30.04.2009

_Who shaped science fiction ?_

Who shaped science fiction ? : Robert SABELLA : Kroshka Books : 2000 : ISBN-10 1-56072-520-6 : 281 pages (pas d'index, bibliographie secondaire) : une vingtaine d'Euros en neuf pour un HC.

Who shaped science fiction.jpg

Pour cet ouvrage, l'auteur est parti d'une idée très originale. Plutôt que de faire une n-ième liste des 100 meilleurs auteurs ou des 50 meilleurs livres ou des 350 meilleures nouvelles, pourquoi ne pas essayer de déterminer quels ont été les 100 personnages les plus influents de la SF, sachant qu'il s'est délibérément restreint à une perception américaine du genre. Histoire de corser la difficulté, Sabella a en plus décidé de classer ces 100 acteurs du genre par influence décroissante.

Ces principes nous donnent donc un ouvrage au schéma assez simple. Il y a exactement 100 articles classés par ordre d'importance, du premier et plus important (John W. Campbell) au centième (Kim Stanley Robinson). Chaque entrée consiste en une mini-biographie de la personne (entre une et deux pages) suivi d'une mini-chronologie (une demie-page). La biographie est clairement orientée afin de permettre au lecteur de comprendre pourquoi son sujet est crédité d'une influence sur le genre. Sabella inclut dans ses 100 sélectionnés des auteurs (la grosse majorité), des éditeurs, des rédacteurs en chef, des cinéastes ou des hommes de télévision, assurant ainsi une couverture large du genre. En seule annexe, on notera la présence d'un bibliographie secondaire squelettique (voir plus bas).

La machine suprême (RF 1963).jpg

Ma première réaction à ce livre a été de trouver l'idée excellente, particulièrement originale et courageuse, la plupart des best-of de ce type n'osant jamais aller jusqu'au classement réel.

Bien sûr, on pourra toujours discuter justement de ce classement dont je vous livre les dix premiers : 1) Campbell, 2)Wells, 3)Heinlein, 4) E. R. Burroughs, 5) Gernsback, 6) E. E. Smith, 7) Verne, 8) Stapledon, 9) Wollheim et 10) Clarke. En ce qui me concerne, je le trouve parfaitement cohérent avec la perception du genre (de son histoire, de ses mouvements ou de ses fondateurs) telle qu'elle est aux USA. Par exemple, à la différence de la France, les éditors y ont été beaucoup plus influents (on en trouve logiquement trois dans les dix premiers). On peut aussi noter l'ombre de RAH et d'auteurs prisés des américains. On sera donc surpris si l'on compare avec la situation de la SF traduite en francophonie de ne trouver Dick qu'en 15ème place, Van Vogt en 69ème et Vance en 70ème alors que leur influence sur le genre est, chez nous, nettement plus marquée.

Le dieu venu du Centaure + bandeau (OPTA 1974).jpg

Je suis nettement plus dubitatif en ce qui concerne les entrées elles-mêmes. Pour être franc, elles m'ont fait l'impression, à la lecture, de n'être constituées que de collages de divers éléments d'analyse ou biographiques pris çà et là dans une minorité d'ouvrages de référence. Cette regrettable impression est hélas confirmé par la bibliographie des ouvrages utilisés qui se réduit à une petite demie-douzaine d'ouvrages (le C&N, Trillion year spree, le 20th century SF writers de Curtis Smith et les oeuvres complètes de Sam Moskowitz). Les notes relatives à chaque article confirment d'ailleurs le fait que quasiment aucune autre source n'a été utilisée.

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Même si ces sources sont généralement excellentes (on mettra un bémol pour les Moskowitz), je trouve un peu dommage que Sabella ne soit pas allé plus loin que la paraphrase. Il ne manque pourtant pas d'ouvrages pointus sur ces cent personnes, ouvrages qui auraient pu permettre à l'auteur (s'il les avait synthétisés) de faire la différence en apportant sa propre analyse.

Au final un ouvrage décevant (il y a aussi quelques erreurs comme le fait de parler à longueur de livre de Brian STAPLEFORD) gâchant une bonne idée par une réalisation trop superficielle même si son classement est parfaitement valable. Il peut être utilisé pour faire découvrir rapidement les principaux acteurs du genre mais n'est pas assez fouillé pour permettre d'aller beaucoup plus loin.

Note GHOR : 1 étoile

29.04.2009

_Alfred E. Van Vogt : Parcours d'une oeuvre_

Alfred E. Van Vogt : Parcours d'une oeuvre : Joseph ALTAIRAC : Encrage (collection Références #14) : 2000 : ISBN-10 2-251-74104-6 : 167 pages (y compris suppléments) : 10.67 Euros (à l'époque) pour un petit TP.

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Paru dans une prometteuse (mais trop tôt arrêtée) collection de monographies d'auteurs de littérature populaire (Polar, SF, Horreur), cet ouvrage est un des rares livres consacrés à Van Vogt. Cet auteur important n'a été que peu étudié d'une façon approfondie puisque quasiment seuls Drake (voir par exemple http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/04/08/a-e-van-vog...) et Altairac s'y sont attaqué d'une façon significative.

Après une courte introduction qui place immédiatement Van Vogt dans le registre de la fascination souvent ressentie pour cet écrivain, l'essai se poursuit par une partie biographique d'une vingtaine de pages qui divise la vie de l'auteur en grandes périodes (jeunesse au Canada, Astounding, Hubbard et la dianétique...).

Astounding 1945-09.jpg

La partie suivante ("Un prestidigitateur cosmique") constitue le coeur de l'ouvrage et passe en revue les nombreuses facettes de l'écrivain. Sont abordés successivement les techniques d'écriture chères à Van Vogt (les fameuses scènes de 800 mots ou le concept de fix-up), ses thèmes favoris (le surhomme, la conscience, la dictature), ses marottes (la dianétique, la sémantique générale), ses lubies (son usage si particulier de la science). Un point est aussi fait sur les héritiers de Van Vogt (en particulier Philip K. Dick) et d'une façon plus générale sur son influence sur le genre.

On trouve ensuite une partie réservée à une analyse détaillée (une vingtaine de pages) de la réception critique de Van Vogt en France, traitée par le biais des positions des principaux acteurs du genre (Klein, Sadoul, Duvic...).

La faune de l'espace (JL 2T1971).jpg

Suit un autre gros morceau pour un auteur comme Van Vogt spécialiste de la transformation ou des fusions de textes, la bibliographie. Ici elle traite à la fois la VF (complète) et la VO (premières éditions ou parutions seulement) dans l'ordre chronologique quelle que soit la longueur (roman ou nouvelle) ou le type du texte (article ou fiction). Elle est aussi abondamment commentée tant sur les aspects purement "techniques" (composition pour les fix-ups, révisions) que sur le texte lui même avec à la fois l'avis de l'essayiste et de nombreux critiques.

On trouve en fin de volume un index de la bibliographie primaire, une bibliographie secondaire et une chronologie de la vie de l'auteur.

A la poursuite des slans (RF 1954).jpg

Il n'y a pas grand chose à dire de négatif sur cet ouvrage qui aborde un auteur controversé d'une façon qui réussit à communiquer un certain enthousiasme pour l'auteur sans tomber dans l'adulation aveugle (la partie sur la science à la sauce AEVV est savoureuse de férocité). Le propos est entraînant et on sent une véritable affection pour l'auteur et une grande tendresse pour certains de ses délires.

Même si la biographie ne s'écarte guère des sentiers balisés et que la bibliographie est basée sur des travaux antérieurs, la partie consacrée à la perception de l'auteur par le monde de la SF française est particulièrement originale et novatrice.

L'exercice (particulièrement ardu) de la bibliographie est très bien réalisé, avec seulement quelques points de détails discutables : des titres donnés comme alternatifs qui n'existent pas (ce sont plutôt des titres de travail), un index qui omet les recueils de nouvelles, une bibliographie secondaire qui aurait pu être étoffée (on pensera au livre de Myers sur la linguistique qui parle pas mal de l'auteur, voir http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/02/04/aliens-and-...) et parfois une impression d'effacement de la voix d'Altairac devant celle d'autres critiques. Ces éléments mineurs sont bien sûr largement compensés par la présence de certaines éditions peu connues et des explications nombreuses sur les multiples variantes des oeuvres de Van Vogt.

Invasion galactique (LGLDM 1991).jpg

Au final un livre très plaisant à lire, documenté et solidement construit, qui permet à certains d'entre nous de se souvenir avec émotion pourquoi ils trouvaient Van Vogt si "fascinant".

 Note GHOR : 3 étoiles

28.04.2009

_Alien encounters : Anatomy of science fiction_

Alien encounters : Anatomy of science fiction : Mark ROSE : toExcel : 1999 : ISBN-10 1-58348-533-3 : 216 pages (y compris index et notes regroupées en fin de volume): Quelques Euros pour un TP.

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Tout d'abord, il me paraît important de préciser que cet ouvrage là est en fait une ré-impression (non modifiée) d'un essai publié initialement en 1981 aux presses universitaires de Harvard (il s'agit visiblement d'une photo-reproduction de l'ouvrage original). En effet, la réflexion de Mark Rose, un des théoriciens de la SF de l'époque est fermement ancrée dans les années 70.

Cet essai est basé sur l'idée que le paradigme de base de la SF est l'aliénation, un terme qui se prête bien à diverses interprétations, celle littérale de rencontre de l'autre et celle plus sociétale developpée par Marx ou Freud.

Après un premier chapitre qui, exercice habituel, tente de définir le SF (ici un genre en opposition mutuelle avec le réalisme et la fantasy) et d'en brosser un historique (qui pour Rose ne commence pas à Frankenstein mais plus tardivement en fin du XiXème siècle), l'auteur va développer son paradigme dans le deuxième chapitre ("Paradigm"). Pour l'illustrer, il va ensuite l'appliquer à plusieurs classes d'objets, ce qui donne quatre chapitres qui abordent donc successivement les possibles aliénations par rapport à la nature ("Space"), à l'histoire et aux processus historiques ("Time"), à l'automatisation ("Machine") et par rapport à soi-même ("Monster").

Frankenstein (Marabout 1971).jpg

Globalement la réflexion de Rose n'appelle guère de critiques quand on la replace dans le contexte de la réflexion sur la SF de la fin des années 70, période où elle en est à ses débuts théoriques (Suvin, Wolfe). Les deux premières parties sur la constitution du genre sont d'un fort bon niveau et apportent des idées novatrices sur les processus à l'oeuvre dans la création d'un nouveau genre et son évolution (en trois temps pour Rose). La technique de récupération après-coup de grands anciens (Cyrano, Swift) est particulièrement pertinente.

En ce qui concerne le thèse centrale de Rose (la SF comme littérature de la rencontre avec l'autre), elle est assez classique pour être considéré comme pertinente même si elle conduit l'auteur à des classifications parfois arbitraires. Ceci conduit les derniers chapitres à parfois être plus une liste des variantes d'un même thème qu'une réflexion clairement dirigée.

Ce côté un peu "catalogue" peut paraître artificiel mais il faut reconnaître à Rose une grande varité dans le choix de ses exemples. Toutes les facettes du genre sont convoquées, tant en matière de médias (romans, nouvelles, films) que d'origines géographiques (qui dépasse largement le cadre anglo-saxon) ou d'écoles (du space-opéra d'Hamilton à la new-wave de Zoline).

Planète interdite (RF 1957).jpg

Au final c'est en fait un ouvrage assez court (pas beaucoup de pages ni de lignes par page) qui peut offrir une bonne base de départ pour débuter dans la réflexion sur le genre. Son âge est toutefois à prendre en compte à la fois pour l'originalité de sa démarche mais aussi pour la pertinence de ses démonstrations.

Note GHOR : 2 étoiles

27.04.2009

_Sci-Fi art : A graphic history_

Sci-Fi art : A Graphic history : Steve HOLLAND (et al.) : Collins Design : 2009 : ISBN-13 978-0-06-168489-0 : 192 pages (y compris index) : une vingtaine d'Euros pour un assez gros TP avec rabats (pour la solidité voir plus bas).

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Cet ouvrage se veut un panorama historique des diverses formes d'art SF de ces 150 dernières années sous l'angle graphique. C'est une collaboration entre divers spécialistes sous la direction de Steve Holland, qui est lui un expert de la SF (et de la littérature populaire) britannique (on lui doit l'excellent The mushroom jungle chez Zeon).

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Physiquement l'ouvrage est à mi-chemin entre le coffee-table book et le recueil d'illustrations et adopte un format carré. Il est organisé en six parties principales d'une longueur variable qui abordent chacune un des pans de l'art graphique dans la SF :

- "Foundations of SF art" qui traite des pionniers, ici dans un sens assez large puisque allant du 19ème siècle jusqu'à la fin de la 2GM. Logiquement (faute de matière en terme de livres de SF), cette partie se concentre sur les magazines puis sur les pulps spécialisés.

- "Book covers & magazines" prend le relais et couvre la production d'illustrations SF depuis 1945. Ici la proportion s'inverse puisque le livre devient le support principal des oeuvres.

A hole in space (Orbit 1975).jpg

- "Comic books" passe dans le monde de la bande dessinée (pour nous autres francophones) et aborde l'ensemble de cet univers dans ses déclinaisons "locales" (comics, manga).

- "Concept art" est une partie un peu fourre-tout où se mêlent les dessins astronomiques de Bonestell, les projets de décors pour le cinéma ou la SF télévisuelle.

- "Cinema art" ne s'occupe que de la partie illustration et non pas du cinéma en général, essentiellement par le biais des affiches et des films d'animation.

- "Other media" rassemble, comme son nom l'indique, tout ce qui est illustré et en rapport avec la SF mais ne rentre pas dans les catégories précédentes : boîtes de jeux vidéos, jouets, pochettes de disques...

Chacune de ces parties se subdivise en petits chapitres (souvent sur une double page) qui sont soit consacrées à une partie de l'histoire globale du domaine en fonction des tendances saillantes (les pulps des années 30 & 40), soit à un thème encore plus précis, souvent un artiste (Powers, Foss, Paul, Hardy, Berkey, Freas) ou une oeuvre (Dan Dare,le RPG Final Fantasy).

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Cet ouvrage remplit parfaitement le rôle qui lui est assigné, à savoir brosser un histoire des représentations graphiques de la SF. Il est servi par une iconographie de qualité qui présente des reproductions de bonne qualité (sur un bon papier) mises en valeur par le choix d'illustrations pleine page et l'usage très limité de vignettes ce qui permet d'apprécier le travail des artistes, y compris pour les planches de BD.

On appéciera la grande maitrîse du sujet par les intervenants (du moins pour les domaines que je connais), puisque le nombre de coquilles ou d'erreurs est minime. De plus, cette histoire est véritablement internationale au sens où elle ne se borne pas aux USA. La partie britannique est developpée et elle fait aussi une large part à des artistes francophones, en particulier dans la BD (on nous parle de Mezières, Robida, Moebius, Topor/Laloux, Druillet).

Sur les terres truquées.jpg

Le seul gros grief que j'ai est de l'ordre de la technique et de la qualité physique du produit. En effet mon exemplaire neuf, pourtant manié avec précaution (lu une seule fois), est en train de déjà partir en lambeaux : la couverture est presque désolidarisée et les cahiers se séparent. Le collage de l'ouvrage est visiblement d'une légèreté impressionnante et incongrue pour un recueil d'illustrations que l'on peut penser destiné à être ouvert à plat afin d'en profiter au mieux. A cela s'ajoute l'utilisation de pages de gardes noir mat du genre de celles qui gardent bien les traces de doigts.

Il est vraiment dommage que la qualité ne soit pas au rendez-vous pour cet ouvrage qui n'est pas vraiment donné. Il reste à espérer que cela n'affecte que mon exemplaire. C'est en tout cas un bonne initiation à l'histoire graphique du genre, très agréable à lire mais qui reste évidemment très schématique compte tenu de la faible quantité de texte.

Note GHOR : 2 étoiles (en ne tenant pas compte de l'auto-destruction de mon exemplaire, 0 étoile sinon) 

24.04.2009

_Aldiss unbound_

Aldiss unbound : The science fiction of Brian W. Aldiss : Richard MATHEWS : Borgo Press (série Milford/Popular writers of today #9) : 1977 : ISBN-10 0-89370-213-7 : 64 pages (y compris bibliographie sommaire mais pas d'index comme d'habitude) : 2 USD à l'époque pour un TP, semble pouvoir se trouver assez facilement d'occase mais à des prix assez élevés.

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Cet ouvrage fait partie de la longue série (il doit presque y en avoir une centaine) des guides Borgo consacrés à divers auteurs de SF. A ce titre il en partage globalement le format, à savoir une analyse se fondant essentiellement sur les textes de l'auteur plus que sur des éléments biographiques ou sociétaux. 

Dans son essai, Richard Mathews fait le choix d'une approche plus thématique que chronologique. Après une courte introduction, il aborde d'abord les premiers recueils de nouvelles (comme Who can replace a man ?) puis passe en revue les romans d'Aldiss en les groupant par affinités (le chaud et le froid, les satires, les revisitations de textes canoniques comme Frankenstein...). Il finit par The malacia tapestry, un roman qui n'appartient pas vraiment au genre. Je ne puis être plus précis parce que cet ouvrage présente la particularité de ne pas être organisé en chapitres puisque les 61 premières pages forment un bloc monolithique juste interrompu par des sous-titres.

Who can replace a man (Signet 1972).jpg

La fin du livre est consacrée (comme le veut l'usage de la série) à une micro-biographie (expédiée en 10 lignes) et une bibliographie succincte qui recense uniquement les livres d'Aldiss (y compris les anthologies qu'il a édité) dans leur édition originale. 

Frankenstein délivré (OPTA 1975).jpg

Comme souvent avec cette série, les contraintes du format choisi, très (trop) court pour des auteurs à la production importante comme Aldiss, font que l'on peut ressentir une impression de superficialité, impression renforcée par la part importante prise par les relations des intrigues des textes discutés. Malgré tout et vu sa date de parution, ce petit opus permet de lire des analyses sur des textes rarement abordés dans les études ultérieures sur Aldiss qui ont tendance à se focaliser sur les classiques (Hothouse, Helliconia ou les textes aux limites du genre). Il est donc intéressant dans son traitement poussé de romans 'mineurs' comme The interpreter (aka Bow down to nul) ou The primal urge.

The interpreter (Four Square 1970).jpg

On pourra regretter une lisibilité plutôt faible tant le texte est (physiquement) dense avec l'utilisation d'une petite police et un manque total d'aération. La bibliographie est squelettique mais c'est recurrent chez Borgo (pour d'évidentes contraintes de place), on pourra toutefois y remédier en utilisant The work of Brian W. Aldiss chez le même éditeur.

The work of B W Aldiss.jpg

Au final, une bonne introduction à l'auteur offrant logiquement une analyse peu fréquente des oeuvres de son début de carrière. Malgré tout, il ne faudra pas oublier l'âge du livre (plus de trente ans) si l'on veut se faire une idée correcte de la trajectoire de l'écrivain.

Note GHOR : 2 étoiles

23.04.2009

_Age of wonders : Exploring the world of science fiction_

Age of wonders : Exploring the world of science fiction : David G. HARTWELL : Tor : 1996 : ISBN-10 0-312-86235-0 : 319 pages (y compris diverses annexes mais pas d'index) : 16 USD à l'époque pour un TP.

