12/02/2013
_Solar flares : Science fiction in the 1970s_
Solar flares : Science fiction in the 1970s : Andrew M. BUTLER : 2012 : Liverpool University Press (#43 dans la série "Liverpool Science Fiction Texts and Studies") : ISBN-13 978-1-84631-834-4 : x+302 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 70 GBP pour un HC non illustré avec jaquette, disponible chez l'éditeur (là : http://www.liverpooluniversitypress.co.uk/index.php?optio...), sera sans doute repris ultérieurement au format TP plus abordable.

En ce qui concerne le genre, son histoire et son évolution, les années 70 apparaissent généralement comme une période "blanche". Schématiquement, cette décennie est en effet située entre le bouillonnement de la New Wave (milieu des années 60) et l'apparition du Cyberpunk (début des années 80). Par contraste avec ces deux phases d'activité, elles ont l'image d'une période où rien de bien important ne s'est passé, voire même d'une relative régression avec un retour aux fondamentaux de la part de la vieille garde. C'est cette idée (reçue ?) qu'Andrew M. BUTLER (auteur de nombreux ouvrages de référence, rédacteur en chef de plusieurs revues d'études et grand connaisseur de la scène SF britannique) a choisi d'étudier plus avant dans cet ouvrage qui fait partie de l'importante collection d'études publiée par l'université de Liverpool (qui accueille d'ailleurs les collections de la SFF).

Après un prologue qui évoque le traitement de cette décennie dans les principaux ouvrages de référence, le livre est constitué de seize chapitres de taille variable (entre dix et vingt pages). Chaque chapitre va dérouler un thème ou une facette du genre dans l'ordre chronologique. Par exemple, Butler va donc traiter de sujets comme la vieille garde, la montée en puissance de la Fantasy, l'écologie, le féminisme ou l'influence de la guerre du Vietnam sur la SF. Chaque partie évoque un certain nombre d'oeuvres, majoritairement des romans, mais aussi pouvant appartenir à d'autres modes d'expression (pas mal de films, de séries télévisées britanniques mais aussi des oeuvres musicales). Le tout s'appuie sur les oeuvres elles-mêmes mais aussi sur leur réception par le milieu de la SF. Un très bref épilogue conclut l'ouvrage qui propose ensuite une copieuse bibliographie et un index.

Bien que je sois généralement amateur des travaux de Butler et admiratif devant ses connaissances encyclopédiques, je dois avouer avoir été assez déçu par cet opus. Le fait que l'ensemble soit tronçonné en une succession d'essais sur des thèmes relativement étroits donne paradoxalement l'impression que, malgré le fait que Butler tente de le nier, il ne s'est rien passé de notable dans l'histoire du genre durant les années 70. A aucun moment, l'ouvrage n'arrive à donner de perspective globale de l'évolution de la SF sur la période, donnant plutôt l'impression d'un collage de mouvements et tendances disparates, avec des développements "en cheminée" plutôt qu'une marche d'ensemble. L'absence d'une vraie partie synthétisant les apports des divers chapitres se fait alors cruellement sentir, son rôle étant difficilement tenu par les trois (!) pages de l'épilogue (dont une est de plus uniquement consacrée à "l'affaire Lem").

Outre ce manque de prise de hauteur, ce livre est parfois rendu pénible à lire en raison d'un certain nombre de choix structurels. Tout d'abord, l'option d'un traitement chronologique pour chaque partie (il y en a donc seize en tout) force le lecteur à "revenir" à chaque fois en 1970 au début de chaque chapitre et à parcourir seize fois la même séquence historique. Personnellement, je trouve aussi que le choix de Butler de ne pas utiliser de notes de bas de page (ou en fin de chapitre/de livre) alourdit inutilement la lecture par la présence dans le corps du texte de fréquents éléments bibliographiques (et encore sont-ils réduits à l'essentiel à ce niveau). Je pense aussi qu'une partie des éléments de contexte historique fournis (Butler nous raconte le Watergate ou la guerre du Vietnam) aurait gagnée à être omise et remplacée par (par exemple), une analyse de l'évolution et de l'influence des magazines de SF sur la décennie, un point qui est complètement éclipsé. Finalement, c'est aussi un ouvrage qui est logiquement très britannique dans sa perception du genre (voir les évocations de séries TV quasiment inconnues), alors que la renaissance de la SF GB se situe véritablement dans son futur. Ceci laisse donc à penser que l'analyse définitive de la période reste encore à écrire.

