Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/12/2018

_Harry Harrison ! Harry Harrison !_

Harry Harrison ! Harry Harrison ! : Harry HARRISON : 11-2014 : Tor : ISBN-13 978-0-7653-3308-7 (la fiche ISFDB du titre) : 351 pages (y compris bibliographie, pas d'index) : coûte 26.99 USD pour un hc avec jaquette illustré d'un cahier photographique central en n&b.

Harry Harrison Harry Harrison.jpg

Harry Harrison est mort en 2012. Cet écrivain américain qui a vécu dans de nombreux pays est relatievement peu connu en France, sans doute à cause de l'absence de traduction de ses principales séries "récentes" (The Hammer & The Cross, Stars & Stripes, To the Stars, Eden...) et reste chez nous comme étant l'auteur de Bill, le héros galactique et des Deathworld (du moins les deux premiers). Comme Mack Reynolds (autre auteur peu connu par ici) il a été un certain temps le "chouchou" de Campbell puis s'en est éloigné pour poursuivre une carrière prolifique (parfois trop pourraient penser certains) mais n'ayant jamais atteint des sommets. On notera quand même qu'il existe une quantité non négligeable de matériau bibliographique (Biamonti, Tomlinson, Benson & Stephensen-Payne) ou critique (son pote Stover) sur cet auteur.

Les 3 solutions (AM 1969).jpg

Cet ouvrage est donc son autobiographie, un travail qu'il n'a pas pu complètement terminer avant sa mort d'où sa structure un peu particulière. Le livre commence par une chronologie de la vie de Harrison, se poursuit par une longue partie autobiographique (250 pages) qui s'interrompt assez brutalement dans les années 80. En guise de complément, David Hartwell (l'editor du livre) nous propose ensuite plusieurs essais  (sur une centaine de pages) de l'auteur sur des sujets importants pour lui (Campbell, l'Esperanto, la Russie, ses principales séries) qu'il n'a pas eu le temps d'intégrer à la partie autobiographique. L'ouvrage se termine par une bibliographie des premières éditions et ne comporte pas d'index (qui a dit hélas ?).

Bill Le héros galactique (La Découverte 1985).jpg

Comme souvent, le résultat se laisse lire d'agréable façon. Comme souvent aussi chez les auteurs américains, c'est parfois plus un travelogue qu'une réflexion sur le genre, son évolution, des oeuvres ou des pratiques professionnelles. Ici d'autant plus que la vie d'Harrison a été plutôt bohême. On arrive toutefois à récupérer quelques informations sur la participation d'Harry Harrison à la vie du genre, même si cela n'est guère facilité par l'absence d'index. Au final un ouvrage que la mort de son auteur et sujet a visiblement laissé inachevé mais qui se laisse tout de même lire sans malgré tout apporter beaucoup de neuf.

anglais,harrison,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

16/12/2018

_Time, a Falconer_

Time, a Falconer : A Study of Sarban : Mark VALENTINE : 2010 : Tartarus Press : ISBN-13 978-1-905784-26-4 (la fiche ISFDB du titre) : vii+138 pages (y compris bibliographie mais pas d'index) : coûtait 25GBP pour un hc  avec jaquette illustré de quelques photos n&b, édition à tirage limité (400 exemplaires au total).

anglais,2 étoiles,sarban

Publié par Tartarus Press, un éditeur britannique plutôt spécialisé dans le fantastique et les éditions "de luxe" à tirages limités, cet ouvrage est une biographie de "Sarban" (du perse "conducteur de caravane"), pseudonyme sous le quel se cachait John William Wall, un haut-fonctionnaire du Foreign Office britannique ayant tenu un certain nombre de postes au Moyen-Orient. Ecrivain dilettante et finalement peu prolifique (seulement deux recueils et un romans parus de son vivant plus un certain nombre de textes non publiés exhumés par Tartarus Press), Sarban est surtout connu pour son roman The Sound of his Horn/Le son du cor, un mélange de rêverie, d'uchronie et de Les chasses du Comte Zaroff.

anglais,2 étoiles,sarban

Vu l'importance somme toute limitée de Sarban sur le genre, cet ouvrage est avant tout une oeuvre de passionné. Cela nous donne une biographie assez courte et agréable à lire qui se positionne surtout sur l'angle descriptif et évite de trop s'aventurer dans l'analyse toutes les zones d'ombres d'un auteur que l'on sent bien tenté par une sexualité "alternative". Du fait du peu de matériau publié, une bonne partie du livre est consacrée à des brouillons ou à des fragments, ce qui est un exercice toujours compliqué et pas complètement satisfaisant. Au final, Valentine nous convie plus à rencontrer l'homme John William Wall que l'écrivain Sarban et cette rencontre est plutôt intéressante. On regrettera quand même l'absence d'index (refrain connu).

anglais,2 étoiles,sarban

Note GHOR : 2 étoiles

10/12/2018

_In the Mountains of Madness_

In the Mountains of Madness : The Life and Extraordinary Afterlife of H. P. Lovecraft : W. Scott POOLE : 2016 : Soft Skull Press : ISBN 978-1-59376-647-4 (la fiche ISFDB du titre) : 296 pages (pas d'index) : coûte 17.95 USD pour un tp non illustré disponible chez l'éditeur ().

anglais,2 étoiles,lovecraft

Etant plutôt un fan de SF "pure et dure" (même si j'ai lu du HPL dans ma -lointaine- jeunesse sans en avoir été impressionné plus que cela),  je me suis procuré ce livre suite à des critiques qui me semblaient plutôt positives et essentiellement par curiosité. En effet, j'ai toujours été surpris par l'énorme quantité de choses qui existent autour de HPL (comme ce titre ou cet autre évoqués ici-même). C'était donc l'occasion d'en apprendre un peu plus sur la vie d'un auteur qui semble fasciner bon nombre de gens. Ce type d'engouement est d'ailleurs étonnamment plus fréquent dans la Fantasy (Tolkien, Howard) ou l'horreur (Lovecraft, King) que dans la science-fiction (sauf peut-être pour RAH).

anglais,2 étoiles,lovecraft

Ecrit par un professeur américain spécialiste de l'horreur, ce livre présente l'originalité d'être donc à la fois une biographie de HPL (elle-même divisée en deux chapitres qui couvrent une grosse première moitié de l'ensemble) et une analyse de l'influence de Lovecraft sur la culture populaire et/ou "geek" (américaine presque exclusivement) qui est développée dans le troisième et dernier chapitre. En guise de "bonus", Poole nous propose une bibliographie très brièvement commentée des textes de fiction de Lovecraft et un court essai sur les diverses versions du Necronomicon qui existent.

anglais,2 étoiles,lovecraft

On regrettera tout d'abord que cet ouvrage sacrifie à une certaine mode récente des biographies, à savoir le choix de l'absence d'index. Ce point (pourtant très aisément soluble du point de vue technique avec les outils de PAO modernes) rend du coup l'ouvrage extrêmement peu pratique à utiliser pour qui veut faire la moindre recherche. Une fois cet écueil passé, le livre se lit plutôt facilement même si sa structure est parfois assez peu claire tant il mêle la partie biographique à des considérations de Poole sur la société actuelle (sur les hipsters, sur l'historicité de certains lieux, sur les tatouages...). Cela introduit un certain nombre de digressions qui ne sont pas forcément bien intégrées au fil de la narration. Quant à la seconde partie, c'est un vaste catalogue des influences de HPL dans tous les domaines artistiques, de la littérature au cinéma en passant par les comics et la musique où l'on sent que l'auteur s'est fait plaisir et où il est dans son élément.

anglais,2 étoiles,lovecraft

Le plus surprenant dans cet ouvrage est de voir comment l'héritage tant financier (les textes) que spirituel (l'influence) de HPL est une source de conflits interminables. Entre le méchant profiteur Derleth, l'incompétent biographe De Camp, l'obstiné expert Joshi, les compléteurs de fragments et tant d'autres qui en prennent pour leur grade (je ne peux pas retrouver leur nom parce qu'il n'y a pas d'index...), on peut presque dire que c'est après la mort d'HPL que les choses deviennent intéressantes. Cette foire à l'avidité et aux querelles de chapelles fait d'ailleurs immanquablement penser aux luttes posthumes autour de REH (on y trouve d'ailleurs parfois les mêmes personnages). Au final, un livre qui n'est pas déplaisant et qui permet sans doute d'aborder HPL et son influence d'une façon simple mais qui aurait sans doute gagné à être plus "classique" dans sa première partie et moins exhaustif dans la seconde.

anglais,2 étoiles,lovecraft

Note GHOR : 2 étoiles

02/12/2018

_Fantastic Lives_

Fantastic Lives : Autobiographical Essays by Notable Science Fiction Writers : Marty H. GREENBERG (editor) : 1981 : Southern Illinois University Press (série "Alternatives") : ISBN-10 0-8093-0987-4 (la fiche ISFDB du titre) : xi+215 pages (pas d'index) : coûtait 15.00USD pour un hc non illustré avec jaquette, pas simple à trouver.

