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26/07/2019

_Dis-Orienting Planets_

Dis-Orienting Planets : Racial Representations of Asia in Science Fiction : Isiah LAVENDER III (editor) : 2017 : University Press of Mississippi : ISBN-13 978-1-4968-1152-3 (la fiche ISFDB du titre) : x+267 pages (y compris index) : coûte 65.00 USD pour un hc non illustré (sans jaquette, possible POD), semble exister aussi en ebook (-1154-7), disponible chez l'éditeur.

anglais,2 étoiles

Au fur et à mesure de l'extension du domaine des études sur le genre et de leur métissage avec d'autres domaines universitaires (feminist studies, postcolonial studies, queer studies...), la question de la représentation des diverses minorités a été étudiée par "vagues". Historiquement (pour le domaine anglo-saxon) on s'est d'abord intéressé à la place des femmes dans le genre (dès les années 70), puis on s'est penché sur celle des afro-américains (au tournant du siècle), sur celle des personnes LGBT (il y a quelques années). La présence de plus en plus visible de minorités asiatiques aux USA et l'intérêt porté à la SF "orientale" (qu'elle soit située en Asie, qu'elle soit écrite par des citoyens asiatiques ou les deux) font que l'on se penche maintenant de plus en plus sur les représentations de l'Asie (et des ses habitants) dans le genre.

anglais,2 étoiles

Sous la direction d'Isiah Lavender III, un professeur d'anglais à l'université de Louisiane à qui l'on doit plusieurs ouvrages explorant l'angle racial dans la SF, ce livre est un recueil d'une petite vingtaine d'essais relativement courts (une dizaine de pages en moyenne). Il est divisé en trois parties inégales (First Encounters, Fear of a Yellow Planet et Dis-Orienting Planets) dont la logique interne est parfois peu évidente. Les contributeurs sont, hormis quelques plumes connues (Lyau, Gordon, Hollinger), plutôt des nouveaux dans ce type d'exercice et sont généralement des universitaires dans des disciplines connexes (cultural studies, media studies, humanities...).

anglais,2 étoiles

A la lecture, le résultat ressemble plus à un joyeux fourre-tout qu'à un ouvrage structuré et "pensé". En effet, on y trouve pêle-mêle des textes de fond sur la SF chinoise (Hollinger) ou indienne (Mehan) ou sur le Cyberpunk japonais (Posadas), des études sur des auteurs précis (Gordon sur Kij Johnson, Murphy sur Vandana Singh, Ransom sur M. P. Shiel), des critiques d'œuvres isolées (Wine de Yoon Ha Lee, Super Sad True Love Story de Shteyngart, On Such a Full Sea de Chang-rae Lee, les films Cloud Atlas et Pacific Rim) ou d'ensembles romanesques (la trilogie Remembrance of Earth's Past de Cixin Liu), et des choses inclassables comme un essai sur la géopolitique asiatique, un autre sur la lutte via internet contre le "Whitewashing" dans les médias ou des choses dont je n'ai pas saisi l'intérêt ou le propos (un texte sur l'humour noir et les races ou un autre sur Percival Lowell et l'orientalisme).

anglais,2 étoiles

Du coup, on peut aisément penser que le sous-titre de l'ensemble est plutôt trompeur puisque la question de la race est loin d'être au centre des diverses contributions (à la différence d'autres livres de Lavender comme Race in American Science Fiction). Il n'est reste pas moins que l'ensemble est très intéressant à lire et apporte des informations et un éclairage bienvenu sur une partie de la world-SF qui reste assez peu connue. L'ouvrage soulève quand même un vrai problème qui est celui de l'accès aux textes évoqués (qui sont -presque- tous traduits en anglais mais pas forcément très communs) et qui a d'ailleurs pour corollaire celui du filtre de la traduction (Que connaît-on vraiment en Occident des SF asiatiques ?). En tout cas, cet ouvrage est une bonne introduction à ces SF exotiques.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

24/07/2019

_Science-fiction & histoire_

Science-fiction & histoire : Collectif Change : Mars 1981 : Seghers/Laffont (revue Change #40) : pas d'ISBN (inconnu de l'ISFDB) : 212 pages : coûtait 40.00 FRF pour magazine broché au format A4 non illustré, trouvable (par hasard) d'occase.

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Cet ouvrage est d'un type relativement fréquent, à savoir un numéro "spécial SF" d'une revue (généralement savante). Ici c'est donc la revue du collectif Change (un groupe dont l'idéologie semble plutôt contestataire) qui consacre cet opus aux rapports de la SF et de l'histoire et ce sous l'égide des deux "initiateurs" (je cite) que sont Gérard Klein et Daniel Riche.

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Comme d'habitude, le format choisi est celui d'une série (moins d'une dizaine au total) d'essais relativement courts (moins d'une dizaine de pages, parfois nettement moins) et la liste des contributeurs est à peu près intégralement constituée du gratin francophone de la réflexion sur la SF (à l'exception de Faye, visiblement le chef de la revue et des anglo-saxons Shippey & Le Guin). On trouve aussi quelques fictions et un certain nombre de choses inclassables à la fin d'un numéro qui ne propose ni bibliographie ni index.

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Vu le faible nombre de contributions, il est possible de les passer en revue en totalité. Les deux premiers textes (Faye et Riche) sont des introductions convenues, celle de Faye dans le genre "collage" celle de Riche essayant de justifier l'originale thématique choisie. Bizarrement, le texte suivant est la reprise à l'identique de l'entrée History in SF de l'Encyclopedia of Science Fiction (la première du nom) due à Tom Shippey, un texte qui a visiblement été traduit par une personne peu familière avec le formalisme de celle-ci et les termes propres au genre (la mention fix-up dans le texte original devient par exemple remise à jour). On trouve ensuite un texte de Giulani sur les années 20 (en fait c'est sans doute un texte politique bien dans l'esprit de l'époque dont le propos exact et le rapport avec la SF est -pour moi- peu clair), un essai assez général de Douay (pas mal) puis une fine étude de Bozzetto sur l'appartenance de Lucien de Samosate à la SF.

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En changeant de partie, on retrouve avec plaisir Shippey avec un texte paru dans Foundation (celui-là) avec la même traductrice que précédemment qui ne connaît toujours pas grand chose au genre. Suivent quatre articles d'auteurs francophones (Gouanvic, Rio, Fernandez et Chambon) qui sont d'une bonne tenue et thématiquement pertinents à l'exception de celui de Fernandez (qui est bien trop général). On a ensuite un essai militant de Le Guin (sans doute celui-là) court et sans aucun rapport avec le sujet. On continue par trois fictions qui s'insèrent visiblement dans le dossier SF & Histoire : un "collage" (encore) de Faye et deux inédits de Gene Wolfe (Three Million Square Miles) et de Carol Emshwiller (Chicken Icarus) mais qui ne sont pas vraiment de la SF et pas non plus dans le thème choisi. Le reste de la revue est constitué de textes inclassables (fictions et simili-articles).

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Sur la partie essais, l'ensemble, bien que daté, est plutôt de bonne tenue mais parfois sans grand rapport avec le sujet. Les textes de fictions ne sont, bien évidemment, pas vraiment des textes de SF et s'inscrivent dans l'habituelle stratégie de travestissement du genre afin d'essayer de plaire à une certaine intelligentsia (et généralement sans succès). Au final un produit typique de son époque et de son format qui ne permettra certainement pas de mener une vraie réflexion sur les rapports entre la SF et l'histoire.

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Note GHOR : 2 étoiles (parce qu'il y a pire dans le genre)

17/06/2019

_The Pleasant Profession of Robert A. Heinlein_

The Pleasant Profession of Robert A. Heinlein : Farah MENDLESOHN : 2019 : Unbound (#203) : ISBN-13 978-1-78532-678-9 (la fiche ISFDB du titre) : xiii+477 pages (y compris appendices, index, bibliographie et liste des patrons -12 pages quand même) : coûte 25.00 GBP pour un hc non illustré avec jaquette, peut-être disponible chez l'éditeur () qui existe aussi en ebook (-680-2).

