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13/11/2018

_Speculative Fiction 2012_

Speculative Fiction 2012 : Jusin LANDON & Jared SHURIN (editors) : 2013 (pour la première édition) : Jurassic London : iSBN-13 978-0-9573475-2-6 (la fiche ISFDB du titre) : 339 pages (pas d'index) : Semble avoir coûté une dizaine de GBP pour un tp non illustré produit en POD (mon exemplaire semblant être une réimpression), qui existe aussi en ebook (-5-7).

Speculative fiction 2012.jpg

D'une façon assez savoureuse, cet ouvrage est la preuve que la disparition du papier au profit de l'électron n'est sans doute pas une cause aussi entendue que cela. En effet, le but des concepteurs (deux blogeurs américains) de ce recueil est de rassembler une sélection des meilleurs articles/essais (anglo-saxons, of course) publiés sur la toile en 2012. A noter qu'il existe un volume similaire pour 2013 () mais que la série ne semble pas avoir été poursuivie les années suivantes. En ce qui concerne les auteurs, certaines signatures sont reconnaissables pour les habitués de la réflexion/du commentaire sur les genres (Adam Roberts, Liz Bourke, Lavie Tidhar, Christopher Priest, N. K. Jemisin...).

Embassytown (Del Rey 2011).jpg

Après une courte préface de Mur Lafferty et une introduction des editors, l'ouvrage est divisé en trois parties. La première (Reviews) rassemble comme son nom l'indique une grosse vingtaine de critiques d'ouvrages. Elles sont de longueur variable et ne concernent pas exclusivement des ouvrages parus en 2012 (même si c'est la majorité). La deuxième (Essays) compile une petite vingtaine de textes allant de deux pages à une dizaine, le tout sur des sujets divers intéressant la blogsphère. La dernière partie (SF Life) est parfois assez difficilement différentiable de la précédente, en tout cas elle rassemble plutôt des essais qui sont sans doute plus polémiques (du moins c'est ce que j'ai ressenti). Une postface annonçant le volume de 2013 clôt un livre qui propose ni index ni bibliographie.

A dance with dragons (Bantam 8th pb).jpg

S'agissant d'une sorte de "best-of" de l'Internet, les articles choisis sont généralement d'une certaine qualité (il ne s'agit pas d'extraits de skyblogs). La partie "critique de livres" est sans doute la plus solide avec un juste équilibre entre SF et Fantasy et généralement un espace suffisant pour voir se développer un discours structuré autre que "J'aime/J'aime pas" (c'est à dire que c'est plus étoffé que mes courtes contributions ici-même). Je suis plus dubitatif sur la partie "essais" où une bonne moitié des textes tourne autour des problèmes de genre (au sens masculin/féminin), un sujet certes à la mode mais qui n'est pas forcément (AMHA) très représentatif de la blogsphère. Par exemple, et même si l'essai est intéressant et que je suis plutôt d'accord avec ses conclusions, le sous-titre de celui de Kameron Hurley Rethinking Gender Assumptionist Power Structures est tellement cliché qu'il ne donne pas forcément envie de le lire.

2312 (Orbit 2012).jpg

La dernière partie est la plus insignifiante en ce sens qu'elle semble parfois juste purement polémique et est assez révélatrice des tendances aux flame wars qui agitent le net. On a droit par exemple à une nième dénonciation de livres censément racistes et, plus dommage, aussi à une critique au vitriol par Priest des livres nominés au A. C. Clarke Award. L'exercice consistant pour le membre d'un groupe (ici celui des auteurs de SF britanniques) à cracher sur ses collègues m'a toujours paru suspect malgré le fait que l'attaquant jure habituellement ne pas avoir d'arrière-pensées. C'est aussi le cas du long essai du critique Jonathan McCalmont (qui complète celui de Kincaid) un où les accusations vis-à-vis d'autres critiques du genre (Clute ou Wolfe) volent bas. Je ne suis pas convaincu que ce genre de règlement de comptes ait sa place dans un best-of de l'année. En tout cas, l'initiative de conserver sous forme durable (du moins tant que durera le papier qui compose ce livre) ces textes est louable.