Note GHOR : 1 étoile
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05/11/2012
_Glorificemus : A Study of the Fiction of Walter M.Miller, Jr._
Glorificemus : A Study of the Fiction of Walter M.Miller, Jr. : Rose SECREST : 2002 : University Press of America : ISBN-10 0-7618-2257-7 : ix+143 pages (y compris appendices) : coûtait 48USD pour un petit HC non illustré et sans jaquette.

Ecrit par une membre de la N3F (National Fantasy Fan Federation, une des plus importantes associations d'amateurs du genre) et publié par un éditeur spécialisé dans les ouvrages universitaires ou à destination des étudiants, cet ouvrage est une étude fouillée des textes de fiction de l'auteur américain Walter M. Miller Jr. On ne présente plus ce dernier, un auteur relativement prolifique sur format court mais dont le souvenir au sein de la mémoire collective du genre repose essentiellement sur un seul texte, le fix-up et vainqueur du Hugo A Canticle for Leibowitz (même s'il a aussi précédemment obtenu un Hugo pour The Darfsteller) qui est devenu un classique du genre étudié dans le cursus scolaire. L'auteur est aussi une des figures tragiques du genre, un vétéran marqué par ses missions de bombardement, un homme qui malgré sa conversion au catholicisme s'est suicidé peu après le décès de son épouse.

Après une courte préface, le livre commence par un première partie d'une trentaine de pages qui n'est étonnamment pas nommée (ou alors qui s'appelle "Harmonization"). Faute de mieux, on peut dire qu'elle est constitué d'une série de micro-essais (au plus deux pages) sur divers aspects "techniques" des écrits de l'auteur : intrigue, personnages, humour, style, vocabulaire... Suit une partie appelée "Thèmes" (environ 80 pages) qui va parcourir à l'aide du même genre d'entrées les principales constantes thématiques de l'oeuvre de Miller : conscience, lumière, technologie, douleur... De nombreux appendices clôturent l'ouvrage : 1) une étude sur les différences entre les nouvelles et le fix-up, 2) les résumés des nouvelles de Miller, 3) une chronologie de la série Leibowitz, 4) un carte des USA dans cette série, 5) un glossaire des mots d'origine étrangère, 6) une bibliographie de Miller, 7) la localisation des nouvelles de l'auteur dans certaines anthologies et 8) un index.

La première question que l'on peut se poser face à ce livre est de se demander comment un éditeur universitaire a bien pu accepter de publier un tel ouvrage. Comme le dit si bien l'auteur dans sa préface, "The design of this book probably has no precedents" et c'est parfaitement exact. On ne rencontre en effet que rarement un tel galimatias d'idées, de réflexions, de données parcellaires, d'évidences (le taux d'humidité est faible dans le désert), d'interprétations plus ou moins mystiques et de suppositions non étayées. En fait les deux premières parties ne ressemblent à rien si ce n'est une sorte d'Encyclopédia Leibowitzia sans plan d'ensemble ni réflexion soutenue, l'entreprise d'une amatrice passionnée mais sans méthode.

La seule partie à sauver de ce naufrage est la dernière qui, de part son côté plus factuel, souffre un peu moins de cet aspect embrouillé qui caractérise le reste du livre. Les résumés des autres textes peuvent être intéressants (même s'ils sont très courts - quelques lignes), le glossaire et l'étude sur le procédé de constitution du fix-up auraient gagnés à être approfondis car ils sont au moins originaux. La partie bibliographique est par contre à jeter directement tant elle est pauvre. Au final, il est dommage de constater que ce n'est probablement pas dans le seul livre consacré uniquement à Miller que se trouvent les meilleures analyses de son oeuvre (pour ce faire on préfèrera les livres traitant de la SF post-apocalyptique).

Note GHOR : 1 étoile
07:46 | 07:46 | Etudes mono-auteur | Etudes mono-auteur | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : anglais, walter m. miller, 1 étoile | Tags : anglais, walter m. miller, 1 étoile
06/10/2012
_Science Fiction : The 101 Best Novels_
Science Fiction : The 101 Best Novels : 1985-2010 : Damien BRODERICK & Paul Di FILIPPO : 2012 : Nonstop Press : ISBN-13 978-1-933065-39-7 : 288 pages (pas d'index ni de bibliographie) : coûte 15USD pour un tp, sans doute disponible chez l'éditeur (http://nonstop-press.com/).

Comme l'indique bien l'auteur de la préface, David Pringle, cet ouvrage est une sorte de successeur à son Science Fiction The 100 Best Novels qui est paru au milieu des années 80. Il en reprend donc logiquement le principe de base à savoir une sélection d'une centaine de livres (101 dans celui là) considérés comme les meilleurs de la période concernée. Ici Broderick (un universitaire et auteur australien) et Di Filippo (un écrivain américain) ont choisi de traiter les 25 dernières années de l'évolution du genre, en notant que ce survol se limite aux textes parus en langue anglaise (et dans la pratique presque exclusivement aux auteurs anglo-saxons).

La structure du livre est très simple puisque, après une préface de Pringle et une introduction des auteurs, on va trouver 101 chapitres consacrés chacun à un des 101 titres (ou à une série dans certains cas) sélectionnés. L'ensemble est classé par ordre chronologique, commençant par The Handmaid's Tale d'Atwood et se terminant par The Quantum Thief de Rajaniemi. Chaque entrée fait entre deux et au plus trois pages et est illustré par une reproduction en N&B de la couverture d'une édition (d'ailleurs parfois autre que la VO ou la première édition) du livre étudié. La structure des chapitres est assez variable et mêle résumé de l'intrigue, avis critique (positif puisqu'il s'agit des 101 meilleurs livres) et informations sur la carrière de l'auteur et s'appuie parfois sur des citations extraites des ouvrages concernés. On notera que les critiques ne sont pas signées (pour cause d'écriture à deux mains) et que l'ouvrage n'offre pas d'index et omet même les informations bibliographiques élémentaires pour chaque titre.

La première réaction face à un ouvrage de ce type est bien sûr de se pencher sur les choix des auteurs pour les critiquer ou au moins les comparer à ceux que l'on aurait pu faire soi-même. Tout d'abord, on constatera que les choix de Broderick & Di Filippo incluent les "classiques" de la période (si tant est que le terme de classique puisse être appliqué à des oeuvres de moins de 25 ans). On trouvera donc du Card, du Egan, du Wilson, du KSR, du Vinge, etc. On rencontrera aussi des oeuvres (The Cassini Division, Jumper, Aristoi) ou des auteurs (Adam Roberts, Linda Nagata, Howard Hendrix) plus méconnus que l'on voit assez rarement mis en lumière. Plus problématique est l'inclusion de titres comme Temeraire, The House of Storms ou Blood dans un ouvrage consacré à la SF, ce qui nous vaut un certain nombre de pirouettes intéressantes de la part des auteurs pour en justifier la présence.

Mais en fait la chose la plus frappante est la présence d'un nombre important de livres issus de l'extérieur du genre. C'est le bal des cautions littéraires en commençant par Atwood et en égrenant la liste usuelle : Vonnegut, Powers, Ballard, Niffenegger, Roth, Ishiguro, Cormac McCarthy, Chabon. Indépendamment des indéniables qualités littéraires des ouvrages de ces auteurs, ce qui ressort de façon flagrante du fait de ce mode de présentation (sous forme de résumé de l'intrigue) est le manque total d'originalité science-fictive dont font preuve leurs auteurs. Le fait que ces ouvrages sont basés sur des idées qui sont maintenant des clichés éculés (dictature religieuse, uchronie nazie, post-apo, prélèvement d'organes, romance trans-temporelle) semble d'ailleurs parfois mettre Broderick & Di Filippo dans une position assez délicate.

Au final, je dois avouer avoir été plutôt déçu par cet ouvrage. Tout d'abord par sa sélection qui, malgré des choses sympathiques et originales, semble manquer d'une certaine "vision" précise du genre et essaie de contenter tout le monde; mais aussi par le contenu même des entrées qui n'a jamais vraiment réussi à m'accrocher. Ce point étant strictement personnel, il est possible qu'un autre lecteur trouve plus d'intérêt que moi à cet ouvrage à l'érudition évidente.

Note GHOR : 1 étoile
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30/07/2012
_Science Fiction A very short introduction_
Science Fiction : A very short introduction : David SEED : 2011 : Oxford University Press (série "Very short introductions" #271) : ISBN-13 978-0-19-955745-5 : 147 pages (y compris index) : coûte 8 GBP pour un petit poche contenant une dizaine d'illustrations N&B.

Faisant partie d'une longue série de titres d'un principe similaire à celui de nos francophones "Que sais-je", ce petit ouvrage a pour vocation de présenter le genre (surtout sur son pan littéraire) dans ses grandes lignes à un public de néophytes. Il a été écrit par David Seed, un professeur de littérature américaine dans une université britannique. C'est un personnage qui n'est pas un inconnu dans le domaine des ouvrages sur la SF puisqu'on lui doit divers articles et au moins deux volumes, l'un sur la guerre froide en SF (American science fiction and the cold war, voir : http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/05/13/american-sc...) et l'autre la compilation du massif A companion to Science Fiction (là : http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/03/19/a-companion...).

L'approche choisie par Seed s'appuie sur les principales thématiques du genre, ces thématiques étant souvent reliées à des icônes précises (comme l'ont montré les travaux de Wolfe sur ce sujet). Après une courte introduction, l'auteur aborde donc successivement les voyages dans l'espace, les rencontres avec l'autre, la technologie, les utopies et dystopies et les fictions autour du temps. Un dernier chapitre va passer en revue un certain nombre de sujets propres à la SF (intertextualité, fandom, magazines, critique...). Une liste de lectures théoriques et un index clôturent ce court ouvrage qui est agrémenté d'une quinzaine d'illustrations grand format en N&B (surtout relatives à des films).

Si la connaissance du genre par Seed est difficile à mettre en défaut, l'impression qui ressort de la lecture de cet ouvrage est celle d'un problème de structure. En effet, le découpage en thèmes tel qu'il est annoncé par l'auteur présente une certaine logique classique et correspond à une approche relativement claire. Le souci est que Seed, sans doute à cause de la richesse d'un genre à couvrir en une grosse centaine de pages, en arrive à mêler tout et n'importe quoi au sein de parties pourtant clairement libellées. On trouve ainsi toute la New Wave dans le voyage spatial ou les réalités truquées de PKD avec les utopies.

A ce "fouillis" thématique s'ajoutent des ruptures de rythme assez pénalisantes pour la facilité de lecture. En effet, il arrive parfois à Seed de s'arrêter dans son exposé thématique pour nous détailler l'intrigue complète de Childhood's end ou de 2001. Dans un ouvrage aussi synthétique ces pages entières consacrées à raconter un film font un peu délayage. On pourrait aussi évoquer une présence de la proto-SF (Wells et Verne mais aussi De Bergerac ou Mercier) dont l'importance dans ce guide me paraît disproportionnée avec leur impact sur l'état actuel de la SF, s'agissant de textes que quasiment aucun acteur du genre n'a lu et ne lira. Celle logique de pedigree (et aussi de légitimation grâce ici à la convocation de Atwood, Burroughs, Lessing et al.) me paraît toujours artificielle et hypocrite. Malgré toutes ces critiques, il me faut préciser que cet ouvrage remplit de façon tout à fait convenable son rôle de présentation du genre (en apportant même quelques références originales) même si son organisation ou certains de ses choix de légitimation me laissent sceptique.

Note GHOR : 1 étoile
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07/07/2012
_Le petit guide à trimbaler de Philip K. Dick_
Le petit guide à trimbaler de Philip K. Dick : Etienne BARILLIER : Les 3 souhaits - Editions ACTU-SF : 2012 : ISBN-13 978-2-917689-37-0 : 183 pages : 6 Euros chez l'éditeur (http://www.editions-actusf.fr/) pour un petit poche format carré non illustré.

Cet ouvrage au format si particulier est le dernier opus dans la série des guides de poche publiés par les éditions ActuSF, après ceux sur la SF (anglo-saxonne et française), la Fantasy et la Bit-Lit. Vu la réputation quasiment "culte" que possède cet auteur auprès du lectorat français et compte tenu de certains projets éditoriaux en cours, il n'est guère étonnant que PKD soit le premier écrivain à être traité en détail dans cette série. Ce volume s'ajoute donc à la copieuse (toutes proportions gardées) liste de titres en VF consacré à Dick. Son positionnement est par contre différent de la plupart des autres études sur PKD en ce sens qu'il se veut comme un "simple" guide permettant au néophyte de choisir dans la production parfois inégale de l'auteur.

L'ouvrage est divisé en 8 chapitres de taille très variable. Le premier (une dizaine de pages) est une préface qui se présente sous la forme originale de dix questions sur PKD. Il est suivi par la partie la plus importante (presque la moitié du texte) qui est consacrée aux livres (comprendre les romans) de l'auteur. Elle est classée par ordre chronologique et est découpée en époques (des premières années à l'Exégèse). Chaque titre est présenté d'une façon standard avec éléments bibliographiques, synopsis et commentaires, le tout sur une ou deux pages. Le chapitre 3 est une biographie de l'auteur et le 4 traite des adaptations, de fait surtout cinématographiques. Suit une partie sur les influences Dickiennes dans divers médias, un chapitre de deux pages sur jeux vidéo, un autre sur les études existantes sur PKD (incluant des sites web). Les nouvelles sont l'objet du dernier et court (5 pages) chapitre qui est suivi par une sélection de romans, une conclusion lapidaire et un index des titres.

Au risque de paraître m'acharner sur cette maison d'édition, je dois avouer n'avoir guère goûté ce titre. Tout d'abord, on va retrouver dans cet ouvrage un certain nombre de "tics" propres à la bibliographie Dickienne, citons pêle-mêle la mention systématique des titres de travail, celle des dates d'écriture et surtout l'habitude de discuter assez longuement (et vainement) d'oeuvres aujourd'hui disparues que l'on ne connaît que par quelques lignes à leur sujet dans des courriers professionnels, ou de films purement virtuels. Ensuite, l'ensemble de l'entreprise (un guide sur PKD) et son timing semblent assez connectés avec la (re)mise sur le marché des oeuvres de PKD par J'ai Lu. On notera que cet éditeur, d'ailleurs souvent cité en exemple (cf. la préface), s'est justement offert deux pages de publicité dans l'ouvrage. Une synchronicité qui ressemble assez à une sorte de joint-venture.

Mais le point le plus gênant est que cet ouvrage, en tout cas dans son deuxième chapitre, ressemble BEAUCOUP au petit opus consacré à PKD par Andrew M. Butler en 2007 (chez Pocket Essentials, voir là : http://ghor.hautetfort.com/archive/2010/06/18/philip-k-di...). On va non seulement retrouver chez Barillier une présentation des romans qui est visiblement décalquée sur celle de Butler (avec les mêmes informations présentées dans le même ordre), mais aussi retrouver des parties de texte qui sont de simples traductions du travail de Butler. Par exemple dans le cas de The Broken Bubble/La bulle cassée, après des éléments bibliographiques strictement identiques (sauf que Butler donne le jour précis de la fin d'écriture) on va trouver le texte suivant en VO : "Story: July 1956, San Francisco. Jim Briskin is suspended from his radio programme for refusing to read an advert over the air. He meets Art and Rachel Emmanual, a teenaged married couple..." et dans la VF "Synopsis: Juillet 1956, San Francisco. L'animateur de radio Jim Briskin est mis à pied parce qu'il a refusé de lire à l'antenne une publicité ridicule. Il rencontre peu après un très jeune couple, Art et Rachel Emmanual...". Il est certes logique que le synopsis d'un même roman présente des similitudes (après tout c'est le résumé de la même histoire), mais à ce point c'est assez étrange. D'autant plus que ces ressemblances de structure, de tournures de phrases ou de discours sont récurrentes dans tout le deuxième chapitre. Du coup quand Barillier évoque l'ouvrage de Butler par : "Un petit précis dans le même esprit que celui que vous tenez entre vos mains !", un esprit chagrin pourrait penser que ces deux ouvrages ne partagent pas seulement le même esprit. Ces affections bibliographiques, ce mercantilisme et ces emprunts sont au final dommageables à un ouvrage plutôt sympathique et dont certaines parties (on pensera à la biographie, claire et allant à l'essentiel pour aborder l'auteur ou au chapitre sur les adaptations de PKD) sont parfaitement maîtrisées et adaptées à leur but d'initiation à l'univers de Dick.

Note GHOR : 1 étoile
11:53 | 11:53 | Etudes mono-auteur | Etudes mono-auteur | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : philip k. dick, français, 1 étoile | Tags : philip k. dick, français, 1 étoile

