Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/04/2026

_Bram Stoker_

Bram Stoker : Prince des ténèbres : Alain POZZUOLI : 1989 : Librairie Séguier : pas d'ISBN (probablement 2-877-36074-?) (la fiche ISFDB du titre , dans la base à Bruno ) : 174 pages (y compris bibliographie et annexes mais pas d'index) : coûtait 110.00 FRF pour un petit tp avec cahier photographique en n&b de 8 pages : trouvable d'occasion.

français,1 étoile

Un petit tour dans le fantastique pur sucre avec cette biographie de Bram Stoker, l'auteur irlandais connu essentiellement pour avoir créé Dracula. Rédigé par un touche-à-tout (parolier, auteur, journaliste et scénariste) spécialiste de cet auteur et des vampires (outre pas mal de livres sur le sujet, on lui doit ce qui semble être une deuxième version de cette biographie parue en 2012) et publié par un département de l'éditeur Robert Laffont, ce petit ouvrage se divise en deux parties distinctes: tout d'abord une biographie de Stoker qui occupe 80 pages de façon chronologique (normal) puis un ensemble de courts chapitres autour du thème du vampire et de sa représentation (en littérature, au cinéma, dans les sciences...). Outre une bibliographie plutôt complète (VO & VF) et huit pages de photos (surtout tirées de films), quelques annexes sont fournies (acteurs, filmographie ou analyse graphologique de Stoker !).

français,1 étoile

Au final, c'est un livre sans prétention, assez aéré (pas mal de pages blanches) qui ne fera pas date. La partie biographique est plutôt descriptive (type Gala) avec une analyse littéraire limitée. L'exploration du thème du vampire au dernier tiers du livre a tendance à partir un peu dans tous les sens, par exemple la liste des acteurs ayant joué Dracula n'offre guère d'intérêt, et qui dans l'ensemble ne creuse pas le sujet en profondeur. Comme il existe encore moins de choses sur le Fantastique que sur la SF, cet ouvrage a au moins le mérite d'exister et de mettre en lumière un auteur majeur.

français,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile (trop léger)

10/04/2026

_Bibliothèque de l'Entre-Mondes_

Bibliothèque de l'Entre-Mondes : Francis BERTHELOT : 2005 : Folio (collection SF #225) : ISBN-10 2.-07-042846-X (la fiche ISFDB du titre, dans la base à Bruno : 333 pages (y compris index mais pas de bibliographie) : prix original inconnu (catégorie F8, de l'ordre de 7.00 Euros à sa sortie) : disponible en ligne, existe aussi en ebook.

Bibliothèque de l'entre-mondes (Folio 2005-09).jpg

Il y a longtemps, il arrivait à Folio de nous proposer dans sa collection de poche "SF" des ouvrages de référence. Ainsi donc après Valéry sur la SF, Ruaud sur le merveilleux (on va dire la Fantasy) et Marcel sur le Fantastique, l'éditeur nous propose Berthelot (écrivain français, membre du groupe Limite) avec son guide de lecture sur les "transfictions". Bien sur, la première question qui se pose est : Que sont donc ces transfictions ? N'ayant pas le bagage théorique et l'immense culture littéraire de l'auteur, je ne peux que proposer une définition partiale et partielle. Les transfictions, ce sont donc des textes (essentiellement des romans) qui sont donc : 1) écrits par certains auteurs comme par exemple Berthelot (on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même et, pour le coup, l'auteur s'est bien servi), Burroughs (pas le pulpster, l'autre) ou Ballard; 2) écrits par des auteurs reconnus et classés en littérature générale mais qui sont en fait des œuvres appartenant sans discussion aux divers genres de l'imaginaire, que cela soit à la fable animalière (La ferme aux animaux, Orwell), la SF ou la proto-SF (Force ennemie, Nau) ou le fantastique (Le démon à la crécelle, Chateaureynaud); 3) écrits par des auteurs de SFF mais qui sont visiblement trop bien pour appartenir à des genres mineurs et qui ont été "validés" par l'académie et sortis du caniveau (ceux de Sturgeon, Bradbury ou Wolfe) et 4) d'autres pures œuvres de genre (souvent de SF mais pas que) dont l’inclusion n'obéit à aucune logique précise : Un monde d'azur (Vance), L'homme éclaté (Gerrold), Carrie (King) ou L'oreille interne (Silverberg).

