23.10.2009

_Unleashing the strange : Twenty-first century science fiction literature_

Unleashing the strange : Twenty-first century science fiction literature : Damien BRODERICK : 2009 : Borgo Press (série "I. O. Evans" #47) : ISBN-13 978-1-4344-5723-3 : 235 pages (y compris bibliographie et index) : 20 USD en neuf pour un TP.

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Cet ouvrage est un recueil d'essais da Damien Broderick. Cet australien qui vit maintenant au Texas est un homme aux multiples casquettes : auteur de SF (on lui doit récemment les romans Godplayers et K-Machines), universitaire et commentateur du genre. Ce livre est d'ailleurs une sorte de volume compagnon à son recueil de critiques précédent : X, y, z, t : Dimensions of science-fiction.

K-machines (Thunder's mouth 2006).jpg

Dans leur grande majorité (totalité ?), les textes de ce recueil ne sont pas inédits. L'ouvrage est constitué de sept chapitres de taille très hétérogène (de quinze à quatre-vingt-dix pages). Le premier (issu d'un discours lors d'une conférence IAFA) met en place la vision de Broderick d'une SF fonctionnant par vagues, les deux suivants traitent ce qu'il identifie comme la troisième vague (la "new-wave" pour l'histoire classique du genre) et la quatrième (un texte adapté de son article dans The encyclopedia of SF, qui comprend le postmodernisme et ce qu'il nomme le Transréalisme). Le quatrième chapitre (le plus long) se penche sur des textes appartenant à cette dernière vague par le biais du recueil des nombreuses critiques écrites par l'auteur pour divers supports (principalement Locus & NYRSF). Le cinquième est un assemblage de plusieurs textes (sur Wolfe, Sterling, l'autobiographie de Silverberg et Clute). Il est suivi par un essai complet sur le concept de l'au-delà (Afterlife en VO) dans la SF et se termine par un petit segment autobiographique où Broderick évoque ses écrits. Le livre se clôt par une courte bibliographie et un index.

X, y, z, t Dimensions of science fiction.jpg

L'impression principale donnée par cet ouvrage est celle d'un vaste fourre-tout dans lequel Broderick a réuni tous ses textes disponibles sans grand souci d'unité. C'est dommage parce que deux des sous-ensembles sont assez intéressants : son découpage historique de la SF en vagues d'auteurs qui, même s'il n'est pas hyper original, mériterait d'être étoffé; et ses critiques qui portent sur des ouvrages récents d'auteurs asses en pointe ou assez polémiques (Wilson, Gary Gibson, les deux MacLeod, Wright, Doctorow).

The golden age (Tor 2002).jpg

Du coup, je n'ai pas été vraiment convaincu par ce recueil qui part dans trop de directions et qui comporte des pièces (celle sur Wolfe ou l'hommage à Clute) que je trouve sans intérêt. Je ne suis pas aussi très fan des critiques de Broderick que je n'apprécie que moyennement, ne les trouvant pas passionnantes et en tout cas pas très captivantes même quand il massacre un ouvrage (comme il le fait avec Crux de Cowdrey).

Crux (Tor 2004).jpg

Au final, un ouvrage qui donne une impression de "pas assez" (fouillé, percutant, original) et qui se révèle plutôt décevant.

Note GHOR : 1 étoile

14.10.2009

_Science fiction and the two cultures_

Science fiction and the two cultures : Essays on bridging the gap between the science and the humanities : Gary WESTFAHL & George SLUSSER : 2009 : McFarland (série "Critical explorations in Science Fiction and Fantasy" #16) : ISBN-13 978-0-7864-4297-3 : 282 pages (y compris index et bibliographie) : une grosse vingtaine d'Euros pour un TP, disponible chez l'éditeur : http://www.mcfarlandpub.com/book-2.php?id=978-0-7864-4297-3.

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On peut dire que ce volume rassemble globalement les minutes de la 20ème "J. Lloyd Eaton conference on science fiction and fantasy literature" qui s'est tenue en 1999 aux USA (seul trois essais n'y ont pas été présentés). Il s'agit, à ma connaissance, du plus récent des nombreux ouvrages de ce type (qui sortaient avant chez SIUP) consacrés à ce symposium sur la SF qui rassemble autour d'un thème le gratin de la critique littéraire appliquée à la SF. Cette année-là, le thème était la fameuse controverse des "deux cultures" initiée par Snow et Leavis qui postulaient une sorte de schisme entre littéraires et scientifiques.

