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05/01/2010

_Future imperfect : Science fact and science fiction_

Future imperfect : Science fact and science fiction : Rex MALIK (editor) : 1980 : Frances Pinter : ISBN-10 0-903804-64-6 : 219 pages (pas d'index ni de bibliographies) : coûtait 25 USD pour un HC avec jaquette avec quelques rares illustrations en N&B.

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Ce livre est la compilation des communications présentées lors d'un séminaire tenu en 1979 à St Paul de Vence sous l'égide de la firme Sperry Univac (informatique et systèmes de défense). Cette rencontre rassemblait des écrivains de SF et des professionnels de l'informatique (lourde à l'époque) dans un sorte de symposium centré autour de la futurologie cybernétique.

Colossus (AM 1968).jpg

L'ouvrage se divise en cinq parties d'inégale longueur contenant entre un et quatre textes de nature variée. On trouve par exemple une histoire de la proto-SF par I. F. Clarke, la transcription d'une sécance de brainstorming sur l'écriture d'un film de SF, une interview de A. C. Clarke, divers articles de prospective classique (sur l'informatique, les satellites, la fusion homme/machine), les résultats d'un sondage présenté comme traitant des attitudes face à la SF (en fait plutôt axé sur la perception de l'avenir), une revue des ordinateurs au cinéma et des speechs d'auteurs (ici Harrison et Van Vogt). L'ouvrage ne comporte aucune annexe (index, notes ou bibliographie).

La cité et les astres (RF 1962).jpg

L'essentiel du livre étant surtout consacré à de la prospective "sérieuse" (lire "utile au commanditaire"), la partie pouvant intéresser les amateurs de SF est assez limitée. De plus, elle ne décolle que rarement de l'anecdotique, les présentations de Harrison et Van Vogt ou l'interview de Clarke n'apportant aucune information nouvelle, l'étude sur la SF n'en étant pas vraiment une et le panorama des ordinateurs dans les films trop rapide.

Colossus (Pan 1968).jpg

Un livre qui est plus une opération de communication d'un conglomérat appartenant au complexe militaro-industriel qu'un ouvrage sérieux sur le genre. L'exercice de futurologie qu'il représente possède pour seul intérêt de pouvoir comparer les prédictions faites avec le présent. Un exercice que j'ai tout simplement la flemme de faire.

Colossus and the crab (Berkley 1977).jpg

Note GHOR : 0 étoile

01/01/2010

_Les frontières du fantastique : Approches de l'impensable en littérature_

Les frontières du fantastique : Approches de l'impensable en littérature : Roger BOZZETTO & Arnaud HUFTIER : 2004 : Presses universitaires de Valenciennes (collection "Parcours") : ISBN-10 2-905725-61-3 : 382 pages (y compris index et bibliographie) : coûtait 22 Euros pour un TP solide avec couverture à rabats, probablement disponible en neuf.

Les frontières du fantastique.jpg

Pour faire bref, cet ouvrage ressemble plus à une compilation des écrits des deux auteurs qu'à une chose structurée et pensée comme telle. Préfigurant la mode actuelle, il s'agit là d'un vaste raout multi-genres qui convie à la même table le fantastique, l'horreur, la science-fiction, la fantasy et le policier. La partie consacrée à la SF ne comprend qu'une quarantaine de pages et se divise en trois textes : le thème de la quatrième dimension dans les années 20; les liens entre Wells, Renard et Sadyn et le retour de la hard-science (en fait deux notules de lectures assemblées, l'une sur Egan et l'autre sur Bear).

La cité des permutants (LDP 2000).jpg

Je n'ai guère d'avis sur les parties ne traitant pas de la SF même si l'impression générale est celle d'un fouillis inorganisé qui part dans tous les sens au gré des récupérations de bouts de travaux des auteurs. Pour la partie que je connais mieux, c'est tellement court (d'autant plus que les autres genres phagocytent même la microscopique partie dévolue à la SF) que l'achat de cet ouvrage en devient strictement sans aucun intérêt, à moins de vouloir absolument connaître le résumé de Egan et Bear par Bozzetto (et de découvrir l'existence d'un roman appelé Slans de Van Vogt).

Darwin's children (Del Rey 2004).jpg

A éviter pour les amateurs de SF, peut-être que ceux d'autres genres y trouveront un peu plus de substance.

Note GHOR : 0 étoile

26/11/2009

_Envisioning the future : Science fiction and the next millenium_

Envisioning the future : Science fiction and the next millenium : Marleen S. BARR (editor) : 2003 : Wesleyan University Press : ISBN-10 0-8195-6652-7 : xxi + 205 pages (pas d'index) : coûte 23 USD pour un TP, en neuf pour un grosse quinzaine d'Euros.

Envisionning the future.jpg

Cet ouvrage est un hybride assez particulier. Sous la direction de Marleen S. Barr, une spécialiste des relations entre féminisme et SF (on lui doit par exemple le recueil d'essais Lost in space), il rassemble à la fois des textes de fiction (inédits pour la plupart, me semble t-il) et des essais théoriques sur la question de "notre relation avec le futur au travers du double prisme de la SF et des cultural studies" pour paraphraser la quatrième de couverture.

Lost in space (Barr).jpg

Après une longue préface et une introduction (bourrée de spoilers) en partie consacrées à une sculpture (Quantum cloud de Gormley) qui semble être importante pour l'auteur, l'ouvrage se divise en quatre parties principales : "Future past" (texte de Postman sur le 18ème siècle, fiction de Gunn datant de 1989); "Future present" (essai de Suvin sur We de Zamyantine, fictions de Zebrowski et Ellison); "Future Perfect" (fictions de Barr, Sargent et Piercy, texte de Braidotti sur les cyborgs féminins) et "Future Critical" (texte de Parrinder sur la SF située dans un futur "intermédiaire", méta-fictions de Robinson et Rabkin, billet de Mosley). Les essais sont parfois suivis d'une bibliographie des ouvrages cités mais l'ensemble ne comporte pas d'index.

quantum_cloud.jpg

Parfois, on peut se demander pour quelle raison certains livres sont publiés. C'est le cas de cet ouvrage qui n'a globalement ni queue ni tête et pas plus de raison d'être. Le mélange de la fiction et de la non-fiction est toujours un art assez difficile vu que les publics visés possèdent probablement des motivations différentes pour lire chaque type de texte. Dans ce cas précis, cette difficulté est multipliée par le fait que l'ensemble n'a aucun sens et que les contributions prisent individuellement sont d'un niveau assez faible et mêmes pas toutes inédites.

Human voices (Five star 2002).jpg

Plombé dès l'introduction qui nous raconte d'avance toutes les fictions, sentant bon l'autopromotion (Barr nous y inflige sa propre nouvelle à message, d'une médiocrité attristante), d'une rapport parfois nul avec le genre (Postman) ou traitant de textes antédiluviens et peu importants pour l'évolution du genre (Suvin), cet ensemble fleure bon l'artefact feministo-postmoderniste branchouille avec références obligatoires aux écrits de Haraway ou de Robinson et participation de légendes de la cause comme Sargent ou Piercy.

Femmes et merveilles (Denoel 1975).jpg

Un "truc" globalement illisible et qui défie toute logique. A oublier rapidement.

 

Note GHOR : 0 étoile

20/11/2009

_L'encyclopédie de la Science-Fiction_ (Piton & Schlockoff)

L'encyclopédie de la Science-Fiction : Jean-Pierre PITON & Alain SCHLOCKOFF : 1996 : Jacques Grancher (série "Dico Compil'") : ISBN-10 2-73390515-5 : 406 pages (y compris deux cahiers photographiques, bibliographie, vidéographie et index) : coûtait 149 FF pour un TP.

L'encyclopédie de la SF (Piton & Schlokoff).jpg

Visiblement soutenu par divers sponsors (la radio FIP, le magazine L'écran fantastique pour lequel oeuvrent d'ailleurs les auteurs), ce livre est une tentative purement francophone de créer une encyclopédie du genre. D'une orientation affichée comme étant délibérément mutli-média (SF écrite, BD, cinéma, télévision), on notera toutefois le fait que les auteurs sont tous les deux des spécialistes du cinéma.

Darkstar (Futura 1979).jpg

Débutant par une préface d'Andrevon, le livre est structuré d'une façon classique pour une encyclopédie avec une suite d'entrées relativement courtes classées par ordre alphabétique (de Abattoir 5 -le film- à Karel ZEMAN - un réalisateur tchècoslovaque). Il en existe trois types principaux : pour les personnages importants du genre (auteurs, réalisateurs, scénaristes, techniciens), pour les oeuvres individuelles (films et séries télévisées) et enfin pour certains thèmes (de l'Atlantide aux Voyages dans le temps) sous un format légèrement différent. Une bibliographie secondaire, une vidéographie (très courte) et un index (des noms propres uniquement) clôturent l'ouvrage qui offre aussi deux cahiers photographiques (N&B, photos de films ou séries exclusivement) de huit pages sur papier glacé.

Le trou noir (JL 1980).jpg

En tant qu'amateur de SF plutôt branché littérature, je dois avouer ne pas être très satisfait de cet ouvrage. Tout d'abord par le choix même des entrées traitées qui révèle un énorme biais en faveur du cinéma. Même si celui-ci est prévisible au vu du pedigree des auteurs, il me parait assez ahurissant de mettre au même niveau d'importance pour le genre des maquilleurs (Stuart FREEBORN, Jack PIERCE) ou des techniciens d'effets spéciaux (Ron COBB, Art CRUICKSHANK, Jim DANFORTH, etc.) et des auteurs comme ASIMOV, CLARKE ou HEINLEIN. Non pas que le professionnalisme et les qualités des premiers soient à mettre en cause mais leur influence réelle sur le genre n'est pas du même ordre que celle des derniers. C'est quand même là un des critères fondamentaux d'inclusion dans une encyclopédie qui ne comporte que 500 notices (et qui donc n'offre qu'une couverture limitée). Globalement il s'agit essentiellement d'une encyclopédie tournant autour du cinéma de SF (certains auteurs sont inclus de par l'existence d'adaptations de leurs oeuvres sur grand écran) et qui pourra aussi mécontenter les amateurs de BD ou de comics et ceux de séries télévisées tant ces modes d'expression sont réduits à la portion congrue.

Starman (JL 1985).jpg

Outre ce problème persistant de pertinence des notices (par exemple des choses aussi anecdotiques que le film Dr Jerry et Mister Love ont droit à leur entrée mais pas la série Valérian), la qualité de ces dernières laisse fortement à désirer, en particulier sur la SF écrite. Dès la première notice (celle sur Brian ALDISS) on apprend pêle-mêle que Aldiss, Ballard, Disch et Moorcock sont des écrivains des années 40, que les protagonistes de Croisière sans escale se retrouvent des millions d'années en arrière et que, à contrario, l'action de Le monde vert ne se situe seulement que dans plusieurs milliers d'années. Je passe sur les détails techniques comme des articles qui sont censés exister mais que l'on ne trouve pas (Michel JEURY), des formats de notules à géométrie variable ou un mode de calcul qui donne une peu plus de 60 ans en 1977 pour un auteur né en 1919 (Frederik POHL).

Le monde vert (JL 1974).jpg

Un livre à la fois trompeur dans son titre et son objet réel et qui, pour la partie que je connais un peu, souffre d'un évident manque de sérieux. A ce tarif, c'est plutôt triste.

The long afternoon of earth (Signet 1979).jpg

Note GHOR : 0 étoile

28/10/2009

_Microworlds _

Microworlds : Stanislaw LEM : 1986 (reprise d'un HC paru en 1984) : Harcourt Brace Jovanovich : ISBN-10 0-15-659443-9 : 285 pages (y compris bibliographie de Lem, pas d'index) : coûtait 6 USD pour un TP, se trouve d'occase aisément.

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Cet ouvrage est donc la réédition en format plus accessible d'un ouvrage initialement paru en 1984 en format relié chez le même éditeur, celui qui publiait la SF de Lem aux USA. Stanislaw (Stanislas en VF) est le principal auteur de SF polonais et en tout cas le seul qui ait une renommée qui dépasse les frontières de son pays. A la fois auteur (assez à la mode dans les milieux académiques dans les années 80) et théoricien du genre, il reste actuellement plutôt inconnu de la majorité des amateurs du genre.

Eden (Marabout 1972).jpg

Ce livre est un recueil de textes datant des années 70 (sauf trois plus récents) lorsque Lem, principalement grâce aux efforts de son traducteur et agent Franz Rottensteiner, a percé sur la scène de la SF mondiale (lire US). Il contient dix essais de longueur variable (du moins de dix à soixante pages) qui ont pour particularité d'être traduits en anglais à partir de diverses langues (il s'agit donc parfois de traductions de traductions).  Parus généralement dans la revue Science Fiction Studies, ces textes comportent un segment autobiographique, diverses considérations sur la SF, des articles thématiques (la cosmologie dans la SF, les récits de voyages dans le temps) ou se concentrent sur des textes (Stalker) ou des auteurs précis (Dick, Borges). Une bibliographie des écrits de Lem sur le genre se situe en fin d'ouvrage, lequel ne comporte pas d'index.

Le bréviaire des robots (Denoel 1966).jpg

Les amateurs d'histoire de la SF savent que Lem a un lourd contentieux avec le genre ou du moins avec les pratiquants américains de celui-ci (voir "The Lem affair" sur le net). La lecture de ce livre, délibérément polémique (aux dires de Lem) mais au final plutôt simplement puant, permettra d'en comprendre les raisons. Il commence assez fort, par une autobiographie dont la modestie ferait paraître Asimov comme un modèle de retenue. On y apprend incidemment que le QI de Lem est de 180 et qu'il est, semble t-il, l'enfant le plus intelligent de tout le sud de la Pologne. Héros de la Résistance, homme de lettres, homme de science, se comparant à Einstein, des esprits chagrins pourrait trouver le choix de carrière d'écrivain de SF un peu surprenant de la part d'un homme aussi doué.

Les voyages électriques d'Ijon Tichy (Denoel 1980).jpg

Les deux textes suivants (les plus longs du recueil) sont une attaque au vitriol de la SF (américaine, les britanniques n'étant, dans une optique assez typique du bloc communiste, que de simples supplétifs des Yankees). Pour faire court, les écrivains de SF sont des prostituées, le genre une maison close à la solde d'éditeurs-souteneurs (il s'agit là exactement des mots de Lem qui semble manifester un certaine obsession pour la chose péripatéticienne), les lecteurs une bande de débiles et les fans ou les commentateurs du genre (Blish, Knight) un troupeau d'idiots qui singent les protocoles de la grande littérature. Heureusement qu'il y a la sainte trinité formée de Dick, Borges et les Strougatsky qui est la seule à pouvoir nous extraire de notre fange. On pourra donc comprendre aisément qu'un tel discours, qui franchit allègrement les bornes de la correction, ait pu provoquer une certaine ire au sein de la SFWA qui expulsera d'ailleurs Lem de ses rangs.

Mémoires trouvés dans une baignoire (LDP 1978).jpg

Sur le fond, les reproches de Lem ne sont ni dénués d'une certaine réalité, ni très originaux (voir par exemple Malzberg ou même Knight pour la croisade anti Van Vogt) mais la manière est particulièrement (délibérément ?) insultante pour l'ensemble des acteurs du genre (chacun est vilipendé à son tour), une attitude qui ne favorise guère le débat. La première idée qui vient à la lecture est d'ailleurs de penser qu'un personnage qui a su se tailler une si belle place au sein du monde officiel des lettres d'une dictature communiste est sûrement un expert es putasseries et compromissions. De plus, l'argumentaire de Lem sur les turpitudes de la SF US est parfois un peu léger et donne l'impression d'être plus une déduction de seconde main que le résultat d'une connaissance réelle. Il est par exemple assez surprenant de voir Dick et Van Vogt comparés à longueur de pages (le second étant bien sûr le plus mauvais des deux) sans que le bête fait que leurs oeuvres aient des décennies d'écart ne soit mentionné. On passera aussi sur le couplet laudatif obligatoire relatif aux Strougatsky écrivains d'un pays frère.

Solaris (Rencontre).jpg

Au final un livre que sa stridence dessert et qui n'améliorera pas l'image de Lem désormais plus attachée à un film où on voit les fesses de George Clooney qu'à ses oeuvres littéraires. Une remarque peu élégante de ma part mais bien du niveau de cet ouvrage.

 

Note GHOR : 0 étoile