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11/06/2022

_The Fortean Influence on Science Fiction_

The Fortean Influence on Science Fiction : Charles Fort and the Evolution of the Genre : Tanner F. BOYLE : 2021 : McFarland (série "Critical explorations in Science Fiction and Fantasy" #73) : ISBN-13 978-0-4766-7740-8 (la fiche ISFDB du titre): viii+180 pages (y compris bibliographie et index) : coûte 45.00 USD pour un TP non illustré disponible chez l'éditeur (), existe aussi en ebook (978-1-4766-4190-4).

anglais,2 étoiles

Charles Fort (1874-1932) était un grand collectionneur d'évènements inexpliqués de tous types (apparitions dans le ciel avant la vague des soucoupes volantes, pluies d'objets, disparitions, cryptozoologie...) qui, après la parution de ses principaux ouvrages dans les années 30 (y compris en sérial dans Astounding), a bénéficié d'un ensemble de fidèles dévoués à ses idées et a exercé un influence durable bien que marginale dans le paysage culturel (surtout US). Un des domaines où ses idées ont bien pris racine est évidemment, de par une grande proximité intellectuelle, la SF.  Tout le monde connaît l'influence de Fort sur le Sinister Barrier de Russell (c'est d'ailleurs la couverture du serial dans Unknown qui ressert pour cet ouvrage) mais l'ambition de Boyle (qui est présenté juste comme un écrivain américain) dans ce livre est de montrer que cette influence est bien plus grande que ne le présente l'histoire canonique du genre.

anglais,2 étoiles

Après une courte préface et un aussi court premier chapitre introductif, l'ouvrage peu être subdivisé en plusieurs parties distinctes : quelques pages sur la SF Fortéenne avant Fort; une définition de ce que Boyle appelle la "maybe-fiction" (en gros les textes qui sont entre la fiction et la non-fiction suivant les lecteurs, les récits d’abduction extraterrestres en étant l'exemple type) une catégorie très influencée par les écrits de Fort; les premiers auteurs de SF "Fortéens" (Lovecraft, Russell et d'une façon plus surprenante Herbert); Fort comme source d'inspiration dans les pulps SF (on va alors croiser Palmer & Shaver); quatre chapitres centrés sur des auteurs précis (dans l'ordre Clarke, Dick, Heinlein et Robert Anton Wilson); un bref panorama de Fort tel que lu par d'autres média et enfin une très courte conclusion. L'ensemble est complété par plusieurs pages de notes, une bibliographie et un index.

anglais,2 étoiles

On notera tout d'abord que l'ouvrage n'est pas très épais avec à peine 150 pages de texte. Après, l’idée que Fort a eu une influence sur le genre paraît tellement évidente à première vue que l'on se demande ce que va pouvoir dire l'auteur de fondamentalement nouveau. Du coup, la première grosse partie (celle sur la maybe-fiction) donne l'impression d'une digression, certes intéressante, mais pas forcément en rapport avec le sujet annoncé du livre (en fait le concept aurait mérité d'être traité à part, tant la matière et l'approche de l'auteur sont riches). Quand on arrive enfin au cœur du sujet, on est déjà au premier tiers du livre. La suite propose un certain nombre d'hypothèses originales (le lien entre le ver des sables de Dune et le Mongolian Death Worm, une des créatures de la cryptozoologie ou une lecture Fortéenne de RAH) mais le discours de Boyle me semble manquer de profondeur.

anglais,2 étoiles

En fait, je ne suis pas particulièrement convaincu par le travail de l'auteur que je trouve effectivement un peu léger sur la partie relative au genre (à la différence de celle sur sa maybe-fiction). À la fois dans son raisonnement qui se limite parfois simplement à des analogies formelles au niveau des thèmes (comme avec You're All Alone de Leiber)et dans ses recherches qui (dans mon ressenti) semblent se cantonner à des sources secondaires dont certaines (par exemple le Seekers of Tomorrow de Sam Moskowitz qui pourtant revient très -trop ?- souvent) sont sans doute à prendre avec du recul. Le tout donne une impression bizarre, un ensemble parfois intéressant mais qui d'autre part donne l'impression d'enfoncer des portes ouvertes en survolant la surface des choses. Du coup, à chacun de se faire son opinion et à trouver quelle partie lui convient le plus.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles (pour l'enthousiasme de l'auteur)