Un monde d'azur (PP 1984-12).jpg

Le lecteur perspicace aura compris que ce nouvel ensemble me semble fait de bric et broc avec une logique à géométrie variable. Même s'il est issu du sérail, Berthelot, comme d'autres auteurs voulant s'éloigner des "calmars dans l'espace", ne fait guère que répéter un certain nombre de stratégies habituelles des représentants de la littérature dominante face aux genres de l'imaginaire : absorption des "meilleurs textes" (que l'on va même retrouver dans les manuels scolaires, cf. Bradbury), négation de l'appartenance au genre de textes "exogènes" (c'est trop profond/bien écrit/intelligent/cultivé/construit/brillant pour être de la SF), construction de nouvelles catégories bien pratiques pour trier le bon grain de l'ivraie (cela permet de lire Nuage de Jouanne sans avoir trop honte). Rien de nouveau sous le soleil, si ce n'est des informations que je ne possédais pas : Les armureries d'Isher date de 1972 (la date du J'ai Lu ?) ou le fait que le personnage de Replay (Grimwood) revit toujours les mêmes 25 ans. Le seul point qui me rassure est le fait qu'un livre de 2005 soit toujours disponible en neuf indique sans doute que je ne suis pas seul à être sceptique vis à vis de la démarche de Berthelot.

Les armureries d'Isher (JL 1972-3T).jpg

Au final, reste de cet ouvrage une liste de lecture idiosyncratique (comme elles le sont toutes) qui n'avait pas besoin de l'habillage théorique (sic) de Berthelot qui s'étend sur une centaine de pages pour nous proposer de découvrir des textes dont certains (pas tous, donc) sont effectivement des objets hybrides qui participent souvent de plusieurs genres et peuvent intéresser un lecteur curieux de sortir de son univers habituel.

L'homme éclaté (Casterman 1978).jpg

Note GHOR : 0 étoile (Back in the gutter !)

19/03/2026

_ABC Dick_

ABC Dick : Ariel KYROU : 2021 : ActuSF (collection "Les trois souhaits" ?) : ISBN-13 978-2-37686-419-6 (inconnu de l'ISFDB, dans la base à Bruno) : 533 pages (pas d'index, bibliographie implicite) : coûte 19.90 Euros pour un tp non illustré, disponible chez l'éditeur, existe aussi en ebook.

ABC Dick.jpg

Reprise augmenté d'un titre paru en 2009 (chez Inculte), cet ouvrage est dû à la plume d'Ariel Kyrou, un habitué des éditions ActuSF (voir ceci) et, à lire sa page Wikipédia (un magnifique monument de auto?-promotion), un penseur de calibre international. Pour citer la quatrième de couverture, il s'agit d'un "abécédaire amoureux, érudit et philosophique". Cette description correspond à la première partie du livre (les 400 premières pages) qui rassemble 79 essais autour d'un mot (de Androïde à Zonard). De taille variable (une à dix pages) ces essais sont effectivement "amoureux" (PKD est Tout, Tout est PKD), "érudits" (du genre étalage de Wikipédia) et "philosophiques" (au moins du niveau d'un JT télévisé de service public). Pour faire simple, c'est "Kyrou nous explique le monde" en se servant du prétexte des écrits de PKD. C'est un long étalage de lieux plus ou moins communs sur tous les sujets possibles, de la télé-surveillance au changement climatique en passant par la COVID, l'IA ou la publicité, le tout avec force auto-citations. En ce qui me concerne, je n'ai pas besoin de gourous et, si je souhaite approfondir des sujets aussi complexes, il me faut un peu plus que deux pages de Kyrou.

A maquina de governar (LDB).jpg

Le reste de l'ouvrage est une bibliographie commentée dans laquelle le mot important est "commentée". En effet, n’espérez pas que Kyrou vous indique où trouver tel ou tel texte (ni même son titre original) ou quel éditeur a bien pu publier tel ou tel roman, vous avez juste droit aux titres français (et encore pas tous) et à une date (visiblement la parution originale et/ou d'écriture). Pour plus de détails, vous êtes priés d'acheter les intégrales Gallimard ou Denoël. Pas la peine non plus de chercher un synopsis trop détaillé, l'auteur est plutôt adepte du "name-dropping". Outre les écrits de PKD himself, la partie bibliographie liste aussi un certain nombre d’œuvres "autour" (des ouvrages de référence) ou "adaptées" (cinéma, télévision ou BD) de Dick. Bien sûr, vous pouvez oublier l'index (vous n'avez qu'à relire tout le livre). Au final, un titre qui est bien dans le style des productions ActuSF, beaucoup de prétention et de lieux communs et peu d'utilité (sauf pour les amateurs de Kyrou). Heureusement que la période PKD semble se terminer dans notre pays. Vivement la période Herbert.