Contre l'infini (Denoel 1983).jpg

On trouve dans ce recueil, 16 essais assez courts, faisant chacun entre dix et vingt pages. Ils sont regroupés en deux grandes parties, la première consacrée au problème général des deux cultures et la seconde montrant des exemples de son traitement dans des oeuvres de SF (The first men in the moon, Against infinity, le cycle des Robots d'Asimov) ou utilisant des thématiques exportées du genre (Ratner's star de DeLillo). Les auteurs des papiers sont les éternels habitués : Slusser, Westfahl, Fredman, McConnell, Benford, Hendrix. L'ouvrage se termine par une postface de Westfahl qui est une réminiscence des conférences passés, une bibliographie des oeuvres citées (bizarrement divisée en plusieurs sections) ainsi qu'un index.

Beyond infinity (Orbit 2004).jpg

Cet ouvrage est, plus que d'autres de la même série, victime de l'effet fourre-tout. En gros on a deux types d'essais : ceux de la première partie qui se positionnent généralement dans les débat sur les deux cultures mais qui négligent de parler de SF (y compris McConnell comme à son habitude) et ceux de la seconde partie qui parlent de SF mais dont le rapport avec le sujet est au minimum peu évident.

Les robots (JL 1972).jpg

Outre ce manque d'unité, l'ensemble des textes m'a paru d'un niveau plutôt moins bons que d'habitude avec des essais complètement anecdotiques, comme cette recension des robots tueurs (et d'ailleurs quel rapport avec les deux cultures ?) ou celui sur deux ouvrages de SF roumains que personne n'a lu et ne lira jamais tellement l'auteur n'arrive pas à communiquer un quelconque intérêt pour ceux-ci. Même des intervenants généralement inspirés comme Westfahl sont à peine moyen avec sa démonstration statistique du fait que le PIB d'un pays (ici Taiwan) croît de la même façon que le nombre de livres de SF qui y sont publiés, une chose qui apparaît assez logique mais qui demande à être explicitée, chose que l'auteur évite soigneusement.

Les robots de l'aube T1 (JL 1984).jpg

Un ouvrage trop fouillis et trop léger pour être intéressant.

 

Note GHOR : 1 étoile

07.10.2009

_Dictionnaire de la science-fiction_

Dictionnaire de la science-fiction : Denis GUIOT & Alain LAURIE & Stéphane NICOT : 1998 : Le Livre de Poche (collection "Jeunesse" #1510) : ISBN-10 2-01-321572-X : 285 pages (y compris annexes et index) : coûtait 35FF à l'époque pour un poche largement illustré en N&B.

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Paru dans une collection destinée à la jeunesse, cet ouvrage est, comme son nom l'indique, un dictionnaire de la SF (la Fantasy n'y est que très peu abordée). On le doit aux plumes conjuguées de spécialistes es-juvenile (Guiot dirigeant une collection, Laurie en écrivant, Nicot ayant écrit plusieurs dossiers pédagogiques). A noter qu'une partie des entrées s'inspirent d'un ouvrage antérieur dirigé par Guiot : Le monde de... la science-fiction.

La science-fiction (Guiot & Barlow & Andrevon).jpg

Ce dictionnaire rassemble donc un nombre limité d'entrées (une centaine) qui se répartissent en deux catégories. La majorité est formée par des entrées thématiques qui développent soit des concepts généraux tels qu'inventés ou utilisés par la SF (Androïde, Guerre, Voyage dans le temps...),  soit des termes propres au genre (Convention, Prix, Space opéra...). A cela s'ajoutent un petit nombre (une vingtaine à vue de nez) d'entrées relatives à des auteurs précis. On y retrouve la liste habituelle des figures les plus connues (ou susceptibles d'être connues par de jeunes lecteurs) du genre (de Asimov à Wul en passant par Dick). Cette partie dictionnaire est illustrée (en N&B) de dessins de Manchu, de photos d'auteur ou extraites de films et d'un certain nombre de reproductions de couvertures (quelques pulps et surtout des poches VF). Plusieurs annexes sont fournies : conseils de lecture (regroupés par tranche d'âge de lecteurs), bibliographie secondaire, liste des supports du genre (collections et revues), carnet d'adresse (librairies, sites, revues). Un index clôt l'ouvrage.

