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23/04/2026

_Terraforming_

Terraforming: Ecopolitical Transformations and Environmentalism in Science Fiction : Chris PAK : 2016 : Liverpool University Press (série "Liverpool Science Fiction Texts and Studies" #55) : ISBN-13 978-1-78138-284-4 (la fiche ISFDB du titre) : x+241 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 80.00 GBP pour un hc sans jaquette : disponible en ligne (le site de l'éditeur n'est pas très clair), existe aussi en pdf (gratuit ?).

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Encore un livre que j'ai un peu acheté les yeux fermés sur la foi d'un titre (Terraforming) et d'une collection (celle de l'université de Liverpool). Hélas, j'aurai dû mieux lire le sous-titre (Ecopolitical Transformations and Environmentalism in Science Fiction) parce que, au lieu d'un livre sur la terraformation (en gros la transformation de planètes pour les rendre semblables à la Terre), il s'agit d'un livre sur l'environnementalisme, l'écologie politique et théorique (l’hypothèse Gaia, l'altérité de la nature, la sentience de la biosphère, etc.) qui n'est qu'accessoirement sur la SF. C'est aussi un titre typique de ce mode "saupoudrage" où quelques textes appartenant au genre (ici moins d'une trentaine) servent de vague justification à un discours sur un tout autre sujet. Par exemple, le rapport entre le sujet affiché du livre et des textes comme The Moon is a Harsh Mistress (RAH), Major Operation (White) ou The Space Merchants (Pohl & Kornbluth) me semble en effet particulièrement ténu, mais ils sont pourtant détaillés dans ce livre. Comme il s'agit plus ou moins de la transcription d'une thèse, cet effet d'éloignement du genre est sans doute logique. Du coup, à presque un centaine d'Euros le livre imprimé en POD (par Lightning Source) le rapport prix/SF est franchement faible. Assez tristement, cette prestigieuse collection donne l'impression d'une baisse constante de qualité, et c'est bien dommage.

Major operation (Del Rey 1981).jpg

Note GHOR : 1 étoile (et la SF dans tout cela ?)

17/04/2026

_Brave New World_

Brave New World : History, Science, and Dystopia : Robert S. BAKER : 1990 (pour l'EO, ici une troisième impression) : Twayne (série "Twayne's Masterwork Studies") : ISBN-10 0-8057-8121-8 (la fiche ISFDB du titre) : x-156 pages (y compris index et bibliographie) : coûtait 9.95 USD pour un tp non illustré : trouvable d'occase.

anglais,1 étoile

Voici un livre qui correspond aux "classiques" (Vaubourdolle et autres) que l'on utilisait au lycée (sauf qu'ici le texte de l’œuvre n'est pas inclus). Son sujet est donc Brave New World/Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley, une des plus célèbres dystopies aux côtés de 1984 ou We.  Le livre comporte en gros deux moitie, une première partie autour du contexte (vie de Huxley, réception critique du livre, influences...) et une seconde partie qui "suit" le texte du roman et l’évolution des personnages. N'ayant pas de devoir ou de thèse à rendre sur ce sujet, j'ai lu l'ensemble en diagonale amlgré sa visible richesse. J'ai juste remarqué que malgré des pages sur Wells, le mot "science fiction" n'apparaît jamais (j'ai vu une fois "speculative fiction").  À réserver aux étudiants en retard.

anglais,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile (pas concerné)

13/04/2026

_Billion Year Spree_

Billion Year Spree : The history of Science Fiction : Brian W. ALDISS : 1973 (1974 pour cette seconde édition) : Weidenfeld & Nicolson : ISBN-10 0-297-76555-8 (la fiche ISFDB du titre ) : 339 pages (y compris index et bibliographie) : coûtait 3.75 GBP pour un petit hc avec jaquette et cahier photographique en n&b de 8 pages : se trouve assez aisément d'occasion.

Billion year spree.jpg

C'est au début des années 70 qu'est arrivée la première rafale d'ouvrages de références publiés par des éditeurs "généralistes" (à la différence de maisons comme Advent issues du milieu de la SF). Dans cette vague de titres sont aussi apparues les premières histoires du genre qui, à l'époque, ne concernaient uniquement que la SF (on est au tout début de la Fantasy comme genre autonome). On pensera à Sadoul en France, Del Rey aux USA (plus tardif) et bien sûr celle qui nous intéresse, celle écrite par l'auteur de SF anglais Brian Aldiss. Rapidement (et faute de mieux ?) cet ouvrage est devenu canonique à tel point que l'auteur s'associera à David Wingrove pour lui donner une version mise à jour en 1986 : Trillion Year Spree chez Gollancz. Organisé chronologiquement (logique !), le livre est divisé en 11 chapitres (ainsi qu'une introduction et une conclusion) et offre un index et une bibliographie plutôt complète (pour l'époque) ainsi que deux petits cahiers photographiques.

Trillion year spree.jpg

Faisant œuvre de pionnier, c'est donc à l'histoire du genre que s'est attaqué Aldiss, un vaste sujet, même à l'époque. Mais déjà, il existait autant d'histoires de la SF que d'auteurs et autant de stratégies pour le genre. Ici, nous avons une approche qui est à la fois très britanno-centrée (Shelley, Wells, Stapledon), avec un pedigree long comme le bras (on remonte jusqu'à Lucien de Samosate) et très comme il faut (on glisse sous le tapis les côté "sensawunda" et pulpesque du genre). Cette quête de légitimation et de respectabilité britannique sous-tend certains des choix d'Aldiss. Ceci explique sans doute : 1) le choix de Mary Shelley (et son Frankenstein) comme origine du genre; 2) le poids disproportionné de la proto-SF (on attaque la SF telle qu'on la connaît aux deux tiers du livre) et 3) une certaine condescendance vis-à-vis d'une SF américaine qui est vue comme trop simpliste politiquement et littérairement.

Histoire de la science fiction moderne (AM).jpg

La lecture d'un tel texte en 2026 n'est certes pas indispensable, tout ce que dit Aldiss ayant été dit et redit des centaines de fois (et est parfois sujet à caution). Ce livre est toutefois un élément important du débat sur les origines du genre, la théorie "Shelleysienne" étant relativement fréquente (mais me paraît personnellement erronée). C'est surtout l'illustration de la difficulté d'écrire une histoire unifiée/unique du genre en fonction de son pays d'origine (il existe un livre sur la SF est-allemand qui vaut son pesant de cacahuètes) et du fait que chaque auteur qui se fait historien plaque sur le genre un certain nombre de présupposés et surtout tente de mettre en lumière telle ou telle caractéristique particulière de celui-ci qui lui paraît essentielle et qui fonde sa stratégie de présentation. Un exercice particulièrement intéressant est la lecture en parallèle de cette histoire de la SF par Aldiss (britannique et cultivée) et celles de Sadoul et Del Rey (américaines et populaires). Au final, c'est un des livres fondateurs de la réflexion sur le genre par la pose de bases historiques, mais il est quand même un peu trop daté (il a plus de cinquante ans) pour être autre chose qu'une curiosité historique.

The world of SF.jpg

Note GHOR : 2 étoiles (pour son influence)

30/03/2026

_Aliens, Robots & Virtual Idols in the Science Fiction of H. P. Lovecraft, Isaac Asimov and William Gibson_

Aliens, Robots & Virtual Idols in the Science Fiction of H. P. Lovecraft, Isaac Asimov and William Gibson : John L. STEADMAN : 2020 : Zer0 Books : ISBN-13 978-1-78904-510-9 (la fiche ISFDB du titre) : 256 pages (pas d'index ni de bibliographie) : coûte 16.99 GBP pour un petit tp non illustré : disponible chez l'éditeur, existe aussi en e-book.

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Commençons par un avertissement : contrairement à ce que j'ai pensé initialement, il faut lire le titre d'une façon bien particulière. En effet, le propos de Steadman (un universitaire américain auteur de plusieurs livres sur Lovecraft), n'est pas d'explorer ensemble les trois thèmes (Aliens, Robots, VR/IA) dans les œuvres de trois écrivains (Lovecraft, Asimov & Gibson), mais de traiter dans l'ordre les trois couples (thème/auteur) ainsi formés. On a donc une première partie sur les Aliens chez Lovecraft, une deuxième sur les robots chez Asimov et enfin une dernière sur les IA (pour simplifier) chez Gibson. Même si ces parties sont structurées de façon identique (fournissant des éléments biographiques et de contexte puis "progressant" dans le thème) et qu'elles assimilent les robots et AI aux Aliens, le résultat se lit en fait comme un recueil d'essais et non comme un ensemble thématiquement unifié. Pour en revenir au livre lui-même, il est publié par un éditeur qui s'affiche comme étant "de gauche" (chose assez rare chez nos amis anglo-saxons) et est physiquement proche d'un POD. Outre les trois parties principales (d'environ soixante-dix pages chacune), il offre une introduction, une conclusion et quelques pages de notes, mais pas d'index ni de bibliographie.