16/05/2022

_Tolkien : Sur les rivages de la terre du milieu_

Tolkien : Sur les rivages de la terre du milieu : Vincent FERRÉ : 2001 : Christian Bourgois : ISBN-10 2-267-01573-0 (la fiche ISFDB du titre) : 354 pages (y compris index, appendices et bibliographie) : coûtait 150 FRF (ou 22.87 Euros) pour un tp non illustré, éventuellement trouvable d'occasion dans cette édition, ou dans sa version en poche chez PP (Agora #241 paru en 2002).

Tolkien Sur les rivages de la terre du milieu.jpg

Publié par l'éditeur "historique" de Tolkien et entendant visiblement à l'époque surfer sur la vague de la prochaine sortie des films de Peter Jackson, cet ouvrage est (je cite) "le premier livre en français consacré au chef-d’œuvre de J.R.R. Tolkien". Même si l'on peut objecter que la biographie de Tolkien par Carpenter (celle-là) a été publiée par le même éditeur une vingtaine d'années auparavant, il s'agit effectivement du premier livre sur ce sujet précis (il en viendra pas mal d'autres par la suite).

La communauté de l'anneau (CB 1985-09).jpg

Dans mon immense mansuétude, j'ai décidé de vous épargner le laïus habituel sur le SdA et les superlatifs qui vont avec (même moi, peu amateur de Fantasy,  je l'ai lu presque à sa sortie). Pour en revenir au livre de Ferré (un des spécialistes français de Tolkien avec plusieurs titres à son actif), il se divise schématiquement en deux parties. La première (la plus importante) est une description de l'univers du SdA (personnages, géographie, structure, construction ou influences). La seconde est une tentative de dégager le thème principal de l’œuvre qui serait, selon Ferré, non pas comme on le professe souvent, le pouvoir mais plutôt la mort (ou son absence, l'immortalité). A ces deux parties, s'ajoutent plusieurs appendices (résumé du cycle, avant-propos non traduits...), une bibliographie sélective et un index.

La fraternité de l'anneau (Bourgeois 2014-10).jpg

Tout d'abord, je dois prévenir que le livre est très "chiant" à lire. Non pas qu'il soit mal écrit ou qu'il soit mal imprimé mais pour chaque page de texte de chaque chapitre il y a presque une page de notes (au hasard, le chapitre III fait 25 pages et il y a 20 pages de notes -il y en a 158-) qui se situent à la fin du chapitre. On doit donc se reporter dix pages plus loin toutes les quelques lignes pour suivre la pensée de l'auteur ou consulter les références. C'est extrêmement pénible lors de la lecture puisque, pour pleinement apprécier le travail de Ferré, il faut dans la pratique deux marque-pages et sauter d'une page à une autre toutes les vingt secondes. C'est quasiment rédhibitoire.

français,Tolkien,2 étoiles

C'est bien dommage parce que l'ensemble forme une bonne porte d'entrée dans le SdA (qu'il faut quand même avoir lu avant) dans sa première partie. Elle permet de simplement se remettre en mémoire le roman. La seconde partie est plus hypothétique mais les arguments de Ferré se tiennent même si l'espace qui leur est consacré est limité (une centaine de pages dont cinquante de notes) par rapport à d'autres analyses ultérieures. Au final un livre plutôt intéressant mais qui est particulièrement frustrant à lire à cause de sa construction idiote.

français,Tolkien,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles (si vous n'avez pas envoyé valser le livre au 246ème renvoi aux notes de fin de chapitre)

06/04/2022

_Visions of Mars_

Visions of Mars : Essays on the Red Planet in Fiction and Science : Howard V. HENDRIX & George SLUSSER & Eric S. RABKIN (editors) : 2011 : McFarland : ISBN-13 978-0-7864-5914-8 (la fiche ISFDB du titre): vi+216 pages (y compris index et bibliographies) : coûte 29.99 USD pour un tp non illustré disponible chez l'éditeur.

mars,anglais,2 étoiles

Après cet avis, nous restons sur Mars avec ce volume publié par McFarland. Sous la houlette d'un trio d'editors connus dans le domaine des ouvrages de référence (Hendrix étant en plus un auteur de fiction confirmé), cet ouvrage est en quelques sorte le recueil des actes de la Eaton Conference (un rassemblement annuel d'étude sur le genre) tenue en 2008 et qui s'intitulait justement Chronicling Mars. Contemporain d’autres titres sur le même sujet, on peut considérer que cet ouvrage et ses cousins est la réponse de l'académie à la vague des "Mars Novels" des années 90-00.

mars,anglais,2 étoiles

Après une préface et une introduction, le corps du livre se compose de dix-sept essais de taille variable (certains correspondent visiblement au texte brut des interventions et d'autres ont été sans doute retravaillés). On y retrouve des plumes connues dans le domaine de la réflexion sur la SF (en plus des editors, on peut y  lire Robinson, Huntington, Lyau, Crossley...) qui abordent divers sujets qu'ils maîtrisent particulièrement, comme par exemple Lyau qui se (re)baigne dans le Fleuve Noir (voir son son livre sur le sujet). En "bonus", nous avons, outre un index (les bibliographies sont à la fin de chaque essai), la transcription de deux panels tenus à la conférence avec des acteurs du genre célèbres (Hartwell, Bradbury, Pohl, Niven, Landis).

mars,anglais,2 étoiles

Au final, l'ensemble offre une lecture intéressante même si, immédiatement, il se dégage de l'ensemble parfois une impression de "recyclage" (Lyau et Crossley sont frappants en ce sens).  Le lecteur est aussi confronté à des textes assez inégaux, tant en longueur (le plus court fait à peine quatre pages et est juste une sorte de teaser) qu'en pertinence (l'essai de Palmer sur Icehenge dont on peut se demander ce qu'il fait dans cet ouvrage) ou qu'en qualité (la liste des occurrences de Mars chez Jules Verne qui aligne plusieurs pages de références tirées des textes de l'auteur pour un résultat nul : Verne ne s'intéressait pas à Mars).

mars,anglais,2 étoiles

Toutefois, un nombre significatif de textes soit abordent des sujets originaux : Nichols sur les adaptations TV/Cinéma de The Martian Chronicle ou Slusser sur les liens entre Wells et les frères Strugatsky, soit explorent en détail des thématiques précises (Mars chez Heinlein ou Dick) d'une façon que des titres plus généraux sur ces auteurs ne peuvent égaler. Par contre, les deux transcriptions de panels n'offrent guère d'intérêt (outre un qualité technique moyenne avec force [inaudible]) et ressemblent fort à du remplissage pour un livre qui ne brille quand même pas par son rapport qualité/prix.

mars,anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles (pour les meilleurs essais)

16/03/2022

_Islands in the Sky_

Islands in the Sky : The Space Station Theme in Science Fiction Literature (2ème édition) : Gary WESTFAHL : 2009 (pour cette version) : Wildside/Borgo Press (série "I.O. Evans Studies in the Philosophy and Criticism of Literature" #15) : ISBN-13 978-1-4344-0356-8 (la fiche ISFDB du titre) : 265 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 19.99 USD pour un tp (en POD) non illustré disponible chez l'éditeur ().

Islands in the sky.jpg

Comme souvent chez Wildside/Borgo, il s'agit d'un titre à l’histoire éditoriale compliquée. Initialement publié en 1996 cet ouvrage est donc ressorti en 2009 sous une forme expansée (quelques textes en plus) et plus ou moins révisée comme l'explique Westfahl dans son introduction. De plus, il existe une sorte de "compagnon" bibliographique à ce volume : The Other Side of the Sky (évoqué ici) qui en est la bibliographie commentée. Tout cela tourne donc autour du thème des stations spatiales (et par extension des habitats spatiaux type cités d'O'Neill) et de leur représentation (signification, utilisation, récurrence) dans le genre, un sujet qui semble passionner l'auteur depuis des années.

This strange tomorrow (BW 1966).jpg

Pour simplifier les choses, ce livre est constitué d'une reprise du texte de 1996 (sur deux cents pages avec une préface de Benford et une douzaine de chapitres en quatre parties) augmenté de plusieurs essais et d'une nouvelle introduction. L'ensemble adopte une structure plutôt thématique, la première partie est introductive et historique, la deuxième passe en revue les "types" de stations spatiales, la troisième s'élargit à des thèmes connexes (habitats, stations vagabondes et ascenseur spatial), la quatrième conclut en évoquant la place de ce thème particulier au sein de la science-fiction et la dernière est constituée de divers courts appendices (des essais récupérés ça et là). Une bibliographie (non commentée évidemment) et un index terminent l'ouvrage.

Stardance (Futura 1979).jpg

Malgré tous les efforts de Westfahl pour justifier ses travaux (que je soupçonne d'être essentiellement de commande), j'avoue avoir eu mal à être emballé par son discours même si son idée que les stations spatiales de par leur présence dans le genre amènent un changement de paradigme de notre perception de l'espace interplanétaire, qui passe d'une perception "maritime" (un espace vide à sillonner) à une vision plus terrestre (un territoire à occuper) n'est pas sans mérite. On appréciera aussi les références nombreuses à des textes d'auteurs relativement inconnus (Long, Mason, Caidin...) qui, même s'il ne semblent pas être des chefs-d’œuvre, présentent une pertinence certaine pour l'étude du thème.

Satellite 54-zero (Ballantine 1971).jpg

Par contre, je trouve que, dans cet ouvrage,  Westfahl fait un peu trop du Westfahl pour en être complètement satisfait. Son côte "iconoclaste professionnel" habituel, qui est souvent rafraichissant et parfois même salutaire, est ici poussé un peu à l'excès au point de s'en prendre à d'autres auteurs d'ouvrages de référence (Wolfe ou Nicholls pour ne citer qu'eux) ou à l'ensemble de ceux qui réfléchissent sur le genre d'une façon manquant un peu d'élégance et de recul. Cela gâche un peu le plaisir de la lecture d'un ouvrage qui aurait pu être aussi un peu allégé de ses appendices rajoutés à la fin qui sont trop datés pour être intéressants.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

16/02/2022

_Jeffrey Jones : The Definitive Reference_

Jeffrey Jones : The Definitive Reference : Patrick K. HILL & Chad J. KOLEAN & Emmanuel C. MARIS & J. David SPURLOK (editors) : 2013-04 : Vanguard Press : ISBN-13 978-1-934331-54-5 (la fiche ISFDB du titre) : 175 pages (y compris index) : coutait 39.95 USD pour grand hc presque carré avec jaquette illustré en couleurs et n&b, disponible en ligne, existe aussi en version à tirage limité.

Jeffrey Jones The Definitive Reference.jpg

À mi chemin entre le "pictorial" et la bibliographie, cet ouvrage est donc présenté comme l'ouvrage de référence définitif sur Jeffrey Jones. Cet artiste, qui a dessiné un peu de tout (des comics, des couvertures, des illustrations, des toiles) est beaucoup plus connu dans son pays d'origine que chez nous (je ne suis pas sûr qu'une de ses œuvres ait jamais illustré un roman de SFF en français). Sa notoriété chez les amateurs est liée aux presque deux cents couvertures qu'il a réalisé durant les années 70, surtout pour des éditeurs comme Belmont, Pyramid, Paperback Library ou Lancer.

anglais,2 étoiles

Organisé par support ou type de dessin (des hcs aux illustrations intérieures de magazines ou fanzines), l'ensemble est superbe même si l'amateur de livres que je suis aurait aimé de plus grandes images des couvertures. L'ouvrage semble aussi particulièrement exhaustif (on y trouve même certains titres en VF). Comme souvent avec ce type d'ouvrage,on peut juste regretter, outre une certaine emphase, le fait que la plupart des informations qu'il contient sont maintenant accessibles assez aisément en ligne. Il n'est reste pas moins qu'il s'agit là d'un très bel objet qui rend parfaitement justice à un illustrateur au style si particulier.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles (il faut aimer Jones et la Fantasy)