Sur des mers plus ignorées (JL 1988-04).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

20/08/2018

_Rave and Let Die_

Rave and Let Die : The SF & Fantasy of 2014 : Adam Roberts : 2015 : Steel Quill Books (#SQ003) : ISBN-13 978-1-907069-80-2 (la fiche ISFDB du titre) : 269 pages (pas d'index) : coûte 14.99 GBP pour un tp légèrement illustré (imprimé en POD), disponible chez l'éditeur (). anglais,roberts,1 étoile

Publié par une "filiale" de Newcon Press, un éditeur britannique indépendant (une sorte d'ActuSF local ^_^), cet ouvrage rassemble les critiques d'Adam Roberts sur les parutions SF&F de 2014. Il est inutile de présenter Adam Roberts aux lecteurs de ce blog, cet auteur britannique prolifique ayant aussi écrit de nombreux ouvrages de référence, y compris Sibilant Fricative chez le même éditeur, un livre qui est, comme celui-ci, un recueil de critiques (dont certaines semblent avoir été publiées alors que d'autres sont originales à ce volume). La seule différence est que Rave and Let Die ne se concentre que sur les sorties 2014 (que ce soient d'ailleurs des romans ou des films), cette concentration étant due au fait que Roberts a été juré pour deux prix littéraires cette année là.

anglais,roberts,1 étoile

Après une longue (30 pages) introduction de Roberts qui donne un peu son ressenti sur l'état de la SF, l'ouvrage est constitué de 90 essais d'une longueur très variable, allant d'un seul mot "Interminablestellar" pour qualifier le film de Nolan à plusieurs pages pour le film The Hobbit de Jackson. Les essais eux-mêmes peuvent prendre des formes très différentes (on y trouve un poème, un script, un synopsis, une nécrologie de son ami Graham Joyce ou des dialogues) et peuvent partir dans à peu près n'importe quelle direction au gré des envies de Roberts. Le tout est par ordre alphabétique de nom d'auteur, ce qui fera remarquer l'absence d'index.

anglais,roberts,1 étoile

On retrouve bien dans ce livre la verve et l'érudition de Roberts ainsi que son côté un peu touche-à-tout, passant de blockbusters du cinéma US à des recueil parus dans des small press en passant par des pièces de théâtre. Paradoxalement, c'est ce joyeux mélange qui, en ce qui me concerne, se trouve être préjudiciable à la lecture. A force de partir dans toutes les directions et d'adopter une structure protéiforme, le livre manque d'unité et demande sans doute une lecture par petits bouts pour profiter à chaque fois de la "surprise" qu'est chaque critique tant dans son sujet que dans sa forme.

anglais,roberts,1 étoile

De plus, une partie des ouvrages évoqués par Roberts sont des titres et/ou des auteurs qui me sont complètement inconnus (sans doute ceux lus par l'auteur en tant que juré) et, au vu de ce qui en est écrit, risquent de le rester. Au final, une moins bonne lecture que le précedent opus de l'auteur qui n'a pas perdu de ses qualités de critique plutôt incisif mais qui balaye une sélection qui me "parle" beaucoup moins (c'est aussi dû au fait qu'il n'existe probablement pas 90 ouvrages suceptibles d em'intéresser parus en 2014) . Du coup, d'autres lecteurs aux gouts différents pourront avoir une impression plus positive de l'ensemble.

anglais,roberts,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile

23/12/2015

_Sibilant Fricative_

Sibilant Fricative : Essays and Reviews : Adam ROBERTS : 2014 : Steel Quill Press (#SQ 001) : ISBN-13 978-1-907069-75-8 (la fiche ISFDB du titre) : 269 pages (pas d'index ni bibliographie) : coûte 14.99 GBP pour un tp non illustré produit en POD, disponible chez l'éditeur ().

Sibilant fricative.jpg

Publiés par une des composantes de NewCon Press, la maison d'édition de Ian Whates qui publie pas mal de titres intéressants (et joliment produits comme la série Imaginings) tant en fiction qu'en non-fiction par la nouvelle vague des auteurs britanniques, cet ouvrage est un recueil d'essais et de critiques d'Adam Roberts. Ce dernier est un auteur britannique à la bibliographie conséquente (mais seulement partiellement traduite) qui mêle des parodies (alimentaires ou de commande ?) de séries à succès (Star Wars, Harry Potter, TLOTR, etc.) et des titres nettement plus ambitieux. On lui doit aussi un nombre non négligeable d'ouvrages sur le genre dont certains ont été évoqués sur ce blog (ici, , ou là).

anglais,2 étoiles

Après une introduction mi-figue mi-raisin de Paul Kincaid et une préface de Roberts où il explique son optique de la critique (franche), cet ouvrage rassemble une cinquantaine d'essais critiques, une majorité étant consacrée à la SF (la partie "Sibilant") et le reste à la Fantasy (la partie "Fricative"). D'une longueur (d'une demie à une quarantaine de pages) et d'une forme (il y a des poèmes, une FAQ, des tweets, des dialogues entre réalisateurs...) variables, ces essais ne semblent pas être inédits (certains viennent du webzine Strange Horizons) et abordent essentiellement des romans même si l'on y trouve quelques films et une série télévisée (Lost). A noter l'absence d'index et de bibliographie.

anglais,2 étoiles

Une fois évacué dans la préface le classique dilemme de voir un auteur critiquer ses collègues et/ou connaissances, Adam Roberts fait clairement le choix d'une critique acérée (pour le moins). Il y a dans cet ouvrage un certain nombre de massacres à tronçonneuse qui sont, il faut l'avouer, assez jubilatoires. Dans cette catégorie (et pour rester dans l'écrit) on retiendra l'exécution de Titan (Ben Bova), de Willis (avec une fine analyse de sa popularité) et de l'interminable cycle The Wheel of Time de Robert Jordan (dans le plus long essai du livre). Même quand il est méchant, Roberts reste toujours factuel (ses critiques stylistiques sont appuyées par des extraits) et ouvre le débat sur des réflexions de fond, comme par exemple de savoir pourquoi tant de gens achètent Jordan, pourtant un auteur exécrable et ce que cette attitude nous indique sur le lectorat.

anglais,2 étoiles

Roberts n'est pas que négatif (même si  finalement peu de titres sont vraiment encensés) et certaines de ses critiques peuvent inciter à découvrir des textes, même si dans le cas de certains (comme Rajaniemi ou Tidhar) il vole un peu au secours de la victoire. Même quand il n'est que tiède, ses analyses sont toujours pertinentes et leur forme plutôt amusante malgré des cibles parfois un peu faciles comme les divers blockbusters cinématographiques US (Le livre d'Eli, Star Trek -le reboot-). Au final un ouvrage agréable à lire (même si la qualité technique d'impression n'est parfois pas au rendez-vous) et qui augure favorablement du nouvel opus critique de Roberts : Rave and Let Die (chez le même éditeur).

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

03/11/2014

_Science Fiction The 100 Best Novels_

Science Fiction The 100 Best Novels : David PRINGLE : 1985 (pour la première édition, 1987 pour cette version) : Carroll & Graff : ISBN-10 0-88184-346-6 : 224 pages (y compris index) : coûtait 8 USD pour un tp non illustré (qui existe chez divers éditeurs et sous divers formats).

anglais,1 étoile

Sous la plume de David Pringle, un des acteurs importants de la SF britannique (on ne compte plus ses casquettes : rédacteur en chef d'Interzone et de Foundation, auteur de nombreux ouvrages de référence, anthologiste...), ce livre fait partie de la catégorie de titres qui tente de proposer une sélection des meilleures oeuvres du genre. Ici, et dans la continuité de son article dans Foundation #30 (qui ne listait que 99 items, avec quelques variations), Pringle se concentre sur les romans en langue anglaise parus dans la période 1949-1984. Pour l'anecdote, on se souviendra que ce titre de Broderick et Di Filippo se voulait en être l'héritier.

anglais,1 étoile

En matière de construction, l'ouvrage est conforme aux canons du genre. Après une préface de Moorcock et une introduction de Pringle expliquant ses choix, on trouve donc cent entrées correspondant chacune à un titre (sauf trois qui concernent des cycles). Elles sont classées par ordre chronologique de parution (soit de 1984 à Neuromancer) et occupent systématiquement deux pages (en fait un peu moins) dans lesquelles Pringle évoque l'auteur, décrit l'intrigue et évalue l'ensemble. Quelques information bibliographiques sont données (première édition, première édition britannique ou américaine, éditions les plus récentes). Un index (parfois inexact) clôture l'ouvrage.

anglais,1 étoile

S'agissant d'une sélection personnelle, il est difficile de critiquer objectivement les choix de Pringle sans laisser penser que son propre jugement est meilleur que le sien, ce qui, au vu de son pédigrée, pourrait être prétentieux. Il est sans doute plus intéressant de se pencher sur l'image du genre qui est renvoyée par cet ouvrage. On est ici dans un univers complètement PC (Politically Correct) avec une sélection qui rassemble un grand nombre d'éléments mille et mille fois vus. On a bien sûr droit à quelques cautions littéraires (Orwell, Golding, Burroughs, Amis, mais le tout sans excès), on croise l'habituel groupe des écrivain(e)s féministes des années 70 (Charnas, Le Guin, Piercy, Russ), on assiste à la convocation du ban et de l'arrière-ban de la New Wave (Moorcock, Disch, Ballard, Carter, M. John Harrison) et on constate d'une façon générale que le choix d'une SF "littéraire" est très clairement fait ainsi que d'un éclairage quand même très britannique (presque un tiers des titres).

anglais,1 étoile

On pourra aussi tiquer sur la possible surreprésentation de certains auteurs : il n'y a pas moins de 6 livres de PKD (parmi les 100 meilleurs), mais aussi 4 Ballard, 3 Disch, 2 Shaw ou 2 Watson, cela ne laisse du coup guère de place aux tenants d'une SF plus "classique". D'une autre façon, on pourra être étonné des choix d'ouvrages faits pour des auteurs inclus. The Dream Master n'est probablement pas le meilleur Zelazny (qui pourtant n'a droit qu'à un titre), The Unreasoning Mask le meilleur Farmer et Oath of Fealty est vraiment loin d'être le meilleur des romans de Niven. Ce sont pourtant ces titres que Pringle a choisi de mettre en lumière. Même si du coup l'auteur nous réserve quelques surprises (Broderick, Reynolds) je dois avouer avoir bien du mal à me retrouver dans cette sélection un peu trop biaisée.

anglais,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile

24/10/2014

_Science Fiction : Ten Explorations_

Science Fiction : Ten Explorations : C. N. MANLOVE : 1986 : Macmillan : ISBN-10 0-333-36919-X : x+249 pages (y compris index et bibliographie) : A aussi été publié par les Kent State University Press (ISBN 0-87338-326-5) à 22.50 USD pour un hc non illustré avec jaquette.

Science fiction ten explorations.jpg

Illustré par une couverture d'un certain Ron Mercer qui n'est qu'un plagiat d'une oeuvre de Chris Foss, cet ouvrage est dû à la plume de Colin Manlove, un universitaire écossais qui est plutôt un spécialiste de la Fantasy. Le projet du livre est évoqué par l'auteur dans son introduction où il déplore l'absence de véritables critiques de la science-fiction sous l'angle de la fiction (par opposition à des études plus centrées sur les messages -ou supposés tels- véhiculés par les oeuvres), ce qui, dans son esprit, implique un format plus conséquent qu'une simple notule ou qu'un résumé de l'intrigue.

anglais,2 étoiles

Après une assez longue introduction, l'auteur déroule donc son projet en analysant exactement dix oeuvres (comme l'indique le titre) sur une vingtaine de pages chacune. Pour son échantillon, Manlove a choisi des romans : Dune (Herbert), To Your Scattered Bodies Go (Farmer), Radix (Attanasio), Rendezvous with Rama (Clarke), Shakespeare's Planet (Simak); des fix-ups : Hothouse (Aldiss), Nightwings (Silverberg); des ensembles romanesques : Foundation (Asimov), Book of the New Sun (Wolfe) ainsi qu'un recueil de nouvelles : Alternating Currents (Pohl). A noter que seul l'essai sur Wolfe n'est pas inédit. L'ouvrage se termine par une conclusion, de copieuses notes, une bibliographie secondaire et un index.

anglais,2 étoiles

A la lecture de ce recueil d'essais on ne peut qu'être d'accord avec la position de Manlove. Ce format (des textes assez longs mais centrés sur une oeuvre) est plutôt satisfaisant. Il permet en effet une analyse en profondeur de la fiction en elle-même (et non comme partie d'un mouvement ou d'une phase créative précise de l'auteur). Le mix entre résumé de l'intrigue, éléments de contexte (sur l'auteur ou sur le genre) et approfondissement d'une thématique est réussi et donne des essais agréables à lire et qui peuvent même nous faire voir des textes connus sous un éclairage nouveau. De plus, l'auteur s'appuie avec beaucoup de pertinence sur sa copieuse bibliographie secondaire afin d'enrichir son discours.

anglais,2 étoiles

En ce qui concerne les titres les plus connus (ou les plus étudiés) comme ceux d'Asimov, Herbert ou Wolfe, il est vrai qu'il est parfois difficile d'échapper à une certaine impression de "déjà-lu" (comme l'habituelle discussion sur la localisation de la seconde fondation ou le fait que Urth soit ou non notre Terre). C'est pourquoi certains des choix de Manlove sont particulièrement bienvenus (on pensera à Attanasio, Silverberg ou Pohl) même si la qualité intrinsèque des oeuvres (ou leur taille dans le cas des nouvelles) peut parfois un peu limiter la portée ou les possibilités de l'analyse. Au final, un ouvrage assez peu connu mais qui ne manque pas d'intérêt malgré (ou à cause de) sa structure disjointe.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles