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21/04/2019

_An Informal History of the Hugos_

An Informal History of the Hugos: A Personal Look Back at the Hugo Awards, 1953-2000 : Jo WALTON : 2018 : Tor : ISBN-13 978-0-7653-7908-5 (la fiche ISFDB du titre) : 573 pages (pas d'index ni de bibliographie) : coûte 41.99 USD pour un hc avec jaquette non illustré (existe aussi en ebook 978-1-4668-6573-0).

An informal history of the Hugos.jpg

Les Hugos, décernés par les participants lors des conventions mondiales (Worldcons) restent, malgré quelques récentes années difficiles, sans doute les prix les plus importants du genre. Constitué d'un nombre de catégories variables au fil des années (même s'il existe un socle maintenant pérenne pour les textes de SF) ce prix existe depuis 1953 et est toujours autant source d'une infinité de discussion et d'avis. Jo Walton, qui a elle-même remporte un Hugo en 2012 pour Among Others et à qui l'on doit pas mal de critiques et d'essais sur le genre (dont certains sont rassemblés dans What Makes This Book So Great) s'est essayé à une sorte de rétrospective critique des Hugos de 1953 à 2000.

What makes this book so great.jpg

Basé sur une série de posts, l'ouvrage est donc organisé par ordre chronologique (1954, année sans Hugo étant l'exception) avec un canevas standard pour chaque année. Le premier Hugo évoqué est celui du meilleur roman (à l'inverse de la véritable cérémonie qui finit par lui) où sont listés le (ou les) vainqueur(s) et les nominés (qui sont habituellement quatre). Après une évocation minimale du contexte et des autres prix décernés la même année, Jo Walton nous livre un assez bref avis sur ces romans et sur la qualité globale des lauréats. On trouve ensuite le palmarès des autres catégories (y compris le Campbell qui n'est d'ailleurs pas un Hugo) avec parfois le sentiment  de Walton sur telle ou telle catégorie. Une sélection des commentaires postés en réponse (où l'on retrouve souvent les mêmes intervenants comme Richard Horton et Gardner Dozois sur les nouvelles) vient juste après. Finalement, on a aussi en règle générale une plus longue (deux ou trois pages) critique de Walton sur le vainqueur. A noter que le livre ne propose pas d'index ni de bibliographie.

They'd rather be right (Starblaze 1981).jpg

Il est difficile de dire du mal d'un tel ouvrage dont le capital sympathie est indéniable (il va peut-être remporter lui-même un Hugo). La prose de Walton est agréable, chaleureuse et bénéficie à plein de l'effet Madeleine de Proust quand elle évoque avec un visible plaisir qu'elle partage des textes qui ont sûrement fait partie des premières lectures de la plupart des amateurs du genre (de Au carrefour des étoiles pour les plus anciens à Hypérion pour d'autres). Ce livre surfe donc sur une certaine nostalgie et, dans ce contexte, est plutôt efficace et distrayant.

The forever machine (Galaxy 1958).jpg

Une fois celui-ci refermé et digéré, un certain nombre de points plus problématiques apparaissent. Tout d'abord, on ne peut que regretter que Walton (même si elle revendique ce choix) n'ait pas fait l'effort de lire les quelques Hugos qui lui manquent. Cela nous aurait évité par exemple une nième discussion dans le vide sur They'd Rather Be Right et la pertinence du Hugo qui lui a été décerné (le roman faisant nettement moins de 200 pages, l'obstacle n'était pas insurmontable, la preuve, même moi je l'ai lu). On pourra aussi critiquer le choix de n'avoir publié que certains posts réponses ce qui dans certains cas nous prive d'une grande partie de la discussion. Outre ces points "techniques", l'impression que m'a laissé après réflexion cet ouvrage est d'avoir payé assez cher (une cinquantaine d'Euros) des choses que j'ai en grande partie plus ou moins déjà lues (et payées). Si l'on compte les listes de résultats elles-mêmes que l'on trouve facilement dans divers ouvrages (chez DeVore, Guillemette, Mallett & Reginald...) ou sur de nombreux sites et qui prennent pas loin de deux cents pages ou les listes commentées de Dozois ou Horton (que l'on a pu lire à l'époque dans Locus ou les divers Year's Best ou que l'on peut extraire de divers outils) qui prennent deux cents autres pages, on s'aperçoit assez vite que la partie vraiment originale de l'ouvrage est assez limitée, celui-ci ressemblant plus à un exercice de compilation de données existantes qu'à une réflexion poussée et roborative. Du coup, je trouve que cela fait un peu cher et/ou facile la nostalgie.

The forever machine (C&G 1992).jpg

Note GHOR : 1 étoile (sans doute parce que je ne suis pas le public visé)

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