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07/05/2009

_The alternate history : Refiguring historical time_

The alternate history : Refiguring historical time : Karen HELLEKSON : Kent State University Press : 2001 : ISBN-10 0-87338-683-3 : 130 pages (y compris index et bibliographie) : 14 USD (à peu près 10 Euros) pour un TP disponible chez l'éditeur (http://upress.kent.edu/books/Hellekson.htm).

The alternate history.jpg

Cet ouvrage s'intéresse au genre qui en VF s'appelle l'Uchronie et qui, en VO, est connu sous plusieurs dénominations (Alternate history, Alternative history, Uchronias, Counterfactuals, Allohistories, Parahistories). Une foule de noms différents pour un principe relativement (sic) simple : Et si l'histoire s'était déroulée différemment ?

Hellekson a choisi d'examiner ce sous-genre traditionnellement rattaché à la SF en le comparant avec les principaux modèles historiques (eschatologique, génétique, entropique et téléologique). Pour ce faire, elle organise son court essai (à peine une centaine de pages de texte) en sept chapitres (+ une introduction et une conclusion). Hormis un premier chapitre qui présente les diverses théories historiques et un autre qui traite des univers parallèles (un sujet qui est relié de manière quasi-naturelle à l'uchronie), l'auteur utilise une oeuvre 'principale' pour "ancrer" chacun de ses chapitres. Sont donc tour à tous abordés en profondeur : Bring the jubilee (Moore), The man in the high castle (Dick), The difference engine (Gisbon & Sterling), The Malacia tapestry (Aldiss) et le cycle de la Time Patrol (Anderson) dans son ensemble.

The difference engine (Gollancz 1991).jpg

En bonus on a droit à une bibliographie (primaire et secondaire) permettant d'accéder assez facilement aux textes (éditeur, date et lieu de parution) et un index détaillé par thème.

The man in the high castle (Penguin 1965).jpg

Il faut considérer cet ouvrage plus comme une sorte d'introduction à l'uchronie que l'ouvrage théorique définitif (qui reste à écrire) ou une bibliographie complète sur le sujet (l'auteur renvoie justement à des sites internet pour ce type d'approche). La comparaison entre les textes de fiction et les théories historiques qui les sous-tendent est en tout cas très intéressante, originale et suffisamment claire pour des néophytes dans ce domaine.

Même si une partie des oeuvres analysées en profondeur l'ont déjà été (le Dick et le Moore), il s'agit pour les autres d'un des premiers traitements un tant soit peu étoffé, avec en particulier un qualification de la série d'Anderson comme "Anti-uchronie" qui ne manque pas de sens.

Time patrolman (Tor 1983).jpg

Au chapitre des regrets, outre une bibliographie assez mal fichue qui mélange fiction primaire et analyses secondaires sans possibilité de les différencier (comme chez Henriet, une mode dans le domaine ?), c'est peut-être le manque d'ambition qui prédomine. On sent clairement que l'auteur en "a sous le pied" tant au niveau théorique que science-fictif et on se prend à regretter la taille modeste de l'ouvrage et à rêver à un pavé de 500 pages qui concilierait réflexion théorique et panorama plus général (Hellekson se limite à la SF écrite).

Note GHOR : 2 étoiles

05/05/2009

_Aliens : The anthropology of science fiction_

Aliens : The anthropology of science fiction : George E. SLUSSER & Eric S. RABKIN (éditeurs) : Southern Illinois University Press (série Alternatives) : 1987 : ISBN-10 0-8093-1375-8 : 243 pages (y compris index) : une vingtaine d'Euros pour un HC avec jaquette.

Aliens The anthropology of SF.jpg

Sous une des couvertures les plus laides que l'on ait jamais vues, cet ouvrage est (encore) le recueil des minutes de la J. Llyod Eaton Conférence. Il s'agissait là de la 8ème édition de ce rassemblement d'universitaires, édition qui a eu lieu en 1986.

Les 17 essais qui composent ce volume tournent autour du concept de l'Alien. L'ouvrage est divisé en trois parties :

- "Searchings : The quest for the alien" qui traite du problème général de la représentation de l'alien et en fait une typologie.

- "Sightings : The alien among us" étudie les cas où les aliens sont parmi nous, que cela soit de véritables ETs, des supermen ou qu'ils soient simplement issus d'autres cultures.

- "Soundings ! Man as the alien" est la suite logique de la partie précédente et nous montre l'homme comme l'inconnu, le seul alien qui existe peut-être véritablement.

Les auteurs des essais se divisent encore une fois en les trois catégories usuelles, les auteurs de fiction (ici Niven, Benford, Greenland), les habitués (les deux éditeurs, McConnell) et les "intérimaires". La participation francophone est confiée à Pascal Ducommun (de la Maison d'Ailleurs).

Enemy mine (Tor Double 6).jpg

Avec un sujet aussi vaste que l'Alien (qui est quand même une des figures centrales du genre), et si l'on étend comme ici le concept à l'aliénation sociétale, on aboutit forcément à un traitement plutôt impressionniste du thème.

Cet ouvrage part donc un peu dans tous les sens avec toutefois (c'est suffisamment rare pour être noté) une certaine discipline des intervenants qui basent à peu près tous (sauf McConnell) leur réflexion sur des oeuvres appartenant clairement à la SF. On papillonne donc entre les vrais aliens de Clement ou de Rosny et les aliens plus "culturels" de Neuromancer.

Starlight (Del Rey 1978).jpg

Malgré tout, l'étendue du thème choisi et la multiplicité des approches possibles de l'altérité font que certains essais induisent une sorte d'effet "catalogue" (les sortes d'aliens, la liste des aliens chez Wells, les images du dragon dans la SF US, la typologie des monstres au cinéma...) qui rend la lecture un peu répétitive.

Au final peu de scories (seules certaines tentatives humoristiques tombent à plat en ce qui me concerne) et un moment intéressant à passer pour un ouvrage qui aurait plutôt tendance à ouvrir l'appétit plutôt qu'à rassasier l'amateur.

Note GHOR : 2 étoiles

04/05/2009

_Mindscapes : The geographies of imagined worlds_

Mindscapes : The geographies of imagined worlds : George E. SLUSSER & Eric S. RABKIN (éditeurs) : Souther Illinois UNiversity Press (série Alternatives) : 1989 : ISBN-10 0-8093-1454-1 : 302 pages (y compris index) : une vingtaine d'Euros pour un HC avec jaquette.

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Ce volume fait partie de la série des minutes de la J. Llyod Eaton Conférence, un rassemblement thématique d'universitaires autour de la SF et de la Fantasy qui a lieu aux USA tous les ans. Sont recueillis ici 18 essais (+ 4 addenda) parmi ceux qui ont été présentés lors de la 9ème conférence (en 1987). Le thème était cette année-là les paysages mentaux, chose que l'on peut comprendre de multiples façons, que ce soit comme la cartographie de l'imaginaire au sens strict ou comme la simple géographie fictive.

Les textes présentés sont d'une longueur assez hétérogème (de huit à trente pages) et sont signés des trois catégories d'intervenants habituelles : les auteurs de SF (ici Anderson, Brin et Benford), les spécialistes du genre (Westfahl, Hassler) et les autres universitaires. On notera même la présence française parmi eux de Pascal J. Thomas.

D'une façon encore plus aigüe que d'habitude, il serait vain de chercher un fil conducteur à cet ouvrage (le préface est d'ailleurs assez elliptique sur ce sujet). Cela va d'un recensement des stations spatiales dans le genre (Westfahl qui recycle une étude qui lui a été commandée par la NASA) à une analyse de l'immortalité dans l'oeuvre de Card (Collings) en passant par une réflexion sur les contes pour enfants (Lee) et une lecture serrée de L'île de béton (Lutz).

Espoir-du-cerf (Denoel 1996).jpg

Paradoxalement, c'est un peu ce côté touffu qui fait une partie de l'intérêt de cet ouvrage. Bien sûr il y a les habituels textes dûs à des extérieurs au genre qui enfourchent leurs dadas favoris que ce soient la poésie italienne (en VO) ou Shakespeare (McConnell). Il y a aussi les tentatives alambiquées et vouées à l'échec comme celle de Slusser. Ce dernier tente une analyse de certains livres de SF d'après leur couverture. Outre la curieuse idée de traiter d'un tel sujet sans fournir aucune illustration, le fait qu'il s'agisse de couvertures de Powers, illustrateur célèbre pour ses dessins sans aucun rapport avec le texte (qu'il ne lisait même pas) ou de la même période (voir ci-dessous un des livres évoqués par Slusser) montre le côté futile de la chose.

Driftglass (Signet 1971).jpg

Malgré ces quelques loupés, les textes sont pour la plupart assez intéressants. La variété des approches (L'hypothèse Gaia en SF, les cités futures, l'utilisation des neurosciences dans le genre...) et la qualité des intervenants rendent donc au final l'ouvrage plus agréable à lire que les autres de la même série, et ca malgré l'absence d'unité thématique.

 Note GHOR : 2 étoiles

28/04/2009

_Alien encounters : Anatomy of science fiction_

Alien encounters : Anatomy of science fiction : Mark ROSE : toExcel : 1999 : ISBN-10 1-58348-533-3 : 216 pages (y compris index et notes regroupées en fin de volume): Quelques Euros pour un TP.

Alien encounters.jpg

Tout d'abord, il me paraît important de préciser que cet ouvrage là est en fait une ré-impression (non modifiée) d'un essai publié initialement en 1981 aux presses universitaires de Harvard (il s'agit visiblement d'une photo-reproduction de l'ouvrage original). En effet, la réflexion de Mark Rose, un des théoriciens de la SF de l'époque est fermement ancrée dans les années 70.

Cet essai est basé sur l'idée que le paradigme de base de la SF est l'aliénation, un terme qui se prête bien à diverses interprétations, celle littérale de rencontre de l'autre et celle plus sociétale developpée par Marx ou Freud.

Après un premier chapitre qui, exercice habituel, tente de définir le SF (ici un genre en opposition mutuelle avec le réalisme et la fantasy) et d'en brosser un historique (qui pour Rose ne commence pas à Frankenstein mais plus tardivement en fin du XiXème siècle), l'auteur va développer son paradigme dans le deuxième chapitre ("Paradigm"). Pour l'illustrer, il va ensuite l'appliquer à plusieurs classes d'objets, ce qui donne quatre chapitres qui abordent donc successivement les possibles aliénations par rapport à la nature ("Space"), à l'histoire et aux processus historiques ("Time"), à l'automatisation ("Machine") et par rapport à soi-même ("Monster").

Frankenstein (Marabout 1971).jpg

Globalement la réflexion de Rose n'appelle guère de critiques quand on la replace dans le contexte de la réflexion sur la SF de la fin des années 70, période où elle en est à ses débuts théoriques (Suvin, Wolfe). Les deux premières parties sur la constitution du genre sont d'un fort bon niveau et apportent des idées novatrices sur les processus à l'oeuvre dans la création d'un nouveau genre et son évolution (en trois temps pour Rose). La technique de récupération après-coup de grands anciens (Cyrano, Swift) est particulièrement pertinente.

En ce qui concerne le thèse centrale de Rose (la SF comme littérature de la rencontre avec l'autre), elle est assez classique pour être considéré comme pertinente même si elle conduit l'auteur à des classifications parfois arbitraires. Ceci conduit les derniers chapitres à parfois être plus une liste des variantes d'un même thème qu'une réflexion clairement dirigée.

Ce côté un peu "catalogue" peut paraître artificiel mais il faut reconnaître à Rose une grande varité dans le choix de ses exemples. Toutes les facettes du genre sont convoquées, tant en matière de médias (romans, nouvelles, films) que d'origines géographiques (qui dépasse largement le cadre anglo-saxon) ou d'écoles (du space-opéra d'Hamilton à la new-wave de Zoline).

Planète interdite (RF 1957).jpg

Au final c'est en fait un ouvrage assez court (pas beaucoup de pages ni de lignes par page) qui peut offrir une bonne base de départ pour débuter dans la réflexion sur le genre. Son âge est toutefois à prendre en compte à la fois pour l'originalité de sa démarche mais aussi pour la pertinence de ses démonstrations.

Note GHOR : 2 étoiles

27/04/2009

_Sci-Fi art : A graphic history_

Sci-Fi art : A Graphic history : Steve HOLLAND (et al.) : Collins Design : 2009 : ISBN-13 978-0-06-168489-0 : 192 pages (y compris index) : une vingtaine d'Euros pour un assez gros TP avec rabats (pour la solidité voir plus bas).

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Cet ouvrage se veut un panorama historique des diverses formes d'art SF de ces 150 dernières années sous l'angle graphique. C'est une collaboration entre divers spécialistes sous la direction de Steve Holland, qui est lui un expert de la SF (et de la littérature populaire) britannique (on lui doit l'excellent The mushroom jungle chez Zeon).

The mushroom jungle.jpg

Physiquement l'ouvrage est à mi-chemin entre le coffee-table book et le recueil d'illustrations et adopte un format carré. Il est organisé en six parties principales d'une longueur variable qui abordent chacune un des pans de l'art graphique dans la SF :

- "Foundations of SF art" qui traite des pionniers, ici dans un sens assez large puisque allant du 19ème siècle jusqu'à la fin de la 2GM. Logiquement (faute de matière en terme de livres de SF), cette partie se concentre sur les magazines puis sur les pulps spécialisés.

- "Book covers & magazines" prend le relais et couvre la production d'illustrations SF depuis 1945. Ici la proportion s'inverse puisque le livre devient le support principal des oeuvres.

A hole in space (Orbit 1975).jpg

- "Comic books" passe dans le monde de la bande dessinée (pour nous autres francophones) et aborde l'ensemble de cet univers dans ses déclinaisons "locales" (comics, manga).

- "Concept art" est une partie un peu fourre-tout où se mêlent les dessins astronomiques de Bonestell, les projets de décors pour le cinéma ou la SF télévisuelle.

- "Cinema art" ne s'occupe que de la partie illustration et non pas du cinéma en général, essentiellement par le biais des affiches et des films d'animation.

- "Other media" rassemble, comme son nom l'indique, tout ce qui est illustré et en rapport avec la SF mais ne rentre pas dans les catégories précédentes : boîtes de jeux vidéos, jouets, pochettes de disques...

Chacune de ces parties se subdivise en petits chapitres (souvent sur une double page) qui sont soit consacrées à une partie de l'histoire globale du domaine en fonction des tendances saillantes (les pulps des années 30 & 40), soit à un thème encore plus précis, souvent un artiste (Powers, Foss, Paul, Hardy, Berkey, Freas) ou une oeuvre (Dan Dare,le RPG Final Fantasy).

Astounding 1954-03.jpg

Cet ouvrage remplit parfaitement le rôle qui lui est assigné, à savoir brosser un histoire des représentations graphiques de la SF. Il est servi par une iconographie de qualité qui présente des reproductions de bonne qualité (sur un bon papier) mises en valeur par le choix d'illustrations pleine page et l'usage très limité de vignettes ce qui permet d'apprécier le travail des artistes, y compris pour les planches de BD.

On appéciera la grande maitrîse du sujet par les intervenants (du moins pour les domaines que je connais), puisque le nombre de coquilles ou d'erreurs est minime. De plus, cette histoire est véritablement internationale au sens où elle ne se borne pas aux USA. La partie britannique est developpée et elle fait aussi une large part à des artistes francophones, en particulier dans la BD (on nous parle de Mezières, Robida, Moebius, Topor/Laloux, Druillet).

Sur les terres truquées.jpg

Le seul gros grief que j'ai est de l'ordre de la technique et de la qualité physique du produit. En effet mon exemplaire neuf, pourtant manié avec précaution (lu une seule fois), est en train de déjà partir en lambeaux : la couverture est presque désolidarisée et les cahiers se séparent. Le collage de l'ouvrage est visiblement d'une légèreté impressionnante et incongrue pour un recueil d'illustrations que l'on peut penser destiné à être ouvert à plat afin d'en profiter au mieux. A cela s'ajoute l'utilisation de pages de gardes noir mat du genre de celles qui gardent bien les traces de doigts.

Il est vraiment dommage que la qualité ne soit pas au rendez-vous pour cet ouvrage qui n'est pas vraiment donné. Il reste à espérer que cela n'affecte que mon exemplaire. C'est en tout cas un bonne initiation à l'histoire graphique du genre, très agréable à lire mais qui reste évidemment très schématique compte tenu de la faible quantité de texte.

Note GHOR : 2 étoiles (en ne tenant pas compte de l'auto-destruction de mon exemplaire, 0 étoile sinon)