'entrée."

anglais,moorcock,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

14/02/2020

_Reality Simulation in Science Fiction Literature, Film and Television_

Reality Simulation in Science Fiction Literature, Film and Television : Heather Duerre HUMANN : 2019 : McFarland :  ISBN-13 978-1-4766-7753-8 (la fiche ISFDB du titre) : vii+195 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 45,00 USD pour un tp non illustré, disponible chez l’éditeur, existe aussi en ebook (-3798-3).

anglais,2 étoiles

Encore un titre de la vaste collection d’ouvrages de référence publiés par McFarland (cet éditeur n'est pas loin de sortir une vingtaine de titres par an sur la SFFH). Sous la plume de Heather Duerre Humann, une professeur américaine qui a plusieurs autres titres chez McFarland à son actif (hors genre), il s’agit d’une étude sur la réalité simulée dans le SF, un thème relativement récent (même s’il renvoie à Platon et son allégorie de  la caverne) qui a commencé avec PKD et Galouye et qui s’est développé fortement dans la SF télévisuelle récente.

anglais,2 étoiles

Après une longue introduction, l’ouvrage est divisé en trois sections de quatre ou cinq chapitres, chacune étant consacrée à un média précis : littérature, cinéma et télévision. Chaque chapitre aborde généralement un œuvre précise en détail sur une dizaine de pages, du roman Simulacron-3 à la série Reverie (Netflix) en passant par le célèbre film Inception. Une copieuse bibliographie et un index clôturent l’ouvrage.

anglais,2 étoiles

Une fois passée la désagréable impression de redite des parties interstitielles et de l’introduction qui vous racontent en détail ce qui va être (re)dit plus loin, ce livre est une bonne surprise. Sur un thème relativement étroit, comme en témoigne le faible nombre d’œuvres étudiées, Humann nous livre une suite d’analyses plutôt pertinentes même s’il manque probablement une vue d’ensemble et un placement plus clair dans le spectre de la SF (un domaine qui ne semble pas être la spécialité première de l'auteur).

anglais,2 étoiles

Pour tout dire, cet ouvrage m’a même donné envie de revoir un certain nombre de films (Sucker Punch, The Thirteenth Floor, Inception) à la lumière de l’interprétation de l’auteur. Il m’a aussi donné l’envie de visionner certaines séries (Black MirrorManiac, Altered Carbon…) qui, attention à votre porte-monnaie, nécessitent d’avoir un compte Netflix (et encore, certaines ne me semblent pas être disponibles en ligne à l’instant présent). Au final, il s'agit là d'un bon petit ouvrage (il n’est pas très long), bien centré sur son sujet et qui incite à aller plus loin.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

10/02/2020

_Comment parler à un alien ?_

Comment parler à un alien ? : Langage et linguistique dans la science-fiction : Frédéric LANDRAGIN : 2018 : Le Bélial' (série "Parallaxe") : ISBN-13 978-2-84344-943-7 (la fiche ISFDB du titre) : 263 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 14,90 € pour un petit tp non illustré avec couverture à rabats, disponible chez l'éditeur (), existe aussi en ebook.

français,2 étoiles

Cet ouvrage, le premier de la collection Parallaxe que j'ai lu, me fait furieusement penser aux titres de la série "Science & Fiction" de chez Springer (voir les livres de Broderick ou de Nahin évoqués ici même, sachant qu'il en existe d'autres dans la collection). Dans tous les cas, il s'agit donc de mélanges de vulgarisation scientifique et d'ouvrages sur le genre qui mettent en parallèle les avancées dans un domaine et les textes de SF qui ont abordé le même sujet de façon plus ou moins réussie ou plus ou moins compétente.

français,2 étoiles

Le champ d'étude choisi par Landragin est logiquement la linguistique (il est directeur de recherche au CNRS). Partant de la question rhétorique (pour l'instant) de "Comment parler à un alien ?", il nous présente donc en 5 chapitres conséquents (dont deux ne sont pas inédits) soit l'état de l'art dans sa spécialité, soit l'évocation des traitements science-fictifs des grandes théories linguistiques les plus connues (thèse de Sapir-Whorf, hypothèse de Chomsky). Après une partie conclusive, une (relativement courte) bibliographie (non-fiction et fiction) et un index clôturent l'ouvrage.

français,2 étoiles

L'ouvrage n'est pas très épais et se lit d'une traite, porté par le talent de vulgarisateur de l'auteur en ce qui concerne la partie scientifique. On apprend donc plein de trucs intéressants sur le langage et son étude. Pour la partie strictement SF, on pourra regretter que la quasi-totalité du propos ne repose essentiellement que sur 4 oeuvres (L'enchâssement de Watson, Les langages de Pao de Vance, Babel 17 de Delany et le couple nouvelle/film formé par L'histoire de ta vie de Chiang et Premier contact de Villeneuve). Ce petit nombre de titres composant pour Landragin ce qu'il appelle la Linguistic-Fiction a tendance à limiter son étude et à donner l'impression de tourner en rond (particulièrement vu le nombre très important de références faites au couple Chiang/Villeneuve).

français,2 étoiles

Du coup, on peut avoir le sentiment d'un certain manque de profondeur, surtout quand on compare ce livre à l'ouvrage de Meyers (évoqué ici) qui bénéficie d'un corpus étudié nettement plus vaste (mais parfois non traduit ici). On pourra aussi regretter que l'imbrication du double discours (vulgarisation et réflexion sur la SF) ne soit parfois pas très harmonieuse avec de longs pans d'exposition historico-scientifique (par exemple sur l'Espéranto ou le Volapük) qui forment des blocs clairement séparés du reste du livre (comme le chapitre 2). On se demande parfois à quel type d'ouvrage on a affaire : hors-série de Pour La Science ou numéro de Foundation.

français,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

13/11/2019

_Ray Bradbury_

Ray Bradbury : David SEED : 2015 : University of Illinois Press (série "Modern masters of science fiction") : ISBN-13 978-0-252-08058-6 (la fiche ISFDB du titre) : 207 pages (y compris bibliographie et index) : coûte 24.00 USD pour un tp non illustré, disponible chez l'éditeur (), existe aussi en hc (03894-5) et en ebook (09690-7).

bradbury,anglais,2 étoiles

Bien évidemment, il est inutile de présenter Ray Bradbury, sans doute le premier auteur de SF qui a eu l'honneur des programmes scolaires en France (si l'on excepte Jules Verne). Sa popularité en tant que sujet d'étude auprès du monde universitaire ne s'est non plus jamais démentie, j'en veux pour preuve le nombre incroyable de textes ou d'ouvrages lui ayant été consacrés, voir par exemple Touponce ou Johnson parmi ceux évoqués ici-même. Des perfides langues dans mon genre pourraient ajouter que son éloignement du "centre" du genre (réel ou simplement professé) l'ont sans doute aidé à être l'auteur de SF de ceux qui n'aiment pas la SF (pour paraphraser Carr).

bradbury,anglais,2 étoiles

C'est David Seed, un professeur britannique à la bibliographie d'ouvrages de référence bien fournie qui s'attaque donc à ce monument dans la série d'études mono-auteurs éditées par les UIP. La structure de cette monographie est assez simple puisqu'elle se divise en seulement quatre chapitres : une biographie, une partie sur les écrits "martiens", une sur Fahrenheit 451 et une sur la promotion par Bradbury de la conquête spatiale. Des copieuses (mais bien sûr incomplètes au vu de la popularité de l'auteur et des centaines d'éditions existantes) bibliographies et un index clôturent l'ouvrage.

bradbury,anglais,2 étoiles

Je dois avouer avoir été un peu déçu par cet ouvrage. L'impression globale a été de quelque chose de trop partiel. La première partie (la biographie) est par exemple visiblement trop courte pour démêler les relations parfois complexes de Bradbury avec le genre. Les trois autres parties donnent aussi cette impression de survol de l'oeuvre de l'auteur d'autant que Seed passe pas mal de temps à détailler des textes d'autres auteurs, des mentors comme ou H. Kuttner ou des écrivains ayant produits des titres sur des thèmes similaires comme Walter M. Miller. Sur un espace quand même relativement limité (il y a à peine 150 pages de texte dans le livre, le reste étant occupé par les notes, la bibliographie et l'index), l'effet final de l'ensemble est plus impressionniste qu'exhaustif et l'ouvrage donne parfois l'impression de n'être qu'une simple collection d'essais rassemblée à la va-vite.

bradbury,anglais,2 étoiles

Du coup, même si les analyses de Seed sur les thèmes précis qu'il étudie sont pertinentes et mêmes originales (on connaît peu le Bradbury propagandiste de l'aventure spatiale), un amateur de Bradbury (ou même un simple amateur de SF) qui attend un panorama complet aura du mal à y trouver son compte et regrettera de ne pas voir évoquées certaines des nombreuses et différentes voix qui font la toute richesse d'un auteur protéiforme (voire même clivant). Au final, et malgré les connaissances de Seed, cet ouvrage est l'un de titres les moins convaincants et les moins passionnés de cette série de haut niveau.

bradbury,anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles