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28/04/2010

_Master of Middle-Earth : The achievement of J. R. R. Tolkien_

Master of Middle-Earth : The achievement of J. R. R. Tolkien : Paul KOCHER : 1974 (pour cette édition) : Penguin : ISBN-10 0-1400-3877-9 : 222 pages (y compris index) : coûtait 0.40 GBP pour un poche non illustré qui se trouve d'occase assez aisément.

Master of middle-earth.jpg

Cet ouvrage est une étude globale sur l'univers de la Terre du Milieu, la création majeure de JRR Tolkien qui est l'un des mondes de la Fantasy les plus connus (si ce n'est le plus connu). Ecrit par un professeur britannique, ce livre a été initialement publié en 1972 chez Houghton Mufflin aux USA avant de traverser l'Atlantique pour être repris en 1973 par Thames & Hudson (dans les deux cas en HC) et finalement sorti en poche par Penguin en 1974. A noter qu'il semble bien qu'une VF de ce titre soit parue en 1981 chez Retz sous le titre de Les Clés de l’oeuvre de J.R.R. Tolkien, une version peu référencée dans les sites français.

Le seigneur des anneaux T1 (LDP 1979).jpg

Cette étude est divisée en sept chapitres assez peu homogènes en taille (de moins de quinze à plus de cinquante pages). Ils abordent la plupart des grandes thématiques éternelles qui intéressaient l'auteur (le Mal, l'Ordre Cosmique) ainsi que les créations propres à Tolkien (les Hobbits, les Peuples Libres, Aragorn) en mettant en liaison les divers textes composant les écrits sur le sujet. Le support principal de la réflexion de Kocher est bien sûr Le seigneur des anneaux, mais il utilise aussi des nouvelles moins connues comme Leaf by niggles ou Farmer Giles of Ham, qui sont traitées dans un chapitre qui leur est dédié. Un index clôture l'ouvrage.

Le seigneur des anneaux T2 (LDP 1979).jpg

Pour un lecteur comme moi, qui ne connaît que les fondamentaux de cet univers (essentiellement la trilogie, et en VF), cet ouvrage semble suffisamment fouillé pour être crédible. Il est clair que Kocher, écrivant dans les années 60-70, n'a normalement pas pu prendre en compte la masse de documents que l'usine Tolkien a produit autour du monde de la Terre du Milieu et que les héritiers exhument avec une régularité remarquable et un sens commercial qui semble très sûr même si, vu de l'extérieur, leur signification profonde et leur intérêt peuvent sembler anecdotiques.

Le seigneur des anneaux T3 (LDP 1979).jpg

N'étant donc pas un passionné de Fantasy ni un expert es-Tolkien, je n'ai donc que moyennent accroché à cet ouvrage, plus par ma faute que par celle de Kocher qui a, de par sa prose et son érudition, réussi à me faire finir son livre en y prenant un certain plaisir. En ce qui me concerne, c'est une bonne introduction à cet univers minutieusement bâti et à l'influence énorme sur la Fantasy.

Bilbo le hobbit (JL 1977).jpg

Note GHOR : 1 étoile

19/04/2010

_Lost in space : Geographies of science fiction_

Lost in space : Geographies of science fiction : Rob KITCHIN & James KNEALE (editors) : 2002 : Continuum : ISBN-10 0-8264-5731-2 : xii+211 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait 30 USD pour un TP avec quelques illustrations, existe aussi en HC (-5730-4).

Lost in space (Kneale).jpg

Cet ouvrage est un recueil d'essais placé sous le double patronage de la Géographie et de la Science-Fiction. Son pitch est que la SF ouvre un nouvel espace qui rend le réel malléable (et dont le cyberspace est l'exemple type), un espace qu'il est donc possible de cartographier. Qui dit cartographie dit géographes et c'est sûrement cela qui explique que la quasi-totalité des textes soient écrits par des professeurs (on est étonné par la diversité des titres) ou des thésards anglo-saxons de ce domaine universitaire.

The diamond age (Bantam 1996).jpg

Après une préface de Michael Marshall Smith, ce recueil rassemble douze essais de taille variable (entre dix et vingt pages) dont une partie sont écrits à quatre mains. Ils abordent une grande variété de sujets (les uchronies, l'espace urbain, la nourriture et les OGM) en se focalisant sur un auteur précis (Ballard, Stephenson), une oeuvre (The diamond age, la trilogie Mars, He, she and it, Frankenstein) ou un domaine précis (le cinéma de SF, le cinéma de SF d'horreur). Une certain nombre d'illustration N&B (essentiellement des cartes) agrémentent le livre. Une copieuse bibliographie (dix pages) ainsi qu'un index sont fournis à la fin de l'ouvrage.

Mars la rouge (PC 1997).jpg

Je dois avouer que c'est un livre dont je n'ai gardé strictement aucun souvenir. Après une rapide re-lecture, je suis en mesure de comprendre pourquoi. Il y a tout d'abord le fait que l'immense majorité des intervenants est loin d'être constituée par des spécialistes de la SF, ce qui produit un effet assez fréquent dans cette configuration, à savoir que chacune des contributions n'est pas "centrée" sur la genre mais dérive très rapidement vers les domaines de compétence ou d'intérêt des auteurs, ce qui nous vaut par exemple de longues digressions sur les débuts du cinématographe sur le plan technique. Ce n'est, dans l'absolu, pas inintéressant mais est simplement "hors sujet", une erreur que ces professeurs doivent pourtant rencontrer à longueur de copies.

Billenium (Marabout 1970).jpg

Dans ces conditions, l'ensemble du livre donne une impression de fourre-tout généralisé qui mêle tout ce qui peut être rattaché à la SF d'une façon plus ou moins lâche. Il n'y a d'ailleurs pas grand lien avec la géographie dans certains essais comme le montre la présence d'un texte sur les OGM ou d'une lecture féministe du roman de Piercy (et en plus c'est d'une originalité folle). Cette absence complète d'unité peut amener à se poser la question du pourquoi d'un tel livre dont le foisonnement et l'impression d'amateurisme qu'il dégage ont tendance à masquer les textes les plus pertinents, ce qui est dommage.

Frankenstein (Marabout 1971).jpg

Note GHOR : 1 étoile

13/04/2010

_Une lecture de la science-fiction_

Une lecture de la science-fiction : Automne 1977 : Revue Opus International #64 : pas d'ISBN (titre presse) : 96 pages : coûtait 20 F pour une revue cartonnée copieusement illustrée (en N&B seulement pour la partie SF) qui a longtemps été disponible neuve chez les soldeurs.

Opus 64.jpg

Cet ouvrage est donc un numéro "Spécial SF" d'une revue (Opus International) d'art basée à Paris et liée aux éditions Georges Fall. Périodiquement, des revues de divers domaines (mais souvent artistique) décident de consacrer un de leurs numéros à la SF. On se rappellera des tentatives des revues Europe (tendance littéraire), Phosphore (pour lycéens) ou Revue de la BNF (comme son nom l'indique). D'une façon similaire à ce numéro, il est à noter que dans ces cas de figure, la partie SF est souvent minoritaire et s'apparente plus à un gros dossier.

Phosphore 6.jpg

La section consacrée à la SF dans cette revue comporte une dizaine d'article et remplit une quarantaine de pages. On y trouve la plupart des plumes françaises qui comptaient, chacune dans leur domaine de prédilection : Eizykman sur la BD, Louit sur le cinéma, Lecomte sur les femmes dans le genre, Guiot sur la politique, Klein sur la SF US (une synthèse de son fameux article Malaise dans la science-fiction), Goy sur les rapports entre science et SF, Goimard sur la SF soviétique, Curval sur les structures romanesques, Lemaire sur William Burroughs. A cela s'ajoute une courte interview de Ballard. L'ensemble est illustré par des couvertures (Fiction, Galaxie), des planches de BD ou des photographies de films (pour les articles qui leur sont dédiés) et des illustrations intérieures repiquées chez Sadoul (Hier l'an 2000) ou Aldiss (Graphismes SF).

Hier l'an 2000.jpg

Malgré la qualité indéniable des intervenants (c'est le dessus du panier du petit monde de la SF de l'époque), je ne suis jamais vraiment séduit ni surtout convaincu par ce type d'exercice imposé qui vise à présenter la SF à un public néophyte en quelques articles joliment illustrés. C'est à la fois forcément beaucoup trop schématique (comme Lecomte expédiant l'histoire de la participation féminine au genre en une dizaine de lignes) et surtout empreint d'une certaine attitude "honteuse" de la part de pratiquants du genre ("Regardez ce que l'on aime, c'est un peu débile ou infantile, mais cela nous plaît quand même."). Au lieu de textes militants, on a souvent une sorte d'auto ironie (Goy assassinant La tour de verre de Silverberg sous l'angle scientifique -le tout sans avoir vérifié la VO-) ou une sorte d'obligation de ressortir tous les clichés existant sur le genre (comme cette imagerie sexuelle évoquée à longueur de légendes à propos des illustrations).

La tour de verre (OPTA 1972).jpg

Une telle attitude ne peut juste que renforcer les clichés véhiculés sur la SF. Non pas que cela ait une quelconque importance (la réputation du genre étant AMHA simplement irrécupérable, ce qui n'est d'ailleurs pas pour me déplaire) mais c'est juste une perte de temps et d'énergie, choses qui auraient pu être mieux utilisées ailleurs. Par exemple pour nettoyer le texte des nombreuses coquilles qui restent (M. Freas, Flat Land, Zeena Hendeson, Margareth St Clair) ou vérifier un peu ce que l'on écrit (comme le fait de dater de 1959 une illustration où s'affiche en toutes lettres un superbe Oct. 1939). Au final un dossier sans originalité, trop léger pour l'amateur et juste bon à conforter les préjugés sur le genre malgré quelques maladroites tentatives de récupération (Borges, Burroughs, Ballard).

Flatland (Denoel 1968).jpg

Note GHOR : 1 étoile

12/04/2010

_Learning from other worlds : Estrangement, cognition, and the politics of science fiction and utopia_

Learning from other worlds : Estrangement, cognition, and the politics of science fiction and utopia : Patrick PARRINDER (editor) : 2000 : Liverpool University Press (collection "Liverpool science fiction texts and studies" #10) : ISBN-10 0-85323-584-8 : viii+312 pages (y compris bibliographie et index) : coûte 20 GBP pour un TP non illustré, probablement disponible en neuf chez l'éditeur, existe en HC (-574-0).

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Comme il le dit dans son introduction, la tâche que s'est fixé Patrick Parrinder (un habitué auquel on doit plusieurs autres ouvrages de référence britanniques) est de rassembler des écrits critiques sur la SF dont le point commun est de s'articuler à partir des concepts mis au point par Darko Suvin. Ce dernier est, pour ceux qui l'ont oublié, un des grands noms de la théorie de la SF, célèbre par sa définition de celle-ci comme littérature du "cognitive estrangement" et un des spécialistes de l'Utopie. Parrinder a donc regroupé un large panel de spécialistes du genre (y compris notre Gérard Klein) dans ce projet.

Mars la verte (FL).jpg

Ce recueil d'essais rassemble donc une dizaine de textes de longueur assez variable (de moins de dix à plus de trente pages) qui sont rassemblées en deux grandes parties. La première est plus concentrée sur les rapports entre Utopie et SF (un des dadas de Suvin) avec des textes de marxistes classiques et d'experts du premier genre (Moylan). La seconde est plus variée puisque la contrainte semble avoir simplement été de parler de SF en gardant l'inspiration Suvinienne. On a donc (entre autres) un texte sur The war of the worlds ou la série Mars de KSR (Jameson), une biographie de Wyndham (Ketterer) ou une étude sur Lem. Après une postface de Suvin himself, on trouve un bibliographie de ses écrits (uniquement ceux en rapport avec la SF), une bibliographie copieuse et un index. Il me semble que les essais soient inédits (certains comme le Jameson seront repris ultérieurement dans d'autres ouvrages), mais rien ne l'affirme vraiment.

Le péril vient de la mer (RF 1958).jpg

La première partie du livre est à l'image des livres de Suvin (hélas), c'est à dire intellectuellement brillante mais ennuyeuse au possible à la lecture, à la fois par un discours assez aride et une focalisation excessive sur des textes antédiluviens qui ne sont même pas de la proto-SF mais carrément de la paléo-SF. La seconde partie est plus vivante mais souffre d'un choix de thèmes d'un conformisme académique à faire peur puisque l'on évoque, ô surprise, des auteurs aussi convenus que Wells, Lem, Robinson ou Le Guin. Ce n'est pas l'insignifiant texte de Klein (huit pages) sur les images de la science avec force mots grecs (eikons & eidons) qui va rattraper le tout.

Feu Vénus (RF 1962).jpg

Malgré ces flots d'ennui, un certain nombre de choses sont à sauver dans ce recueil. Le texte de James sur la préhistoire de la réflexion sur la SF est intéressant et aborde une période de l'étude du genre (l'avant-Suvin si l'on veut) assez peu étudiée sur un plan historique. Le texte de Ketterer sur Wyndham est le fruit d'une recherche impeccable (comme d'habitude) et éclaire grâce à ses éléments biographiques une oeuvre qui mérite peut-être que l'on s'attarde dessus. La bibliographie de Suvin peut aussi se révéler un outil pratique. Au final, un ensemble malgré tout assez terne qui est loin de valoir les 50 GBP de la version HC.

The Midwich cuckoos (Ballantine 1966).jpg

Note GHOR : 1 étoile

06/04/2010

_Joe Haldeman_

Joe Haldeman : Joan Gordon : 1980 : Starmont (série "Reader's guide" #4) : ISBN-10 0-916732-06-1 : 64 pages (y compris bibliographies et index) : coûtait 10 USD pour TP peu solide et peu facilement trouvable en occase, existe aussi en HC (-15-0).

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Ce court fascicule fait partie de la série de monographies d'auteurs de SF publiées par Starmont. A noter que, au vu de divers détails, il s'agit là d'une réimpression à l'identique (hormis la couverture et bien sûr le prix) tardive d'un des premiers volumes de la collection. Il est donc consacré à Joe Haldeman, un auteur présent dans le paysage de la SF depuis les années 70 et dont l'oeuvre majeure et la plus connue (qui a raflé le Hugo et le Nebula) est évidemment The forever war, célèbre roman anti-militariste basé sur son expérience de combattant dans la guerre du Viêt-Nam. C'est d'ailleurs sans doute cette notoriété qui lui a valu si rapidement (moins de 10 ans entre son premier texte et cette étude) d'avoir un volume qui lui soit consacré.

La guerre éternelle (OPTA 1976).jpg

Ce livre est divisé en une dizaine de courts chapitres, suivant ainsi l'usage de la série. On trouve successivement une chronologie de la vie de l'auteur (qui s'arrête en 1979), une introduction d'orientation biographique, une suite de plusieurs chapitres consacrés chacun à un titre précis (dans l'ordre : War year, The forever war, Mindbridge, All my sins remembered et Infinite dreams, un recueil), et trois bibliographies annotées (une pour la fiction, une pour la non-fiction et une pour les sources secondaires, essentiellement des critiques dans les revues de SF). Un index termine l'ouvrage.

Mindbridge (Orbit 1984).jpg

La première impression à la lecture de cette monographie, est qu'elle vient bien trop tôt dans la carrière de l'auteur. Il est clair que les choses que Haldeman avait à dire ne l'étaient pas encore complètement en 1979 (date de l'écriture de cette étude) comme le montrent ses rajouts à The forever war pour l'amener à une "trilogie thématique" (avec Forever free & Forever peace). Du coup, l'analyse de Gordon donne une malheureuse impression de bâclage qui est surtout due au manque de matière. Pourtant il y a parfois de bonnes analyses menées à partir du texte de l'auteur et un certain nombre d'informations bienvenues sur les conditions de création de certains romans qui sont en fait des fix-ups.

Forever peace (Ace 2000).jpg

Ce sentiment de précipitation est d'ailleurs renforcé par une qualité du produit assez calamiteuse tant au niveau de la conception (du genre photocopie visible de bouts de documents collées ensemble) que de la réalisation (pages se détachant du reste du livre). Mis en parallèle avec le prix demandé (10 USD pour un TP de 64 pages), on peut être légitiment énervé par un ouvrage d'opportunité. Il n'est d'ailleurs pas sauvé par une bibliographie annotée rachitique (elle donne surtout le résumé des intrigues) et incomplète puisque ne traitant que des premières éditions et négligeant les nouvelles. Dommage pour une réflexion parfois bien menée mais desservie par un emballage médiocre.

Rêves infinis (Denoel 1981).jpg

Note GHOR : 1 étoile