Wonder Stories 1933-02.jpg

Je ne suis pas idéalement placé pour juger objectivement de cet ouvrage vu que je ne fais plus partie du public visé. En tout cas, l'entreprise est sympathique et bien réalisée, sans grosses bêtises et avec une mise en adéquation des exemples avec le lectorat cible. Je suis juste un peu sceptique sur la pertinence de la forme dictionnaire (que l'on peut supposer rébarbative) pour un livre devant amener les jeunes à mieux connaître le genre, la lecture d'une tel ouvrage n'étant pas des plus simples et pouvant poser le problème de la perception globale du riche ensemble qu'est la SF.

Le vagabond de l'espace (RL 1977).jpg

Un bon petit livre qui atteint ses objectifs mais qui n'est d'aucune utilité à l'amateur un tant soit peu chevronné, ce dernier n'étant de toute façon pas dans le public visé.

 

Note GHOR : 1 étoile

02.10.2009

_Le détroit de Behring : Introduction à l'uchronie_

Le détroit de Behring : Introduction à l'uchronie : Emmanuel CARRERE : P.O.L. : 1986 : ISBN-10 2-86744-070-X : 122 pages (pas d'index ni de bibliographie) : marqué 72 FRF pour un TP qui semble même pouvoir se trouver en neuf.

Le detroit de behring.jpg

Membre d'une famille de l'intelligentsia française, prodige littéraire devenu cinéaste, Emmmanuel Carrère est un personnage plus associé à la littérature "blanche" qu'au petit monde de la SF. Pourtant, il a toujours affiché clairement un intérêt pour celui-ci, en particulier par cet ouvrage et par sa biographie (sic) de Dick Je suis vivant et vous êtes morts.

Je suis vivant et vous etes morts.jpg

Cet ouvrage reprend le mémoire (de maîtrise ?) rédigé par Carrère au début des années 80. Il s'agit, comme son nom l'indique, d'une introduction à l'uchronie, un sous-genre de la SF qui, même si son nom et son existence sont fort anciens, restait assez peu connu en dehors du cercle des amateurs de SF. En plusieurs chapitres l'auteur nous convie à un tour de l'uchronie en détaillant un certain nombre d'oeuvres appartenant d'une façon plus ou moins centrale (il ne s'agit parfois que de quelques lignes uchroniques au sein d'un roman) à ce genre. Le tout est saupoudré de diverses considérations vaguement philosophiques de l'auteur. On notera la surprenante (pour un mémoire) absence d'index et de bibliographie.

Le son du cor (OPTA 1970).jpg

Comme le reconnaît aisément Carrère, cet ouvrage doit beaucoup à l'encyclopédie de Versins mais il est toutefois bien loin d'en posséder la rigueur. En effet, cet essai manque singulièrement d'une structure discernable (indice = les chapitres ne possèdent pas de titres) et la promenade proposée par l'auteur tourne rapidement au mouvement Brownien. Même si ce que dit Carrère est parfois pertinent, l'ouvrage est trop nébuleux pour donner une idée un tant soit peu nette de l'uchronie à un nouveau lecteur du genre.

Le son du cor (LDP 1978).jpg

Un livre à réserver à ceux que les états d'âme ou les digressions de l'auteur peuvent intéresser (on remarquera une conclusion du style "laissons tomber l'uchronie pour vivre le réel" qui tue littéralement le projet du livre). Un essai qui, faute de mieux, faisait autorité sur le sujet mais qui est heureusement maintenant remplacé par les divers travaux d'Eric Henriet. Une curiosité bien dans l'esprit de ces livres sur la SF écrits par des gens extérieurs au genre où l'absence de connaissance du domaine est masquée par des artifices.

L'histoire revisitée.jpg

Note GHOR : 1 étoile

01.10.2009

_The detached retina : Aspects of SF and Fantasy_

The detached retina : Aspects of SF and Fantasy : Brian W. ALDISS : 1995 : Liverpool University Press (série "Science fiction texts and studies" #4) : ISBN-10 0-85323-299-7 : x + 224 pages (y compris index) : coûtait 12 GBP pour un TP, existe aussi en HC (-289-X).

