30.01.2009
_The MUP encyclopaedia of Australian science fiction & fantasy_
The MUP encyclopaedia of Australian science fiction & fantasy (notez que MUP = Melbourne University Press) : Paul COLLINS (éditeur principal) : Melbourne University Press : 1998 : 0-522-84802-8 : 188 pages (logiquement pas d'index) : prix (neuf) une grosse vingtaine d'Euros pour un TP grand format (PUB : mon exemplaire en double en vente ici : http://www.priceminister.com/offer/buy/55136409/Collins-P...).

Comme son nom l'indique, il s'agit d'une encyclopédie de la SFF Australienne qui traite des auteurs natifs ou immigrés en Australie ou de ceux qui ont rédigés des oeuvres de SFF alors qu'ils séjournaient dans le pays d'une façon prolongée.
Le format est décalqué sur celui du Clute & Nicholls, avec une grande majorité d'entrées par auteur (et par pseudo avec lien vers l'entrée principale) et quelques (moins d'une vingtaine) entrées thématiques (magazines, prix, télévision, fandom...).
Pour être franc, la comparaison qui se fait naturellement avec le C&N tourne rapidement à l'avantage de ce dernier (mais c'est un monument difficilement surpassable).
En effet, cette encyclopédie, même si l'initiative est louable, souffre d'un certain nombre de défauts :
- Une recherche parfois insuffisante : une partie non négligeable des entrées n'apportent aucune information biographique sur l'auteur en question, si ce n'est une liste d'ouvrages ou de textes. Il est donc parfois impossible de 'placer' tel ou tel écrivain.
- Une bibliographie collée à la fin des articles qui (contrairement au C&N) se veut exhaustive puisque comprenant romans et nouvelles + toutes les éditions + toutes les traductions. Le problème n'est pas la qualité de ces données (les VF sont d'ailleurs mentionnées) qui me semble correcte, mais leur présentation sous forme de plusieurs colonnes successives très denses où les textes sont classés par ordre chronologique sans aucun retour à ligne entre eux et sans moyen d'accéder à un texte précis sans en connaître la date de première parution, si ce n'est de se taper parfois plusieurs pages.
- Du coup (peut-être), la partie analyse de l'auteur est réduite à la portion congrue. Pour un auteur donné, on sait souvent qu'il/elle est né(e) à Ploucville dans le Victoria est qu'il/elle est orthodontiste pour kangourous, mais les carrières littéraires (thèmes favoris, développement personnel, courants dans lesquels ils ont écrit...) sont très (trop) brièvement traitées. On en arrive au paradoxe de l'entrée concernant A. B. Chandler (un des plus importants auteurs de la SF Australienne) où on a une grosse demi-page de commentaires critiques sur l'auteur et plus de deux pages de bibliographie. Idem pour Egan avec une demi-page de texte et une page et demie de bibliographie détaillée (elle cite même les DLM). On n'en apprend que finalement assez peu sur ces auteurs et leur place dans la SF, australienne ou mondiale, ce qui est dommage pour une encyclopédie.

- Ce manque d'analyse et de recul vaut aussi pour les trop rares articles généraux qui ne permettent pas forcément de se faire une idée nette de l'évolution globale du genre dans le pays et d'y positionner les divers intervenants. Par contre il y a un article sur les librairies SF avec les adresses, chose assez surprenante et dont l'utilité au fil du temps est à démontrer.
- Sans doute pour des raisons de volume (la SF adulte australienne étant assez numériquement peu importante), une (trop) large partie est faite aux ouvrages pour la jeunesse genre Oui-oui et les koalas de l'espace (sic). Le manque d'analyse que j'évoquais plus haut fait que l'on
ne sait pas si cette sur-représentation est une particularité australienne où si c'est un manque de matériau.
C'est donc un ouvrage que je recommanderais à des fanas de la bibliographie (mais pas de l'ISBN, jamais mentionné) ou à des complétistes qui ont besoin de sources ultra-précises sur des pans obscurs de la SFF, mais que je déconseillerais à des personnes qui voudraient découvrir un panorama de la SFF locale. Pour ces derniers, Strange constellations est un ouvrage largement supérieur.