The case of Charles Dexter Ward (Del Rey 19th pb).jpg

Du coup, une fois la structure disjointe du livre clairement comprise, le travail de Steadman mérite notre attention. Il maîtrise parfaitement ses divers sujets (même si l'on voit facilement que l'étude de HPL est son domaine de prédilection) et son développement de l'idée que les Aliens, les robots et les IA dans les œuvres respectives des trois auteurs nous sont à la fois inconnaissables, sont au minimum indifférents aux humains, voire carrément hostiles (même chez Asimov) est parfaitement convaincant. Malgré quelques redites d'une partie sur l'autre, Steadman nous amène à voir sous un autre angle certains de ces ensembles fictionnels (surtout le cycle d'Asimov) qui peuvent se révéler d'une noirceur plus inquiétante, même si, dans le cas d'HPL, l'auteur fait cela très bien tout seul. Au bémol près de l'absence d'index (encore !), voici un ouvrage qui donne à  réfléchir sur le sens de certains ensembles de textes que l'on croyait avoir bien compris. En cela, c'est un petit livre plutôt intellectuellement stimulant qui nécessite toutefois de connaître les œuvres étudiées.

The robots of dawn (Voyager 17th pb).jpg

Note GHOR : 2 étoiles (au moins)

23/03/2026

_After the New Wave : Science Fiction Today_

After the New Wave : Science Fiction Today : Nader ELHEFNAWY : 2015 : pas d'éditeur mentionné (indiqué comme "CreateSpace Independent Publishing Platform" sur Amazon) : ISBN-13 978-151513364-3 (inconnu de l'ISFDB) : 232 pages (pas de bibliographie ni d'index) : coûte une dizaine d'Euros pour un TP non illustré, disponible , existe aussi en ebook.

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Cet ouvrage est en fait une "mise à jour" de celui-ci (paru en 2011 sous un titre approchant). C'est donc un recueil de textes parus dans divers supports (revues et blog de l'auteur) et écrits par un universitaire (et auteur) américain. Par rapport à la version précédente et d'une façon schématique, des essais (dont certains posaient sans doute problème comme celui sur le techno-thriller ou une partie des critiques de livres) ont été supprimés pour être remplacés par une partie appelée "Big Ideas" qui rassemble des réflexions de portée plus générale (sur la singularité, les blockbusters, le post cyberpunk...) ainsi qu'une partie "Science Fiction and the World" qui, comme son nom ne l'indique pas, traite de la SF au cinéma ou à la télévision. On remarquera que, au passage, la bibliographie a été passée à la trappe et qu'un index n'est toujours pas fourni.

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Si l'on ne regrettera pas une partie des textes que l'auteur a choisi de supprimer, cette nouvelle mouture souffre des mêmes défauts que la précédente, à savoir que tout cela reste d'un niveau souvent anecdotique et fait parfois montre d'un net manque de développement (certains articles font à peine deux pages) sans doute lié à leur format d'origine (des billets de blog). On pourra aussi trouver assez compliqué de s’intéresser à un texte qui est une sorte de commentaire sur un autre texte (de Paul Kincaid) paru en 2014 dans un journal américain qui évoque lui plusieurs anthologies parues en 2012 (il faut suivre et deviner de quoi parle l'auteur). Mention spéciale toutefois au premier texte : "A Short History of Science Fiction" qui présente de façon claire (et fort classique) une histoire de la SF en une quinzaine de pages. Au final, une initiative sans doute sympathique (et pas très chère) mais que ne marquera pas l'histoire des ouvrages de référence.

The year's best SF&F 2012 (Prime 2012).jpg

Note GHOR : 2 étoiles (en progrès par rapport au premier)