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17/06/2009

_Astounding days : A science fictional autobiography_

Astounding days : A science fictional autobiography : Arthur C. CLARKE : Gollancz : 1990 : ISBN-10 0-575-04774-7 : 224 pages (y compris appendice mais pas d'index ni de bibliographie) : coûtait à l'époque 5 GBP pour un TP (existe aussi en HC).

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Cet ouvrage est la reprise en TP d'un titre paru l'année précédente (1989) en HC. Comme son sous-titre l'indique c'est à la base une autobiographie de Clarke qui s'étend schématiquement de 1930 (sa rencontre avec la SF) à 1945 (la fin de l'âge d'or). L'originalité de ce livre est que Clarke met en parallèle d'une façon permanente son existence de jeune adulte avec et l'évolution du magazine Astounding (qui n'était pas encore devenu Analog à l'époque).

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Organisé en quatre grandes parties dont les trois premières correspondent chacune à un des "editors" de la revue (Bates 1930-1933, Tremaine 1933-1937, Campbell 1937-1971), l'ouvrage est donc un mélange de réminiscences strictement personnelles (découverte de la SF, études, premier travail, guerre, activité au sein de la British Interplanetary Society, premiers textes...), d'histoire du magazine, de relation des évènements ayant impacté le genre naissant (chute de la maison Clayton, décès de Weinbaum...) et de tout un tas d'autres informations qui "viennent" à Clarke lors de sa narration.

Le livre ne comporte pas d'index ni de bibliographie mais offre en appendice la liste des contributions de Clarke à Astounding/Analog : fictions (7 nouvelles dont une est reproduite ici) et non-fictions. Sont aussi reproduites intégralement les quelques lettres de Clarke publiées dans le magazine.

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C'est un livre qui offre une expérience de lecture un peu bizarre. En effet, le côté "patchwork" de l'ensemble mêle trois lignes directrices distinctes (la vie de Clarke, l'histoire d'Astounding/Analog, les réflexions générales sur la SF) dans une certaine absence de cohérence (thématique ou chronologique). Du coup on peut lire dans un même chapitre une discussion sur Williamson et Cummings, une histoire du microscope, un avis scientifique sur la possibilité d'insectes géants et une anecdote sur le frère jumeau de Robert Goddard (le pionnier américain des fusées).

Spider island (Haffner 2002).jpg

Au final un livre qui, grâce au talent de Clarke, se révèle plutôt agréable à lire et solidement documenté, mais qui aurait très nettement gagné à être divisé en plusieurs parties homogènes (autobiographie, histoire du magazine, portraits d'auteurs et divers) plutôt que de forcer le lecteur à suivre un discours qui pourrait paraître assez décousu. L'absence d'index ne peut d'ailleurs que réduire très fortement l'utilisation de cet ouvrage comme source exploitable de références alors qu'il s'agit quand même de la parole (ou des souvenirs) de l'un des auteurs majeurs du genre.

 

Note GHOR : 2 étoiles

15/06/2009

_Asimov analyzed_

Asimov analyzed : Neil GOBLE : The Mirage Press (Voyager Series #113) : 1972 : pas d'ISBN : 174 pages (y compris bibliographie mais pas d'index) : coûtait à l'époque 6 USD pour un HC avec jaquette, peut se trouver d'occase.

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Paradoxalement, on évoque souvent le style d'Asimov, généralement pour en déduire qu'il est au mieux inexistant ou transparent, au pire pédestre ou lourd. Face à ce lieu commun, Goble (journaliste et officier dans l'USAF) a voulu fournir des éléments factuels sur ce fameux style dans un ouvrage qui est parti de sa thèse sur Asimov.

Pebble in the sky (Bantam 1964).jpg

Ce livre est divisé en trois parties d'inégale importance. La première et la plus courte ("Biographical study") est consacrée à une biographie sommaire, centrée sur les écrits de l'auteur et son activité dans ses deux domaines de prédilection, la SF et (surtout) les ouvrages de vulgarisation. La deuxième partie ("Statistical analysis") représente le gros du travail de Goble (surtout quand on se rappelle les moyens techniques inexistants de l'époque) et consiste en une suite de tableaux de données largement commentés par type d'ouvrages (SF, essais scientifiques, dissertations, livres d'histoire...). Les données rassemblées par Goble sont assez classiques (nombre de mots par phrase, nombre de phrases par paragraphe, pourcentage de syllabes...) et donnent une première idée de la lisibilité des écrits d'Asimov. La dernière partie ("Rhetorical analysis") est plus subjective et passe en revue divers éléments pas toujours mesurables (utilisation des parenthèses, collaborations, diction...) du style de l'auteur. Divers appendices terminent l'ouvrage, essentiellement des données bibliographiques primaires et secondaires.

The end of eternity (Lancer 1966 72-107).jpg

Face à un tel ouvrage, on reste tout d'abord impressionné par la quantité de travail que l'on devine derrière celui-ci. Imaginez les comptages à la main (pas de Word en 1972) nécessaires pour obtenir ne serait-ce qu'un nombre de mots par phrase relativement fiable. L'idée de Goble est originale (je ne connais pas d'autres exemples de la même époque, même si Westfahl fera plus tard des choses similaires sur une plus petite échelle) et surtout courageuse.

The end of eternity (Lancer 1966 74-818).jpg

Le résultat est d'un bon niveau et permet de discuter un peu sérieusement du style d'Asimov, éléments chiffrés à l'appui. On regrettera surtout de ne pas disposer d'un ouvrage similaire sur d'autres auteurs de SF, ce qui aurait permis des comparaisons à coup sûr intéressantes. Même si la vulgarisation était peut-être la vraie vocation d'Asimov, on pourra aussi trouver dommage que la partie dévolue à ses écrits de SF soit plutôt limitée (un quart de l'ouvrage lui est consacrée).

The man who upset the universe (Ace 1952).jpg

Un ouvrage fort original dont seule la faible relevance vis à vis du genre est à regretter. On aimerait bien lire une suite consacrée aux textes tardifs d'Asimov histoire de pouvoir vérifier si leur côté verbeux est une réalité. 

 

Note GHOR : 2 étoiles

12/06/2009

_Asimov : The unauthorized life_

Asimov : The unauthorized life : Michael WHITE : Millenium : 1994 : ISBN-10 1-85798-120-0 : 257 pages (pas d'index, bibliographies) : coûtait à l'époque 18 GBP pour un HC avec jaquette, se trouve facilement d'occase pour une somme modique.

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Même si Asimov nous a laissé un grand nombre d'éléments autobiographiques, tant dans ses nombreux recueils de nouvelles ou dans des volumes entiers dont certains ont été traduits, il existe toujours pour un auteur aussi connu (y compris hors du genre) une place pour une biographie "extérieure". C'est donc à cette tâche que White s'est attelé. Le résultat de son travail est un ouvrage relativement classique dans sa forme qui consiste donc en une narration chronologique de la vie d'Asimov de sa naissance en 1920 (du moins c'est la date communément admise) en Russie à sa mort en 1992.

Fondation (RF 1957).jpg

Organisé en une quinzaine de chapitres, le livre détaille bien sûr la vie d'Asimov mais se penche aussi beaucoup sur ses écrits et particulièrement sur sa SF. De nombreux textes sont donc analysés et évalués, à la fois dans leurs qualités (et défauts) intrinsèques mais aussi dans leur relation avec les éléments personnels de la vie de l'auteur. En bonus on a une maigre (par rapport au volume total de ses écrits) bibliographie des fictions d'Asimov (deux pages) et une bibliographie générale sur la SF (une page).

Fondation (CAL 1974).jpg

Globalement, le récit de White est assez favorable à l'auteur, mais sans excès, ce qui nous change un peu de la pénible autosatisfaction ou autoglorification des autobiographies du Maître. Il se focalise assez sur la vie domestique d'Asimov et nous conte nombre d'anecdotes sur ses aventures sentimentales, en restant toutefois assez flou. Techniquement, la lecture est plutôt agréable et la maquette aérée.

Fondation (Denoel 1979).jpg

Malgré son côté rafraîchissant et parfois un peu iconoclaste, on pourra regretter que White n'ait visiblement effectué que peu de recherches personnelles (la maigreur de la bibliographie secondaire en atteste). En effet, la quasi-totalité des informations factuelles sont tirées de la masse des écrits d'Asimov (ce qui se vérifie aisément par les notes de bas de page). Les autres éléments fournis par White semblent parfois sortis directement de son imagination ou relever de suppositions psychologiques peu étayées. Ce côte un peu "léger" du travail fourni est assez clairement perceptible dès la préface où White avoue ingénument ne jamais avoir rencontré Asimov pour écrire son livre alors qu'il était encore vivant au moment où il décide de commencer sa biographie. Ce manque d'investissement peut expliquer, par exemple, que White place Heinlein parmi les Futurians (page 41), ce qui, en plus de la simple erreur factuelle aisée à corriger et à détecter (c'est un groupe sur lequel il a été beaucoup écrit), pose des questions sur sa connaissance du genre et de son histoire. 

Foundation (Panther 1969).jpg

Au final, c'est un ouvrage très lisible et qui nous montre un Asimov parfois loin de son image (souvent autopromue) habituelle de génie jovial et sympathique. Il est toutefois très loin des standards désormais atteints par le genre (cf. Phillips sur Tiptree), très probablement à cause d'un manque de travail. Pour finir, on regrettera l'absence d'index, très pénalisante et qui rend cet ouvrage quasiment inutilisable comme source biographique.

 

Note GHOR : 2 étoiles

09/06/2009

_Arthur C. Clarke_ (Olander & Greenberg)

Arthur C. Clarke : Joseph D. OLANDER & Martin Harry GREENBERG (editors) : Taplinger (série "Writers of the 21st century") : ISBN-10 0-8008-0402-3 : 254 pages (y compris index et bibliographies) : coûtait une dizaine d'USD pour un HC avec jaquette (semble exister aussi en TP), se trouve assez facilement en occase.

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Paru dans la série de monographies d'auteurs SF de Taplinger (il n'y en aura pas beaucoup d'autres), il s'agit là du premier ouvrage entièrement consacré à Clarke, il pré date donc le Rabkin. Dans la pratique, il s'agit d'un recueil d'essais autour de Clarke (on notera qu'aucun des articles n'est de l'un des co-éditeurs). Les neuf essais se divisent en deux groupes, ceux qui traitent d'un livre précis (3 sur Childhood's end et un sur 2001) et ceux qui essaient de parcourir l'ouvre de Clarke en la reliant à un style de récit (Brigg), à un sentiment (la solitude par Clareson), une discipline (les mathématiques par Harfst), un mythe (le progrès par Huntington) ou un thème (les extraterrestres par Thron).

Les enfants d'Icare (JL 1977).jpg

En bonus, on a une bibliographie primaire (incomplète aux dires mêmes des auteurs mais conséquente) qui couvre les romans et les nouvelles mais ne traite pas par exemple les reprises en anthologies et une bibliographie secondaire qui liste les quelques articles ou interviews (pas d'ouvrage complet puisque celui-ci est le premier) consacrés à Clarke. Il y a aussi un index partiellement thématique.

Islands in the sky (Signet).jpg

Globalement, j'ai trouvé les essais synthétiques nettement plus intéressants que ceux qui se focalisent sur une seule oeuvre. En effet, ils sont plus à même de souligner la richesse d'un auteur qui n'est finalement connu que pour quelques textes alors que le reste de sa production est important et non dépourvu d'intérêt. J'ai donc logiquement moins apprécié une Nième lecture de Childhood's end et de 2001. Ces romans étant systématiquement étudiés quand on traite Clarke sur quelle longueur que cela soit, il est parfois difficile aux auteurs d'être originaux.

The sands of Mars (Sphere 1969).jpg

Un ouvrage toutefois d'un bon niveau avec des éclairages pertinents, le premier sur Clarke mais qui, hélas, peine à sortir des sentiers battus. Un bémol doit quand même être apporté à cette appréciation en prenant en compte la date de parution de l'ouvrage qui fait que les analyses qui y sont menées sont probablement antérieures à nombre de choses similaires.

 

Note GHOR : 2 étoiles

08/06/2009

_Arthur C. Clarke_ (Rabkin)

Arthur C. Clarke : Eric S. RABKIN : Starmont (série Reader's guide #1) : 1979 : ISBN-10 0-916732-03-7 : 80 pages : TP, pas facilement trouvable en occase.

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Cet ouvrage allait être le premier d'une longue (il doit bien y en avoir plus d'une cinquantaine) série de monographies d'auteurs (principalement de SF) éditées initialement par Starmont et qui seront reprises par Borgo puis par Wildside. C'est un ensemble de courts ouvrages qui sont donc logiquement plus dans l'optique d'être des guides de lectures que des analyses poussées ou des outils bibliographiques pointus.

Tales of ten worlds (Signet).jpg

On va donc retrouver le canevas qui deviendra assez standardisé au sein de la collection. En une dizaine de chapitres, on trouve successivement une chronologie de la vie de l'auteur; une introduction à tendance biographique; quatre romans majeurs analysés en profondeur (une petite dizaine de pages), il s'agit de (logiquement) : Childhood's end, The city and the stars, 2001 et Rendezvous with Rama; une recension des nouvelles; une bibliographie annotée et assez détaillée de la fiction; une pour la non-fiction (très schématique puisque ne traitant que des livres seulement); une secondaire (limitée à deux titres) et un index.

Rendezvous with Rama (Ballantine 1974).jpg

Rabkin signe là un bon début pour cette collection avec un ouvrage agréable à lire, pas forcément d'un niveau critique très élevé mais qui dévoile pas mal de facettes et de thématiques de Clarke. On remarquera la partie bibliographique qui est plus étoffée (sommaire des recueils par exemple) que dans les ouvrages suivants (qui seront d'ailleurs un peu plus courts), un vrai plus pour un auteur aussi prolifique et un élément à replacer dans le contexte de l'époque (peu de bases de données bibliographiques). 

The lion of comarre & Against the fall of night (Pan).jpg

Un travail très classique donc, qui couvre les romans essentiels de l'auteur et qui s'attarde d'une façon bien sympathique sur ses nouvelles, qui rappelle bien les références obligatoires (dans le cas de Clarke) à Wells et Stapledon et qui reste mesuré dans le côté laudatif. Un ouvrage parfaitement en phase avec son cahier des charges.

Note GHOR : 2 étoiles