Note GHOR : 2 étoiles (pour les bibliographies exhaustives et la quantité de travail)
14:02 Publié dans Index, dictionnaires & bibliographies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anglais, 2 étoiles
29.01.2009
_How to write science fiction and fantasy_ (Card)
How to write science fiction and fantasy : Orson Scott CARD : Writer's Digest Books : 1990 : 0-829879-416-1 : 140 pages (dont index) : prix (d'occase) une dizaine d'Euros pour un HC : Hugo 1990 en catégorie Non-fiction.

Ce livre est un guide d'écriture pour aspirants écrivains de SFF. Ce type d'ouvrage, s'il est assez rare en VF (outre le Bragelonne qui est la traduction de celui-ci et quelques articles dans le fanzine Sfère), est assez fréquent chez nos amis anglo-saxons, où il bénéficie souvent de pages de publicités dans les magazines SF (voir par exemple le Coward dans Interzone). Il en existe de grandes quantités, allant des guides généraux sur les principes de l'écriture (l'intrigue, les personnages...) à des choses nettement plus ciblées ou propres au genre (la construction de mondes fictifs, les extraterrestres...).
Cet ouvrage est divisé en 5 chapitres :
- The infinite boundary : le plus intéressant (AMHA), qui dresse un état des lieux de l'édition SF et détaille les différences ente SF & Fantasy, mais qui pose clairement un problème de pertinence puisqu'il a rédigé avant 1990 (je me demande d'ailleurs comment cela a été traduit ou adapté en VF). La marché ayant quand même nettement évolué, les analyses de Card ne sont plus forcément si exactes ou profitables à des apprentis écrivains. Il est d'ailleurs assez ironique de voir Card placer quelques piques sur les auteurs qui commettent des trilogies ou des séries interminables, attitude à mettre en rapport avec sa production des années 2000 (il est vrai qu'il ne parle pas de prequels ou de paraquels ^_^).
- World creation : traite de la création des mondes imaginaires et des règles de cohérence à leur appliquer, assez proche de certains textes de Hal Clement.
- Story construction : aborde les bases de l'intrigue et son développement.
- Writing well : se focalise sur l'écriture elle-même. Il s'agit là de la partie la plus "technique" (au sens de technique d'écriture efficace) de l'ouvrage.
- The life and business of writing : plein de conseils que j'ai trouvés un peu gnan-gnan (ne pas dépenser plus que ce que l'on gagne, faire des économies, pratiquer un sport...), que tout adulte qui travaille a probablement intégré depuis longtemps.
Je ne suis pas, contrairement à ce que pense Léa Silhol des gens qui interviennent sur le net, un apprenti-écrivain frustré dont le seul rêvee st d'être publié. Je n'ai donc pas d'avis véritable sur ce livre, qui me semble tout à fait dans la moyenne de ceux que j'ai déjà dans ma bibliothèque (comme How to write SF de Bob Shaw ou The craft of SF de Reginald Bretnor).

Un ouvrage très spécialisé dont on peut tirer certaines choses (assez classiques toutefois) mais dont la partie la plus intéressante (l'analyse du marché) est trop datée.
Note GHOR : 1 étoile
18:59 Publié dans Ouvrages de référence divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anglais, 1 étoile, card
28.01.2009
_Heinlein's children : The juveniles_
Heinlein's children : The juveniles : Joseph T. MAJOR : Advent : 2006 : 0-911682-34-1 : 535 pages (dont index & bibliographie utilisée) : à commander chez l'éditeur pour une bonne trentaine d'Euros pour un HC avec jaquette : Nominé aux Hugos en catégorie Non-fiction.

Ce livre est un recueils d'essais traitant chacun d'un des 'juveniles' de RAH (on notera que Starship troopers est considéré comme en faisant partie). Les textes sont initialement parus entre 1993 & 1999 dans le fanzine FOSFAX.
La provenance des textes est importante parce qu'elle conditionne le ton du livre. Au lieu d'une étude académique sur les romans en question, le format de chaque article est plutôt celui d'une sorte de lecture des romans de Heinlein commentée en public par Major.
En effet, l'auteur nous raconte chaque livre avec force détails et y introduit divers ajouts, soit pertinents (en relation avec des positions ou d'autres écrits de RAH), soit complètement gratuits et qui ne volent pas plus haut que toute discussion sociétale au bar du coin ("ah, c'était mieux avant", "ces communistes y veulent tout nous prendre", "Reagan c'était un VRAI président").
N'ayant lu qu'une petite partie des juveniles en question (Space cadet, Citizen of the galaxy et Starship troopers) ce babillage permanent m'a plutôt tapé sur les nerfs. Avec les connaissances de Major tant sur RAH que sur la SF, il y avait probablement de quoi faire un ouvrage plus sérieux et plus fouillé en laissant tomber la discussion entre copains et la paraphrase pour une analyse plus en profondeur et surtout plus étayée.