heinlein,2 étoiles,anglais

Même s'il devient maintenant de bon ton de dénigrer Heinlein et le reste de la SF américaine des années 40 à 70 au profit de nouvelles références plus présentables (voir par exemple ce thread) il est difficile de passer sous silence cet auteur majeur du genre que certains (dont je respecte l'opinion même si je n'adhère pas complètement à leur vues) pensent mêmes être le plus important de tous. Sans doute aidée dans ses recherches par la parution d'une imposante (malgré une partialité certaine) biographie de RAH par Patterson (en deux volumes chez Tor), c'est donc Farah Mendlesohn, historienne et critique britannique du genre (et amoureuse des chats) qui s'attaque à ce monument de la SF dans un livre publié en crowdfunding (d'où la longue liste de contributeurs à la fin de l'ouvrage).

heinlein,2 étoiles,anglais

Après une courte préface et une introduction, l'ouvrage est divisé en neuf chapitres de taille inégale. Le premier est une biographie de l'auteur utilisant les travaux de Patterson. Les trois suivants abordent divers points "techniques" (structure, arcs narratifs, rhétorique) de l'écriture de RAH tant dans ses romans que dans ses nouvelles. Les cinq dernières parties (formant une grosse moitié du livre) font le choix d'une approche plus thématique en essayant de discerner les positions de l'auteur sur un certain nombre de points sociétaux fondamentaux (les droits civiques, le racisme, le développement personnel, le sexe et le genre, etc.). Diverses annexes (certaines sans grand intérêt) ainsi qu'un index et une bibliographie terminent l'ouvrage.

heinlein,2 étoiles,anglais

Même si l'influence de RAH sur le genre est la grande absente d'un ouvrage qui semble se dérouler dans un certain vide éditorial, ce livre est clairement l'un des plus synthétiques et des plus complets sur l'auteur tout en restant "lisible" et relativement objectif. On pourra comparer l'approche de Mendlesohn avec celle de Franklin (sans doute plus incisive) ou celle de Stover (nettement plus flatteuse) parmi la quantité de livres consacrés à Heinlein (Slusser, Panshin, Major ou Gifford). Le premier chapitre est à lui seul indispensable comme résumé de tout ce que l'on sait maintenant de la vie de RAH qui n'était pas sans mystères (par exemple celui de sa vraie première épouse).

heinlein,2 étoiles,anglais

Si je n'ai pas de problèmes avec les chapitres "techniques" qui sont solides, j'avoue que la partie thématique m'a un peu déçu. Sans doute à force de vouloir livrer une étude équitable, Mendlesohn finit par parvenir à un point de vue complètement neutre et (AMHA) trop lisse. Elle nous dépeint finalement un auteur qui n'est ni raciste ni antiraciste, ni féministe ni masculiniste, pas vraiment de droite mais pas de gauche non plus (pour les USA s'entend), tolérant et intolérant, libéral et se méfiant du capitalisme, progressiste et réactionnaire, favorable à l'armement des citoyens mais trouvant les armes à feu inutiles, etc. Cet effet de "brouillage" est d'ailleurs une des caractéristiques assez énervantes d'un auteur qui a toujours adoré développer une croyance ou une position dans un texte et son contraire dans un autre. Au final, cette étude est une bonne base pour aborder Heinlein mais avec cet auteur caméléon, la conclusion reste toujours la même, il faut (tout) lire pour se faire une idée des messages qu'il voulait transmettre (et encore personne ne tombe d'accord...).

heinlein,2 étoiles,anglais

Note GHOR : 2 étoiles

29/05/2019

_Imagining Urban Futures_

Imagining Urban Futures : Cities in Science Fiction and What We Might Learn from Them : Carl ABBOTT : 2016 : Wesleyan University Press : ISBN-13 978-0-8195-7671-2 (la fiche ISFDB du titre) : 261 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait 27.95 USD pour un hc avec jaquette avec quelques illustrations en n&b qui existe aussi en ebook (-7972-9) disponible chez l'éditeur ().

anglais,2 étoiles

Ecrit par Carl Abbott, à qui l'on doit un ouvrage un peu similaire sur les rapports entre SF et Western, cet ouvrage passe en revue les diverses images de la ville dans la science-fiction. Qu'il s'agisse de la ville en ruine, de la ville tentaculaire, des monades urbaines, des villes nomades ou de la cité utopique, cette image est centrale dans le genre comme l'ont montré Gary K. Wolfe ou d'autres. Indépendamment de sa signification symbolique (comme développée par Wolfe dans The Known and the Unknown), la ville reste aussi le décor habituel d'une grande partie des textes du genre (à la différence de la Fantasy).

anglais,2 étoiles

Les huit chapitres que nous propose Abbott déroulent donc un parcours commenté des divers types de villes évoqués plus haut (future, désertée, piégée, extraterrestre, carcérale, sous dôme...). S'appuyant essentiellement sur la SF écrite (malgré la présence inévitable de films comme Metropolis ou Blade Runner), cette promenade rappellera de nombreux souvenirs au lecteur un tant soit peu chevronné (de Jack London à Alastair Reynolds en passant par Cordwainer Smith) qui pourra aussi piocher dans la bibliographie fournie en fin de volume (il y a aussi un index).

anglais,2 étoiles

Le côté "léger" de cet ouvrage est fort agréable et donne une lecture plutôt sympathique mais c'est aussi sa principale faiblesse. On n'y trouve en effet aucune véritable analyse approfondie de la thématique de la ville et de son utilisation par le genre hormis un certain nombre de lieux communs. On sent Abbott nettement plus à l'aise sur la description des intrigues. Le tout forme un bon petit ouvrage, très lisible et finalement plus proche d'un long article encyclopédique que d'une étude de fond.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

16/04/2019

_Il venait de Céphée Il s'appelait Versins_

Il venait de Céphée Il s'appelait Versins : Martine THOME (d'après la préface) :2003 : L'Age d'Homme : ISBN-10 2-8251-1736-6 : 161 pages (+ cahier photographique de 8 pages) : prix inconnu pour un tp à la diffusion sans doute limitée.

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Pierre Versins était l'un des hommes-orchestre de la SF francophone. Tour à tour écrivain, scénariste, collectionneur, auteur d'ouvrages de référence, critique, créateur du seul musée de la SF (La Maison d'Ailleurs), il a été au coeur du genre depuis ses débuts en France. Peu après son décès (le 19 avril 2001), l'association des amis de la maison d'ailleurs (AMDA) a décidé de rassembler ce fascicule souvenir, tache coordonnée par Martine Thomé (sa première épouse) et publiée par l'éditeur "habituel" de Versins.

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Cet ouvrage se présente donc sous la forme d'un recueil d'essais de taille variable (au mieux une dizaine de pages) dans l'ordre alphabétique des contributeurs (pour ne pas froisser les susceptibilités !), de Forrest J. Ackerman (en anglais dans le texte) à Elisabeth Vonarburg. Une "bio-bliographie sommaire" termine l'ouvrage qui offre aussi un cahier photographique central en n&b. Il n'y a pas d'index. D'une façon logique, la plupart des témoignages et réminiscences tournent autour des deux œuvres maîtresses de Versins : sa massive Encyclopédie de l'utopie et de la science-fiction (évoquée ici) et la Maison d'Ailleurs (située à Yverdon en Suisse pour ceux qui ne la connaissent pas).

français,2 étoiles,VersinsComme souvent avec ce type d'ouvrage à vocation "eulogique", la participation de Versins à la vie de la SF française/francophone est un peu présentée comme un long fleuve tranquille. Ce déluge de bons sentiments et d'appréciations positives est parfois un peu répétitif et le plus intéressant est ce que l'on peut lire "en creux" dans certains articles (brouilles avec certains, péripéties autour de la gouvernance de la MDA, retrait du genre et exil, sort de sa collection). Il serait sans doute important pour l'étude du genre en VF qu'une bibliographie critique de Versins soit entreprise mais cette perspective semble peu probable, ce qui est dommage.

français,2 étoiles,Versins

Note GHOR : 2 étoiles (parce que c'est un hommage)