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Comme d'autres personnages influents dans le domaine, Brian Aldiss est à la fois un auteur de SF réputé (on pensera à Hothouse ou la trilogie "Helliconia") doublé d'un commentateur expérimenté du genre. Il est particulièrement connu pour son histoire de la SF : Billion year spree, révisée comme Trillion year spree, un livre dont la particularité est de faire débuter l'histoire de la science-fiction avec Frankenstein. Outre ces ouvrages massifs, il a aussi écrit de nombreux textes courts autour du genre dont il existe plusieurs recueils (The pale shadow of science, This world and nearer ones, etc...).

This world and nearer ones.jpg

Ce volume contient un grosse vingtaine de courts (souvent moins de dix pages) textes parus globalement entre 1980 et 1995 (certains sont inédits). Une partie d'entre eux se trouvaient déjà dans le duo de recueils parus chez Serconia (The pale shadow of science et And the lurid glare of the comet) mais ont été révisés pour cette parution. En matière de provenance, il y a un peu de tout : des préfaces (The quincunx of time), des postfaces (Orbit SF yearbook two), des articles parus dans divers magazines (Locus, Foundation, Extrapolation), des nécrologies (Sturgeon), des  retranscriptions de discours ou interventions voire des entrées relatives à un auteur écrites initialement pour d'autres ouvrages de référence (celle sur Shelley tirée du Science fiction writers de Bleiler).

The pale shadow of science.jpg

Un des textes du recueil s'intitule Campbell soup (un court article sur Astounding/Analog sous l'ère Campbell), le terme de soupe est tout à fait adapté à l'impression que l'on peut retirer de cet ouvrage. Comme souvent avec ce genre de compilation, il y a vraiment à boire et à manger. Cela va de textes à tendance historique (comme cette intéressante recension de plusieurs des premiers voyages fictifs vers la Lune) à des souvenirs plus personnels en passant par des textes de commande ou de circonstance. Ceci garantit un effet "patchwork" que l'on peut trouver agréable et léger mais qui, en ce qui me concerne, me laisse sur ma faim devant des théories intéressantes ou discutables qui ne sont pas suffisamment approfondies.

The orbit science fiction yearbook 2 (Orbit 1989).jpg

On retrouve quand même bien la plume parfois acérée de Aldiss, un grand monsieur de la SF qui a le mérite d'avoir des positions et un avis tranchés sur le genre même si ils ne sont pas forcément partagées par tous. Il y a quand même chez l'auteur un certain "britannico-centrisme" qui le fait traiter de certains sujets mille fois rebattus (Shelley, Wells, Stapledon) et qui colore parfois ses propos d'un certain mépris pour les autres SF (surtout US). Au final c'est un livre qui offre une lecture agréable mais qui reste un ensemble trop léger pour laisser une impression durable.

Helliconia spring (Granada 1983).jpg

Note GHOR : 1 étoile

30.09.2009

_Démons et merveilles de la science fiction_

Démons et merveilles de la science fiction : Henri GOUGAUD (assisté de Alain LACOMBE) : 1974 : Julliard : pas d'ISBN : 189 pages (pas d'index) : TP grand format abondamment illustré en N&B qui se trouvait en neuf il n'y a pas si longtemps.

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Henri Gougaud ne fait pas vraiment partie du milieu de la SF. Ce personnage est un poète et un conteur qui nous donne ici un ouvrage inclassable. C'est la fois "coffee-table book" par sa taille, son papier de qualité et son iconographie et c'est aussi une réflexion fleurie sur le genre et une tentative de démontrer les liens entre les archétypes fantastiques et les thèmes les plus couramment abordés par la SF, la thèse de Gougaud étant (semble t-il) que celle-ci n'existe pas, étant une simple réincarnation du Fantastique (une théorie assez courante dans le milieu intellectuel français, cf. Sternberg).

Une succursale du fantastique nommée science-fiction.jpg

Ce livre est divisé en exactement dix chapitres d'une petite vingtaine de pages. Chacun d'eux est consacré à un thème ou à une image soit propre au genre (le robot, le vaisseau spatial, l'extraterrestre) soit tel que traité par la SF (la femme, la ville, le vertige). Gougaud y passe en revue l'historique partiel de ce concept au sein du genre tout en l'entourant de ses propres réflexions. Le tout est illustré de nombreuses images pleine page, des images qui sont essentiellement tirées du cinéma (japonais en particulier) ou de l'illustration fantastique "classique" (Escher, Piranèse, Bosch). D'une façon somme toute assez logique, l'ouvrage ne comporte pas d'index ni de bibliographie.

Planète interdite (RF 1957).jpg

Il faut reconnaître à Gougaud une grande connaissance du genre, le nombre et la variété des exemples qu'il fournit pour illustrer les thèmes étudiés en attestant (de Butler à Smith, de Orwell à Vance, du roman fleuve à la nouvelle isolée, y compris en VO). Malgré tout, le discours n'est pas d'une limpidité évidente et le style parfois surchargé complexifie la lecture inutilement. De toute façon, je ne pense pas qu'il ait été dans le projet de l'auteur d'écrire un ouvrage analytique mais plutôt une sorte d'ensemble quasi onirique crée par associations libres. Cette construction explique aussi un certain nombre d'approximations (dont une : la traduction de "fantasy" dans une citation de Van Vogt par "fantastique", au tout début du livre révèle nettement le parti pris de l'auteur) et d'ellipses (des résumés de texte non attribués qui les rendent non identifiables).

La machine à tuer (OPTA 1969).jpg

L'iconographie souffre d'un nombre de faiblesses plus inquiétant. On passera sur le fait que pour Gougaud (ou pour Lacombe qui semble avoir réalisé cette partie du livre), la SF soit visuellement représentée par des images "acceptables" par un public cultivé soit parce qu'elles n'en sont pas vraiment (il y presque une dizaine de gravures d'Escher), soit parce qu'elles sont aux marges de l'art (Druillet) soit parce qu'elles sont suffisamment exotiques (les films japonais). En tout cas, il n'y a aucune image issue d'un pulp et aucune illustration de couverture, un point paradoxal pour un ouvrage qui traite essentiellement de la SF écrite. Plus inquiétant est le fait que la personne qui a légendé les illustrations ne connaît pas grand chose au genre. En effet, une image (les fameux robots policiers au visage métallique) tirée de THX-1138 est par exemple libellée "Robot cosmonaute", on trouve aussi ce qui semble bien être l'arrivée sur la lune de la navette dans 2001 comme représentant un "extraterrestre machinal" (sic). Tout cela n'est guère sérieux. 

Patrouilles (FN 1984).jpg

Dommage pour ce livre qui est une sorte d'ode à la SF. Un acte courageux (pour l'époque) mais qui est à la fois plombé par une théorie sous-jacente (SF = Fantastique modernisé) largement discutable ou méritant au moins plus de sérieux dans la démonstration et par une iconographie choisie à la va-vite.

 

Note GHOR : 1 étoile

24.09.2009

_Deconstructing the starships : Science, fiction and reality_

Deconstructing the starships : Science, fiction and reality : Gwyneth JONES : 1999 : Liverpool University Press (série "Science fiction texts and studies" #16) : ISBN-10 0-85323-793-X : viii + 221 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait 12 GBP pour un TP, existe en HC.

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Ce livre est un recueil d'écrits de Gwyneth Jones, auteur britannique et membre important de la communauté académique gravitant autour de la SF.  Ecrivant souvent dans une perspective féministe, Jones est surtout connue pour ses deux séries "Aleutian" et "Bold as love". C'est aussi, sous le pseudonyme de Ann Halam une auteur de juvenile réputée outre-manche avec une vingtaine de romans à son actif.

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Cet ouvrage, paru dans l'importante série de livres sur la SF publié par l'université de Liverpool, rassemble des textes parus entre 1986 et 1997. Il s'agit soit d'articles, soit des transcriptions de discours, soit de longues critiques. Ce recueil est divisé en trois parties principales : 1) "All science is description" (4 textes) qui contient des textes de portée assez générale (SF et féminisme, les loisirs du futur dans le genre, Lewis & Tolkien...); 2) "Science, fiction and reality" (4 textes) commence par évoquer le Cyberpunk puis nous livre un éclairage sur le processus qui l'a conduit à concevoir sa série "Aleutian" qui met en scène des extra-terrestres à la biologie différente de la notre; 3) "The reviews", la partie la plus longue (la moitié du livre) qui propose 12 critiques de textes (de Brin à Stephenson) ou d'oeuvres complètes (de Cherryh à Le Guin) détaillées parues dans Foundation. Une courte bibliographie (2 pages) et un index clôturent l'ouvrage.