Le manque de substance est d'autant plus gênant que Major tombe dans un travers fréquent chez les admirateurs de RAH, à savoir le fait de considérer tout détracteur des écrits du maître comme étant limité intellectuellement et donc incapable de comprendre toutes les subtilités de la divine parole. Cette technique est utilisée dans le livre pour discréditer les avis de gens comme Dish, Blish, Knight ou Spider Robinson (point amusant pour celui qui est presque l'héritier officiel), qui, selon Major, n'ont 'rien compris' ou 'pas lu' les ouvrages en question. Ce traitement des hérétiques est devenu une constante, et se trouve fréquemment utilisé comme par exemple pour les romans tardifs de RAH qui sont présentés comme "trop ambitieux ou trop élitistes pour certains critiques" (=ceux qui en on dit du mal).
Manquant du background nécessaire et de la patience suffisante pour endurer des pages de digressions, je ne suis donc pas le critique idéal pour ce livre qui ne m'a guère impressioné. Pour d'autres avis, il faudrait peut-être aller voir au 17 rue Dante à Nice http://heinlein.free.fr/index.php.
Note GHOR : 1 étoile
11:03 Publié dans Etudes mono-auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anglais, 1 étoile, heinlein
27.01.2009
_Gateways to forever : The story of the science-fiction magazines from 1970 to 1980_
Gateways to forever : The story of the science-fiction magazines from 1970 to 1980 : Mike ASHLEY : Liverpool University Press : 2007 : 978-1-84631-003-4 : 507 pages (dont nombreuses annexes, index et bibliographie) : de l'ordre de 25 Euros pour un TP (port compris).

Cet ouvrage, très attendu (et depuis longtemps, puisqu'il sort avec une bonne année de retard), est le troisième tome de la vaste histoire des magazines SF racontée par Ashley. Il vient après The time machines et Transformations et l'auteur nous promet (au moins) un autre volume.

Les puristes noteront qu'il s'agit là de la deuxième histoire des magazines selon Ashley puisqu'une première série de quatre volumes était sortie dans les années 70 (chez plusieurs éditeurs). Elle se présentait sous un forme hybride entre anthologie et étude, mêlant une volumineuse partie analytique et une sélection de nouvelles repésentatives.

Pour en revenir à l'ouvrage qui nous intéresse, il est donc divisé en quatre chapitres principaux :
1- Les magazines de SF 'classiques' (Analog, F&SF, Galaxy...) entre 1970 et 1978.
2- les anthologies originales (Orbit, Quark...) avec une analyse serrée du phénomène Elwood qui est censé avoir tué ce marché, assertion maintes fois lue mais qui semble être réfutée par les chiffres.
3- les autres magazines (fanzines, magazines littéraires, revues d'études, de fantasy, d'horreur ou de JdR...).
4- les magazines SF de 1978 à 198X.
A ceci s'ajoutent des annexes fort utiles :
- les magazines de SF en langue autre qu'anglaise sur une trentaine de pages.
- un listing des numéros effectivement parus.
- une liste des principaux acteurs (rédac-chefs, éditeurs...).
- le listing des illustrateurs (uniquement ceux de couverture).
- des chiffres de diffusion.
Au vu des premiers tomes et de la réputation de son auteur (spécialiste incontestable et incontesté des magazines SF), on pouvait nourrir des grands espoirs en ce livre.
Ces espoirs ne sont pas déçus puisque l'ouvrage est bien à la hauteur des précédent. C'est un ouvrage extrêment dense, à la recherche impeccable (appuyée par de nombreuses correspondances directes avec les acteurs de cette aventure) et à l'érudition très sûre (de nombreuses anecdote, parfois peu connues, le parsèment). Non seulement il se lit d'une façon plutôt agréable (comme un roman ?) mais il offre, plus que les précédents, de nombreux éléments factuels, généralement sous fome de chiffres (tirages, paiements, abonnements, sell-through...). Ces données sont importantes et bienvenues car elles permettent d'apprécier les facteurs (souvent et de plus en plus purement écomomiques) qui décident de la vie ou de la mort des titres.
C'est donc quasiment l'ouvrage définitif sur le sujet, même si on peut éventuellement lui reprocher :
- un plan un peu artificiel ( deux chapitres séparés pour les magazines) qui nécessite une certaine gymnastique mentale (un défaut qui était plus présent dans les tomes précédents).
- certains passages (comme celui sur le féminisme et la SF) qui font un peu 'verrues' (ou passages obligés) et interrompent le flot de la narration. On notera que Ashley s'appuie et valide les travaux de Davin (exposés dans Partners in wonder) qui montrent que l'absence de femmes dans la SF à ses débuts est une plus une légende urbaine qu'une réalité attestée.
- une place un peu trop importante donnée aux fanzines (difficiles à exploiter) ou à des magazines ne publiant pas de fiction (newszines) ou ne traitant généralement pas de SF (Playboy et autres).

Un livre qui fait assurément partie des lectures obligées pour toute personne intéressée par l'histoire du genre.
Note GHOR : 4 étoiles
10:15 Publié dans Ouvrages thématiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anglais, 4 étoiles
26.01.2009
_Masters of science fiction # 1_
Masters of science fiction # 1 : Brian STABLEFORD : Borgo Press (Milford series No 32) : 1981 : ISBN 0-89370-247-1 : 64 pages (pas d'index comme d'habitude) : une dizaine d'Euros pour un TP.

Cet ouvrage est un recueil d'essais sur cinq écrivains (dont un couple) : Hamilton/Brackett, Malzberg, Vonnegut, Silverberg, Reynolds (Mack). Chaque texte fait environ une dizaine de pages. Temporellement, ces essais datent de la fin des années 70 et sont souvent parus dans des revues d'étude sur la SF (Foundation).
C'est, comme souvent chez Stableford, des textes qui maîtrisent bien leur sujet et qui, pour certains auteurs (Reynolds, Malzberg) sont parmi les rares (les seuls ?) analyses existantes un tant soit peu fouillées. Pour un écrivain comme Silverberg, on est logiquement plus dans le survol à très haute altitude que dans l'hyper-detaillé.

On regrettera évidemment la brièveté des articles ainsi que l'absence de toute bibliographie (et d'index). La faible production ultérieure (par rapport à la date du livre de Stableford) de certains de ces auteurs garde quand même une certaine pertinence à cet ouvrage makgré son âge certain.
Il est à noter que ces cinq essais se retrouvent à l'identique dans Outside the human aquarium du même auteur chez le même éditeur. Ce dernier livre est d'ailleurs (très) discrètement présenté comme la deuxième édition augmentée de ce volume. Du coup, hormis collectionnite aigüe, il n'est donc pas utile de chercher à se procurer les deux volumes.

Un ouvrage à posséder principalement pour les textes sur les auteurs peu étudiés.
Note GHOR : 2 étoiles
17:05 Publié dans Ouvrages de référence divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anglais, 2 étoiles
23.01.2009
_To seek out new worlds : Exploring links between science fiction and world politics_
To seek out new worlds : Exploring links between science fiction and world politics : Jutta WELDES (editor) : Palgrave McMillan : 2003 : ISBN-10 1-4039-6058-5 : 230 pages (y compris index -noms propres et thématique- et notices bibliographiques) : une grosse dizaine d'Euros pour un TP.

Cet ouvrage est un recueil d'essais rassemblés par Jutta WELDES (elle signe d'ailleurs le premier) sur le thème de la rencontre entre les International Relations (IR en abrégé, diplomatie en VF) et la SF. Cette interaction est une chose qui est assez régulièrement étudiée aux USA, à tel point qu'il existe même une anthologie commentée qui s'appelle International relations through SF (New Viewpoints 1978).

La possibilité d'un tel lien est due au fait que les "clients" des deux systèmes sont les mêmes (les citoyens US) et qu'ils se nourrissent un peu l'une de l'autre, la SF offrant un terrain de simulation vierge et la diplomatie utilisant parfois des métaphores SF pour se justifier.
Le livre est organisé en neuf essais d'une longueur assez homogène (une vingtaine de pages chacun) qui traitent des sujets suivants :
- Une introduction globale au projet (Weldes).
- La diplomatie dans Star Trek et ses parallèles avec la diplomatie US réelle (Neumann).
- Les problèmes de communication posés par les situations de "first contact" dans Star Trek : The next generation (Inayatullah).
- Le concept de l'alien dans trois films dont deux de SF (Blade runner, Chute libre et Matrix) (Lipschutz).
- La souveraineté et l'espace social dans Buffy (et ses spin-offs) (Molloy).
- Une étude de Stalker (le film) sous l'angle de la loi et de la souveraineté (Hozic).
- Une analyse de l'évolution de la réprésentation des Borgs (dans STTNG) passant du statut de collectif étranger et menaçant à une simple dictature à abattre (Jackson & Nexon).
- Le problème de la représentation de l'autre au travers de Star Trek, Starship troopers (le film ici aussi) et Chroniques martiennes (Whitehall).
- Les utopies féministes (Crawford).
La lecture de la liste des sujets permet de voir qu'il s'agit d'un ouvrage qui se concentre d'une façon quasi-exclusive sur la SF portée à l'écran (petit ou grand). Du coup, ma modeste connaissance de Star Trek (je n'ai vu que trois long-métrages et une partie des épisodes de la série TV originelle) m'a peut-être empéché de saisir tout le sel des démonstrations. En effet, la plus grande partie des analyses et des exemples (largement plus de 50%) lui est consacrée, certainement à cause de son côté populaire et emblématique de la SF dans l'esprit du grand public.
Malgré cette ignorance de ma part, les essais sont intéressants à lire et l'éclairage fourni sur la politique diplomatique US tant dans sa philosophie que son exécution est le bienvenu. Il est frappant de voir comment la sphère de l'imaginaire peut souvent prédater/influencer/être utilisée par les discours officiels dans le domaine de la diplomatie US, un constat similaire ayant aussi pu être fait pour les questions de défense nationale par Franklin. Il y a aussi des petits bouts bien sympathiques comme une évaluation négative (mais assez juste AMHA) de la baudruche Matrix.

Ce sont donc des textes d'un bon niveau général à l'exception de 1) l'avant dernier pour cause de jargon envahissant et d'un abus de Kant & Heidegger et 2) le dernier essai, couplet obligé dans tout ouvrage universitaire sur la SF, dont le traitement des utopies féministes manque singulièrement d'originalité (et encore une couche de Russ, Le Guin, Piercy, Sargent, Gilman...) et surtout d'un quelconque lien avec la diplomatie.
Un ouvrage plus agréable que je ne l'aurais cru de prime abord, mais qui sera certainement encore plus apprécié par un trekkie confirmé.
Note GHOR : 2 étoiles
14:00 Publié dans Ouvrages thématiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anglais, 2 étoiles
22.01.2009
_Science fiction voices # 5_
Science fiction voices # 5 : Darrell SCHWEITZER : Borgo Press (Milford series No 35) : 1981 : ISBN 0-89370-251-X : 64 pages (pas d'index comme d'habitude) : une dizaine d'Euros pour un TP (à noter qu'il existe donc 4 volumes précédents dans cette série).

Il s'agit d'un recueil d'interviews de 8 auteurs (dont un couple) : Asimov, Brackett, Carter, Del Rey, Hamilton, Long, Simak, Tucker & Williamson. Ces interviews sont des textes assez courts (atteignant parfois à peine 5 pages) qui sont précedemment parues dans divers supports fanzinesques (Algol, Squonk...) dans la deuxième moitié des années 1970. C'est donc un ouvrage dont l'intérêt est essentiellement historique. En effet, il nous fournit indirectement une fenêtre sur l'état de la SF dans ces années là.
En terme de construction, les questions posées aux auteurs ne sont pas standardisées. Du coup, l'ensemble se révèle être assez brouillon, et donne une impression plus proche de celle d'une conversation à bâtons rompus que de d'un interrogatoire en profondeur ou d'une analyse fouillée d'une oeuvre ou d'un parcours.
On notera tout de même la présence dans cet ouvrage de la dernière interview donnée par Edmond Hamilton (faite 4 mois avant sa mort) et les conversations avec des auteurs s'étant plutôt rarement prêtés à cet exercice (Long, Carter, Tucker) qui donnent sa plus-value à cet ouvrage.
Note GHOR : 2 étoiles
10:45 Publié dans Ouvrages de référence divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anglais, 2 étoiles
21.01.2009
_The world Hitler never made : Alternate history and the memory of nazism_
The world Hitler never made : Alternate history and the memory of nazism : Gavriel D. ROSENFELD : Cambridge University Press : 2005 : 0-521-84706-0 (ISBN 10) : 978-0-521-84706-3 (ISBN 13) : 524 pages (dont index, appendices + bibliographie) : une grosse vingtaine d'Euros pour un HC (avec jaquette).

