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23/06/2013

_The sex is out of this world_

The sex is out of this world : Essays on the carnal side of science fiction : Sherry GINN & Michael G. CORNELIUS (editors) : 2012 : McFarland (série Critical explorations in science fiction and fantasy #36) : ISBN-13 978-0-7864-6685-6 : x+249 pages (y compris index et bibliographies par chapitre) : coûte 40 USD pour un TP non illustré, disponible chez l'éditeur (là : http://www.mcfarlandpub.com/book-2.php?id=978-0-7864-6685-6).

anglais,1 étoile

Les rapports entre sexe et science-fiction ont toujours été un sujet de fascination. En effet, pour un genre d'apparence aussi sexué que la SF (on se souviendra de nombre de couvertures suggestives, de séries "sulfureuses" ou d'auteurs choquants), celui-ci se révèle en pratique bien timide et semble traiter la sexualité comme une pulsion plutôt secondaire. C'est donc pour étudier ces relations que Ginn (à qui l'on doit un ouvrage sur Joss Whedon) et Cornelius (un spécialiste de la littérature populaire) ont entrepris (presque trente ans après les ouvrages précurseurs de Palumbo) de réaliser ce recueil d'essais publié chez le prolifique éditeur académique McFarland.

anglais,1 étoile

Après une introduction de Cornelius, l'ouvrage rassemble une grosse douzaine d'essais allant d'une dizaine à une trentaine de pages. Ceux-ci sont rassemblés en deux parties à peu près égales : la première Alien Sex, est consacré à la sexualité avec des "autres" (qu'ils soient extraterrestres, professionnels ou Oedipiens). On y trouvera un essai de portée générale sur la miscégénation, deux essais sur Butler, deux sur des séries télévisées et un sur les nouvelles fantastiques de Primo Levi. La seconde partie aborde la sexualité transformée par la technologie avec des essais sur Ballard, les primates (pensez à La planète des singes), l'homo-érotisme via la science dans les romans pour garçons, deux textes sur H. G. Wells et l'évolution de la paternité. Un essai final de Ginn brosse un portrait général du sujet et est suivi par une conclusion qui est en fait une introduction qui précise le projet du livre. Un index clôture l'ouvrage et l'on notera que les éléments bibliographiques sont donnés à la fin de chaque essai (ainsi que d'ailleurs les notes).

anglais,1 étoile

Un rapide survol de la liste des contributeurs et de leurs "qualifications" en matière de SF, permet tout de suite de comprendre la raison de l'un des défauts majeurs de l'ouvrage. En effet, on s'aperçoit rapidement que la plupart de ceux-ci sont loin d'être des spécialistes, voire de simples connaisseurs, du genre. On trouvera plutôt en effet au sommaire des experts ou enseignants en "media studies" ou "gender studies". Du coup, cela explique probablement la présence de deux essais dont le rapport avec la SF est négligeable comme celui sur Levi, voire carrément nul comme justement celui de l'un des editors, centré sur les romans d'espionnage pour garçons, dont l'inclusion dans ce recueil reste pour moi un mystère (une sorte d'auto publication ?).

anglais,1 étoile

Hormis ces quelques hors sujet, l'ensemble de l'ouvrage est plutôt terne et nécessite (comme c'est de plus en plus le cas avec les ouvrages de référence récents) de beaucoup regarder la télévision et de posséder à fond certains univers comme Star Trek ou ceux de Wheldon (Firefly & Dollhouse), ce qui permet sans doute d'apprécier l'analyse statistique chiffrée de Porter où l'on apprend par exemple que 1.19 fois par épisode de Firefly on est en présence d'une tenue osée (contre 2.00 fois -notez la précision- dans Dollhouse). En fait, on ne sauvera pas grand chose de l'ensemble, si ce ne sont les articles sur Ballard et Wells et la conclusion de Ginn qui montre ce que l'ouvrage aurait pu être : un survol compétent des liens entre SF et sexualité au lieu d'un assemblage sans grand intérêt de textes sur des points de détail ou n'appartenant pas au genre.

anglais,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile

15/06/2013

_Here be dragons_

Here be dragons : Exploring Fantasy maps and settings : Stefan EKMAN : 2013 : Wesleyan University Press : ISBN-13 978-0-8195-7323-0 : viii+284 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 27.95 USD pour un tp disponible chez l'éditeur (là : http://www.wesleyan.edu/wespress/).

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Un des nombreux lieux communs relatifs à la Fantasy est que tout ouvrage appartenant au genre est forcément muni d'une ou plusieurs cartes. C'est en voulant vérifier cette idée reçue que l'auteur, un universitaire américano-suédois et participant régulier à l'IFA, a décidé d'écrire cet ouvrage, et ce d'autant plus que ses recherches préliminaires ont montré que ce sujet n'avait jamais été véritablement abordé en profondeur. Comme ne l'avaient pas été les liens entre les éléments de géographie "physique" (l'environnement, le relief, la végétation ou le climat) et le récit qui sont ici abordés par l'auteur dans ce volume édité par une presse universitaire américaine à qui l'on doit un certains nombre de titres liés au genre (ouvrages de référence ou de fiction).

anglais,fantasy,2 étoiles

Après une assez longue introduction qui précise les contours du projet (y compris une tentative de définition de la Fantasy), la terminologie et la méthodologie employées, l'ouvrage comporte quatre chapitres principaux. Ekman aborde tout d'abord le sujet des cartes dans les livres (romans ou recueils) de Fantasy par le biais d'une étude statistique pointue qui porte sur divers paramètres (présence ou pas d'une carte, type de représentation, symboles utilisés, éléments présents...). Il se concentre ensuite sur la carte de la Terre du Milieu pour en tirer certains enseignements sur la stratégie narrative de Tolkien. Le chapitre suivant est consacré aux frontières et bordures chez divers auteurs (de Gaiman à Pratchett), ainsi qu'au concept de "Polder" (un terme apparu chez Kaveney puis Clute). La division entre nature et culture est ensuite étudiée dans le chapitre suivant. Ceci est accompli qui l'aborde par l'étude de plusieurs villes célèbres du genre : Minas Tirith (Tolkien), Newford (De Lint), New Crobuzon (Miéville) et Ombria (McKillip). Le dernier chapitre se penche sur une des caractéristiques propres aux mondes de Fantasy, à savoir le fait que leur état est souvent directement lié à celui de leur souverain. Il est illustré par des exemples tirés de Tolkien, Jordan et Donaldson. L'ouvrage se termine par une courte conclusion qui plaide pour plus d'études "topofocales" et est complété par divers appendices : la méthodologie exacte et complète utilisée dans le chapitre 2, une bibliographie primaire et secondaire et un index.

anglais,fantasy,3 étoiles

Il faut ici saluer la performance de Ekman, qui, avec cet ouvrage, réussit à intéresser un lecteur comme moi dont la Fantasy n'est pas la principale lecture. Le projet de l'auteur est en effet novateur et mené de façon très compétente et de plus agréable à lire. Le choix de ne traiter qu'un petit nombre d'oeuvres et d'auteurs (le tout étant quand même délibérément dominé par JRRT) a paradoxalement l'effet de renforcer les thèses de l'auteur en permettant un approfondissement qui aurait été impossible s'il s'était dispersé sur l'ensemble des textes composant son échantillon (200 titres sur 4300). Les résultats de son analyse sont à la fois conformes à l'expérience immédiate (par exemple on peut constater que les royaumes maléfiques se ressemblent tous) mais lui permettent, de par l'exploration de leurs légères différences, d'en tirer des constations originales et étayées.

anglais,fantasy,3 étoiles

La publication de cet ouvrage peut aussi être vue comme une frémissement manifestant l'émergence d'un discours théorique propre à la Fantasy et non, comme actuellement, un dérivé ou un sous-produit de celui développé pour la Science Fiction. Du coup, l'auteur "bute" un peu sur le manque d'outils spécifiques à la Fantasy, y compris au niveau du vocabulaire de base. Ceci peut expliquer les emprunts (que je trouve un peu envahissants) de termes inventés par Clute et ses acolytes dans leur Encyclopedia of Fantasy (voir : http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/11/18/the-encyclo...), une terminologie que l'on peut estimer ne pas être encore complètement stabilisée même si elle est parfois reprise (par exemple par Mendelsohn). En tout cas, ce livre est une réussite (même s'il on aurait aimé avoir plus d'exemples de cartes) dont la démarche topofocale pourrait aisément être aussi appliquée à la SF (après tout, il y a parfois des cartes dans les ouvrages du genre).

anglais,fantasy,3 étoiles

Note GHOR : 3 étoiles

09/06/2013

_Robert Silverberg's many trapdoors_

Robert Silverberg's many trapdoors : Critical essays on his science fiction : Charles L. ELKINS & Martin Harry GREENBERG (editors) : Greenwood Press (série "Contributions to the study of SF & F" #53) : 1992 : ISBN-10 0-313-26308-6 : x+156 pages (y compris bibliographies et index) : coûtait 50 USD pour un hc sans jaquette, peu facile à trouver.

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Robert Silverberg est sûrement l'un des auteurs de SF les plus emblématiques. Le déroulement de sa carrière qui l'a mené d'obscur tâcheron capable d'écrire des millions de mots par an à grand maître du genre et valeur commerciale assurée en passant par une période expérimentale et un renoncement à l'écriture (d'ailleurs rapidement oublié), fait de l'auteur un sujet riche et fascinant pour tout universitaire ou théoricien du genre. C'est donc logiquement dans la longue série de titres de Greenwood Press qu'est paru ce recueil d'essais. On notera d'ailleurs que Silverberg a même été le sujet d'un deuxième ouvrage de la même série (le plus tardif The road to castle mount édité par Chapman).

anglais,silverberg,2 étoiles

Cet ouvrage est donc un recueil d'essais originaux (seuls quelques fragments de deux des articles semblent avoir été précédemment publiés), rassemblés par Elkins (de la revue SFS) et Greenberg (plus connu comme anthologiste). Après une courte préface, il se poursuit par une assez longue introduction de Clareson. Suivent ensuite les essais proprement dits : Letson qui récapitule longuement la carrière de l'auteur jusqu'aux début des années 90; Chapman sur Dying inside et la déflation du mythe du surhomme; Francavilla sur les chutes des textes courts de l'auteur; Flodstrom sur l'identité individuelle dans divers romans; Dietz sur The world inside comme dystopie ambiguë; Reilly sur la transcendance et enfin Manlove avec une comparaison entre Tom O'Bedlam de Silverberg et The postman de Brin. Une copieuse bibliographie primaire et surtout secondaire et un index clôturent l'ouvrage.

anglais,silverberg,2 étoiles

Logiquement, au vu de la liste des contributeurs (des habitués de l'exercice souvent fins connaisseurs du genre), l'ensemble proposé est d'une grande qualité. On appréciera par exemple l'article de Letson qui pose un certain nombre de questions pertinentes sur la légende de l'écrivain Silverberg et ses multiples renaissances et transformations, une légende largement auto-écrite et qui, à force d'être répétée, en devient un lieu commun unanimement accepté. Le choix de certains essayistes de concentrer leurs analyses sur des textes plus "mineurs" comme Tom O'Bedlam ou The world inside est aussi un plus certain qui nous permet d'échapper à la n-ème étude des quelques romans des années 70 considérés comme "majeurs" (même si l'on n'échappe pas à un essai sur le quasi-mainstream Dying inside).

anglais,silverberg,2 étoiles

Le seul reproche que l'on peut faire à cet ouvrage est qu'une partie des essais semblent trop courts par rapport aux possibilités offertes par le sujet. Par exemple et pour revenir sur Letson, son évocation du parcours de l'auteur et du finalement peu de changement littéraire de celui-ci aurait gagné en punch et en originalité en étant encore plus approfondie. D'une façon générale, on pourra quand même trouver que l'ouvrage est bien court (une fois ôtés les annexes, les notes et les pages blanches, il doit rester à peine une petite centaine de pages de texte) surtout quand on rapporte la quantité de matériau (faible) au prix (fort). C'est d'autant plus flagrant quand on compare cet ouvrage avec le titre consacré à l'auteur chez Starmont (voir : http://ghor.hautetfort.com/archive/2008/12/04/robert-silv...). Au final, de la belle ouvrage mais qui fait payer assez cher un ensemble trop court.

anglais,silverberg,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles