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31/10/2013

_Past Masters and other Bookish Natterings_

Past Masters and other Bookish Natterings : Bud WEBSTER : 2013 : The Merry Blacksmith Press : ISBN-13 978-0-61548-282-0 : xvi+385 pages (y compris index) : coûte 19.95 USD pour un tp illustré en N&B qui se commande probablement chez l'éditeur (là : http://www.merryblacksmith.com/).

Past masters.jpg

L'une des forces du genre réside dans sa capacité de mémoire, une capacité qui se traduit soit par la mise à disposition de textes indisponibles par certains éditeurs (NESFA, NAB aux USA, Bragelonne en France) soit par le souvenir de la contribution des acteurs du genre, quelle que soit leur renommée. C'est dans cette tradition que s'inscrit l'ouvrage de Bud Webster, un écrivain et fin connaisseur du genre à qui l'on doit aussi (chez le même éditeur) une étude sur les anthologies (Anthopology 101, voir là : http://ghor.hautetfort.com/archive/2011/12/28/anthopology...). Il s'agit essentiellement d'un recueil de portraits d'auteurs qu'André-François Ruaud (qui a longtemps eu une démarche similaire) a appelé les "petits maîtres de la SF".

A planet for texans (Ace Double D-299).jpg

Après une préface de l'auteur et une introduction de Mike Resnick, l'ouvrage se divise globalement en trois parties. La première (et la plus volumineuse avec près de 300 pages) est un recueil d'essais initialement parus dans divers supports internet (Helix SF, Baen's Online). Ces textes (d'une dizaine de pages chacun, en comptant la bibliographie) sont principalement consacrés à ces fameux petits maîtres du genre. Cela va de quasi-inconnus de nos jours comme Nelson S. Bond ou Edgar Pangborn à des gens qui sont restés assez célèbres (en tout cas en France) comme Clifford D. Simak ou C. M. Kornbluth. La deuxième partie regroupe une dizaine de courtes (deux pages en comptant large) critiques d'ouvrages de série "Z" initialement parues dans F&SF dans les années 2000. La dernière partie compte trois récents entretiens croisés entre Webster et Jerry Pournelle au sujet de l'édition numérique. L'ouvrage se termine par un historique de la revue SFWA Bulletin et un index.

Planet big zero (Monarch 1964).jpg

Même si le projet du livre n'est pas d'une originalité folle vu que le travail de mémoire du genre est une constante de celui-ci, il forme un ensemble toujours agréable à lire avec un effet "Madeleine de Proust" incontestable qui nous remémore (pour certains) nos premiers contacts avec la Science-Fiction. De plus la plume de Webster a un indéniable côté sympathique et fait plus penser à une causerie qu'à un exposé théorique. Un autre point fort de l'ouvrage est la grande connaissance de la SF et de ses acteurs (parfois de première main) dont fait preuve l'auteur qui nous régale de moult informations peu connues ou inédites.

anglais,2 étoiles

Du côté négatif on pourra parfois reprocher à Bud Webster un humour un peu répétitif qui, s'il peut se concevoir et être efficace dans des chroniques destinées à être lues à intervalles régulièrement espacés, passe un peu moins bien dans le cadre plus ramassé d'un tel recueil d'essais. On pourra aussi regretter la place prise par les éléments bibliographiques. En effet, on se trouve face à l'habituel  problème du dosage. Ne s'agissant que de bibliographies partielles mais conséquentes (plusieurs pages à chaque fois), elles n'offrent donc pas l'exhaustivité de bases comme l'ISFDB mais occupent une bonne partie de l'espace sans plus-value évidente (par exemple celle de Lafferty fait douze pages mais ne peut se substituer à celle parue chez Drumm). Malgré ces remarques, c'est un livre-hommage qui est d'un intérêt certain pour qui s'intéresse à l'histoire moins connue du genre.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

09/07/2013

_Science Fiction in the real world_

Science Fiction in the real world : Norman SPINRAD : 1990 : Southern Illinois University Press (série "Alternatives") : ISBN-10 0-8093-1671-4 : xvi+234 pages (y compris index) : semble avoir coûté 25 USD pour un tp non illustré.