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Cet ouvrage est dû à la plume de David Hartwell, un des editors US les plus respectés, en particulier pour son travail chez Tor, un éditeur qui est probablement le meilleur sur la place. Il compile tous les ans son best-of (série Year's best SF XX, qui aura sa 14ème livraison cette année) et participe à la revue critique NYRSF.

Year's best SF (HarperPrism 1996).jpg

Ce fin connaisseur du genre nous propose autre chose qu'un ouvrage historique au sens strict du terme. Il nous convie plutôt à une promenade dans le genre à ses côtés. Cet ouvrage de 1996 est une version revue et étendue d'un précédent livre de 1984 (qui portait le même titre). Organisé en douze chapitres d'une vingtaine de pages groupés en quatre parties (l'attrait de la SF, les mondes de la SF, les principaux acteurs et l'avenir du genre), il balaye les différents aspects de la SF. Pêle-mêle et entre autres, il présente une histoire schématique du genre (tendance Gernsbackienne), il s'attarde sur son côté prédictif, consacre un chapitre spécifique à la new-wave, s'intéresse pas mal au fandom et à ses rélations houleuses avec la critique littéraire "officielle" (un chapitre est d'ailleurs titré par la célèbre citation "Let's get SF back in the gutter where it belongs") ou explore les origines du terme "science fiction".

Hartwell nous fournit en fin d'ouvrage plusieurs bonus : un glossaire du fanspeak, une bibliographie secondaire très sélectionnée (7 titres seulement, un record de concision), les 165 meilleurs livres de SF, et trois articles visiblement rajoutés (un sur la Hard Science, un sur la Fantasy et un sur le métier d'editor).

Northern suns (Tor 1999).jpg

Ce livre est en fait une sorte d'hommage à la SF et à sa capacité à nous émerveiller, comme l'indique bien le titre du premier chapitre "The golden age of Science Fiction is twelve". Ce n'est donc pas un ouvrage critique ou froidement analytique même si le théoricien qu'est Hartwell (il possède un doctorat en littérature) perce toujours sous l'amateur. Cela donne un livre qui se parcourt avec plaisir et qui, malgré sa légèreté de surface, livre des analyses pertinentes sur les rapports de force autour du genre, que ce soit en interne avec l'épisode de la new-wave et du contrecoup des années 80 ou en externe avec les universitaires voulant s'occuper de nous.

On regrettera juste les appendices finaux, un peu légers (bibliographie), incongrus (un dictionnaire du fanspeak pour un ouvrage qui n'en contient guère) ou simplement mis bout à bout sans être intégrés à l'ensemble (les trois derniers articles).

Finalement un livre très plaisant à lire, qui n'apportera pas de révélations ni de précisions essentielles mais permet de se remémorer pourquoi nous lisons de la SF.

Note GHOR : 2 étoiles 

22.04.2009

_The age of chaos : The multiverse of Michael Moorcock_

The age of chaos : The multiverse of Michael Moorcock  : Jeff GARDINER : The British Fantasy Society : 2002 : ISBN-10 0-9538681-1-7 : 115 pages (y compris bibliographie mais sans index) : coûtait à l'époque 8 GBP pour un TP à la couverture qui se dépellicule déjà, semble aussi exister sous forme de HC. 

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Publié sous les auspices de la BFS, une organisation de fans britanniques, cet ouvrage nous propose un parcours dans le fameux multivers de Moorcock. Sous ce terme de son invention, Moorcock tente de bâtir un ensemble cohérent de textes qui partagent un même cadre et offrent de nombreuses inter-connections, parfois au prix d'altérations des textes initiaux par l'auteur (comme par exemple la modification de la fin de The steel tsar).

Le tsar d'acier (OPTA 1985).jpg

Cet essai est organisé d'une façon assez classique en une dizaine de chapitres faisant souvent moins de dix pages. Les deux premiers sont le récit de la carrière littéraire de Moorcock (sa période New Worlds, sa période Heroïc Fantasy...) et abordent les textes de l'auteur que l'on ne peut pas facilement rattacher au multivers. Les chapitres suivants s'attachent parfois à une seule oeuvre (Gloriana) mais traitent le plus souvent un des nombreux sous-ensembles du cycle par le biais de leur héros récurrent (Jerry Cornelius, le colonel Pyat, Elric, Von Bek).

L'ouvrage se termine par un bibliographie essentiellement basée sur les omnibus publiés par Millenium/Orion et la présentation de quelques sources secondaires.

Le seigneur des airs (OPTA 1976).jpg

Il est clair qu'avec un univers aussi vaste, riche de plusieurs dizaines de romans, cet ouvrage ne peut que survoler l'oeuvre de Moorcock. Du coup, Gardiner se trouve contraint, faute de place, à une analyse très légère et qui ne sort guère des sentiers battus (Elric comme agent du chaos, Gloriana comme métaphore de la Grande Bretagne, Cornelius comme James Bond négatif...). Seule la partie consacrée à Gloriana est plutôt originale et approfondie avec une louable attention portée aux révisions révélatrices du texte faites par Moorcock entre les diverses éditions.

Elric le nécromancien (TF 1981).jpg

Il est aussi dommage que la partie bibliographique proprement dite soit si succincte tellement le sujet est complexe. On se reportera plutôt à la bibliographie de Bilyeu (The Tanelorn archives) ou au guide de lecture de Davey. Ces ouvrages, même s'ils sont plus anciens (1981 & 1995 respectivement), montrent la grande technicité nécessaire pour aborder un tel sujet.

The tanelorn archives.jpg   Michael moorcock A reader's guide.jpg

Au final, ce petit opus est une bonne introduction à cet immense multivers mais sa faible longueur et ses prétentions bibliographiques limitées le cantonnent dans ce rôle de point d'entrée.

Note GHOR : 2 étoiles

21.04.2009

_Against the night, the stars : The science fiction of Arthur C. Clarke_

Against the night, the stars : The science fiction of Arthur C. Clarke : John HOLLOW : Ohio University Press : 1987 (il s'agit d'une réédition augmentée d'un ouvrage paru chez HBJ de 1983) : ISBN-10 0-8214-0862-3 : 217 pages (pas d'index mais courte bibliographie primaire et secondaire)  : valait à l'époque 10 USD pour un TP.

Against the night, the stars.jpg

Il existe plusieurs ouvrages consacrés à A. C. Clarke, chose logique vu son statut comme l'un des trois ou quatre "grands" de l'âge d'or. On pensera au Rabkin chez Starmont ou à l'ouvrage collectif chez Taplinger (leur titre étant à tous les deux simplement Arthur C. Clarke). Ces textes datent des années 70 (79 et 77 respectivement). Le livre de Hollow est donc l'une des plus récentes (tout est relatif) tentatives de traiter l'oeuvre de l'écrivain britannique.

Arthur C Clarke (Starmont).jpg

Ce livre se divise en 10 chapitres d'une vingtaine de pages chacun. Dans les deux premiers, John Hollow commence par placer Clarke clairement dans la sphère anglaise tant en matière de thématiques (comme la grandeur perdue d'un empire) que d'influences littéraires en soulignant tout particulièrement les rapports entre Clarke et Wells. Dans les chapitres suivants, il se penche plus particulièrement sur des romans précis (Childhood's end, The songs of distant earth), des groupes de textes partageant une même approche (l'anticipation spatiale proche comme dans Prelude to space) ou un même héros (la série "Tales of the white hart"). Bien évidemment, un chapitre est consacré à 2001 (plus une courte analyse de 2010). Un nouveau chapitre propre à cette édition de 1987 couvre The songs of distant earth et 2010 (le film).

Tales from the white hart (Ballantine 1970).jpg

Le livre se termine par une bibliographie primaire très sommaire (aucune référence d'édition) et une bibliographie secondaire non commentée.

L'ouvrage n'est pas très long et bénéficie d'une mise en page assez aérée (pas de notes par exemple), ce qui fait que la quantité de texte à lire n'est pas phénoménale. Dans l'ensemble c'est une bonne approche de l'oeuvre de Clarke. Hollow n'évite pas les évidences (quel auteur de SF britannique n'a pas été influencé durablement par Wells ?) mais sa thèse (à savoir que Clarke est un écrivain de l'optimisme raisonné et scientifique) est présentée de façon correcte et suffisamment argumentée.

Reach for tomorrow (Ballantine 1963).jpg

On lui saura aussi gré de ne pas trop s'appesantir sur les habituels incontournables de Clarke (Rendez-vous with Rama ou The fountains of Paradise) et de porter une attention bienvenue aux nouvelles de l'auteur qui sont souvent négligées par les diverses analyses de son oeuvre qui se concentrent le plus souvent  sur les romans des années 70. Pourtant ces nouvelles contiennent toutes les thématiques de Clarke et sont d'une qualité AMHA supérieure aux romans. On se souviendra par exemple que The hammer of god a d'abord été une nouvelle avant de devenir une baudruche.

The hammer of god (Orbit 1995).jpg

Un bon petit livre, qui a la chance d'avoir été écrit avant que Clarke ne passe du statut d'écrivain à celui d'auteur de synopsis. Ce n'est toutefois pas l'ouvrage définitif sur l'auteur.

Note GHOR : 2 étoiles

20.04.2009

_Science fiction authors : A research guide_

Science fiction authors : A research guide : Maura HEAPHY : Librairies Unlimited (Author research series) : 2009 : ISBN 978-1-59158-515-2 : 318+xix pages (y compris index, bibliographies et annexes) : une trentaine d'Euros pour un TP assez "léger".

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Cet ouvrage fait partie d'une catégorie assez fournie outre-Atlantique, à savoir celle des livres ayant pour but d'aider des lycéens, des étudiants (ou leurs enseignants) à préparer un cours ou un exposé. Celui-ci est assez particulier puisque son objectif n'est pas de fournir un texte "clef en main" mais de servir de base de départ pour des recherches personnelles.

L'auteur a donc choisi de traiter exactement cent auteurs de SF (la Fantasy est couverte par un autre volume de la même série) et de fournir pour chacun les élements bibliographiques de base et surtout les pistes d'approfondissement (biographies, bibliographies, analyses, essais), qu'elles soient sous forme papier ou sur internet.

Après une préface classique (C'est quoi la SF ?, chronologie) et diverses explications techniques sur la façon d'utiliser le livre, l'essentiel de l'ouvrage consiste en 100 articles systématiquement organisés comme suit :

- Une courte biographie d'une grosse vingtaine de lignes.

- La liste des oeuvres principales de l'auteur : romans (pas d'autres informations bibliographiques que la date et les éventuels prix principaux obtenus) puis recueils (idem + quelques précisions partielles sur le contenu) puis nouvelles (idem + URL si texte en ligne)et puis autres travaux importants (articles, oeuvres dérivées, ouvrages théoriques avec les mêmes informations que pour les nouvelles).

- Les sources à consulter : présence dans les encyclopédies "standards", bibliographies, biographies et interviews, études et analyses, sites web (avec distinction entre sites officiels et amateurs et évaluation sommaire du contenu). Les informations relatives à chaque source sont données en fonction de leur type (URL, édition pour un livre, localisation et pagination pour un article).

En bonus chaque entrée comporte aussi un courte citation d'une oeuvre marquante de l'auteur ("The sky above the port was the color of television, tuned to a dead channel.") et un système de mots-clefs thématiques. 

Cette partie principale est suivie par plusieurs annexes : description des principaux prix du genre, assez copieuse bibliographie générale (livres, sites) parfois commentée, liste des auteurs par type (en fait un index des thèmes fréquents chez chaque auteur).

 

Paingod and other delusions (Pyramid 1965).jpg

Face à une sélection de 100 auteurs, la première réaction est d'en évaluer la pertinence selon ses propres critères. La sélection de Heaphy est donc relativement classique avec la plupart des auteurs connus du genre (de Aldiss à Zelazny), une pincée de grands anciens (Wells, Shelley, Verne, Poe), quelques non anglo-saxons (Kapek, Lem, Verne et les Strugatsky), le nettement surévalué bloc des féministes (Atwood, Russ, Piercy, Charnas, Tepper, Tiptree, Sargent, McIntyre, Jones) et les nouvelles voix du genre (Chiang, Doctorow, MacLeod, Stross, Robson). Outre une sur-représentation d'auteurs PC, j'ai été surpris de certains oublis (Simak, Williamson) et de certaines inclusions soit dictées par l'habituelle recherche de la respectabilité (Orwell, Hoban, Burgess, Huxley), soit pour obtenir le label PC. Les seules vraies surprises sont L'Engle ou Gloss.

Globalement, cet ouvrage remplit son rôle de base de départ de recherche même si la longue liste d'URL à taper dans leurs moindres subtilités doit rapidement se révéler peu pratique. La plupart des sources sont indiqués avec toutefois quelques oublis qui me sont apparus dans les livres et publications dont certains ne sont pas cités.

Harlan Ellison Unrepentant harlequin.jpg

En fait, j'ai surtout été gêné par un manque de rigueur dans le texte de Heaphy. Il faut dire que lire dès la préface dans un ouvrage qui se veut un recueil de pistes sérieuses une phrase sur les pseudonymes qui dit à propos de Moore  "... not Cyril Kornbluth her pen name when she collaborated with her husband." a de quoi refroidir et faire peser un certain doute sur le sérieux de la suite.

Effectivement il se dégage de toute la partie non relative au sources une impression d'amateurisme qui conduit par exemple à dire d'un recueil de James Blish (décédé en 1975) qu'il a été publié d'une façon posthume en 1965 !

Best sf stories of James Blish (Faber & Faber 1965).jpg

La liste des approximations, erreurs d'analyse ou simples bêtises factuelles est longue et vous sera fournie contre une enveloppe timbrée. Ce sont pourtant des points qui m'ont immédiatement interpellé au fil de la lecture sans aucune recherche supplémentaire, ce qui montre bien qu'elles sont assez facilement détectables et auraient mérités d'être corrigé dans un ouvrage assez cher et destiné à un public censé être épris d'exactitude.

Au final un livre qui peut se voir comme un croisement entre le Spehner (Écrits sur la science fiction) et une recherche google, le tout saupoudré d'un Burgess & Bartle (Reference guide to Science Fiction, Fantasy & Horror).

Ecrits sur la science-fiction.jpg    Reference guide to SF, F & H (2nd edition).jpg

C'est donc une bonne base de départ, actuelle (reste à voir la stabilité dans le temps des URL données) et globalement plutôt complète. Un peu plus de soin dans les vérifications aurait pu en faire un outil incontournable.

 

Note GHOR : 2 étoiles

10.04.2009

_63 Auteurs : Bibliographie de science fiction_

63 Auteurs : Bibliographie de science fiction : Alain M(ichel) Villemur : Temps Futurs : 1976 : pas d'ISBN : 195 pages (y compris addendum et pour mon exemplaire une feuille volante de corrections supplémentaires) : physiquement c'est un TP grand format avec couverture glacée constitué d'un ensemble de feuilles tapées à la machine et photocopiées, en matière de tarif c'est un ouvrage très rare donc d'une valeur assez difficile à estimer (plusieurs dizaines d'Euros).

63 auteurs.jpg

Cet ouvrage, avec le Valéry évoqué ici (http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/01/15/bibliograph...), est une des toutes premières tentatives de faire de la bibliographie de SF en VF un peu sérieuse. Il est important de ne pas oublier que l'on parle d'une époque sans ordinateurs facilement accessibles pour de tel projets (hormis quelques mainframes), sans internet (et même sans minitel) où le seul moyen de compiler une bibliographie était le bon vieux système des fiches ou des cahiers et où la publication d'un tel travail demandait des heures sur une machine à écrire (électrique si l'on avait de la chance) en priant pour ne pas faire trop de fautes de frappe.

Cette bibliographie traite donc 63 auteurs, de Aldiss à Zelazny, mêlant une majorité d'anglo-saxons et quelques français (moins d'une dizaine) et fait l'impasse sur les autres nationalités. Même si le principe de sélection n'est jamais explicité (pourquoi 63 auteurs ?, pourquoi ces 63 là ?), elle est cohérente avec le paysage de la SF traduite lors de la conception. On y trouve à la fois tous les grands auteurs de l'âge d'or (Asimov, Heinlein, Van Vogt), tous les auteurs prolifiques traduits (Anderson, Laumer, Brunner), les inclassables (C. Smith, Bester, Tenn) et les "nouveaux" auteurs de la new-wave (Ballard, Disch, Ellison).

Au seuil de l'éternité (Satellite 1959).jpg

En matière d'organisation, les textes de chaque auteur (quelle que soit leur longueur) sont présentés sous forme chronologique de parution en Français et reçoivent un numéro d'ordre séquentiel. Pour chacune de ces entrées sont donnés : le type (R(oman) ou N(ouvelle)); le TF et les éventuels VT Français; la localisation (toutes les occurrences pour une nouvelle avec pagination) ou les références de l'édition (pour un roman); la date de parution en VF; le TO; la date et le lieu de parution initial en VO.  Le cas échéant sont indiqués l'appartenance à une série (sous forme d'un système d'étoiles); la présence dans certains recueils de l'auteur (sous forme codée AX renvoyant à une liste en fin de fiche auteur) et (parfois) d'autres informations pertinentes : prix reçus ou composantes d'un fix-up. 

A la fin des fiches auteurs sont listés les articles qui leur ont été consacrés et, pour certains, des informations utiles comme la liste des livres sous pseudo de Brutsche dans l'entrée sur Andrevon. Certains auteurs "à problèmes" bénéficient de suppléments personnalisés comme les affectations à Charles ou Nathalie pour l'entrée sur les Henneberg.

Le temps cyclothymique (FN 1974).jpg

Comme on peut aisément l'imaginer, cet ouvrage représente une somme de travail colossale pour recenser, compiler, classer et identifier les 3000 titres dans leurs 7000 occurrences. Ce travail remarquable est vraiment l'oeuvre d'un pionnier qu'il faut admirer.

Bien évidemment, et comme dans tout travail de ce type, on peut trouver dans cette bibliographie des omissions (par exemple le contenu de l'anthologie de 1957 L'univers de la science-fiction ou certains pseudonymes non détectés comme pour Poul Anderson), des erreurs de frappe (sur les TO), des erreurs de date ou des informations non présentes. On peut aussi être gêné par le classement par date de VF peu pertinent pour des auteurs anglo-saxons, le mélange des formats de textes (et donc de restitution) ou une codification peu pratique et parfois inconstante (Aldiss étant par exemple le seul auteur à avoir droit à l'inclusion de recueils en VO dans la bibliographie).

Univers de la science-fiction (CLF 1957).jpg

Ces reproches sont toutefois mineurs face à un tel travail et à un ouvrage qui est resté durant des années le seul à offrir une telle couverture puisqu'il ne sera remplacé peu à peu que par les bibliographies des XLII dans les "Livres d'Or" (et encore pas pour l'ensemble des 63 auteurs) dans les années 80-90 et par l'arrivée de bases de données sur internet vers la fin des années 90 dont certaines n'atteignent même pas son niveau de fiabilité.

Ce livre, même s'il est aujourd'hui techniquement dépassé par des outils en ligne, reste quand même un véritable monument du travail de référence sur le genre.

Note GHOR : 3 étoiles

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