17/09/2026
_Cyberpunk, Steampunk and Wizardry_
Cyberpunk, Steampunk and Wizardry : Science Fiction Since 1980 : Nader ELHEFNAWY : 2015 : pas d'éditeur mentionné (indiqué comme "CreateSpace Independent Publishing Platform" sur Amazon) : ISBN-13 978-150889946-4 (inconnu de l'ISFDB) : 294 pages (pas de d'index, bibliographie secondaire) : coûte une quinzaine d'Euros pour un TP non illustré, disponible là, existe aussi en ebook.

Contrairement à ce que pourrait laisser son titre, cet ouvrage n'est pas consacré au divers sous-genres de la SF&F qu'il liste. En fait, il s'agit à la base d'une deuxième version de ce titre (lui même une mise à jour) qui s'est transformée en une histoire de la SF des années 80 au milieu des années 2010. Il conserve néanmoins trois longues critiques (un recueil de Gibson et deux anthologies) présentes dans ses prédécesseurs. Sachant que les 60 premières pages récapitulent l'histoire du genre jusqu'aux années 80, on concevra aisément que le résultat peut laisser sur sa fin pour une histoire censée couvrir presque 40 ans.

Malgré tout, la tentative est à saluer et est d'autant plus intéressante que l'auteur n'hésite pas à se placer sur le terrain du décryptage des opinions politiques qui sous-tendent (qu'on le veuille ou non) une partie des textes majeurs de cette période, du socialisme d'un MacLeod au capitalisme darwinien du couple Niven & Pournelle. C'est, pour un texte américain, une démarche assez peu fréquente et qui mérite d'être signalée. D'une façon anecdotique, on appréciera aussi l'effort de l'auteur pour être un peu plus modeste (par rapport à ses premières publications). Finalement, un résultat intéressant et qui fait preuve d'une analyse perspicace qui ne néglige pas l'aspect purement économique du monde de l'édition et fait le lien avec des courants intellectuels comme le Postmodernisme. Bien évidemment, 40 ans de SF&F traitées en à peine 200 pages (écrit gros) font que l'on peut rester sur sa faim.

Note GHOR : 2 étoiles (aurait mérité plus de pages)
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20/06/2026
_Civilisation et divagations_
Civilisation et divagations : Mort, fantasmes et science-fiction : Louis-Vincent THOMAS : 1979 : Payot (collection "Petite bibliothèque Payot" # 354) : ISBN-102-228-33540-1 (la fiche ISFDB du titre, dans la base à Bruno) : 285 pages (y compris bibliographie mais pas d'index) : prix original inconnu pour un pb non illustré : trouvable d'occase.

Hasard de l'ordre alphabétique, voici un ouvrage qui ressemble, dans l'esprit, à The Child to Come évoqué récemment ici. Dans le cas du livre de Thomas (un universitaire français), nous sommes invités à une réflexion sur la mort (la spécialité de l'auteur, inventeur de la thanatologie) enrobée et illustrée par des textes (et des films) de science-fiction. Qu'il s'agisse de la mort de individu (et de son corollaire l'immortalité), de celle de la civilisation ou de celle, plus réduite, de la ville, les diverses parties de l'ouvrage suivent un même schéma : une partie "théorique" souvent basée sur des données scientifiques (des années 70 quand même) et un survol de la façon dont la SF a traité le sujet.

D'une façon assez logique, la partie explicative est d'un intérêt faible tant elle est datée dans ses données (le plan Peyrefitte ?) et dans ses analyses. Par contre, la partie "SF" malgré un certain mépris qui transparait parfois, est plus intéressante et témoigne d'une vraie connaissance du domaine par l'auteur. Outre les auteurs français de l'époque (Pelot, Andrevon, Curval), l'auteur convie les "classiques" (Van Vogt, Asimov, Bradbury) ainsi que les plus récents des anglo-saxons du moment (Silverberg, Priest, Coney). Un échantillon d'une telle richesse est quand même plutôt rare sous la plume d'un universitaire français (qui plus est en 1979). Le résultat (pour la partie concernant le genre) est parfaitement lisible même s'il reste quand même du niveau de la simple illustration des thèses de l'auteur. On est face à un catalogue des idées développées par la SF qui ne peut prétendre constituer une véritable réflexion sur le genre lui-même (ce n'est d'ailleurs sans doute pas le propos de Thomas). À noter que cet ouvrage a obtenu le prix spécial de l'imaginaire en 1980.

Note GHOR : 2 étoiles (pour la partie SF)
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25/05/2026
_Cartographie du merveilleux_
Cartographie du merveilleux : Guide de lecture : André-François RUAUD : 2008 (2001 pour l'EO) : Folio (collection SF, pas de numéro dans la collection sur l'ouvrage même si la base à Bruno indique #57) : ISBN-13 978-2-07-041649-3 (la fiche ISFDB du titre, dans la base à Bruno) : 287 pages (y compris index, pas de bibliographie) : offert pour l'achat de deux Folio SF à l'époque : se trouve assez aisément.

Quatrième mousquetaire des ouvrages de référence sur les genres de l’imaginaire publiés par Folio à ses débuts (après Valéry sur la SF, Marcel sur Fantastique et Berthelot sur on ne sait pas trop quoi), voici Ruaud sur le Merveilleux. En fait, comme on le voit bien sur la couverture, son sujet d'étude est en fait la Fantasy mais Merveilleux fait sans doute plus "chic". On va retrouver dans cet opus le format des autres titres, à savoir deux parties : 1) une histoire du genre (une centaine de pages) et 2) un guide de lecture qui liste 100 ouvrages ou cycles (ils sont en gras) avec en moyenne une page et demie pour chacun. On a aussi une chronologie, deux index (par artiste et par titre) et les coordonnées de deux librairies où se procurer des ouvrages en VO.

Même si le résultat est parfois approximatif (Elric publié au Club du Livre d'Anticipation, des cycles aux noms bizarres dont les composants ne sont même pas listés), fait (comme d'habitude) la part plus que belle dans les références aux ouvrages écrits ou édités par l'auteur (Yellow Submarine, Les Moutons Électriques), inclut une de ses anthologies (Fées & Gestes), l'ensemble se laisse lire. La partie historique est synthétique et assez claire, même si elle (AMHA) se focalise un peu trop sur les précurseurs (les décennies 80 et 90 sont expédiées en quinze pages). Le guide de lecture correspond aux goûts de l'auteur et serait sans doute différent sous la plume d'un autre, mais c'est un peu la loi du genre. Au final, une bonne initiation à la Fantasy à un prix défiant toute concurrence.

Note GHOR : 2 étoiles (fait le job)
07:53 | 07:53 | Ouvrages thématiques | Ouvrages thématiques | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : 2 étoiles, français | Tags : 2 étoiles, français
06/05/2026
_The Unstable Realities of Christopher Priest_
The Unstable Realities of Christopher Priest : Paul KINCAID : 2020 : Gylphi (série "SF Story Worlds: Critical Studies in Science Fiction" #8) : ISBN-13 978-1-78024-088-6 (la fiche ISFDB du titre ) : xv+235 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 18.99 GBP pour un petit tp non illustré, disponible chez l'éditeur , existe aussi en e-book.

Christopher Priest est à la fois un des chouchous de la scène SF francophone (chose rare, presque tous ses écrits ont été traduits sauf Indoctrinaire, son premier roman) largement poussé par le groupe Gallimard (Denoël, Folio) mais aussi un de ces écrivains de SF pour qui l'appartenance au genre est un chose ambivalente (on pensera à Vonnegut, son idole Ballard ou Marlzberg). C'est donc à un écrivain au positionnement ambigu que Paul Kincaid, un des meilleurs spécialistes britanniques du genre, s'attaque dans cet ouvrage de la très intéressante collection du très intéressant mais hélas très en sommeil éditeur Gylphi (on ne connaît pas de titres publiés après 2022). Ceci explique certainement que mon exemplaire soit un POD imprimé par Amazon.

En terme de structure, Kincaid a visiblement choisi d'imiter son sujet puisque l'ouvrage est constitué de deux parties imbriquées qui alternent à chaque chapitre : une biographie littéraire de l'auteur dans l'ordre chronologique et une série d'études des principaux thèmes récurrents chez Priest (le double, l'île, le rêve, l'instabilité…). Cette construction explique d'ailleurs que l'on peut parfois avoir l'impression (ce n'est d'ailleurs pas une impression) de relire les mêmes choses à deux endroits différents (dans le chapitre consacré à un thème et dans la partie "historique" lors de la parution de tel ou tel texte). Même si cela rend le livre très "Priestien" (c'est un procédé couramment utilisé par l'auteur), cela génère une impression bizarre à la lecture. Indépendamment de cela, le livre propose une bibliographie primaire (originalement placée en tête de volume), une bibliographie secondaire (œuvres citées) et un index (enfin !).

Ce deuxième ouvrage consacré à Priest (après celui de Ruddick qui date de 1989) est une réussite. Kincaid maîtrise parfaitement son sujet et connaît même personnellement Priest. Si la structure évoquée plus haut ne concourt pas à une lecture fluide (on va voir évoqué tel texte à au moins deux endroits différents dans des contextes différents), l'ensemble permet une certaine orientation dans une œuvre particulièrement complexe, un effet délibéré de la part de Priest. Après, pour apprécier pleinement le gros travail de Kincaid, il faut être un amateur de Priest. Hélas, je n'en suis pas. J'avoue que je n'aime pas particulièrement les auteurs qui sont publiés grâce au genre mais qui crachent un peu dans la soupe ("je suis publié dans une collection de SF mais la SF c'est pas trop mon truc, d'ailleurs je n'en écrit pas") et, plus sérieusement, je trouve que le procédé littéraire fréquent chez Priest consistant à ne rien expliquer ou à livrer des explications contradictoires et à laisser le lecteur décider est plus un signe de faiblesse scénaristique que de maîtrise de son récit par l'auteur. À chacun de voir comment il se positionne vis à vis de Priest, mais cela n'enlève rien aux qualités de l'ouvrage qui est parfaitement recommandable.

Note GHOR : 2 étoiles (3 si vous êtes amateur de Priest)
12:17 | 12:17 | Etudes mono-auteur | Etudes mono-auteur | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : priest, anglais, 2 étoiles | Tags : priest, anglais, 2 étoiles
13/04/2026
_Billion Year Spree_
Billion Year Spree : The history of Science Fiction : Brian W. ALDISS : 1973 (1974 pour cette seconde édition) : Weidenfeld & Nicolson : ISBN-10 0-297-76555-8 (la fiche ISFDB du titre ) : 339 pages (y compris index et bibliographie) : coûtait 3.75 GBP pour un petit hc avec jaquette et cahier photographique en n&b de 8 pages : se trouve assez aisément d'occasion.

C'est au début des années 70 qu'est arrivée la première rafale d'ouvrages de références publiés par des éditeurs "généralistes" (à la différence de maisons comme Advent issues du milieu de la SF). Dans cette vague de titres sont aussi apparues les premières histoires du genre qui, à l'époque, ne concernaient uniquement que la SF (on est au tout début de la Fantasy comme genre autonome). On pensera à Sadoul en France, Del Rey aux USA (plus tardif) et bien sûr celle qui nous intéresse, celle écrite par l'auteur de SF anglais Brian Aldiss. Rapidement (et faute de mieux ?) cet ouvrage est devenu canonique à tel point que l'auteur s'associera à David Wingrove pour lui donner une version mise à jour en 1986 : Trillion Year Spree chez Gollancz. Organisé chronologiquement (logique !), le livre est divisé en 11 chapitres (ainsi qu'une introduction et une conclusion) et offre un index et une bibliographie plutôt complète (pour l'époque) ainsi que deux petits cahiers photographiques.

Faisant œuvre de pionnier, c'est donc à l'histoire du genre que s'est attaqué Aldiss, un vaste sujet, même à l'époque. Mais déjà, il existait autant d'histoires de la SF que d'auteurs et autant de stratégies pour le genre. Ici, nous avons une approche qui est à la fois très britanno-centrée (Shelley, Wells, Stapledon), avec un pedigree long comme le bras (on remonte jusqu'à Lucien de Samosate) et très comme il faut (on glisse sous le tapis les côté "sensawunda" et pulpesque du genre). Cette quête de légitimation et de respectabilité britannique sous-tend certains des choix d'Aldiss. Ceci explique sans doute : 1) le choix de Mary Shelley (et son Frankenstein) comme origine du genre; 2) le poids disproportionné de la proto-SF (on attaque la SF telle qu'on la connaît aux deux tiers du livre) et 3) une certaine condescendance vis-à-vis d'une SF américaine qui est vue comme trop simpliste politiquement et littérairement.

La lecture d'un tel texte en 2026 n'est certes pas indispensable, tout ce que dit Aldiss ayant été dit et redit des centaines de fois (et est parfois sujet à caution). Ce livre est toutefois un élément important du débat sur les origines du genre, la théorie "Shelleysienne" étant relativement fréquente (mais me paraît personnellement erronée). C'est surtout l'illustration de la difficulté d'écrire une histoire unifiée/unique du genre en fonction de son pays d'origine (il existe un livre sur la SF est-allemand qui vaut son pesant de cacahuètes) et du fait que chaque auteur qui se fait historien plaque sur le genre un certain nombre de présupposés et surtout tente de mettre en lumière telle ou telle caractéristique particulière de celui-ci qui lui paraît essentielle et qui fonde sa stratégie de présentation. Un exercice particulièrement intéressant est la lecture en parallèle de cette histoire de la SF par Aldiss (britannique et cultivée) et celles de Sadoul et Del Rey (américaines et populaires). Au final, c'est un des livres fondateurs de la réflexion sur le genre par la pose de bases historiques, mais il est quand même un peu trop daté (il a plus de cinquante ans) pour être autre chose qu'une curiosité historique.

Note GHOR : 2 étoiles (pour son influence)
11:33 | 11:33 | Ouvrages généraux sur la SF | Ouvrages généraux sur la SF | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : anglais, 2 étoiles | Tags : anglais, 2 étoiles