Science fiction in the real world.jpg

Norman Spinrad est particulièrement connu pour son acitvité d'écrivain au cours des années 70 (Bug Jack Barron, The Iron Dream) et aussi, chez nous, pour son côté francophile avérée (il réside d'ailleurs en France et y trouve un public fidèle). Comme son oeuvre la plus célèbre (The Iron Dream) peut le faire penser dans la mesure où elle est aussi une satire sur certaines dérives du genre, il mène depuis longtemps en parallèle avec l'écriture une réflexion sur la SF. C'est le résultat de ces analyses qui nous est proposé par les SIUP au sein d'une collection (Alternatives) qui mêle essais et recueils de fiction.

spinrad,anglais,2 étoiles

Cet ouvrage est donc un recueil d'essais de Spinrad, certains étant inédits et d'autres ayant vu leur première parution dans le magazine américain Isaac Asimov's Science Fiction (avant qu'il ne devienne Asimov's Science Fiction) aux alentours de 1986. Après une introduction Spinrad, les treize textes rassemblés (qui vont de dix à vingt pages) sont regroupés en cinq sections : la première fixe les standards critiques de l'essayiste, la deuxième traite de la SF "visuelle" (comics et adaptation à l'écran), la troisième traite certains sous-genres (Hard Science, Cyberpunk), la quatrième aborde l'angle politique et la dernière se focalise sur des auteurs précis (Sturgeon, Vonnegut, Ballard et Dick). La conclusion revient sur la place de la SF dans le monde réel et est suivie par un index. On notera l'absence de bibliographie (et d'ailleurs plus généralement de notes).

spinrad,anglais,2 étoiles

Avec un connaisseur du genre comme l'est Spinrad, il est inévitable que le discours tenu soit empreint d'une grande maîtrise de son sujet. Sur tous les thèmes abordés, on est face à un ensemble d'information souvent de première main et la description des rouages de l'édition et de la condition et des contraintes pesant sur les écrivains sonne juste. C'est parfois féroce comme du Disch avec un regard sans concession sur le genre et ses dérives mais où transparaît quand même une grande affection pour celui-ci (ce n'est donc pas aussi désespéré que du Malzberg).

spinrad,anglais,2 étoiles

Le passage du temps a transformé cet ouvrage d'une étrange façon. Lors de sa parution (en livre ou initialement en essais dans IASFM), il s'agissait presque d'un pamphlet qui dénonçait certains travers contemporains et évoquait une actualité immédiate (par exemple l'irruption du Cyberpunk). Avec le recul, une partie des textes s'est transformé en témoignages historiques sur des soubresauts du genre dépassés depuis longtemps. Même si certains essais (surtout ceux consacrés par Spinrad aux autres écrivains) échappent à ce phénomène, la majorité du livre ne présente maintenant plus qu'un intérêt strictement historique, même s'il est indéniable.

spinrad,anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

07/07/2013

_The man from Mars_

The man from Mars : Ray Palmer's amazing pulp journey : Fred NADIS : 2013 : Jeremy P. Tarcher/ Penguin : ISBN-13 978-0-399-16054-7 : xiii+289 pages (y compris bibliographie et index) : coûte 28.95 USD pour un hc avec jaquette illustré en n&b, disponible dans toutes les bonnes librairies en ligne.

anglais,palmer,2 étoiles

Parmi les rédacteurs en chef importants de la SF, si les amateurs arrivent assez facilement à "placer" des gens comme Campbell, Boucher ou Gernsback, il leur est parfois plus difficile de dire qui était Raymond Palmer. Pourtant la carrière de ce personnage a été longue et son influence certaine. A la tête d'Amazing (et de son cousin Fantastic Adventures) durant toutes les années 40, il a été l'un des "seconds couteaux" essentiels de la scène SF américaine. Mais, outre-atlantique principalement, on se souvient surtout de lui (en mal) pour son invention du "Mystère Shaver", une vaste entreprise de mystification à base de civilisations souterraines héritières de Lémuria ou de l'Atlantide, d'influences maléfiques et de grands anciens déchus ou pas. Il sera par la suite de toutes les "modes" pseudo-scientifiques, allant des OVNIs à la théorie de la Terre creuse en passant par la lecture de messages présents dans les roches. 

