28.11.2008

_Magill Surveys : Science fiction Alien encounter

Magill Surveys : Science fiction Alien encounter: Frank M. MAGILL (éditeur, les auteurs des notules ne sont pas identifiés ni listés) : Salem Softbaks : 1981 : ISBN 0-89356-311-0 : pas d'illustration : 376 pages (y compris index sommaire) : quelques Euros pour un TP petit format (à noter qu'il n'est que moyennement solide).

Magill surveys SF Alien encounter.jpg


Ce livre est une extraction thématique d'un autre ouvrage, le massif (5 tomes, plus de 500 livres couverts) Survey of science fiction literature.

Comme le livre dont il est issu, il s'agit d'une compilation de petits essais (moins d'une centaine) ayant la particularité de porter sur des oeuvres (et non des auteurs). Chaque essai fait entre 4 et 6 pages et présente (un peu) l'auteur, (un peu aussi) l'environnement SF de 'oeuvre et se consacre principalement à une description critique de celle-ci. Cette partie est essentiellement axée sur la récapitulation de l'intrigue et spolie du coup pas mal. Dans de rares cas, des pistes vers d'autres critiques ou analyses sont fournies.

Le principe du choix des notules retenues est de traiter (plus ou moins, parfois nettement moins) du thème de la rencontre avec les extraterrestres.

Les auteurs dont les oeuvres sont sélectionnées sont majoritairement anglo-saxons (avec comme exceptions Lem, Lasswitz et les Strougatsky) et les textes font partie des 'classiques' reconnus, avec toutefois quelques agréables (au sens de rarement traitées) surprises comme War of the wing-men, Shadows in the sun ou If the stars are god.

War of the wing-men (Ace Double D-303 1958).jpg   From other shores (NESFA 2007).jpg  Les aires du réel & Les étoiles, si elles sont divines (OPTA 1979).jpg

Je ne sais pas trop quoi faire de ce livre.

D'habitude j'aime bien me remémorer mes lectures en y replongeant par commentaires interposés, mais là je n'ai pas été convaincu. Outre des critères d'inclusion assez vagues (le rattachement de Terre planète impériale au thème des rencontres ET reste un mystère pour moi), je n'ai pas du tout été emballé par les essais. On sent trop ce qui est certainement la vocation première de l'ouvrage : permettre à des lycéens ou des étudiants de faire croire qu'il ont lu tel ou tel livre en leur fournissant un résumé qui puisse faire illusion. Ce choix entraîne naturellement une hypertrophie de la partie paraphrase/résumé de l'intrigue, ce qui minimise d'autant la partie critique ou analytique.

Imperial Earth (Ballantine 1976).jpg

En plus, on peut percevoir un bon vieux courant d'annexation religieuse (au sens de fondamentaliste chrétien US) dans une partie des commentaires (c'est peut-être d'ailleurs une caractéristique de ces éditions), alors que certains des textes que je connais ne supportent/cautionnent pas forcément une approche de ce type.

Un livre a stocker au cas où (pour un avis détaillé unique sur certains ouvrages), mais que ne fait pas date dans l'histoire des critiques du genre.

Note GHOR : 1 étoile

27.11.2008

_Ron : The writer : The shaping of popular fiction_

Ron : The writer : The shaping of popular fiction: L. Ron HUBBARD (+ un ou plusieurs anonymes) : Editeur inconnu : 1997 : ISBN 1-57318-060-2 : illustration photograpique (retouchée ?) : 120 pages (pas d'index) : quelques Euros pour un TP grand format.

L Ron Hubbard The writer.jpg

C'est un ouvrage étrange que nous avons là. Faisant semble t-il partie d'une vaste série de livres vantant chacun une des diverses et nombreuses facettes de Hubbard (de Administrator à Poet/Lyricist), cet opus se concentre sur l'écrivain.

On pourrait s'attendre à une bibliographie de Hubbard, mais il s'agit en fait d'une sorte de recueil de textes de Hubbard lui-même, textes en rapport avec l'écriture dans les genres 'populaires' (Polar, Aventure, SF, Fantasy). Genres dans lesquels Hubbard a oeuvré avec un certain succès avant de fonder une religion.

Astounding 1950-02.jpg

Abondamment illustré (mais sans grand gout) avec force photographies des machines à écrire de LRH (authentique!), cet ouvrage rassemble  donc une dizaine d'essais de la plume de Hubbard. Ce sont sont essentiellement des conseils pour l'apprenti écrivain professionnel (des années 30-40, bien sûr) ou des réminiscences sur la SF de l'âge d'or.

Il y a aussi une grande quantité de matériau (non signé) de présentation, interstitiel ou supplémentaire qui vient supplémenter la partie "how to" par des à-cotés sur la carrière d'écrivain de LRH.

Sur les textes de Hubbard, il n'y a pas grand chose à dire. Une fois oubliés une certaine grandiloquence et un sens aigü de sa propre importance, il s'agit là d'une série de conseils (AMHA) avisés et à dominante économique pour des apprentis pulpsters (faites des recherches, sélectionnez vos marchés, trouvez votre genre le plus rentable...) que l'on a pu lire des dizaines de fois dans les ouvrages du style Devenez écrivain en 20 leçons, une importante catégorie de livres qui existe depuis des lustres aux USA.

How to write science fiction and fantasy.jpg

Ce n'est certainement pas original pour un sou mais c'est visiblement pertinent pour l'époque considérée (les années 30). On peut juste se demander comment ces conseils sont applicables ou même simplement transposables dans le monde de l'écriture du XXIème siècle.

La partie la plus amusante est celle qui n'est pas de la plume de Hubbard, mais d'un quelconque secrétaire chargé de présenter au mieux l'auteur. Le but étant de placer celui-ci en position centrale dans les genres comme la SF ou la Fantasy et, d'une façon globale, comme un des géants de la littérature populaire. Comme ce n'est forcément le cas (l'influence et l'importance de Hubbard sont indéniables, mais ce n'est pas non plus Asimov ou Van Vogt), on a alors droit à un festival de qualificatifs et de jugements emphatiques dont l'excès ferait rougir de honte n'importe quel Heinleinien (ou Asimovien ou Dickien) zélé.

En gros et pour résumer plusieurs pages de logorhée, Hubbard a non seulement inventé la Fantasy (dans Unknown) et la SF, il a aussi déclenché à lui tout seul l'âge d'or de la SF (c'est donc son oeuvre et non celle de Campbell comme on voudrait nous le faire croire). De plus, sur le tard, comme il s'ennuyait, il a écrit deux des six (la précision est touchante) meilleures séries du genre : Terre champ de bataille & Mission Terre.

Battlefield Earth (New Era).jpg

Assommé à grands coups de chiffres de vente pharamineux (tiens, c'est une technique que l'on a vue reprise pour d'autres auteurs, technique qui confond audience et qualité) et de nombre de traductions différentes, le lecteur doit se rendre à l'évidence : LRH c'est LE écrivain de SF.

Cela serait presque risible tellement c'est grossier, si l'on ne se rappelait que ces impérissables chefs d'oeuvre à la précision scientifique diabolique et à l'intrigue novatrice ont été, il fut un temps, acclamés, promus et publiés dans notre pays par des acteurs proéminents du genre.

Note GHOR : 0 étoile, uniquement intéressant comme cas d'école de travestissement de la vérité pour la gloire d'un auteur.

26.11.2008

_Orphée aux étoiles : Les voyages de Poul Anderson_

Orphée aux étoiles : Les voyages de Poul Anderson: Jean-Daniel BREQUE : Les Moutons Electriques : 2007 : Couverture Patrick Imbert : 174 pages (y compris index et bibliographie commentée) : ISBN 7745668212 : 30 Euros (en souscription) pour un HC avec jaquette

Orphée aux étoiles.jpg

Comme le précise l'introduction, ce livre n'est pas une étude universitaire ou une biographie sur Poul Anderson, mais plutôt "un guide de lecture", le seul existant en VF et un des rares sur cet auteur après celui de Miesel (Against time's arrow : The high crusade of Poul Anderson, critiqué sur fras).

Against time's arrow.jpg

Il se compose de trois parties textuelles (par opposition aux parties bibliographiques pures) :

1) "Un homme qui compte" (50 pages) : qui mêle biographie de l'auteur et analyse des oeuvres standalones (romans et nouvelles) dans un ordre vaguement chronologique.

2) "Seigneur de mille soleils" (50 pages) : se concentre sur les grandes séries de l'auteur (Flandry/Van Rijn, Fireball, Hokas, etc...).

3) "Le dernier viking" (20 pages) : étudie les oeuvres de Anderson plutôt rattachées à la fantasy (Trois coeurs, trois lions, Ys) ou aux romans historiques.

Three hearts and three lions (Berkley 1978).jpg

A cela s'ajoute une bibliographie sommaire (premières éditions, VT & révisions seulement, parfois US & GB + VF) qui ne couvre que les parutions en volume (+ les éventuels doubles, choix que l'on trouve aussi chez GCP mais qui m'a toujours paru discutable). Cette bibliographie est parfois commentée (longueur et contenu variable) ou renvoie au chapitre correspondant des parties précédentes.

Disons le tout de suite, cet ouvrage, en lui-même, est une réussite.

L'organisation choisie, une des seules possibles avec une oeuvre d'une telle volumétrie (300 nouvelles et + de 120 ouvrages), se révèle être assez lisible et relativement pertinente en évitant les doubles discussions que l'on trouve dans le RAH (on m'excusera de la comparaison avec cet ouvrage, mais elle est légitime s'agissant de deux ouvrages de la même collection).

La narration est fluide, les jugements sont éclairés d'exemples et les infos bibliographiques correctes (je pinaillerais juste pour Captive of the centaurianess qui est paru dans ASFAM et non dans IASFM).
ASFAM 1.jpg

J'ajouterais quelques points de détail :

- les images de couvertures reproduites ne sont pas très nettes (papier ayant un peu bavé), pas légendées (c'est quelle édition ? Quelle année ?) et surtout ne mentionnent jamais le nom de l'illustrateur (pratique que l'on retrouve dans le RAH), ce qui ne rend pas hommage au travail de ces derniers. Pour le premier point (et AMHA) en restant en N&B (pour un problème de coût) un changement de qualité de papier sous forme de cahier aurait pu être envisageable.

- un changement de police bizarre page 35, qui indique un manque de soin dans les vérifications du produit fini.

- l'abus, surtout dans la première partie, du terme "chef d'oeuvre" (AMHA).

- un nombre de page "blanches" que je trouve trop élevé pour un ouvrage aussi court. Ceci créé indiscutablement une impression d'aération qui rend certes la lecture agréable mais qui, pour un ouvrage de moins de 200 pages TTC, pourrait parfois faire penser à du remplissage à peu de frais.

- je trouve la couverture certes moins laide que "L'anus de robot" du RAH mais, manquant d'imagination, je ne vois pas le rapport entre une boule d'écume sur une plage et Poul Anderson et/ou la SF. C'est sûrement de l'art photographique mais c'est un peu trop distancé du genre pour que l'on n'y voie pas une mauvaise conscience à l'oeuvre alors que chez le même éditeur, la couverture du James Bond est assez parlante). De plus, la jaquette (et le titre) sont à la limite de l'illisible.

Mon souci est plus avec la finalité d'une partie de cet ouvrage et son positionnement.

En gros, je trouve que la bibliographie proposée occupe une place qui est :

- soit trop importante (si on considère qu'elle reprend celle du Belial) et que les acheteurs de ce livre l'ont très probablement déjà (sous cette forme ou celle de GCP ou celle du Grand Temple),. Du coup, elle aurait être réduite à quelques pages (comme cela se pratique habituellement dans les ouvrages d'analyse d'un auteur) au profit d'une augmentation du texte consacré à Anderson.

- soit pas assez importante, en ce sens qu'il existe (chez Underwood ou Borgo) des ouvrages sur certains auteurs qui ne sont constitués que d'une bibliographie detaillée et complète. Dans ce cas, elle est richement commentée et répond ainsi à la demande d'analyse des lecteurs.

Amber dreams.jpg

Dans la pratique, la solution hybride retenue (partie analyse + bibliographie étoffée) rend l'ouvrage inutilisable pour des recherches bibliographiques un tant soit peu pointues mais a visiblement réduit l'espace reservé aux commentaires sur l'oeuvre de l'auteur au profit d'une masse d'informations (sommaire de recueils, dates de parutions, VT) disponibles sous une forme plus complète ailleurs.

Du coup, j'ai parfois un peu le sentiment que les 30 euros demandés sont un peu excessifs pour les parties originales de l'ouvrage et qu'il aurait été préférable de faire soit un ouvrage à 45 Euros comme le RAH (soit avec plus de texte, soit avec une biblio complète), soit de ne garder que les trois premières parties et d'ajuster le prix en conséquence pour se rapprocher d'un ouvrage plus dans l'esprit du Miesel se concentrant sur l'auteur et ne fournissant qu'une biblio sommaire, à charge au lecteur intéressé d'utiliser une autre source d'information (comme les GCP) pour connaître tous les détails de publication.

Poul Anderson Myth-master and wonder-weaver part 1.jpg

Mais bon, tout ceci n'est que chipotage de ma part et ne doit pas faire oublier la qualité du livre et "l'indispensabilité" de la démarche qui consiste à proposer des études en VF sur des auteurs un peu moins "à la mode".

Note GHOR : 3 étoiles.

25.11.2008

_The religion of science fiction_

The religion of science fiction: Frederick A. KREUZIGER : Bowling Green State University Press : 1986 : Couverture Greg Budgett & Gary Drumm : 166 pages (pas d'index ni biblio) : ISBN 0-87972-366-1 : quelques Euros pour un TP, existe aussi en HC.

The religion of science fiction.jpg

 Il s'agit là d'un ouvrage théorique qui vise à montrer que l'on peut considérer la SF comme la litérature apocalyptique de notre temps.

Organisé en six chapitres, il dresse le parallèle entre la religion et la SF, qui peut parfois paraître comme telle (avec ses chapelles, son histoire, ses saints, ses martyrs, ses fatwa...).

Dans le cadre de cette analogie, les écrits SF (puisque le cinéma est très peu étudié dans cet ouvrage), sont donc analysés comme les textes d'une religion qui promettrait un avenir meilleur via la science/technologie. Plus particulièrement, ils sont traités comme des textes apocalyptiques (à prendre au sens de révélation finale et non celui, habituel, de catastrophe) qui expliquent pourquoi tout n'est pas rose ici et maintenant.

Autant l'idée de base du livre est plutôt séduisante et semble assez pertinente, autant le livre lui-même m'a semblé particulièrement indigeste.

On a l'impression de voir réuni artificiellement deux trames, la première (la plus importante) étant une étude théologique des écritures religieuses (uniquement chrétiennes IIRC) et la seconde (nettement plus courte) qui traite de quelques oeuvres de SF (Cities in flight, Childhood's endMillenium ) en tentant de les relier à une vision religieuse.

A clash of cymbals (Arrow 1974).jpg

Je n'ai pas les compétences pour juger de la première, si ce n'est pour dire que le texte ne m'a, à aucun moment, intéressé. Le style est soit trop technique, ou les propos sur la volonté divine trop fumeux (AMHA). En ce qui concerne la seconde, le vernis SF semble parfois bien mince et les références assez parcellaires ou obscures (l'auteur aime bien s'auto-citer).

Il y avait surement matière à faire un tel ouvrage en se concentrant sur la thèse initiale et en évacuant les pages consacrées à la théologie ou à la sociologie religieuse, de façon à le rendre plus séduisant pour un amateur de SF qui ne soit pas un séminariste.

Par exemple, l'idée de la SF comme religion est sûrement à creuser (système d'adeptes, textes sacrés, grands messes nantaises, persécution des croyants...), comme est à creuser l'idée de la SF comme créatrice de religions (de la Scientologie à la Force en passant par l'église de Valentine Smith).

Ce travail là n'est pas celui qui a été fait, faisant plutôt basculer le livre hors du champ des études rattachables à la SF.

Note GHOR : 1 étoile (pour la quantité de travail)

_Turning points : Essays on the art of science fiction_

Turning points : Essays on the art of science fiction: Damon KNIGHT (éditeur) : Harper & Row : 1977 : 303 pages (pas d'index ni biblio) : ISBN 0-06-012432-6 : quelques Euros pour un HC avec jaquette.

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Cet ouvrage est un recueil d'essais sur la SF. D'une optique assez généraliste (pas de focus particulier sur un auteur ou un thème), il est organisé en sept parties :

1) "A walk around the topic" qui contient trois textes d'auteurs établis de SF (Heinlein, Asimov, Knight) qui tentent la classique recherche d'une défintion de la SF. A noter l'approche statistique de Knight qui liste sept critères possibles qualifiant l'appartenance au genre et qui montre que même des livres estampillés SF ne les remplissent pas tous.

2) "History without tears" qui contient aussi trois essais (Aldiss, Franklin & Amis) sur l'histoire de la SF ou plutôt de la proto-SF.

3) "Criticism, destructive and otherwise" quatre textes dont seuls les deux derniers traitent des thémes précis : Lewis, Russ, Blish (la religion avec une longue analyse de Stranger in a strange land) et Versins avec la traduction d'un article de son encyclopédie sur le first contact.

Encyclopédie de l'utopie et de la SF.jpg

4) "SF and science" avec un éditorial de Campbell (lisible pour une fois, c'est à dire sans le goût de la polémique pour le plaisir qu'il cultivait soigneusement) et un débat entre plusieurs intervenants dans le SFWA Bulletinsur le thème de la science et de l'ingénierie.

5) "How to, in four tricky lessons" quatre essais sur les techniques d'écriture de la SF avec RAH (son fameux essai de 1947 qui introduisit le terme de speculative fiction), Anderson (sur comment construire une planète, équations à l'appui), Laumer (court texte sur les collaborations) et Knight (classique sur la vente des textes).

6) "SF as prophecy" trois textes sur des aspects prophétiques de la SF : Huxley (les drogues), RAH (un texte prédictif assez connu : Pandora's boxici en version révisée) et Bester (sur la nourriture dans l'espace).

7) "Confessions", quatre textes plus personnels sur l'écriture elle-même (Sturgeon, Asimov, Clarke & McKenna)

La plupart de ces textes (sauf, me semble t-il, les articles de Knight)  ne sont pas des inédits, avec une partie de choses qui sont habituellement peu accessibles (préfaces et d'essais ou dialogues parus dans la revue de la SFWA), et une partie de choses assez connues tirées de divers ouvrages de référence.

Of worlds beyond.jpg

Cet ouvrage est donc à prendre comme une photo de l'état des lieux de la réflexion sur la SF à la fin des années 70, une sorte de 'best-of' ou une sélection du reader's digest des écrits analytiques disponibles.

A ce titre, il rassemble la plupart des grandes signatures de ce domaine naissant (à l'époque encore principalement des écrivains issus du genre) et, du fait de la grande qualité des intervenants, propose des réflexions dont la pertinence peut encore être valide aujourd'hui (quelle définition pour la SF ? par exemple).

Il a donc, outre ses qualités intrinsèques (clarté, lisibilité, connaissance intime du genre), un indéniable intérêt historique pour permettre de voir où en était la réflexion sur le genre à ses débuts.

On regrettera toutefois l'absence d'index et certains articles un peu faibles (parfois simplement anecdotiques comme le Bester) ou trop courts.

Un livre intéressant pour ceux qui n'ont pas les moyens ou le temps d'investir dans les nombreux (et parfois rares) ouvrages dans lesquels sont parus initialement les textes.

Note GHOR : 2 étoiles

24.11.2008

_La science-fiction_ (Roger BOZZETTO)

La science-fiction: Roger BOZZETTO : Armand Colin (Collection 128) : 2007 : 128 pages (pas d'index, bibliographie famélique, glossaire) : ISBN 978-2-2003-4717-8 : 9 Euros pour un poche

La science-fiction (Bozetto).jpg


Cet ouvrage est organisé (sic) en six chapitres :

1) "La littérature d'imagination scientifique avant Gernbsback" qui, comme son nom l'indique, dresse un historique de la proto-SF (sous les divers noms que l'on a pu utiliser).

2) "L'évolution de la science-fiction" qui poursuit l'histoire de la SF à partir du moment où elle acquiert un nom.

3) "Quelques procédés narratifs" qui recycle le livre de Langlet sur les procédures d'écriture propres au genre.

4) "Quatre variantes sur le thème de l'altérité" qui traite quatre des thèmes de la SF.

5) "Deux approches de la science en SF" qui unit deux courts textes (un sur les robots et un autre sur les premiers FNA).

6) "Un florilège d'auteurs" aborde, comme son nom l'indique, une dizaine d'auteurs traités en quelques lignes ou quelques pages.

Cet ouvrage fait partie de ceux que j'adore détester.

En effet, comme le Manfrédo ou le Ruaud/Colson (des méchants à la mémoire longue rajouteront le Gattégno), il est un digne représentant d'une catégorie de livres qui se définissent suivant deux critères : "Vite fait, mal fait " (ou "j'ai les traites du SUV à payer, torchons donc un truc sur la SF avant dimanche prochain pour mon pote l'éditeur") et "C'est un ouvrage d'initiation, on peut raconter n'importe quoi" (ou "P.., j'ai trop la flemme de vérifier ce point, faisons confiance à notre mémoire").

La science-fiction (Manfrédo).jpg

Il s'agit souvent d'ouvrages à petits prix dans des collections d'initiation à divers sujets. Même s'ils sont destinés à des néophytes, ils montrent bien que la conscience professionnelle n'étouffe pas tout le monde et que le fait d'être enseignant à l'université ne protège absolument pas contre le bâclage, l'erreur factuelle ou la simple absurdité.

Ce court livre n'est pas loin de partager la palme (avec les deux ou trois précités) du ratio conneries/nombre de pages. Au fil des pages, on découvre en effet des tas de nouvelles horreurs, allant de la simple coquille à l'erreur de raisonnement en passant par l'invention pure et simple.

Un petit florilège (sur la première moitié seulement, pour cause de flemme de tout noter) :

- p 25 : la phrase "En France, parallèlement au modèle vernien, des auteurs comme Robida, Rosny Ainé, WELLS, de La Hire, D'Ivoi, Le Rouge...", ce cher HG a dû demander la nationalité française sans que cela se sache.

- p 26 : "Astounding Science Fiction (1938-1950)", raté de juste 10 ans (alors que le distinguo est fait avec Astounding stories 1930-1937), pour information ce n'est en 1960 qu'Astounding devient définitivement Analog.

- p 28 : RavageS, le livre ultra connu de Barjavel.

- p 33 : un petit SCheckley, qui présage de grosses difficultés pour le lecteur qui souhaite trouver ses ouvrages.

- p 36 : la phrase sur PKD "Il s'affirme dès Loterie solaire qui manifeste une rupture avec l'âge d'or de la SF, avec l'univers de Van Vogt en particulier...", superbe bêtise quand on sait (et cela a été souvent montré) la filiation directe et revendiquée des premiers PKD avec AEVV. C'est d'autant plus inadmissible que cette filiation entre les deux auteurs est citée par Bozzetto page 100 et ré-affirmée page 101.

Loterie solaire (OPTA 1968).jpg

- p 38: date de 1965 (sic) certaines nouvelles de Cordwainer Smith. C'est une des nombreuses occurrences d'un problème majeur dans ce livre, les dates associées aux textes. En effet, on trouve soit des simples erreurs factuelles comme ici (probablement la date de première parution en recueil), soit la date de première publication VO (par exemple Planète à gogos = 1953), soit la date de première parution en VF (par exemple Question de poids = 1971). Au-delà de la simple idiotie ou facilité, ce manque de rigueur peut, dans un ouvrage qui se veut donner une vision historique du genre, faire passer le lecteur complètement à coté d'une proximité chronologique bien réelle entre ces deux textes (pour mémoire Mission of gravity = 1953, Gravy planet= 1952). La perception de l'histoire du genre ne peut qu'en être faussée. On pourra aussi être énervé de l'usage assez particulier des TF & TO, qui sont employés sans aucune logique. Bozzetto utilise souvent le TF, mais va parfois chercher le TO alors qu'il existe un TF (par flemme d'avoir à chercher le TF ?).

Question de poids (Laffont 1971).jpg

- p 39 : on apprend que Gernsback quitte Amazing en 1936, cette précision qui en jette est tout simplement fausse de quelques années (dans notre ligne d'univers, c'est en 1929), fâcheux pour une des péripéties des pulps les plus connues et documentées, par exemple chez Ashley ou Westfahl, mais n'en demandons pas trop, la lecture de tels ouvrages quasi définitifs sur le sujet semblant optionnelle chez Bozzetto.

- p 49 : un paradoxe temporel qui devrait faire acourrir la Patrouille du temps :

"La mode steampunk (datée par Bozzetto de la fin des années 80) a également gagné aussi bien le cinéma que les séries télévisées. On retiendra par exemple comme films (...) et comme séries télévisuelles Les mystères de L'Ouest.".

On conviendra qu'il s'agit bien là d'un remarquable paradoxe temporel (pour mémoire, The Wild Wild West = 1965) qui risque de mettre en péril la trame de notre univers.

- p 51 : une lecture alternative de Question de poids, où l'on apprend que ce sont les humains qui parcourent Mesklin (en fait ils restent à l'équateur). Du coup, on peut se demander si Bozzetto a simplement lu ce roman.

- p 57 : Barjavel est crédité de l'invention du paradoxe temporel, cinq ans après la première apparition du terme, félicitations (mais bon, il fallait regarder dans le Prucher).

- p 58 : On peut entendre parler de The legion of space,un roman de E. E. Smith (un collector, certainement).

The legion of space (Pyramid 1967).jpg

- p 59 : on croise les fameux "freemen" de Dune.

- p 60 : on nous rappelle le non moins fameux début de La machine à explorer l'espace de Priest: "J'avais atteint l'âge de mille kilomètres" (Bozzetto a au moins l'auteur de juste). Dommage pour un des débuts de livre de SF les plus connus (avec Neuromancer).

Le monde inverti (JL 1976).jpg

J'arrête ici, mais tout cela est d'autant plus rageant que la correction d'une majorité de ces erreurs aurait pu se faire "à la volée" lors d'une simple relecture (les coquilles évidentes par exemple) ou, au pire, avec des recherches dont la durée ne dépasse pas la minute et qui peuvent même se limiter à consulter wikipedia. En ce qui me concerne, je les ai relevées au fil de ma lecture, c'est dire si elles sont assez évidentes pour qui a un minimum de vernis SF.

Pour résumer mon opinion sur ce livre, je vais donc laisser la parole à Bozzetto lui-même :

"On trouve donc un véritable sottisier qu'il est difficile d'expliquer sinon d'excuser" (page 96, à propos du FNA).

Comme quoi le plus sot n'est pas forcément celui qui le dit.

En plus de ce foutage de gueule généralisé, le livre manque complètement d'une ligne directrice identifiable. C'est bien plus une suite d'anecdotes ou de digressions (on dirait parfois une compilation des articles de Bozzetto) qu'un ouvrage vraiment construit ayant une vision à partager sur le genre. Çà part dans tous les sens et présente un niveau d'approfondissement trop variable qui va du résumé d'une nouvelle au non-traitement de figures majeures (au hasard RAH), d'où la difficulté (toujours pour un néophyte) à hiérarchiser les contributions à la SF.

Certains mouvements sont aussi nettement mal évalués ou traités sans réel sens de leur importance; tant historiquement (la new-wave que Bozzetto prend pour la panacée appliquée à la SF) que quantitativement (2 pages sur 25 dans le chapitre sur les genres pour le steampunk). D'autres ne sont visiblement pas clairement perçus comme la Hard Science, où le terme est employé par Bozzetto d'une façon impropre car trop générale comme se référant à toute fiction sur les technosciences.

Il se borne à survoler la SF tout d'abord en quatre thèmes : le premier contact (en réussissant à ne pas citer Leinster ou Effremov), l'amour (et un coup de Farmer, marque d'une grande originalité), les clones (qui dérive vite et sans raison sur les réalités truquées) et les mutants. Puis en 5 auteurs classiques (Cummings -?????-, Van Vogt, Clarke, Asimov et Bradbury) et 4 auteurs complexes (sans rire), à savoir Dick, Le Guin, Vonarburg et Brussolo, les quatre derniers respectant une parité scrupuleuse (géographique et sexuelle) et un biais assez commun chez les universitaires qui confondent souvent respectabilité (ou étudiabilité) et importance réelle.

Tarrano le conquérant (RF 1963).jpg

Indigne, méprisant ses lecteurs tant il est bâclé, mal construit, laissant un place disproportionnée à la proto-SF (Frankenstein, Kepler, Cyrano...) ou aux mythes (une page sur 128 sur les dieux grecs), maniant la formule lapidaire ("Contrairement aux autres auteurs, Dick était d'abord un écrivain..." p102, sympa pour les autres) et le flou le plus total, ce livre ne mérite même pas d'être acheté (on peut toutefois le voler ou l'avoir en SP).

Note GHOR : 0 étoile

21.11.2008

_Fritz Leiber : Critical essays_

Fritz Leiber : Critical essays: Benjamin SZUMSKYJ : McFarland : 2008 : 207 pages (avec index mais délibérément sans biblio générale) : ISBN 978-0-7864-2972-1 : couverture photographique : une vingtaine d'Euros pour un trade paperback.

Fritz Leiber Critical essays.jpg

Cet ouvrage est un recueil d'essais critiques qui se veut combler le manque d'ouvrages consacrés à ce géant (^_^) véritablement transfictionnel (^_^) qu'était Fritz Leiber. Son positionnement sur plusieurs genres (SF, Fantasy & Horreur) étant de nature à nuire à une claire appréciation de ses qualités.


Composé de onze textes de longueur très varaible (de quarante à moins de dix pages), il aborde les thèmes et/ou les oeuvres suivantes :

- Le problème de la civilisation (opposée à la barbarie) principalement dans la série Lankhmar.

- Une étude détaillée sur l'expansion de la nouvelle The pale brown thing en le roman Our lady of darkness.

- Une étude par le fils de Leiber sur ses théories temporelles.

- Une autre sur la mort et la renaissance (se concentrant aussi sur Our lady of darkness).

- Les chats dans l'oeuvre de Leiber au travers de trois portraits de félins (Lucky dans The green millenium, Gummitch dans Space-time for springerset Tigerishka dans The wanderer).

The green millenium (Ace Double 30300 1969).jpg

- Une étude freudienne de The girl with the hungry eyes.

- Un texte de Joshi (un spécialiste de Lovecraft) sur la modernisation du gothique par Leiber.

- Une analyse des poèmes de Leiber.

- Une étude sur les divers pouvoirs (pas magiques mais sociétaux) dans la série Lankhmar.

- Encore un texte sur les rapports entre Lovecraft & Leiber.

- Une analyse de Gather darkness sous l'angle du passé religieux de Leiber.

A l'aube des ténèbres (RF 1958).jpg

On pourra tout d'abord noter que Leiber n'est quand même pas un des auteurs les plus mal lotis en matière d'ouvrages de référence, j'en veux pour preuve les livres suivants qui sont déjà dans ma modeste bibliothèque de référence :
Fritz Leiber.jpg         Witches of the mind.jpg

Le premier se dispersant un peu mais le deuxième étant excellent.
Fritz Leiber Gcp1.jpg        Fritz Leiber Morgenstern.jpg

Et au moins ces deux bibliographies (en deux volumes pour la première).

Ceci dit, cet ouvrage est au final assez inégal, certains textes étant très fouillés et très appuyés (le premier par exemple), d'autres étant plus légers de ton (celui sur les chats) ou franchement plus anecdotiques. C'est pour cette raison que ce livre souffre de la comparaison avec le Byfield qui a l'avantage d'un auteur unique.

Il y a aussi des articles qui appellent un approfondissement (Leiber & Lovecraft) et laissent un gout de "pas assez" qui est un peu dommage au vu de la qualité générale des réflexions.

Leiber ayant pratiqué avec réussite tous les genres frères de l'Imaginaire (tiens, je me mets à parler à la mode) : SF, Fantasy, S&S, Fantasy Urbaine, Horreur, Fantastique, l'amateur de SF ne peut que regretter la petite part consacré aux écrits de notre genre préféré.

En effet, l'ouvrage se base essentiellement sur le couple Our Lady of darkness & la série Lankhmar et fait carrément l'impasse sur des textes aussi importants (AMHA) que The night of the wolf ou les multiples nouvelles (Catch that zeppelin, The moon was green, Coming attraction) et ne fait (par exemple) que survoler la série Changewar.

Changewar (Ace 1983).jpg

On notera aussi la très petite part accordées aux nouvelles hormis The girl with the hungry eyes(du fantastique) et celles du cycle de Lankhmar (de la fantasy), alors que mes meilleurs souvenirs de l'auteur (hormis Gather darkness et The big time) sont sur ce format.

Quoi qu'il en soit, c'est un ouvrage d'une bonne tenue, qui, une fois traduit, agrémenté d'une bibliographie des VF et muni d'une de ces fameuses couvertures photographiques non-figuratives au style indéfinissable, ferait un excellent compagnon aux ouvrages sur RAH et Anderson.


Note GHOR : 2 étoiles (par rapport au Byfield)

20.11.2008

_The end of the world_

The end of the world  : Eric S. RABKIN & Martin H. GREENBERG & Joseph D. OLANDER : Southern Illinois University Press (série Alternatives) : 1983 : ISBN-10 0-8093-1033-3 : 204 pages (y compris biblio, index et notes) : une grosse dizaine d'Euros d'occase pour un HC avec jaquette.

The end of the world.jpg

Ce volume regroupe des essais sur le thème de la fin du monde (le notre ou notre univers). A l'époque (la fin de la guerre froide) ce thème, et celui plus étroit de la guerre nucléaire, a été une mine d'essais sur le sujet (Bartter, Brians, Dowling, Yoke, Seed...). Cet ouvrage est d'ailleurs chronologiquement un des premiers.

Nuclear holocausts.jpg

Il est divisé en six chapitres dus à seulement 5 auteurs. Ce petit nombre de textes est une vraie différence par rapport aux autres ouvrages de ce type (y compris ceux de la même série) qui ont traditionnellement un sommaire plus riche (plus d'une dizaine d'essais au moins). Ceci entraîne logiquement une taille des essais plus importante et un approfondissement bienvenu.

Nous avons donc au sommaire :
- "The remaking of zero" (Wolfe) : un survol de la structure "standard" des textes post-apocalyptiques, s'appuyant sur les exemples (littéraires seulement) que l'on va retrouver au fil de l'ouvrage.
- "The lone survivor" (Plank) : une histoire des typologies de fin du monde au travers des âges, celles-ci ayant par exemple changé avec les progrès scientifiques.
- "Ambiguous apocalypse" (Galbreath) : se concentre sur les fins du monde qui n'en sont pas vraiment puisqu'elles ne sont que le prélude à  un avenir glorieux malgré tout (exemple classique : Les enfants d'Icare).
- "Round trips to doomsday" (Wagar) : étudie les liens entre les théories de temps cyclique (ou en spirale) et d'apocalypse.
- "Man-made catastrophes" (Stableford) : comme son nom l'indique se focalise sur les fins du monde de nature humaine (guerre, écologie, épidémie...).
- "The rebellion of nature" (Wagar encore) : est le pendant du précédent en traitant les apocalypses dues à des causes naturelles (Nova, comète, extra-terrestres...).

Les enfants d'Icare (JL 1977).jpg

Il y a aussi une courte (4 pages) bibliographie sélective, fiction (romans) et non-fiction.

Je pense qu'il faut aborder ce livre dans on contexte de l'époque (sociétal et aussi celui du genre). En effet, sa lecture de nos jours donne l'impression d'un thème maintes fois ressassé, tant dans le domaine de l'étude (cf le nombre d'ouvrages théoriques évoqués) que dans celui de la fiction (littéraire ou cinématographique).

Histoires de fins du monde (LDP 1974).jpg

Ce thème est peut-être aussi pour nous d'une actualité moins immédiate (malgré les menaces climatiques), les scénarios de fins du monde que l'on nous propose dans la réalité étant plutôt du genre progressifs (la soft apocalypse).
Dans l'optique de l'époque, c'est donc un ouvrage original et une des premières synthèses sérieuses autour de ce thème. Mêlant SF et récits plus anciens, étayé par des exemples et des citations, il n'y a pas grand chose à reprocher à cet ouvrage (si ce n'est parfois un manque
de résumé de certains textes utilisés qu'il vaut mieux déjà connaître pour savoir de quoi parle l'auteur).

Le lecteur de 2008 (ou celui qui possède une certaine habitude de la réflexion sur le genre), sera lui victime d'une indéniable sensation de "déjà-vu" à la n-ième discussion de Miller ou de Shiel ou à la n-ième liste des catastrophes possibles.

Un cantique pour Leibowitz (Denoel 1977).jpg

 

Il n'en reste pas moins que c'est un ouvrage solide et suffisament synthétique pour figurer dans une bibliothèque de référence, même s'il existe des ouvrages plus détaillés sur certains sous-thèmes (surtout la guerre nucléaire).

Note GHOR : 2 étoiles

 

Pour l'anecdote, on notera la frappante ressemblance de la maquette de cet ouvrage avec les hardcovers de Dobson :

The brains of Earth (Dobson 1975).jpg

 

18.11.2008

_Writing science fiction_

Writing science fiction: Christopher EVANS : A&C Black : 1988 : 0-7133-3003-5 : 97 pages (dont index) : prix (d'occase) une dizaine d'Euros pour un TP. 

Writing science fiction.jpg

Cet ouvrage est un autre exemple de la fameuse catégorie des des "how-to" books, visant le marché des aspirants-écrivains (ici britanniques)en tentant de leur enseigner les 'trucs' des auteurs professionnels.

Cet ouvrage est organisé en sept chapitres traitant d'abord des spécificités de la SF puis des ingrédients nécessaires à un bon texte (Idées, Personnages, Intrigue) avant de décortiquer le processus d'écriture sur une nouvelles. Il se conclut par un chapitre sur les réécritures et sur la vente du texte fini.

Toujours pour les mêmes raisons (je ne suis pas écrivain ni même apprenti-écrivain) je n'ai pas grand chose à dire sur ce livre qui, après lecture, offre globalement les mêmes prestations que ses homologues (le Card par exemple).

How to write science fiction and fantasy.jpg


Christopher Evans est un auteur assez peu connu chez nous mais dont la production est de qualité. Il est récemment revenu avec Omega, son nouveau roman.

Omega (PS 2008).jpg

A noter que l'ouvrage est nettement centré sur la SF (la fantasy n'est pas vraiment abordée, à la différence de l'ouvrage de Card), mais c'est cohérent à la fois avec l'auteur et avec l'époque de parution où la Fantasy n'avait pas encore la part de marché qu'elle a de nos jours.

Le texte 'école' dont on suit la génése est un plus certain même si son inclusion dans son intégralité (il fait plus de de 10 pages) ne me parait pas indispensable.

Note GHOR : 1 étoile

_The multi-man_

The multi-man: Philip HARBOTTLE : éditeur non mentionné (probablement Harbottle himself) : 1968 : ill Harbottle (d'après Marchioni) : pas d'ISBN : 69 pages (pas d'index) : reliure à spirale : 12 Euros sur e-bay.

The multi-man.jpg

Cet ouvrage est consacré à John Russell FEARN (1908-1960), auteur britannique aux multiples pseudonymes, traduit en VF aux débuts du FNA et de Galaxie (1ère série).

Il se compose d'une première partie qui mêle biographie et analyse d'une partie de l'oeuvre de Fearn (y compris hors du champ SF), en tentant de dégager les qualités de l'auteur. A noter que cet essai (The ultimate analysis) existe dans divers supports.

Le deuxième partie est une bibliographie commentée (un court résumé sur quelques lignes est généralement fourni) des textes de Fearn, organisée par pseudonyme et par genre.

Fearn est un auteur, qui même en France, traîne derrière lui un lourd passif de tâcheron de la SF, fossoyeur de la "SF de qualité", auteur présumé de textes horribles publies chez des éditeurs de troisième zone sous des pseudonymes abracadrantesques.

Harbottle essaie tant bien que mal deux choses :

- rétablir une certaine vérité quand aux ouvrages vraiment écrits par Fearn (par exemple, certains titres dus à Tubb lui sont attribués) et en tout cas préciser dans quelles circonstances l'auteur a pu faire preuve d'une telle apparente productivité.

- redorer le blason de l'écrivain en montrant quelle place il peut légitimement revendiquer dans l'histoire de la SF et en quoi il a été victime d'un certain snobisme réservé aux auteurs prolifiques ou trop visibles.

La défense menée par Harbottle est certes courageuse et généreuse, mais, en ce qui me concerne manque un peu de matière pour étayer ses assertions. Elle rend en tout cas le bonhomme sympathique et est d'une lecture très intéressante et pleine d'informations sur les coulisses de l'écriture à la chaîne.

Faute d'une organisation suffisament claire (pas d'index général par exemple), la bibliographie est assez complexe à manier, alors qu'elle recèle des informations importantes (parutions dans 1GA ou au FNA).

Cette oeuvre est un vrai "labour of love" qui, au vu de son ancienneté, mériterait une mise à jour pour se rapprocher d'un ouvrage comme The tall adventurer (co-écrit par Harbottle aussi) qui est techniquement d'une autre tenue.

The tall adventurer.jpg

On pourra aussi consulter sur le sujet de l'écriture à la chaîne et les années 50 dans la SF britannique, l'excellent livre de Steve Holland : The mushroom jungle.

The mushroom jungle.jpg


Note GHOR : 2 étoiles (pour la démarche et la passion)

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