Glory season (Bantam 1994).jpg

Le problème avec les ouvrages de ce type est qu'ils manquent généralement d'unité. C'est assez logique vu qu'il s'agit d'une compilation de textes produits pour des occasions différentes et vers des publics eux aussi différents. Le seul lien que l'ont peut trouver à cet ensemble assez disparate est la posture féministe qui baigne l'ensemble avec des dénonciations parfois féroces de certains travers machistes qui perdurent dans la SF (comme dans Snow crash). Il est dommage que cette grille d'analyse nous inflige une nième discussion des habituels textes de Lefanu, Tepper, Charnas ou Le Guin, un domaine où il est hélas difficile d'innover.

Snow crash (Bantam 1993).jpg

Plus intéressants, peut-être parce que plus personnels ou moins prévisibles, sont les articles où Jones nous parle de son métier et des origines de certaines de ses fictions. Ils nous permettent de voir le processus créatif à l'oeuvre et témoignent de la quantité de travail que nécessite un texte de SF un tant soit peu solide. Au final, un recueil d'essais d'une actrice active dans la réflexion sur le genre mais qui souffre de n'être qu'un assemblage de circonstance.

 

Note GHOR : 1 étoile

21.09.2009

_The SEX column and other misprints_

The SEX column and other misprints : David LANGFORD : Cosmos Books : 2005 : ISBN-10 1-930997-78-7 : 240 pages (y compris index) : une quinzaine d'Euros pour un TP (existe aussi en HC), doit pouvoir se trouver sur le site de l'éditeur (www.wildsidebooks.com).

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Ce livre est le recueil d'une partie des chroniques écrites par David Langford pour le magazine SFX. Situé chronologiquement avant Starcombing (http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/09/11/bf757695339...), il rassemble les textes parus entre 1995 et début 2005. A noter que, à la différence de ce dernier, il n'y a pas d'autres textes que ceux parus dans le magazine ce qui veut dire qu'il n'y a pas de fiction ni de notes de lecture.

Starcombing.jpg

Je ne m'étendrai pas sur le personnage incontournable qu'est David Langford (voir ma présentation de Starcombing). Je me bornerai à préciser que l'ouvrage contient 133 textes d'une longueur homogène (sauf une demi-douzaine de pièces plus longues qui ont été écrites pour des numéros spéciaux). Le principe de ces courts essais est toujours celui d 'un billet d'humeur qui brocarde avec gentillesse certains acteurs du genre (les principales têtes de turc de Langford étant Hubbard et Benford) et certains de ses travers (clichés éculés, écriture atroce). L'auteur est plus mordant vis-à-vis des monceaux de stupidités convenues que la presse peut écrire sur la SF et ses amateurs.

The silence of the langford.jpg

Je conseillerai de ne pas faire comme moi, à savoir lire ce livre peu après d'autres recueils de billets de Langford. En effet, cette lecture concentrée est assez impitoyable pour une rubrique régulière prévue pour être lue (et donc oubliée) d'un mois sur l'autre. On se rend alors beaucoup plus facilement compte des répétitions (des anecdotes sont reprises plusieurs fois à l'identique), des tics d'écriture et du côté un peu "fabriqué" de l'ensemble. A lire donc par petits bouts pour profiter sans retenue de l'humour et des connaissances encyclopédiques de l'auteur et partager sa passion pour le genre.

 

Note GHOR : 1 étoile

16.09.2009

_DAW Books paperback Science Fiction_

DAW Books paperback Science Fiction : Roger ROBINSON : Beccon Publications (série BP collector's checklist) : 1993 : ISBN-10 1-870824-27-X : non paginé : quelques Euros pour un fascicule A5 broché (disponible chez l'éditeur http://www.lxnen.com/rogerbeccon/B/checklists.html ).

DAW books paperback SF.jpg

Comme précédemment indiqué à propos d'une autre volume de cette série (Ace Books S.F. Doubles http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/02/02/ace-books-s... ), cet ensemble de petits ouvrages amateurs a pour ambition de fournir une check-list pratique et transportable pour les maniaques de la collection (en VO). C'est un peu une sorte de cahier où l'on n'a plus qu'à rayer (ou stabiloter) les ouvrages que l'on a, comme le font tous les collectionneurs qui se promènent avec leurs listes de recherche. 

The wrong end of time (DAW 1973).jpg

Cet opus est donc consacré aux volumes de DAW, l'éditeur fondé par Donald A. Wollheim lors de son départ d'Ace en 1972 et qui publie uniquement de la SF. Les livres de cet éditeur ont longtemps été surnommés "Yellow Backs" à cause de leur caractéristique et très visible dos jaune qui permettait des les identifier immédiatement dans les rayons. A noter que cette particularité disparaîtra au milieu de 1984. La descritption du contenu de cet ouvrage est assez rapide puisque Robinson nous offre seulement : 1) la liste des 710 premiers titres de DAW (de Spell of the witch world à Skeen's return) et des 15 romans de la série Capt. Kennedy (par E. C. Tubb sous le pseudonyme de Gregory Kern) au format : Numéro (le fameux "DAW collectors' book number"), auteur et titre; 2) un index qui lie les noms d'auteurs et le numéro des livres qu'ils ont écrit.

Polymath (DAW 1974).jpg

Du fait de la très faible quantité d'information fournie : pas d'info sur les pseudonymes, les illustrateurs ou les dates de parutions, sans parler du problème propre à DAW de la complexité des rééditions (sans parler des versions canadiennes), cet ouvrage ne peut servir que de liste à cocher. Au moment où ce type d'information se télécharge assez facilement (comme là : http://www.sfsite.com/~silverag/daw1-100.html ), la plus-value et l'interêt de ce livre sont extrêmement limités, nettement plus que pour les autres titres de la série.

The stardroppers (DAW 1972).jpg

Un petit listing que le collectionneur acharné remplacera fort utilement par le remarquable et infiniment plus complet Future and fantastic worlds de Jaffery paru chez Starmont.

Future & fantastic worlds.jpg

Note GHOR : 1 étoile  

14.09.2009

_The Darkover dilemma : Problems of the Darkover series_

The Darkover dilemma : Problems of the Darkover series : S. WISE : T-K Graphics : 1976 : pas d'ISBN : 28 pages (pas d'index ni de bibliographie) : prix inconnu pour un chapbook assez difficile à trouver.

The darkover dilemma.jpg

La série Darkover (Ténébreuse en VF) a toujours exercée une grande attirance sur une partie (plutôt féminine, attirée initialement par les Libres Amazones du lieu) des amateurs de SF. Grâce à l'attitude plus que bienveillante de Marion Zimmer Bradley (qui a largement ouvert les portes de son univers), il s'est crée une sorte de fandom spécialisé uniquement consacré à cette longue (plusieurs dizaines de romans et de nombreuses nouvelles) entreprise littéraire. Cet ouvrage est probablement l'une des premières manifestations concrète de cette mouvance.

The sword of Aldones (Ace Double F-153 1962).jpg

Ce court essai est à la fois une sorte d'arrêt sur image sur l'état de la série au milieu des années 70 (le dernier titre considéré étant The heritage of Hastur qui date de 1975) et une tentative d'en dégager les inévitables (puisque MZB semblait initialement ne pas avoir de "bible" pour sa série) problèmes de continuité. La première moitié de ce livre est donc une sorte de guide de Darkover, son histoire, ses habitants et ses coutumes qui s'appuie exclusivement sur des citations de l'auteur. La seconde partie liste, roman par roman, les diverses inconsistances que l'on peut y trouver. Cela va de la simple négligence de l'auteur (un personnage qui en connaît un autre par son nom page 28 de The spell sword et qui lui demande quand même comment il s'appelle page 36) à des questions de fond qui attendent une réponse (comme les hybridations entre les races de Darkover).

The planet savers (Ace Double F-153 1962).jpg

Etant peu familier avec l'oeuvre de Bradley, j'ai donc logiquement été plus intéressé par la première partie qui permet d'avoir un tableau assez clair du cadre de ce cycle important sans l'avoir lu. Ce tableau n'est d'ailleurs pas dépourvu d'esprit critique ce qui est rafraîchissant pour un texte de fan. Pour la seconde moitié, les interrogations soulevées par Wise d'une façon en tout cas bien argumentée me sont complètement passées au-dessus de la tête. Je laisse à des experts es-Darkover le soin de préciser si elles sont pertinentes et si MZB a pu, dans les ouvrages suivants, en corriger certaines.

Darkover landfall (DAW).jpg

Un livre qui parlera évidemment plus aux fans de MZB mais qui est un très bon exemple de la qualité et de l'intensité de l'appropriation de certains univers par les fans.

 

Note GHOR : 1 étoile

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