anglais,palmer,2 étoiles

C'est donc la biographie de Raymond A. Palmer (rap pour les intimes) que Fred Nadis (un spécialiste de la culture populaire US) entreprend de nous narrer au travers de cet ouvrage. De façon structurelle, l'ouvrage emploie la forme chronologique la plus classique et nous détaille la vie (de sa naissance en 1910 à sa mort en 1977) et la carrière de son sujet en dix chapitres d'une taille homogène même si les périodes couvertes sont bien évidemment d'une amplitude temporelle variable, le gros de l'ouvrage étant consacré aux années 1945-1960 (du mystère Shaver aux soucoupes volantes). L'ensemble est illustré d'une vingtaine de vignettes en n&b (photos de rap et diverses reproductions de documents) et propose aussi une bibliographie et un index.

anglais,palmer,2 étoiles

A la lecture (et en dépit d'une couverture et d'un titre un peu trop "accrocheurs"), cette bibliographie présente tout le sérieux nécessaire à un tel travail malgré le côté parfois un peu "azimuté" de son sujet. Agréable à lire, elle nous renvoie l'image d'un personnage complexe dont il est difficile, même avec le recul, de savoir s'il était un bateleur donnant à son public le sensationnel qu'il attendait ou un croyant qui pensait vraiment authentiques toutes les théories du complot qu'il épousait et qu'il publiait dans les colonnes de ses nombreux magazines (Amazing puis Fate ou Mystic). Nadis nous aide d'ailleurs à mieux cerner tout cet ensemble de croyances aux marges de la science ou de la société grâce à un discours très pédagogique.

anglais,palmer,2 étoiles

Avec un personnage comme Palmer qui est ainsi passé de la SF au mysticisme populaire, il est clair que l'amateur d'histoire du genre pourra trouver que la partie consacrée à celui-ci est la plus maigre. En effet, la carrière d'"editor" de Palmer est surtout évoquée dans le premier tiers du livre. Même si les recherches de Nadis ont été impeccablement menées (on y trouvera des sources de première main ainsi que la plupart des textes standards sur le sujet, de Ashley à Westfahl en passant par Davin), des périodes comme celle de sa direction d'Universe ou sa collaboration avec Bea Mahaffey sont trop rapidement survolées. On aurait aimé voir la réelle influence de Palmer sur le genre analysée plus en détail, même si, de façon logique, Nadis se concentre sur le domaine de la culture populaire qu'il maîtrise complètement. En tout cas, c'est un texte à lire sur un acteur important du genre.

anglais,palmer,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

09/06/2013

_Robert Silverberg's many trapdoors_

Robert Silverberg's many trapdoors : Critical essays on his science fiction : Charles L. ELKINS & Martin Harry GREENBERG (editors) : Greenwood Press (série "Contributions to the study of SF & F" #53) : 1992 : ISBN-10 0-313-26308-6 : x+156 pages (y compris bibliographies et index) : coûtait 50 USD pour un hc sans jaquette, peu facile à trouver.

Robert Silverberg's many trapdoors.jpg

Robert Silverberg est sûrement l'un des auteurs de SF les plus emblématiques. Le déroulement de sa carrière qui l'a mené d'obscur tâcheron capable d'écrire des millions de mots par an à grand maître du genre et valeur commerciale assurée en passant par une période expérimentale et un renoncement à l'écriture (d'ailleurs rapidement oublié), fait de l'auteur un sujet riche et fascinant pour tout universitaire ou théoricien du genre. C'est donc logiquement dans la longue série de titres de Greenwood Press qu'est paru ce recueil d'essais. On notera d'ailleurs que Silverberg a même été le sujet d'un deuxième ouvrage de la même série (le plus tardif The road to castle mount édité par Chapman).