World of chance (Panther 1959).jpg

Note GHOR : 1 étoile (et encore)

25/01/2026

_L'imaginaire au pouvoir_

L'imaginaire au pouvoir : Vincent GERBER : 2024 : Le passager clandestin (collection "essais, enquêtes et manifestes") : ISBN-13 978-2-36935-580-9 (inconnu de l'ISFDB, dans la base à Bruno) : 169 pages (y compris bibliographie, pas d'index) : coûte 19.00 Euros pour un petit tp non illustré, disponible chez l'éditeur.

L'imaginaire au pouvoir.jpg

"La SF peut être une littérature politique", "La SF est plutôt progressiste", "la SF peut permettre de faire réfléchir", "La SF peut projeter d'autres structures politiques", "La SF ne peut pas changer le monde toute seule". Toutes ces affirmations (telles que je les retranscris, c'est à dire plus ou moins correctement) forment les éléments de la thèse développé par l'auteur (un historien suisse). Il y présente l'idée que la SF (et en particulier ses sous-genres utopiques ou dystopiques) ne peuvent avoir une action politique sur le monde réel que par la mise à disposition de possibles alternatifs et que le genre n'agit pas sur le réel en lui-même (ou si peu) mais qu'il peut donner les idées/outils/schémas pour le faire.

Panorama de la science-fiction.jpg

Comme ces quelques affirmations ne peuvent qu'être qu'évidentes pour tout amateur et connaisseur du genre, j'avoue que je n'ai pas trop compris au début quel était le but exact de l'ouvrage ni quels en étaient les lecteurs potentiels. Je dois ajouter que je n'étais pas plus fixé à la fin. En gros, le message m'a semblé être : "La SF c'est bien pour penser un meilleur futur". Après plus de 50 ans de pratique du genre, je n'ai pas vraiment besoin de 160 pages pour m'expliquer cela, ce qui veut dire que je ne suis probablement pas dans la cible visée. Il se peut que ce livre soit plutôt destiné à des penseurs progressistes (j'emploie ce terme de façon générique, l'auteur étant par exemple libertaire) pour qu'ils intègrent la SF dans leur panoplie intellectuelle.

Pourquoi j'ai tué Jules Verne.jpg

À ce titre, l'intention est louable mais (avec moi il y a toujours un MAIS) force est de constater que le substrat intellectuel du livre n'est plus de prime jeunesse. En effet, Gerber s'appuie essentiellement (une dizaine de citations pour les trois premiers) sur les travaux de Gérard Klein (son fameux article sur le malaise dans la SF, 1975), Bernard Blanc (Pourquoi j'ai tué Jules Verne, 1978), Jacques Van Herp (Panorama de la science-fiction, 1973), UKLG (Le langage de la nuit, 1979), Michael Moorcock (un article de 1978), une étude sur les lecteurs de 1985 ou le Cordesse (La nouvelle science-fiction américaine, 1984). Non pas que ces sources et ces analyses soient intrinsèquement mauvaises, mais il y a quand même un net progrès de la réflexion sur la genre depuis 50 (cinquante !) ans dont il est dommage de ne pas en profiter. En fait, on dirait qu'une partie du livre a été écrite dans les années 80 et cela surprend à la lecture et pose la question de la pertinence des sources employées au regard de la connaissance du genre.

La nouvelle science-fiction américaine.jpg

En bonus, cet ouvrage n'échappe pas aux bons petits travers habituels de la micro-édition française : pas d'index (pratique pour retrouver quelque chose), une bibliographie (je cite) "par ordre d'apparition" (aussi super pratique, sachant qu'en prime elle est incomplète), la présence envahissante des supposés lumières de l'étude sur le genre à la mode (Rumpala par là, Kyrou par ici), publicité gratuite pour l'éditeur (3 titres de la collection Dyschroniques dans la bibliographie). Finalement, reste une dénonciation sympathique : le capitalisme, les dictatures c'est MAL. Pourtant, cette potentielle ode aux utopies et aux combats révolutionnaires inspirés par le genre aurait pu être intéressante en s'appuyant sur un matériau plus récent.

A voté (LPC 2016-09).jpg

Note GHOR : 1 étoile (bloqué dans les années 80)

23/10/2025

_Petites histoires de la science-fiction française_

Petites histoires de la science-fiction française : Alain GROUSSET : 2025 : ActuSF (collection "Les 3 souhaits") : ISBN-13 978-2-376866-95-4 (inconnu de l'ISFDB, chez Bruno) : 512 pages (pas d'index ni de bibliographie) : coûte 22.90 Euros pour un épais tp illustré de photos en n&b : disponible chez l'éditeur (merci pour lui), existe aussi en e-book.

français

Pour appréhender le projet de ce livre, il faut absolument lire la courte préface (qui est d'ailleurs titrée "Avertissement"). En effet, l'auteur y indique clairement qu'il n'a pas voulu faire UNE histoire de la SFF mais une "Petite Histoire" de la SFF entre 1945 et 2000 à base d’anecdotes. Sous cet angle, le contrat est rempli. Pratiquement, on est face à une masse d'informations d'intérêt parfois variable (untel était alcoolique, le bureau de unetelle était minuscule) présentée en courts chapitres (de quelques lignes à plusieurs pages) agencés de façon chronologique (du moins pour les dates de début) et patiemment extraites par l'auteur d'une masse de documentation (magazines, fanzines et interviews). Le tout est illustré de photos (surtout des portraits) en n&b dont, bizarrement, les légendes sont regroupées à la fin du livre. 

français

Comme ce blog ne serait pas ce qu'il est sans critiques, j'ai un certain nombre de problèmes avec cet ouvrage. Tout d'abord, l'absence d'index (une désagréable habitude chez ActuSF) rend toute ré-utilisation des informations contenues dans le livre complètement illusoire. Pour retrouver une information lue, il faut retrouver l'année où est elle donnée et lire toutes les entrées correspondantes pour espérer retomber dessus. C'est pour cela que l'on a inventé les index. J'ajouterai qu'il existe même, miracle de la technologie, des outils qui le font automatiquement à la mise en page. Sur le plan méthodologique, l'absence d'indication des sources (qui ne sont que parfois mentionnées en passant), peut brouiller la frontière entre les faits, les on-dits ou les ressentis. Elle rend aussi toute vérification ou croisement impossibles.

français

Plus gênant est le "focus" de l'ouvrage. Je m'explique. Si l'on dit souvent que la SF est un microcosme, ce livre ne se concentre que sur un "attocosme"  bien précis dont les acteurs se comptent sur les doigts d'une main. Hors de Klein (avec qui l'auteur semble avoir une relation d'amour/haine mais qui apparaît à presque toutes les pages), Dorémieux, Demuth, Sadoul et Goimard, rien d'autre n'existe et rien d'autre ne se fait dans la genre. Cet espèce de jacobinisme parisien (et en plus localisé dans certains arrondissements) est, à la longue un peu lassant et oublie la contribution de tant de personnes qui ont œuvré et œuvrent toujours pour la SF, en particulier en province. Juste un exemple, il ne me semble pas avoir vu évoqués AFR, les fanzines Sfère (pourtant parisien) ou Vopaliec et leurs équipes (mais bon, en l’absence d'index, dur de vérifier). Finalement, je me pose la question (mais en fait c'est plutôt à l'éditeur de le faire) de quels sont les lecteurs cibles de cet ouvrage. En ce qui me concerne, je n'ai à peu près rien appris de nouveau, et cela doit aussi être vrai pour les personnes qui connaissent relativement bien le genre et son histoire. C'est donc un public plus néophyte qui doit être visé. Mais, dans ce cas, ces lecteurs néophytes risquent d'être "noyés" face à des masses d'évènements, d'œuvres ou de personnes qui ne leur diront sans doute absolument rien (la collection "Cosmos" de Grand Damier ?). La question est finalement de savoir s'il existe une clientèle pour ce titre qui dépasse la centaine d'individus et partant, de l'opportunité économique de le publier pour une maison d'édition convalescente. Mais bon, ce n'est pas mon problème.

français

Au final, c'est quand même un ouvrage distrayant et d'une lecture agréable sous la plume d'un vrai connaisseur du microcosme. Je pense qu’il est préférable de le lire par petites touches et que son effet principal sera de rappeler des souvenirs (de lectures ou d'évènements) à certains.  Et puis, un livre qui cite le fanzine Avallon est forcément un livre digne d'être lu.

français

Note GHOR : 1 étoile (sans intérêt véritable AFAIC)