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23/09/2009

_Decoding gender in science fiction_

Decoding gender in science fiction : Brian ATTEBERY : Routledge : 2002 : ISBN-10 0-415-93950-X : 210 pages (y compris index et bibliographie des oeuvres citées) : coûtait 23 USD pour un TP avec quelques illustrations N&B, existe aussi en HC (85 USD).

Decoding gender in science fiction.jpg

Cet ouvrage fait partie de la longue liste de titres qui se penchent sur la question du traitement des problématiques du genre (masculin/féminin) dans la SF. A la différence de la plupart des ouvrages qui abordent ce sujet, celui-ci est écrit par un homme, Brian Attebery. Celui-ci est un professeur d'anglais, un anthologiste et un familier de la mouvance des "gender studies". Sa thèse est que le genre est plus qu'un simple thème en SF mais qu'il est un des éléments structurants. La SF est vue comme un code (d'où le titre de l'ouvrage qui fait allusion aux anneaux de décodage), qui considère le genre comme un objet similaire, à savoir une création complètement artificielle. 

Etoile double 12 (Denoel 1984).jpg

Pour appuyer son idée, Attebery nous livre en neuf chapitres une sorte d'histoire de la SF revisitée qui commence au Gothique, se poursuit dans les Pulps, passe les années 40-50 avec l'image du superman (Slan) et de la wonderwoman (Jirel), bascule dans les années 60-70 sur l'androgynie (The left hand of darkness, Venus plus X) ou les "single-sex utopias" (où l'une est souvent le cauchemar de l'autre), explore les années 80 en se penchant sur Gwyneth Jones (tiens donc !) et James Morrow et se termine par une réflexion sur les rapports de force tels qu'ils se sont cristallisés lors de la parution de l'anthologie (dont il est un des responsables) The Norton book of SF qui a provoqué une controverse importante à cause de son biais féministe plutôt prononcé (en tout cas statistiquement parlant). L'ouvrage est agrémenté de quelques illustrations en N&B et comporte une bibliographie complète mais qui se limite aux ouvrages mentionnés ainsi qu'un index. 

Jirel de Joiry (JL 1974).jpg

Alors que l'usage veut que les livres abordant cet épineux problème soient plutôt des ouvrages militants qui se positionnent en réaction à une oppression, l'essai d'Atterbery emprunte une voie assez médiane et reste assez mesuré. Sans nier les tonnes de clichés sexistes de la SF (la demoiselle en détresse menacée par un ET, l'idiote à qui l'on doit expliquer les merveilles de l'hyperespace ou la veuve noire prédatrice sexuelle), son choix d'une histoire de la SF permet à l'auteur de montrer aussi l'espace d'expression et d'expérimentation qu'elle représentait pour des auteurs voulant questionner les rôles traditionnellement attribués à chacun des sexes.

Vénus plus X (Lattès 1980).jpg

Même si certaines parties et les couplets sur certains auteurs (on pensera à Le Guin ou à l'inévitable Jones) sont prévisibles, on louera Attebery d'avoir utilisé sa grande connaissance du genre pour sortir de temps en temps de la sainte trinité Russ-Charnas-Piercy en nous parlant de Arnason, Bradley ou Vinge. Il est juste dommage que l'auteur utilise une partie de son dernier chapitre pour défendre sa propre anthologie, une discussion qui aurait plus sa place dans un forum ou une revue critique.

Ring of swords (Tor 1993).jpg

En tout cas, un des meilleurs ouvrages sur ce sujet, une réflexion et une présentation originale qui sort du traitement habituel de ce sujet, à savoir le discours formaté qui est caricaturé par McKnight dans un numéro de la revue de la SFRA : "men bad, women good; science fiction by bad men sexist, science fiction by good women not sexist".

 

Note GHOR : 3 étoiles

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