anglais,silverberg,2 étoiles

Cet ouvrage est donc un recueil d'essais originaux (seuls quelques fragments de deux des articles semblent avoir été précédemment publiés), rassemblés par Elkins (de la revue SFS) et Greenberg (plus connu comme anthologiste). Après une courte préface, il se poursuit par une assez longue introduction de Clareson. Suivent ensuite les essais proprement dits : Letson qui récapitule longuement la carrière de l'auteur jusqu'aux début des années 90; Chapman sur Dying inside et la déflation du mythe du surhomme; Francavilla sur les chutes des textes courts de l'auteur; Flodstrom sur l'identité individuelle dans divers romans; Dietz sur The world inside comme dystopie ambiguë; Reilly sur la transcendance et enfin Manlove avec une comparaison entre Tom O'Bedlam de Silverberg et The postman de Brin. Une copieuse bibliographie primaire et surtout secondaire et un index clôturent l'ouvrage.

anglais,silverberg,2 étoiles

Logiquement, au vu de la liste des contributeurs (des habitués de l'exercice souvent fins connaisseurs du genre), l'ensemble proposé est d'une grande qualité. On appréciera par exemple l'article de Letson qui pose un certain nombre de questions pertinentes sur la légende de l'écrivain Silverberg et ses multiples renaissances et transformations, une légende largement auto-écrite et qui, à force d'être répétée, en devient un lieu commun unanimement accepté. Le choix de certains essayistes de concentrer leurs analyses sur des textes plus "mineurs" comme Tom O'Bedlam ou The world inside est aussi un plus certain qui nous permet d'échapper à la n-ème étude des quelques romans des années 70 considérés comme "majeurs" (même si l'on n'échappe pas à un essai sur le quasi-mainstream Dying inside).

anglais,silverberg,2 étoiles

Le seul reproche que l'on peut faire à cet ouvrage est qu'une partie des essais semblent trop courts par rapport aux possibilités offertes par le sujet. Par exemple et pour revenir sur Letson, son évocation du parcours de l'auteur et du finalement peu de changement littéraire de celui-ci aurait gagné en punch et en originalité en étant encore plus approfondie. D'une façon générale, on pourra quand même trouver que l'ouvrage est bien court (une fois ôtés les annexes, les notes et les pages blanches, il doit rester à peine une petite centaine de pages de texte) surtout quand on rapporte la quantité de matériau (faible) au prix (fort). C'est d'autant plus flagrant quand on compare cet ouvrage avec le titre consacré à l'auteur chez Starmont (voir : http://ghor.hautetfort.com/archive/2008/12/04/robert-silv...). Au final, de la belle ouvrage mais qui fait payer assez cher un ensemble trop court.

anglais,silverberg,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

08/05/2013

_Ces Français qui ont écrit demain_

Ces Français qui ont écrit demain : Utopie, anticipation et science-fiction au XXe siècle : Natacha VAS-DEYRES : Honoré Champion (série "Bibliothèque de littérature générale et comparée #103) : 2013 : ISBN-13 978-2-7453-2371-2 : 525 pages (y compris index et bibliographies) : coûte 110 Euros pour un HC non illustré et sans jaquette (disponible chez l'éditeur, http://www.champion.ch/), à noter qu'il semble exister une version plus récente et moins chère (49 Euros).

Ces français qui ont écrit demain.jpg

Sous la plume d'une agrégée de Lettres Modernes et familière des ouvrages sur le genre en français (on la retrouvera par exemple dans diverses publications récentes comme celles-là : http://ghor.hautetfort.com/archive/2013/02/23/l-imaginair...), cet ouvrage fait partie d'une collection consacrée à la littérature générale. Ce point est intéressant parce qu'il semble indiquer que, après la parution de l'ouvrage de Simon Bréan (et en attendant la mythique encyclopédie de l'Atalante dont des extraits sont d'ailleurs cités par l'auteur en avant-première), le paysage éditorial français semble pouvoir accueillir des ouvrages ambitieux sur le genre. Cette évolution (peut-être initiée par Bragelonne avec sa série "essais), si elle se confirme serait une excellente nouvelle pour l'étude de la SF dans notre pays. Comme son sous-titre l'indique, cet ouvrage porte sur les auteurs de SF français du siècle précédent (même si elle débute au XIXème siècle), abordés avec le fil directeur de l'utopie (ou plus tard de la dystopie) ou plus précisément des diverses approches utopiques qui se sont succédées au fil du temps (Natacha Vas-Deyres en distingue trois différentes).

français,2 étoiles

Pour débuter, l'ouvrage nous offre deux courts avant-propos (Bozzetto & Lehman) puis une longue introduction de l'auteur. Il adopte ensuite une structure chronologique qui va étudier ainsi les trois stratégies utopistes découvertes par l'essayiste. La première partie va donc traiter la période 1890-1910 et les utopies dynamiques et plutôt positives (Verne, Zola) même si certaines peurs se font jour (verne encore, Rosny, Daudet). Après le choc traumatique de la première guerre mondiale, la deuxième partie étudie les années entre 1920 et 1970 où le ton est sombre et la fin inévitable (Barjavel, Messac). La dernière partie (1970-2004) voit l'inspiration utopique s'intégrer de plus en plus à la SF "normale" et les auteurs (Andrevon, Jeury) proposer des solutions alternatives (éventuellement par le biais de l'informatique ou de l'éccologie) et critiques du monde dans le quel ils vivent. Une courte conclusion, une bibliographie copieuse et un index terminent un ouvrage dont il est à noter que certaines parties ont déjà été publiées antérieurement dans divers supports.

français,2 étoiles

Comme il sied à un ouvrage de ce niveau, la quantité de travail et de recherches fournie par l'auteur est indiscutable et impressionnante, la bibliographie de plus de quarante pages en témoigne d'ailleurs largement. Le propos est clair et la division des récits utopiques en trois mouvements successifs est largement démontrée avec exemples à l'appui. Les romans (il n'y a que quelques nouvelles) sélectionnés par Natacha Vas-Deyres sont à la fois résumés, disséqués, cités mais aussi mis en perspective dans la carrière de leurs auteurs. De plus, les arcanes des grandes phases des débats entre courants utopistes sont bien expliqués et peuvent ainsi être (vaguement) compris par des novices comme moi.

français,2 étoiles

Du côté négatif, on me permettra tout d'abord d'être bassement matérialiste mais je dois avouer que le prix de l'ouvrage (110 Euros, je le rappelle pour un ensemble qui n'est pas complètement inédit) peut quand même faire tiquer, surtout comparé à d'autres produits d'ambition similaire. Ensuite, le projet même du livre, de se baser sur l'angle utopique exclusivement, me semble devenir de moins en moins pertinent au fur et à mesure que cette tradition littéraire (certes noble et respectable) s'est dans la pratique complètement dissoute dans la SF jusqu'à l'inexistence. C'est certes sûrement plus acceptable de parler d'utopie dans les cercles littéraires, mais rattacher à ce genre des oeuvres comme Le travail du furet, Le spectre du hasard ou La compagnie des glaces me paraît être une annexion sans grande logique hormis celle de fournir du matériau sur lequel écrire. Sur un autre point, la technique de constitution de l'ouvrage (l'auteur a sélectionné une soixantaine d'ouvrages comme indiqué ici : http://dissidences.hypotheses.org/2799) donne un résultat que l'on pourrait qualifier de "pointilliste". Cela donne l'impression de réduire, faute d'une bonne vue d'ensemble ou d'une bonne connaissance du genre (un reproche que l'on peut parfois faire à certains ouvrages "académiques"), le genre à une galerie limitée d'oeuvres (au plus une vingtaine par période étudiée). La brève mention du Cyberpunk par le seul biais de longs emprunts à un article (à paraître) de A. Marcinkowski est d'ailleurs un exemple assez frappant de ce possible manque de perspective. Malgré tout, il ne faut pas bouder notre plaisir devant un ensemble sérieux, à la thèse construite même si elle peut aisément être discutée.

français,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles