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30/03/2026

_Aliens, Robots & Virtual Idols in the Science Fiction of H. P. Lovecraft, Isaac Asimov and William Gibson_

Aliens, Robots & Virtual Idols in the Science Fiction of H. P. Lovecraft, Isaac Asimov and William Gibson : John L. STEADMAN : 2020 : Zer0 Books : ISBN-13 978-1-78904-510-9 (la fiche ISFDB du titre) : 256 pages (pas d'index ni de bibliographie) : coûte 16.99 GBP pour un petit tp non illustré : disponible chez l'éditeur, existe aussi en e-book.

Aliens, robots & virtual reality idols in the science fiction o.jpg

Commençons par un avertissement : contrairement à ce que j'ai pensé initialement, il faut lire le titre d'une façon bien particulière. En effet, le propos de Steadman (un universitaire américain auteur de plusieurs livres sur Lovecraft), n'est pas d'explorer ensemble les trois thèmes (Aliens, Robots, VR/IA) dans les œuvres de trois écrivains (Lovecraft, Asimov & Gibson), mais de traiter dans l'ordre les trois couples (thème/auteur) ainsi formés. On a donc une première partie sur les Aliens chez Lovecraft, une deuxième sur les robots chez Asimov et enfin une dernière sur les IA (pour simplifier) chez Gibson. Même si ces parties sont structurées de façon identique (fournissant des éléments biographiques et de contexte puis "progressant" dans le thème) et qu'elles assimilent les robots et AI aux Aliens, le résultat se lit en fait comme un recueil d'essais et non comme un ensemble thématiquement unifié. Pour en revenir au livre lui-même, il est publié par un éditeur qui s'affiche comme étant "de gauche" (chose assez rare chez nos amis anglo-saxons) et est physiquement proche d'un POD. Outre les trois parties principales (d'environ soixante-dix pages chacune), il offre une introduction, une conclusion et quelques pages de notes, mais pas d'index ni de bibliographie.

The case of Charles Dexter Ward (Del Rey 19th pb).jpg

Du coup, une fois la structure disjointe du livre clairement comprise, le travail de Steadman mérite notre attention. Il maîtrise parfaitement ses divers sujets (même si l'on voit facilement que l'étude de HPL est son domaine de prédilection) et son développement de l'idée que les Aliens, les robots et les IA dans les œuvres respectives des trois auteurs nous sont à la fois inconnaissables, sont au minimum indifférents aux humains, voire carrément hostiles (même chez Asimov) est parfaitement convaincant. Malgré quelques redites d'une partie sur l'autre, Steadman nous amène à voir sous un autre angle certains de ces ensembles fictionnels (surtout le cycle d'Asimov) qui peuvent se révéler d'une noirceur plus inquiétante, même si, dans le cas d'HPL, l'auteur fait cela très bien tout seul. Au bémol près de l'absence d'index (encore !), voici un ouvrage qui donne à  réfléchir sur le sens de certains ensembles de textes que l'on croyait avoir bien compris. En cela, c'est un petit livre plutôt intellectuellement stimulant qui nécessite toutefois de connaître les œuvres étudiées.

The robots of dawn (Voyager 17th pb).jpg

Note GHOR : 2 étoiles (au moins)

09/03/2026

_Science-fiction et didactique des langues_

Science-fiction et didactique des langues : Un outil communicationnel, culturel et conceptuel : Yves BARDIERE & Estelle BLANQUET & Éric PICHOLLE : 2013 : Éditions du Somnium (collection "Enseignement & Science-fiction" #2) : ISBN-13 978-2-9532703-2-7 (la fiche ISFDB du titre , dans la base à Bruno ) : 415 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 23.00 Euros pour un tp  illustré en n&b, disponible chez l'éditeur .

Science fiction et didactique des langues.jpg

Cet ouvrage correspond aux actes des "Deuxièmes journées Enseignement & SF", un colloque qui s'est tenu à Nice en mai 2012. Publié par les éditions du Somnium, un des rares éditeurs français d'ouvrages de référence, il s'agit donc d'un recueil d'essais de tailles variables (de trois à trente pages) qui s'articulent autour de la thématique de l'utilisation de la SF pour enseigner les langues (ici essentiellement l'anglais). En matière d'auteurs, on va retrouver l'équipe habituelle de ce colloque et/ou de cet éditeur (Arnal, Bellagamba, Labrousse, Picholle...). L'ouvrage propose aussi un index et une bibliographie (en fait un index des œuvres citées sans autres précisions, ce qui n'avance pas forcément le lecteur) ainsi qu'un certain nombre de photos et de reproductions de couvertures au format timbre-poste.

Citoyen de la galaxie (LDP 2010-12).jpg

N'étant pas enseignant, je suppose que je ne fais pas partie de la cible de cet ouvrage. Ceci explique sans doute pourquoi je n'ai pas du tout accroché. Entre textes d'orientation purement pédagogique (avec des vrais extraits des circulaires ministérielles ou européennes) auxquels on a rajouté un tout petit chapitre à la fin pour "faire SF", articles "hommages" (que vient faire RCW dans cette galère ?), parties complètement "hors sujet" (comme cet essai sur le film Agora d'Amenàbar dont le rapport avec la SF ou les langues me paraît difficile à établir), discussion oiseuses (pourquoi un tiret à Science-Fiction), extraits de Wikipédia (la chronologie de l'évolution de la langue anglaise) et du Heinlein à toutes les pages (à croire qu'il est le seul avec PKD à avoir écrit de la SF en anglais), je suis rapidement passé en mode "lecture rapide" (c'est-à-dire "sautage de phrases"). En fait, les essais qui (AMHA œuf course) pourraient permettre à un enseignant lambda d'utiliser pratiquement la SF pour l'aider dans sa pédagogie se comptent sur les doigts d'une main (et encore, une main de Mickey), le reste n'est pas forcément inintéressant mais ressemble beaucoup à du remplissage aux marges du sujet.

1984 (Signet 121st pb).jpg

Note GHOR : 1 étoile (désolé, pas pour moi)

02/03/2026

_Fantastic Cities_

Fantastic Cities : American Urban Spaces in Science Fiction, Fantasy, and Horror : Stefan RABITSCH & Michael FUCHS & Stefan L. BRANDT (editors) : 2022 University of Mississippi : ISBN-13 978-1-4968-3663-2 (la fiche ISFDB du titre ) : x+311 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 35.00 USD pour un tp illustré de quelques photos en n&b (en POD imprimé par Amazon), disponible chez l'éditeur, existe en divers formats.

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Sous la direction de plusieurs universitaires autrichiens (?), cet ouvrage, d'après la préface, semble avoir eu du mal à trouver un éditeur européen et a donc été hébergé par une presse universitaire américaine au prix de l'inclusion de plumes "connues" (Barr ? Abbott ?). Il s'agit donc d'un recueil de textes autour du thème de la ville dans l'imaginaire américain qui comporte quinze essais de taille variable. Du fait du background des editors (plutôt spécialistes de de media-SF), on a, dans cet ouvrage, un éventail de médias plus large que d'habitude. En effet, sont abordés des œuvres allant des textes littéraires d'auteurs majeurs (Kim Stanley Robinson, Bacigalupi, Delany) aux films (Demolition Man) et courts-métrages en passant par les comics (Batman, Judge Dredd) et les jeux vidéo (Assassin's Creed). Le tout est complété par une préface, une copieuse bibliographie et un index (enfin !).

Révélations (Milady 2013-12).jpg

En terme de résultat et de qualité, il y a, comme souvent dans ce type d'ouvrage, un peu de tout. Des textes solides sur des œuvres importantes du genre (quel que soit le média, livres ou films) souvent par les "vieux routiers" de la chose, des choses sans doute tout aussi solides mais sur des sujets qui me sont complètement inconnus (un article sur un "iranian vampire western" en persan), des articles complètement inutiles sans doute destinés à remplir des quotas de publications (les films de Stallone comme opposition entre le héros hyper-masculin et la ville féminine), des exercices de déploiement du jargon théorique (auxquels je n'ai rien compris) et des choses pratiquement aux limites du lisible car analysant des œuvres purement visuelles (comme celles de Kenny Scharf) sans la moindre illustration pour appuyer le discours (un écueil fréquent dans ce type d'ouvrage, peut-être un problème de copyright). Du coup, c'est un ensemble qui manque nettement d'unité mais que sa diversité même peut rendre séduisant pour le "picoreur" même si une bonne partie des références sont peu ou pas connues du lecteur.

Water knife (JL 2018-03).jpg

Note GHOR : 1 étoile (à boire et à manger)

04/02/2026

_Religion and Science Fiction_

Religion and Science Fiction : James H. THRALL : 2024 : Routledge (collection "Engaging with Religion") : ISBN-13 978-0-367-46510-0 (la fiche ISFDB du titre) : xiii+164 pages (y compris index et bibliographies) : coûte 45.99 Euros pour un tp imprimé en POD (par Amazon en France !) avec quelques illustrations n&b libres de droit, disponible chez l'éditeur, existe aussi en hc et ebook.

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Sous la plume d'un professeur d'études religieuses américain, cet ouvrage est d'un type assez peu fréquent. De mon analyse, il s'agit en fait d'un cours sur "Religion et SF" présenté sous forme livresque au lieu d'être enseigné en salle. En effet, le livre est organisé en dix chapitres d'une dizaines de page "utiles" chacun. Chaque partie commence par lister des "objectifs", puis est suivie par le cours en lui-même (moins d'une dizaine de pages) organisé en petites sections, on trouve ensuite un résumé (pour ceux qui ont la flemme de tout lire), des sujets de discussions ou de projets, des œuvres conseillées (tous supports), des notes et une bibliographie.

Lord of light (Panther 1977).jpg

Le résultat se laisse lire même si la quantité de matière réelle reste relativement faible (il y a nettement moins d'une centaine de page de texte). Sur un substrat assez classique (Clarke, Zelazny, Card, Longyear, Gaiman), l'auteur insiste sur quelques auterus/textes un peu aux marges du genre (Ishiguro, Atwood). On appréciera l'évocation de SF non anglo-saxonnes (africaines, indiennes ou arabes) qui sont souvent négligées ou carrément ignorées. Par contre, j'avoue ne pas comprendre l'inclusion dans un ouvrage sur "Religion et SF" d'un chapitre entier sur les genres avec les références mille fois rabâchées (Le Guin, Tepper, Gilman, Sargent...) ainsi que d'un autre sur les races (avec bien sûr Delany ou Okorafor). Sans doute une concession aux domaines à la mode dans le monde universitaire. Au final, un ensemble qui alterne parties (très) originales et considérations déjà lues des centaines de fois sur des sujets abordés des milliers de fois (les bouts sur PKD).

American gods (Headline 77th tp).jpg

Note GHOR : 2 étoiles (si vous avez un partiel sur le sujet...)

23/10/2025

_Petites histoires de la science-fiction française_

Petites histoires de la science-fiction française : Alain GROUSSET : 2025 : ActuSF (collection "Les 3 souhaits") : ISBN-13 978-2-376866-95-4 (inconnu de l'ISFDB, chez Bruno) : 512 pages (pas d'index ni de bibliographie) : coûte 22.90 Euros pour un épais tp illustré de photos en n&b : disponible chez l'éditeur (merci pour lui), existe aussi en e-book.

français

Pour appréhender le projet de ce livre, il faut absolument lire la courte préface (qui est d'ailleurs titrée "Avertissement"). En effet, l'auteur y indique clairement qu'il n'a pas voulu faire UNE histoire de la SFF mais une "Petite Histoire" de la SFF entre 1945 et 2000 à base d’anecdotes. Sous cet angle, le contrat est rempli. Pratiquement, on est face à une masse d'informations d'intérêt parfois variable (untel était alcoolique, le bureau de unetelle était minuscule) présentée en courts chapitres (de quelques lignes à plusieurs pages) agencés de façon chronologique (du moins pour les dates de début) et patiemment extraites par l'auteur d'une masse de documentation (magazines, fanzines et interviews). Le tout est illustré de photos (surtout des portraits) en n&b dont, bizarrement, les légendes sont regroupées à la fin du livre. 

français

Comme ce blog ne serait pas ce qu'il est sans critiques, j'ai un certain nombre de problèmes avec cet ouvrage. Tout d'abord, l'absence d'index (une désagréable habitude chez ActuSF) rend toute ré-utilisation des informations contenues dans le livre complètement illusoire. Pour retrouver une information lue, il faut retrouver l'année où est elle donnée et lire toutes les entrées correspondantes pour espérer retomber dessus. C'est pour cela que l'on a inventé les index. J'ajouterai qu'il existe même, miracle de la technologie, des outils qui le font automatiquement à la mise en page. Sur le plan méthodologique, l'absence d'indication des sources (qui ne sont que parfois mentionnées en passant), peut brouiller la frontière entre les faits, les on-dits ou les ressentis. Elle rend aussi toute vérification ou croisement impossibles.

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Plus gênant est le "focus" de l'ouvrage. Je m'explique. Si l'on dit souvent que la SF est un microcosme, ce livre ne se concentre que sur un "attocosme"  bien précis dont les acteurs se comptent sur les doigts d'une main. Hors de Klein (avec qui l'auteur semble avoir une relation d'amour/haine mais qui apparaît à presque toutes les pages), Dorémieux, Demuth, Sadoul et Goimard, rien d'autre n'existe et rien d'autre ne se fait dans la genre. Cet espèce de jacobinisme parisien (et en plus localisé dans certains arrondissements) est, à la longue un peu lassant et oublie la contribution de tant de personnes qui ont œuvré et œuvrent toujours pour la SF, en particulier en province. Juste un exemple, il ne me semble pas avoir vu évoqués AFR, les fanzines Sfère (pourtant parisien) ou Vopaliec et leurs équipes (mais bon, en l’absence d'index, dur de vérifier). Finalement, je me pose la question (mais en fait c'est plutôt à l'éditeur de le faire) de quels sont les lecteurs cibles de cet ouvrage. En ce qui me concerne, je n'ai à peu près rien appris de nouveau, et cela doit aussi être vrai pour les personnes qui connaissent relativement bien le genre et son histoire. C'est donc un public plus néophyte qui doit être visé. Mais, dans ce cas, ces lecteurs néophytes risquent d'être "noyés" face à des masses d'évènements, d'œuvres ou de personnes qui ne leur diront sans doute absolument rien (la collection "Cosmos" de Grand Damier ?). La question est finalement de savoir s'il existe une clientèle pour ce titre qui dépasse la centaine d'individus et partant, de l'opportunité économique de le publier pour une maison d'édition convalescente. Mais bon, ce n'est pas mon problème.

français

Au final, c'est quand même un ouvrage distrayant et d'une lecture agréable sous la plume d'un vrai connaisseur du microcosme. Je pense qu’il est préférable de le lire par petites touches et que son effet principal sera de rappeler des souvenirs (de lectures ou d'évènements) à certains.  Et puis, un livre qui cite le fanzine Avallon est forcément un livre digne d'être lu.

français

Note GHOR : 1 étoile (sans intérêt véritable AFAIC)