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10/12/2020

_Odd Genre_

Odd Genre : A Study in Imagination and Evolution : John J. PIERCE : 1994 : Greenwood Press (série Contributions to the Study of Science Fiction and Fantasy #60) : ISBN-10 0-313-26897-5 (la fiche ISFDB du titre) : x+222 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait plusieurs dizaines d'USD pour un hc non illustré sans jaquette, rarement disponible sauf désherbage de bibliothèques universitaires (mon exemplaire vient d'une université de Virginie).

anglais,2 étoiles

Paru dans la célèbre et longue (plus de 100 volumes) collection d'ouvrages de référence publiée par Greenwood Press, cet ouvrage fait partie d'un projet d'histoire de la science-fiction qui aurait dû s'intituler Imagination and Evolution. Ecrit par John J. Pierce (un temps rédacteur en chef de Galaxy), le résultat s'est avéré si volumineux que l'auteur s'est initialement retrouvé forcé de le scinder en quatre parties, toutes parues chez Greenwood dont ce volume est la dernière, après Foundations of Science Fiction, Great Themes of Science fiction et When World Views Collide.

anglais,2 étoiles

Organisé en cinq parties de taille variable et une vingtaine de chapitres, cet ultime volume essaie de "sortir" du cadre du genre. Que cela soit à propos de la définition même de celui-ci, des hybridations avec d'autres (Romance, Horreur), des trajectoires d'écrivains comme Vonnegut (hors du genre) ou Lessing (vers le genre) ou des protocoles spécifiques, Pierce explore toutes ces frontières parfois poreuses en s'appuyant sur sa connaissance fort détaillée du champ de la SF, y compris hors du monde anglo-saxon (on y croisera Barjavel ou Lem). Une copieuse bibliographie (25 pages) et un index clôturent l'ouvrage.

anglais,2 étoiles

Une fois cet ouvrage refermé, il m'est resté un paradoxal sentiment de frustration. Comme déjà indiqué, il se trouve que je suis très souvent d'accord avec les analyses et les opinions de Pierce sur une large gamme de sujets (L'auteur est un amateur de Cordwainer Smith, c'est tout dire). Du coup ma frustration (si l'on peut dire) vient plutôt du fait qu'il y a tellement de matière dans ce livre et tellement de pierres soulevées par Pierce que l'ensemble est bien trop court (160 pages de texte à peine) pour que se développe un dialogue satisfaisant entre le lecteur et l'auteur. Ce dialogue est potentiellement d'autant plus riche que Pierce connaît particulièrement bien le genre et qu'il s'appuie sur un choix d'œuvres très original. Dans quel autre ouvrage de référence que celui-ci peut-on trouver une discussion de Space Prison de Tom Godwin, de Rogue Powers de Roger McBride Allen ou de Firefox de Craig Thomas.

anglais,2 étoiles

Au final, ce volume est dans doute le meilleur de la série, sans doute parce qu'il est à la fois celui qui ratisse le plus large, celui qui est le plus tranchant dans ses analyses mais aussi celui qui montre le mieux la richesse d'un genre qui ne cesse de repousser ses frontières. On peut ne pas être d'accord avec les positions de Pierce mais son discours mérite d'être entendu, d'autant plus qu'il est solidement étayé.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles (presque 3)

30/11/2020

_Roger Zelazny_

Roger Zelazny : Theodore KRULIK : 1986 : Ungar (série "Recognitions") : ISBN-10 0-8044-2490-X (la fiche ISFDB du titre) : xiv+178 pages (y compris index et bibliographie) : coûtait une quinzaine d'USD pour un petit hc avec jaquette non illustré, uniquement trouvable d'occase (et encore).

zelazny,anglais,2 étoiles

Paru dans la collection "Recognitions" de chez Ungar qui rassemble une grosse dizaine d'ouvrages de référence (essentiellement des études mono-auteurs), cet opus est donc consacré à Roger Zelazny. Ce dernier a conservé une image largement positive au sein du lectorat SF et Fantasy, sans doute parce que son décès précoce (en 1995 à même pas 60 ans) lui a peut-être permis d'écrire le "bouquin de trop" (comme tant d'autres). Il restera donc l'auteur de la trilogie d'Ambre, de romans de SF inspirés de diverses mythologies et un nouvelliste accompli, maître de la novella. Il existe un certains nombre de titres qui lui sont consacrés, 3 études au format livre (dont celui-ci) et plusieurs bibliographies (comme celle-là).

zelazny,anglais,2 étoiles

Après une préface et une chronologie de la vie de Zelazny, l'ouvrage est ensuite divisé en 9 chapitres d'une petite vingtaine de pages chacun. Si le premier est une biographie sommaire de l'auteur, les suivants abordent dans un ordre vaguement chronologique les grands ensembles (qu'ils soient thématiques comme l'immortalité ou romanesques comme la série Dilvish) qui structurent l'œuvre de Zelazny avec une plus grande attention portée aux romans même si les premières nouvelles sont détaillées. A noter la courte conclusion (qui forme le neuvième chapitre) et la présence d'une bibliographie (assez sommaire pour la partie primaire, plus riche pour la partie secondaire) et d'un index.

