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23/12/2015

_Sibilant Fricative_

Sibilant Fricative : Essays and Reviews : Adam ROBERTS : 2014 : Steel Quill Press (#SQ 001) : ISBN-13 978-1-907069-75-8 (la fiche ISFDB du titre) : 269 pages (pas d'index ni bibliographie) : coûte 14.99 GBP pour un tp non illustré produit en POD, disponible chez l'éditeur ().

Sibilant fricative.jpg

Publiés par une des composantes de NewCon Press, la maison d'édition de Ian Whates qui publie pas mal de titres intéressants (et joliment produits comme la série Imaginings) tant en fiction qu'en non-fiction par la nouvelle vague des auteurs britanniques, cet ouvrage est un recueil d'essais et de critiques d'Adam Roberts. Ce dernier est un auteur britannique à la bibliographie conséquente (mais seulement partiellement traduite) qui mêle des parodies (alimentaires ou de commande ?) de séries à succès (Star Wars, Harry Potter, TLOTR, etc.) et des titres nettement plus ambitieux. On lui doit aussi un nombre non négligeable d'ouvrages sur le genre dont certains ont été évoqués sur ce blog (ici, , ou là).

anglais,2 étoiles

Après une introduction mi-figue mi-raisin de Paul Kincaid et une préface de Roberts où il explique son optique de la critique (franche), cet ouvrage rassemble une cinquantaine d'essais critiques, une majorité étant consacrée à la SF (la partie "Sibilant") et le reste à la Fantasy (la partie "Fricative"). D'une longueur (d'une demie à une quarantaine de pages) et d'une forme (il y a des poèmes, une FAQ, des tweets, des dialogues entre réalisateurs...) variables, ces essais ne semblent pas être inédits (certains viennent du webzine Strange Horizons) et abordent essentiellement des romans même si l'on y trouve quelques films et une série télévisée (Lost). A noter l'absence d'index et de bibliographie.

anglais,2 étoiles

Une fois évacué dans la préface le classique dilemme de voir un auteur critiquer ses collègues et/ou connaissances, Adam Roberts fait clairement le choix d'une critique acérée (pour le moins). Il y a dans cet ouvrage un certain nombre de massacres à tronçonneuse qui sont, il faut l'avouer, assez jubilatoires. Dans cette catégorie (et pour rester dans l'écrit) on retiendra l'exécution de Titan (Ben Bova), de Willis (avec une fine analyse de sa popularité) et de l'interminable cycle The Wheel of Time de Robert Jordan (dans le plus long essai du livre). Même quand il est méchant, Roberts reste toujours factuel (ses critiques stylistiques sont appuyées par des extraits) et ouvre le débat sur des réflexions de fond, comme par exemple de savoir pourquoi tant de gens achètent Jordan, pourtant un auteur exécrable et ce que cette attitude nous indique sur le lectorat.

anglais,2 étoiles

Roberts n'est pas que négatif (même si  finalement peu de titres sont vraiment encensés) et certaines de ses critiques peuvent inciter à découvrir des textes, même si dans le cas de certains (comme Rajaniemi ou Tidhar) il vole un peu au secours de la victoire. Même quand il n'est que tiède, ses analyses sont toujours pertinentes et leur forme plutôt amusante malgré des cibles parfois un peu faciles comme les divers blockbusters cinématographiques US (Le livre d'Eli, Star Trek -le reboot-). Au final un ouvrage agréable à lire (même si la qualité technique d'impression n'est parfois pas au rendez-vous) et qui augure favorablement du nouvel opus critique de Roberts : Rave and Let Die (chez le même éditeur).

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

03/11/2014

_Science Fiction The 100 Best Novels_

Science Fiction The 100 Best Novels : David PRINGLE : 1985 (pour la première édition, 1987 pour cette version) : Carroll & Graff : ISBN-10 0-88184-346-6 : 224 pages (y compris index) : coûtait 8 USD pour un tp non illustré (qui existe chez divers éditeurs et sous divers formats).

anglais,1 étoile

Sous la plume de David Pringle, un des acteurs importants de la SF britannique (on ne compte plus ses casquettes : rédacteur en chef d'Interzone et de Foundation, auteur de nombreux ouvrages de référence, anthologiste...), ce livre fait partie de la catégorie de titres qui tente de proposer une sélection des meilleures oeuvres du genre. Ici, et dans la continuité de son article dans Foundation #30 (qui ne listait que 99 items, avec quelques variations), Pringle se concentre sur les romans en langue anglaise parus dans la période 1949-1984. Pour l'anecdote, on se souviendra que ce titre de Broderick et Di Filippo se voulait en être l'héritier.

anglais,1 étoile

En matière de construction, l'ouvrage est conforme aux canons du genre. Après une préface de Moorcock et une introduction de Pringle expliquant ses choix, on trouve donc cent entrées correspondant chacune à un titre (sauf trois qui concernent des cycles). Elles sont classées par ordre chronologique de parution (soit de 1984 à Neuromancer) et occupent systématiquement deux pages (en fait un peu moins) dans lesquelles Pringle évoque l'auteur, décrit l'intrigue et évalue l'ensemble. Quelques information bibliographiques sont données (première édition, première édition britannique ou américaine, éditions les plus récentes). Un index (parfois inexact) clôture l'ouvrage.

anglais,1 étoile

S'agissant d'une sélection personnelle, il est difficile de critiquer objectivement les choix de Pringle sans laisser penser que son propre jugement est meilleur que le sien, ce qui, au vu de son pédigrée, pourrait être prétentieux. Il est sans doute plus intéressant de se pencher sur l'image du genre qui est renvoyée par cet ouvrage. On est ici dans un univers complètement PC (Politically Correct) avec une sélection qui rassemble un grand nombre d'éléments mille et mille fois vus. On a bien sûr droit à quelques cautions littéraires (Orwell, Golding, Burroughs, Amis, mais le tout sans excès), on croise l'habituel groupe des écrivain(e)s féministes des années 70 (Charnas, Le Guin, Piercy, Russ), on assiste à la convocation du ban et de l'arrière-ban de la New Wave (Moorcock, Disch, Ballard, Carter, M. John Harrison) et on constate d'une façon générale que le choix d'une SF "littéraire" est très clairement fait ainsi que d'un éclairage quand même très britannique (presque un tiers des titres).

anglais,1 étoile

On pourra aussi tiquer sur la possible surreprésentation de certains auteurs : il n'y a pas moins de 6 livres de PKD (parmi les 100 meilleurs), mais aussi 4 Ballard, 3 Disch, 2 Shaw ou 2 Watson, cela ne laisse du coup guère de place aux tenants d'une SF plus "classique". D'une autre façon, on pourra être étonné des choix d'ouvrages faits pour des auteurs inclus. The Dream Master n'est probablement pas le meilleur Zelazny (qui pourtant n'a droit qu'à un titre), The Unreasoning Mask le meilleur Farmer et Oath of Fealty est vraiment loin d'être le meilleur des romans de Niven. Ce sont pourtant ces titres que Pringle a choisi de mettre en lumière. Même si du coup l'auteur nous réserve quelques surprises (Broderick, Reynolds) je dois avouer avoir bien du mal à me retrouver dans cette sélection un peu trop biaisée.

anglais,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile

24/10/2014

_Science Fiction : Ten Explorations_

Science Fiction : Ten Explorations : C. N. MANLOVE : 1986 : Macmillan : ISBN-10 0-333-36919-X : x+249 pages (y compris index et bibliographie) : A aussi été publié par les Kent State University Press (ISBN 0-87338-326-5) à 22.50 USD pour un hc non illustré avec jaquette.

Science fiction ten explorations.jpg

Illustré par une couverture d'un certain Ron Mercer qui n'est qu'un plagiat d'une oeuvre de Chris Foss, cet ouvrage est dû à la plume de Colin Manlove, un universitaire écossais qui est plutôt un spécialiste de la Fantasy. Le projet du livre est évoqué par l'auteur dans son introduction où il déplore l'absence de véritables critiques de la science-fiction sous l'angle de la fiction (par opposition à des études plus centrées sur les messages -ou supposés tels- véhiculés par les oeuvres), ce qui, dans son esprit, implique un format plus conséquent qu'une simple notule ou qu'un résumé de l'intrigue.

anglais,2 étoiles

Après une assez longue introduction, l'auteur déroule donc son projet en analysant exactement dix oeuvres (comme l'indique le titre) sur une vingtaine de pages chacune. Pour son échantillon, Manlove a choisi des romans : Dune (Herbert), To Your Scattered Bodies Go (Farmer), Radix (Attanasio), Rendezvous with Rama (Clarke), Shakespeare's Planet (Simak); des fix-ups : Hothouse (Aldiss), Nightwings (Silverberg); des ensembles romanesques : Foundation (Asimov), Book of the New Sun (Wolfe) ainsi qu'un recueil de nouvelles : Alternating Currents (Pohl). A noter que seul l'essai sur Wolfe n'est pas inédit. L'ouvrage se termine par une conclusion, de copieuses notes, une bibliographie secondaire et un index.

anglais,2 étoiles

A la lecture de ce recueil d'essais on ne peut qu'être d'accord avec la position de Manlove. Ce format (des textes assez longs mais centrés sur une oeuvre) est plutôt satisfaisant. Il permet en effet une analyse en profondeur de la fiction en elle-même (et non comme partie d'un mouvement ou d'une phase créative précise de l'auteur). Le mix entre résumé de l'intrigue, éléments de contexte (sur l'auteur ou sur le genre) et approfondissement d'une thématique est réussi et donne des essais agréables à lire et qui peuvent même nous faire voir des textes connus sous un éclairage nouveau. De plus, l'auteur s'appuie avec beaucoup de pertinence sur sa copieuse bibliographie secondaire afin d'enrichir son discours.

anglais,2 étoiles

En ce qui concerne les titres les plus connus (ou les plus étudiés) comme ceux d'Asimov, Herbert ou Wolfe, il est vrai qu'il est parfois difficile d'échapper à une certaine impression de "déjà-lu" (comme l'habituelle discussion sur la localisation de la seconde fondation ou le fait que Urth soit ou non notre Terre). C'est pourquoi certains des choix de Manlove sont particulièrement bienvenus (on pensera à Attanasio, Silverberg ou Pohl) même si la qualité intrinsèque des oeuvres (ou leur taille dans le cas des nouvelles) peut parfois un peu limiter la portée ou les possibilités de l'analyse. Au final, un ouvrage assez peu connu mais qui ne manque pas d'intérêt malgré (ou à cause de) sa structure disjointe.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

12/08/2014

_Canary Fever_

Canary Fever : John Clute : 2009 : Beccon Publications : ISBN-13 978-1-870824-56-9 : xii+415 pages (y compris index) : coûtait 35 GBP pour un hc non illustré en tirage limité à 40 exemplaires signés qui existe aussi en tp (-57-6, 16 GBP).

anglais, 2 étoiles

Quatrième tome (et plus récent) consacré aux critiques de Clute, ce volume se place chronologiquement (et par ordre de parution) après Strokes (Serconia Press, 1988), Look at the Evidence (Liverpool University Press 1995) et Scores (Beccon, 2003). Continuant à avancer dans le temps, il est (principalement) consacré aux textes de la période 2003-2008. Sans doute le plus influent (et redoutés) des critiques de SF, John Clute a été honoré cette année en étant l'un des Guest of Honour (GoH) de la 72ème convention mondiale de SF (Loncon 3), c'est dire sa place incontournable dans la réflexion sur la SF (il est un des acteurs de la SFE3) et les genres de l'imaginaire en général (pour lesquels il essaie de populariser le terme de "fantastika", voir page xi de cet ouvrage).

anglais, 2 étoiles

Ce recueil est divisé en cinq parties de tailles très inégales. Après une courte introduction de l'auteur, le livre commence par une section consacrée à John Crowley qui rassemble 6 essais consacrés à autant d'oeuvres sur une vingtaine de pages; suit une deuxième partie basée sur les mêmes principes mais dévolue à Michael Moorcock (3 textes, une dizaine de pages). On rencontre ensuite une partie qui rassemble quelques critiques antérieures (1988-1999) qui, pour diverses raisons, n'avaient pas été intégrées dans les recueils précédents. Elle est suivie par le gros du recueil (plus de 300 pages) qui présente les critiques écrites entre 2003 et 2008, par ordre chronologique de parution. Ces critiques sont parues dans un certain nombre de magazines, principalement Interzone, SFW & NYRSF, et traitent (généralement) d'une seule oeuvre sur quelques pages. Une dernière partie à l'image des deux premières, en hommage à Thomas M. Disch, clôture l'ensemble qui offre en sus un index.

anglais, 2 étoiles

Il est difficile de critiquer un critique aussi brillant que Clute, je me bornerai donc à rappeler que, à mon sens, il vaut mieux éviter de lire l'ouvrage d'une seule traite. Tout d'abord la prose de l'auteur est en effet plutôt complexe et use d'un vocabulaire recherché (qui, on s'en doutera, contient nombre de mots venant du français). Comme de plus Clute aime bien trouver des angles d'approche originaux (et parfois alambiqués) la lecture de chacune de ses critiques nécessite une certaine attention sous peine d'en perdre le fil et de devoir recommencer au début.

anglais, 2 étoiles

On sera récompensé de son attention par des avis solidement étayés (grâce à l'immense culture es-Sf de l'auteur) et par la perception en arrière-plan du déroulement de la conception d'une théorie globale de la fantastika. Ceci peut expliquer la présence non négligeable de critiques d'ouvrages situés plus ou moins hors du champ de la SF "classique". On pourra aussi applaudir à la démolition des incursions de Margaret Atwood dans notre caniveau ou acquiescer aux lauriers tressés à l'excellente biographie de Alice Sheldon par de Julie Phillips (évoquée plus platement ici). Seul bémol, on pourra avoir déjà lu et se souvenir d'une partie de ces textes, en particulier ceux parus dans Interzone.

anglais, 2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

22/03/2013

_Bearings : Reviews 1997-2001_

Bearings : Reviews 1997-2001 : Gary K. WOLFE : Beccon Publications : 2010 : ISBN-13 978-1-870824-58-3 : x+449 pages (y compris index) : coûte 16 GBP pour un tp non illustré, disponible chez l'éditeur (là : http://www.lxnen.com/rogerbeccon/index.html).

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Les amateurs de réflexion sur la SF connaissent bien Gary K. Wolfe. Ce professeur d'anglais est à la fois un universitaire ayant beaucoup écrit sur le genre (on se souviendra de son précurseur The known and the unknown un travail sur les icônes propres à celui-ci) mais aussi un critique qui officie tous les mois dans la revue Locus, un magazine qui est en quelque sorte le Journal Officiel de la SF&F anglo-saxonne. Faisant suite à Soundings (pour la période 1992-1996) et précédant Sightings (sur 2002-2006), cet ouvrage compile justement les critiques de l'auteur parues dans ce magazine entre 1997 et 2001.

anglais,3 étoiles

Après une introduction de Peter Straub et une préface de l'auteur, l'ouvrage se divise chronologiquement par années. Chaque partie rassemble donc les rubriques critiques correspondant à une année donnée (de celle de janvier 1997 à celle de Décembre 2001). Il est à noter que Wolfe a excisé une partie du texte, celle concernant soit des oeuvres qu'il considérait comme trop obscures (essentiellement des ouvrages de référence) soit celles relatives aux divers best-of annuels de la SF anglo-saxonne. A noter aussi que l'auteur n'a pas écrit sa rubrique durant deux mois en 2000. Le format de chaque entrée est assez constant et aborde entre deux et cinq ouvrages auxquels il accorde à peu près deux pages chacun. Un index (auteurs, titres et concepts) clôture l'ensemble qui ne comporte pas de bibliographie.

anglais,3 étoiles

C'est un toujours un plaisir de lire les critiques de Gary K. Wolfe, même pour ceux qui, comme moi, les ont déjà lues mensuellement dans Locus. D'une grande érudition et faisant preuve d'une grande cohérence dans sa vision du genre (même s'il s'en défend dans son introduction), cet ouvrage permet d'appréhender le paysage de la SF (Wolfe n'évoque que marginalement des oeuvres de Fantasy ou d'Horreur) et son évolution au fil des années passées en revue par l'auteur. C'est certes une approche plutôt pointilliste et basée sur des textes en nombre limité et relativement significatifs, mais elle permet d'obtenir une vision pas trop déformée du paysage éditorial US concernant le genre.

anglais,3 étoiles

Le problème essentiel avec cet ouvrage est que son utilité n'est pas forcément évidente pour un abonné à Locus (comme je le suis) qui, on peut le penser, aura lu les écrits de Wolfe au fur et à mesure de leur parution. Les autres types de lecteurs (sans doute la majorité vu que la revue ne compte que quelques milliers de lecteurs) pourront peut-être regretter l'absence des éléments bibliographiques permettant de localiser les livres en question (alors qu'ils sont présents dans la revue). Au final, un ensemble de qualité qui permet aussi de conserver de façon pérenne des écrits parus dans une revue à la solidité moindre.

anglais,3 étoiles

Note GHOR : 3 étoiles