Fantastic lives.jpg

Paru dans la petite collection d'ouvrages de référence des SIUP (Alternatives), cet ouvrage est, comme son sous-titre l'indique clairement, une compilation d'essais autobiographiques par des auteurs "notables". Au sommaire on trouve donc, outre une préface de l'editor, neuf articles d'une vingtaine de pages chacun (sauf celui d'AEVV qui atteint la quarantaine) rédigés par autant d'auteurs de SF. Dans l'ordre se succèdent donc : Harlan Ellison, Philip José Farmer, R. A. Lafferty, Katherine MacLean, Barry N. Malzberg, Mack Reynolds, Margaret St. Clair, Norman Spinrad et A. E. van Vogt. Les textes sont inédits (sauf celui de Malzberg qui réutilise diverses préfaces) et comportent une bibliographie très succincte.

Missing man (Berkley 1975).jpg

D'une façon assez surprenante, l'ensemble est très hétérogène avec finalement peu de textes respectant le "cahier des charges" de l'autobiographie, à savoir décrire la vie de l'auteur. Sont dans ce cas les essais de Farmer (d'une façon assez classique), MacLean (une narration "stream of consciousness" sans doute un peu embellie ou alors c'est à une jeune Einstein ou Mozart que nous avons affaire) et St. Clair (assez neutre). Le reste est un joyeux mélange qui comporte des réflexions sur des textes précis par leurs auteurs : Ellison sur I Have No Mouth and I Must Scream, Spinrad sur The Iron Dream; et des auteurs qui nous font leur numéro habituel : Malzberg et Lafferty exécutant leurs sempiternelles attaques sur la médiocrité de la SF et de leur collègues (le premier annonçant même son -finalement annulé- départ du genre); Reynolds dissertant sur l'économie politique et van Vogt nous listant tous les systèmes qu'il a inventé (pour écrire, pour être en forme ou pour se débarrasser de ses traumatismes).

Looking backwards, from the year 2000 (TEP 1976).jpg

Le résultat est très inégal (certaines jérémiades ou à contrario certaines séances d'autosatisfaction sont évitables et surtout déjà lues) mais l'ensemble reste assez fascinant. Même si la quantité réelle de détails autobiographiques est limitée (et dépend des auteurs), ces essais sont assez révélateurs de la personnalité et des obsessions de ces écrivains. On y retrouve par exemple un Lafferty complètement mégalo, un Malzberg complètement aigri et un van Vogt complètement barré. C'est en en tout cas une précieuse source d'information de première main, y compris sur des auteurs peu étudiés (MacLean ou St. Clair/Seabright par exemple).

The dancers of Noyo (Ace 1973).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

18/08/2018

_Otto Binder_

Otto Binder : The Life  and Work of a Comic Book and Science Fiction Visionary : Bill SCHELLY : 2016 : North Atlantic Books : ISBN-13 978-1-62317-037-0 (la fiche ISFDB du titre) : xviii+329 pages (y compris index) : coûte 19.95 USD pour un tp illustré en n&b, disponible chez l'éditeur ().

Otto Binder.jpg

Je me permets d'évoquer ici cet ouvrage même s'il plaira sans doute beaucoup plus aux amateurs de comics qu'à ceux de SF. En effet, il s'agit là de la biographie de Otto Binder, la moitié (principale) du fameux écrivain de l'âge d'or Eando Binder. On se souvient de cet auteur principalement pour sa série "Adam Link" qui préfigure les robots "Asimoviens" (c'est à dire comme personnages positifs). Hélas, et malgré un timide revival dans les années 60 chez Belmont ou Paperback Library, ce nom n'évoque plus grand chose aux lecteurs de SF, à fortiori s'ils sont français (seul trois de ses textes ont été traduits).

binder

On notera tout d'abord que cet ouvrage est la mise à jour d'un livre de 2003. Ensuite, en ce qui concerne la SF "livresque", elle est clairement le parent pauvre de l'ouvrage, à la fois parce qu'elle ne représente qu'une petite partie de la carrière artistique de Binder (en gros les années 30 et la collaboration avec son frère) et parce que Schelly est plus un spécialiste des comics. Dans la pratique, seule les soixante premières pages sont intéressantes pour un amateur de SF qui y trouvera une évocation réaliste de la carrière d'un écrivain débutant.

 binder

Au final, un livre sympathique qui mérite d'être lu au moins pour sa partie initiale (la suite peut être parcourue mais nécessite sans doute une solide culture es-comics US pour être pleinement appréciée). 

binder

Note GHOR : 2 étoiles (pour la partie SF)