Cet ouvrage est une analyse du traitement par l'uchronie du nazisme par le biais de ses principales conséquences ou acteurs (Hitler, la 2GM, l'Holocauste) qui permet de s'interroger sur la normalisation (au sens de de devenir un fait historique comme un autre et non une exception) de ces éléments dans notre société.
Il est divisé en trois grandes parties :
- "Les nazis gagnent la 2GM" qui étudie pays par pays (USA, GB, Allemagne & reste du monde) les oeuvres uchroniques (romans, nouvelles, essais, films, séries TV, comics) qui montrent une victoire nazie dans ce conflit et quelles en sont les conséquences. On notera qu'il ne s'agit pas de rejouer les batailles (la mécanique de la victoire n'y est pas le point focal). Au début (pendant la guerre et juste après), présentée comme une catastrophe, l'hypothétique victoire nazie devient de plus en plus souvent un évènement "value-neutral", parfois même un simple décor au milieu d'autres situations uchroniques devenues standardisées.
- "Hitlers alternatifs" nous montre les diverses oeuvres qui décrivent une tentative de modifier le cours de l'histoire en agissant sur Hitler (assassinat, changement de carrière vers l'artistique ou l'architecture...) ou en montrant sa fuite après la chute de Berlin. Ici aussi, on passe au fil du temps d'un Hitler complètement maléfique à une certaine humanisation du personnage.
- "Hypothétiques Holocaustes" est la partie la plus courte qui liste les oeuvres qui proposent carrément de modifier l'Holocuaste, soit en le parachevant, soit en le faisant échouer.

Organisé donc thématiquement puis chronologiquement, ce livre balaye plus d'une centaine d'oeuvres uchroniques (en majorité littéraires) pour en montrer l'évolution (différente selon les pays mais généralement convergente) vers une sorte de normalisation du nazisme et de ses horreurs, qui passe du statut de crime exceptionnel à "génocide commun". Évolution qui se fait bien sûr sous l'usure du temps et sous l'impulsion de divers agendas politiques. Il est à noter que, outre l'analyse des textes, Rosenfeld est très documenté sur les motivations des auteurs et précise clairement quels sont les facteurs politiques ou idéologiques (souvent grâce à ses communications avec eux) qui se cachent derrière celles-ci.
C'est un travail solide, parfaitement documenté et qui, en plus des classiques (Le maître du haut-château, SS-GB, Fatherland, Le moindre des fléaux, Making history...), plonge parfois dans les profondeurs d'Astounding ou nous convie à visionner des épisodes de Sliders pour y puiser matière à réflexion.

C'est donc à la fois une étude sur un pan de la SF, mais aussi sur l'histoire et la mémoire. Un très bon livre, dont le seul frein à la lecture est peut-être l'abus de notes, puisqu'il y en a pour 90 pages (!), hélas reportées en fin d'ouvrage (AMHA pas le plus pratique); toutes n'étant pas strictement indispensables. Les numéros de page des citations d'un même livre (une fois celui-ci identifié) auraient gagné à être laissés dans le corps du texte.
Un ouvrage d'une grande spécialisation qui n'a pas forcément vocation à se retrouver dans toutes les bibliothèques.
Note GHOR : 3 étoiles
11:07 Publié dans Ouvrages thématiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anglais, 3 étoiles, uchronie
16.01.2009
_The NESFA index to the science fiction magazines and original anthologies 1982_
The NESFA index to the science fiction magazines and original anthologies 1982 : NESFA Press : 1983 : ISBN 0-915368-21-8 : 63 pages : prix 8 Euros sur e-bay pour un format A4 agrafé.

L'objectif de cet ouvrage est clairement indiqué par son titre, il s'agit d'un index des magazines et anthologies originales (contenant plus de deux textes inédits) parus durant l'année 1982 (aux USA).
Il fait partie d'une longue série d'ouvrages du même type publiés par NESFA, soit annnée par année, soit regroupés.

On peut se demander pourquoi se procurer un tel ouvrage, qui est redondant avec le Murray ou l'index LOCUS ?

C'est justement pour pouvoir faire des recoupements quand on n'a pas les ouvrages primaires sous la main. En effet, malgré tout le travail fourni par les compilateurs, il y a dans toutes ces sources des erreurs, erreurs qui, sans consultation directe des magazines ou anthologies concernés, ne peuvent être détectées qu'en croisant les informations. D'où l'intérêt d'avoir au moins deux sources pour une même référence.
Il est aussi intéressant comme instantané du genre (quels auteurs dominaient ?, qui était publié par telle revue ?....) pour une année donnée, pour simplement constater la masse de ce qui se publi(ait)e en une seule année ou juste pour voir quelles étaient les tendances du genre à l'époque.
Un ouvrage que j'utilise régulièrement et qui, pour ce que j'en ai vu, est exempt d'erreurs.
Note GHOR : 3 étoiles
13:30 Publié dans Index, dictionnaires & bibliographies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anglais, 3 étoiles
15.01.2009
_Bibliographie des collections spécialisées 1913-1968_
Bibliographie des collections spécialisées 1913-1968 : A&A, collection Documents SF : Francis VALERY & Georges PIERRU : 1978 (pas de date sur l'ouvrage lui-même) : pas d'ISBN (DL à parution) : 60 pages : prix variable (du fait d'une certaine rareté, trouvé à 3 Euros) pour un chapbook agrafé.

Il s'agit d'une liste des titres parus dans les collections clairement identifiées comme SF, sous réserve que ladite collection ait été créée avant 1968 (il y a donc J'ai Lu mais pas Le Masque). Il faut noter que si les collections doivent dater d'avant 1968, les titres listés vont jusqu'en 1977 (à peu près).
Pour chaque collection (rarement présentée), sont donnés la liste des ouvrages parus avec le numéro dans la collection, le titre et l'auteur (sauf pour J'ai Lu -?-, où il y a en plus la première parution en VF) et c'est tout. Ce qui veut dire que ne sont pas donnés la date de parution VF ou VO, le TO, le format, la pagination, sans parler d'un éventuel ISBN.
C'est donc un livre qui pourrait être vu comme un proto Bisceglia (Trésors du roman policier, de la science-fiction et du fantastique), un livre remarquable qui ne sortira que trois ans plus tard. Le tout avec une couverture moins large du fait de l'exclusion de certaines collections et globalement moins d'infos périphériques.

Tentative sympathique, ce livre présente toutefois de trop nombreux défauts :
- Police de couleur rouge sur les deux tiers (une solution anti-photocopillage ?) et qualité d'impression très mauvaise.
- Utilisation d'une machine à écrire qui a dû voir des jours meilleurs (caractères écrasés, défauts d'alignement).
- Fautes de frappe (Colosus)
- Erreurs bibliographiques 'basiques' (surtout pour des gens du calibre de Valéry), comme l'attribution du roman Sixième colonne à Anson Mc Donald pour la VF, ou l'indication "non sorti" appliquée à D'une planète à l'autre.
- Ergonomie déplorable, liée à l'absence d'index et à des détails irritants qui font que, par exemple, pour trouver une collection rapidement, il faut connaître la date de première parution du premier ouvrage qui la compose.

C'est donc un achat à réserver à des nostalgiques ou des complétistes. C'est aussi un témoignage historique qui permet d'assister aux débuts de la bibliographie en VF, mais ce n'est en aucun cas un ouvrage utilisable au quotidien. Même pour des titres de la période couverte, on lui préfèrera Le Rayon SF ou L'argus de la SF.
Note GHOR : 1 étoile
13:22 Publié dans Index, dictionnaires & bibliographies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : français, 1 étoile