zelazny,anglais,2 étoiles

Comme souvent avec ce type d'ouvrage, l'impression générale est de "trop peu". Sur un format aussi court (il y a en fait dans le livre moins de 150 pages de texte, qui plus est assez aéré), il est difficile à Krulik de faire fondamentalement mieux que Yoke chez Starmont (qui disposait d'un nombre de mots assez proche). Cet ouvrage est donc plus une introduction aux thématiques "Zelzaniennes" et à la carrière de l'auteur qu'une étude en profondeur. Il n'en reste pas moins que l'enthousiasme de Kulik pour son sujet d'étude est plutôt communicatif et que certains des angles d'analyse qu'il emploie sont pertinents, comme la thématique de l'immortalité ou celle de l'amour perdu (et parfois retrouvé).

zelazny,anglais,2 étoiles

Comme Kurlik s'intéresse aussi pas mal aux textes qui composent My Name Is Legion qui est le roman (ou fix-up dans ce cas) de Zelazny que je préfère, l'ensemble m'est du coup plutôt sympathique et me paraît en tout cas une bonne base pour aborder cet auteur, d'autant plus que, par la force des choses, il garde toute son actualité (seule la deuxième pentalogie d'Ambre manque à l'appel). Le tout forme une bonne petite introduction assez réussie à un écrivain trop tôt disparu.

zelazny,anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

23/11/2020

_When World Views Collide_

When World Views Collide : A Study in Imagination and Evolution : John J. PIERCE : 1989 : Greenwood Press (série "Contributions to the Study of Science Fiction and Fantasy" #37) : ISBN-10 0-313-25457-5 (la fiche ISFDB du titre) : xvii+238 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait plusieurs dizaines d'USD pour un hc non illustré sans jaquette, rarement disponible sauf désherbage de bibliothèques universitaires (mon exemplaire vient du Missouri).

When world views collide.jpg

Paru dans la célèbre et longue (plus de 100 volumes) collection d'ouvrages de référence publiée par Greenwood Press, cet ouvrage fait partie d'un projet d'histoire de la science-fiction qui aurait dû s'intituler Imagination and Evolution. Ecrit par John J. Pierce (un temps rédacteur en chef de Galaxy), le résultat s'est avéré si volumineux que l'auteur s'est initialement retrouvé forcé de le scinder en trois parties, toutes parues chez Greenwood. Foundations of Science Fiction constituait le premier tome, Great Themes of Science fiction () le deuxième et celui-ci le dernier. Il est à noter que dans la pratique, un quatrième titre de Pierce chez Greenwood : Odd Genres se rattache à cet ensemble.

Galaxy 1978-05.jpg

Chaque tome semble avoir une structure différente des autres, celui-ci adopte une organisation assez particulière. En effet, il passe en revue les principaux auteurs (essentiellement anglo-saxons + les frères Strougatski et quelques autres soviétiques) en les positionnant sur un spectre de "Wellsianité" (c'est à dire un adhésion plus ou moins grande aux idéaux de H. G. Wells) allant de A. C. Clarke (très Wellsien) à C. S. Lewis (classé comme Anti-Wellsien). Dans la pratique, ce classement comme clé d'organisation disparaît assez rapidement et l'ouvrage devient une suite d'essais de plusieurs pages chacun (mais de longueur variable) consacrés à divers auteurs (une trentaine) allant de Wells lui-même à Bruce Sterling, dans un ordre vaguement chronologique et/ou de prximité littéraire. Outre plusieurs pages de notes, une bibliographie primaire et secondaire ainsi qu'un index clôturent l'ouvrage.

The Gallatin divergence (Del Rey 1985).jpg

Au vu de la date de parution de ce volume (et de sa date d'écriture qui est visiblement nettement antérieure), il n'y a pas grand chose de révolutionnaire ni d'actuel dans le discours de Pierce, c'est même parfois devenu très classique dans les analyses. J'ai quand même été agréablement surpris d'y trouver généralement des avis proches des miens (par exemple sur la New Wave ou sur Le Guin), mais sans doute suis-je un vieux dinosaure Wellsien. Cela a donc été une lecture plutôt agréable qui brosse un panorama assez synthétique et objectif de l'état du genre et de son histoire perçue dans les années 80. Et puis, on ne peut qu'être séduit par le sérieux d'un ouvrage qui étudie de façon pertinente l'œuvre de libertariens comme L. Neil Smith, un auteur qui est généralement oublié des panoramas du genre. Finalement, rien de très original mais un ensemble qui se révèle être une bonne surprise.

The probability broach (Del Rey 1980).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

22/10/2020

_Kim Stanley Robinson_

Kim Stanley Robinson : Robert MARKLEY : 2019 : University of Illinois Press (série "Modern masters of science fiction") : ISBN-13 978-0-252-08458-4 (la fiche ISFDB du titre) : x+231 pages (y compris bibliographie et index) : coûte 25.00 USD pour un tp non illustré, disponible chez l'éditeur (), existe aussi en hc (04275-1) et en ebook (05161-6).

anglais,2 étoiles

Même s'il semble subir actuellement une phase de moindre visibilité (parce que trop typé "cli-fi" ?), KSR est un des auteurs les plus importants des années 1990-2000 avec ses incontournables trilogies "martienne" (elle a même été rééditée par France Loisirs) ou "Science in the Capital". Comme il est aussi assez à la mode dans le monde universitaire et celui des ouvrages sur le genre (voir par exemple celui-ci), il est logique qu'un des volumes de la cette collection lui soit consacré.

anglais,2 étoiles

Ecrit par Robert Markley, un professeur d'anglais enseignant justement à l'université de l'Illinois, cet ouvrage offre un découpage et une approche assez différents des autres titres de la série. Le choix de l'auteur est de diviser les oeuvres de KSR (il s'attache essentiellement aux romans) en six ensembles qui forment autant de chapitres : les uchronies, la trilogie californienne, la trilogie martienne, la trilogie Science in the Capital, les récits se passant dans le système solaire (2312, Galileo's Dream) et les deux derniers romans de l'auteur (à l'époque, soit Aurora et New York 2140). A noter que la partie strictement biographique est seulement effleurée dans l'introduction et la présence d'une courte bibliographie primaire.

anglais,2 étoiles

Sans doute du fait même du côté "massif" des oeuvres de KSR qui ne se prêtent pas à une approche globale, le livre donne plutôt l'impression d'une série d'analyses unitaires sur des textes (impression renforcée par la structure même de l'ouvrage) que d'une réflexion sur la carrière d'un auteur. Il est d'ailleurs assez frappant de voir que la "personne" KSR est la grande absente de cette étude. Pas d'éléments biographiques, peu d'influences soulignées, peu de maîtres à penser, c'est parfois comme si l'écrivain, sa vie, ses études, son environnement intellectuel et le genre dans lequel il opère étaient complètement sans influence sur sa production littéraire.

anglais,2 étoiles

Du coup, l'ouvrage laisse une impression mitigée. Une fois la lecture terminée, on a l'impression d'en connaître plus sur les romans de Robinson que sur l'auteur lui-même. On peut même, si l'on suit Markley, passer à côté de toute une partie à mon sens importante de la production de l'auteur, à savoir ses textes courts dont certains exemples majeurs (on pensera à A Short, Sharp Shock ou Escape from Kathmandu) sont carrément ignorés par Markley. L'ouvrage, certes intéressant, aurait sans doute gagné à élargir son champ d'analyse et à nous parler plus de ce qui a forgé l'écrivain.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

04/05/2020

_Pseudoscience and Science Fiction_

Pseudoscience and Science Fiction : Andrew MAY : 2016 : Springer (série "Science and Fiction") : ISBN-13 978-3-319-42604-4 (la fiche ISFDB du titre) : x+181 pages (y compris index) : coûte une vingtaine d'Euros pour un tp illustré en couleurs et n&b, disponible chez l'éditeur, existe aussi en ebook (-42605-1).

Pseudoscience and science fiction.jpg

Paru dans l'intéressante collection d'ouvrages autour du genre de chez Springer (un éditeur suisse qui publie en anglais), ce livre est consacré aux rapports entre les pseudosciences et la SF. Par pseudosciences, l'auteur (un astrophysicien et fortéen britannique) entend tous les phénomènes aux marges de la science "officielle" ou "reconnue", c'est à dire allant des soucoupes volantes à l'Atlantide, en passant par le mouvement perpétuel, le triangle des Bermudes ou les astronautes mayas (en gros tous les sujets abordés dans la fameuse collection "L'aventure mystérieuse" de J'ai Lu). Cette sorte de zone grise entre Science Fiction (revendiquée comme fiction) et (prétendue) non-fiction a toujours été un espace particulier où les amateurs de la première s'opposent souvent aux illuminés de la seconde sous le regard incompréhensif du grand public qui mélange un peu les deux.

anglais,2 étoiles

En huit chapitres l'auteur passe en revue les principaux thèmes de la "science parallèle" et des conspirationnistes de tout poil en les subdivisant ensuite en catégories plus fines (par exemple l'idée que personne n'a jamais mis le pied sur la Lune) et en liant avec des oeuvres appartenant au genre (Capricorn One dans ce cas). Le tout est illustré de documents d'époque (libres de droit) et est indexé en fin de volume.

anglais,2 étoiles

L'ensemble est d'une lecture qui se révèle agréable et amusante avec une bonne maîtrise de son sujet par l'auteur. Le livre étant plutôt aéré, il ne faut pas s'attendre à une réflexion de fond sur les rapports souvent difficiles entre les fringe cults et la SF, May est plus dans l'énumération que dans l'analyse. Au final un résultat sympathique et un livre distrayant.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles