31.08.2009

_Robert A. Heinlein et la pédagogie du réel_

Robert A. Heinlein et la pédagogie du réel : Ugo BELLAGAMBA & Eric PICHOLLE : Editions du Somnium (série "Science & fiction à Peyresq" #1) : 2008 : pas d'ISBN : 228 pages (y compris annexes et index) : 30 Euros pour un TP illustré (photos couleurs ou N&B) accompagné d'un DVD reprenant les vidéos de l'évènement, tirage limité à 40 exemplaires (il ne semble plus en rester de disponible).

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Cet ouvrage est consacré aux minutes des Premières Journées Interdisciplinaires Sciences & Fictions de Peyresq (ouf !). Cette rencontre s'est tenue en 2007 dans ce village de Haute Provence. Le but de ces réunions est de rassembler des universitaires de toutes les disciplines (tant scientifiques que littéraires) pour une réflexion autour de la SF. Le choix de RAH pour inaugurer cette série de conférences que l'on espère appelée à durer est à la fois dû au fait que 2007 correspond au centenaire de la naissance de l'auteur et à l'intérêt marqué pour cet écrivain de la part des organisateurs.

Waldo & Magic Inc (Pyramid 1963).jpg

Assez fractionné, l'ouvrage commence après plusieurs liminaires par un premier chapitre biographique d'une quinzaine de pages rédigé par William H. Patterson (le "Heinlein scholar" officiel, adoubé par tous les ayants droits). Puis viennent cinq chapitres qui sont les comptes-rendus d'autant de "panels" (modérés) sur des thèmes variés : SF et découvertes scientifiques, comment faire lire de la SF aux jeunes, les techniques narratives de RAH, la SF comme expérience de pensée et le mystère des opinions de Heinlein. Ces chapitres sont entrecoupés de deux courts essais (Bozzetto & Picholle). Cette partie "débats" est suivie par la traduction pour la première fois d'un texte théorique de RAH qui date de 1957 (on le trouve en VO dans The science fiction novel). On trouve ensuite plusieurs annexes : une sorte de bibliographie illustrée de Heinlein et une bibliographie des oeuvres citées, une nécrologie de Clarke, une article sur le village de Peyresq, une liste de participants (avec leurs coordonnées) et un index (thématique et d'auteurs, les textes étant référencés dans la partie précédente). le tout est agrémenté de photos du site ou des intervenants.

The science fiction novel.jpg

Il faut tout d'abord préciser que l'exercice qui consiste à transcrire par écrit le contenu d'un panel est particulièrement difficile (rares sont ceux qui s'y risquent) et offre toujours un résultat assez mitigé. Chose logique quand on essaie de condenser un long (et parfois passionné) débat en une dizaine de pages. A ce titre, l'idée du DVD (malgré une qualité d'image perfectible, en tout cas sur mon micro) est excellente et se suffit presque à elle-même puisqu'elle permet d'entendre les propos de chacun. Bien évidemment, le texte résultant perd en exactitude et en structuration ce qu'il gagne en spontanéité.

Waldo & Magic Inc (Pan 1969).jpg

Paradoxalement, ce sont alors certains textes préparés à l'avance qui nuisent grandement à la crédibilité du projet. Les qualités de la biographie de Patterson sont par exemple complètement annihilées par une conclusion ridicule. Eric Picholle parle de texte "militant" (un terme qui me rappelle bien quelque chose) mais dire que Heinlein est "à l'origine" (je cite) de 1) le développement de la SF, 2) la contre-culture des années 60, 3) le mouvement libertarien et 4) l'élan vers l'espace est faire preuve soit d'une prétention sans borne par personne interposée soit d'un aveuglement inquiétant. Dans le même registre, Bozzetto attaquant son article sur les rapports entre Verne et Heinlein par une jolie petite note qui nous apprend que des romans comme A la poursuite des Slans ou Le monde des non-A sont "issus d'une utilisation de nouvelles préalables" ou nous expliquant que dans Marionnettes humaines des extraterrestres "prennent l'apparence" des hommes (confusion avec Finney ?) donne juste envie d'envoyer valser le livre plutôt que de continuer à lire un auteur qui ne se donne même pas la peine de vérifier ses dires (mais ce n'est pas la première fois, voir http://ghor.hautetfort.com/archive/2008/11/24/la-science-...).

The puppet masters (Signet 8th).jpg

La pièce maîtresse de cet ouvrage étant le long (quarante pages) essai de RAH, il convient de dire que, s'il est d'un intérêt historique certain à la fois pour l'étude de l'auteur et pour celle du genre, il est finalement assez connu et disponible (en VO) et qu'il date surtout de plus de cinquante ans. Il est d'ailleurs profondément ancré dans la SF américaine de cette époque (la liste des romans évoqués est d'ailleurs parlante). La pertinence des théories de Heinlein (qu'il fera d'ailleurs évoluer comme le dit le traducteur) pour comprendre la SF d'aujourd'hui est donc assez limitée.

The puppet masters (Signet 12th).jpg

Le dictionnaire des oeuvres cités est assez intéressant pour qui ne mesure pas l'étendue de l'oeuvre de RAH et la présentation est agréable même si la logique ayant présidé au choix des couvertures (EO, réédition, réimpression) et des éditions mentionnées (partielles) n'est pas claire. A part cela, il y a quelques petites scories purement bibliographiques sans importance comme un Flot du temps chez OPTA en 1958. Les autres annexes (nécrologie, présentation des partenaires) sont, à mon avis, dispensables.

Double Etoile (RF 1958).jpg

Même si l'ouvrage gagnerait à être "resserré" pour cause de structure peu lisible, il faut surtout le prendre comme un substitut à la participation à ces journées (pour ceux qui habitent fort loin comme moi). A ce titre il remplit parfaitement son rôle malgré les limitations intrinsèques de ce type de compte-rendu. C'est aussi une initiative à soutenir.

 

Note GHOR : 2 étoiles

28.08.2009

_Kim Stanley Robinson maps the unimaginable_

Kim Stanley Robinson maps the unimaginable : William J. BURLING (éditeur) : McFarland (série "Critical explorations in SF & F" #13) : 2009 : ISBN-13 978-0-7864-3369-8 : 303 pages (y compris index et bibliographie secondaire) : TP disponible en neuf chez l'éditeur pour 45 USD (http://www.mcfarlandpub.com/book-2.php?id=978-0-7864-3369-8).

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Auréolé de ses nombreux prix, de ses trilogies à succès (Orange County, Mars, Science in the capital), sa double casquette d'Utopiste et d'Ecologiste et patronné par Jameson, il est normal que Robinson intéresse beaucoup les milieux académiques américains. Cet ouvrage est donc le premier qui lui est spécifiquement consacré malgré l'existence d'une foule d'articles à son sujet.

Red Mars (Harper Collins 1983).jpg

Ce recueil d'essais rassemble dix-neuf textes dont seulement cinq sont inédits, le reste ayant déjà été publié dans les endroits habituels du genre et dans les organes de la mouvance Utopiste. D'une longueur très variable (de quatre à une trentaine de pages), on doit ces essais pour partie aux plumes habituelles (Jameson, Luckhurst, Moylan) et pour partie à des enseignants en littérature ou des spécialistes de l'utopie. On notera quand même la présence de l'écrivain de SF John Kessel et du chroniqueur Nick Gevers.

Green Mars (Harper Collins 1994).jpg

L'ouvrage est divisé en quatre parties inégales : 1) "Utopia and alternative history" qui traite du désir utopique chez KSR avec un long article (par Moylan) sur la trilogie Californienne et le seul texte du recueil qui porte sur The years of rice and salt. 2) "Theory and politics" sur les diverses représentations de la politique essentiellement (c'est logique) dans la trilogie Martienne. 3) "Ecology and nature", des courts essais sur les représentations de la nature dont le seul texte sur Antartica. 4) "Interview and select bibliography" qui offre ce qui est annoncé, à savoir une interview de KSR qui date de 1994 et une bibliographie secondaire de trois pages. Un index clôt ce volume.

Blue Mars (Voyager 1996).jpg

Pour être méchant, je dirais que mon avis sur ce livre est le même que celui que j'ai de l'oeuvre romanesque de KSR : "brillant mais ch... comme la pluie". Des pages entières de discussions sur la trilogie Martienne (les deux tiers du livre y sont consacrés) avec force diagrammes aux titres aussi évocateurs que "The actantial mythical model of the Ares debate" ou "A semantic rectangle of the Boone-Chalmers contrast" conjugués à ma lecture assez ancienne de l'oeuvre maîtresse de KSR et multipliés par une police de caractère assez petite ont eu raison de ma patience. Il est clair que la pleine appréciation des analyses parfois hyper détaillées des romans de l'auteur nécessite d'avoir relu récemment les quelques milliers de pages qu'elle représente. N'ayant pas eu ce courage, je n'étais probablement pas en situation de lecture idéale.

The martians (Voyager 1999).jpg

Ce qui est aussi embêtant est cette détestable habitude des écrits universitaires sur la SF qui, dès qu'il s'agit d'un auteur un tant soit peu ambitieux, font en règle générale complètement abstraction du corpus au sein duquel ces oeuvres s'insèrent et dont elles se nourrissent. Si l'on excepte certains (Markley ou Wegner), on pourrait croire que (par exemple) la trilogie Martienne est une oeuvre splendidement isolée et qui n'a donc jamais fait partie du "dialogue sur Mars" des années 85-95. Ce phénomène est un classique qui s'est déjà vu pour des gens comme Le Guin et Bradbury, voire même pour Dick; une volonté de couper l'auteur de racines populaires à base de calmars dans l'espace.

Remaking history (Tor 1991).jpg

Malgré tout, quelques textes sauvent un peu l'ensemble de l'ennui profond qu'engendrent des phrases comme "These syntactical relations having been established, the final step is to interrogate the 'lexematics' (i. e., discursive regularities) of the story, identifying semantic relations among concepts implicated in the text.". Celui de Kessel sur le KSR nouvelliste aurait mérité un plus grand développement ainsi que les rares fois où l'on nous parle des textes moins connus de l'auteur. On mange certes du Mars à toutes les sauces mais il est quand même étrange qu'une novella aussi importante et puissante que A short sharp shock, un texte qui nous montre une autre face de KSR ne soit tout simplement JAMAIS mentionnée dans les 300 pages de cet ouvrage.

A short, sharp shock (Ziesing 1990).jpg

Un recueil d'essais dont l'ensemble ne m'a guère convaincu, sans doute à cause d'un manque de connaissance de ma part des techniques d'analyse littéraire les plus sophistiquées et d'une concentration des auteurs sur une seule facette des talents de Robinson.

 

Note GHOR : 1 étoile

27.08.2009

_Cosmic engineers : A study of hard Science Fiction_

Cosmic engineers : A study of hard Science Fiction : Gary WESTFAHL : Greenwood Press (série "Contributions to the study of SF & F" #67) : 1996 (pour la première impression) : ISBN-10 0-313-29727-4 : 148 pages (y compris index et bibliographie) : coûtait 50 USD pour un HC sans jaquette sur mon exemplaire, qui, au vu de la ligne de chiffres de la page de garde est une deuxième impression.

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La Hard Science est, en bon sous-ensemble de la SF, un sous-genre de celle-ci qui pose exactement les mêmes problématiques de définition. De la même façon que l'on s'amuse depuis des lustres à tenter de définir la SF en une jolie expression synthétique, on essaie (certes depuis un peu moins longtemps) d'isoler les caractéristiques propres à la Hard Science. C'est donc Gary Westfahl qui s'attelle à cette tâche dans cet ouvrage paru chez Greenwood, un des spécialistes de l'édition d'ouvrages de référence, essentiellement à destination des bibliothèques.

SOS Lune (FN 1962).jpg

Organisé en sept chapitres principaux partiellement inédits (ainsi qu'une introduction et une conclusion), ce livre peut se diviser en deux grandes parties. La première est consacrée à la Hard Science "en général" et couvre l'histoire du concept (de Gernsback jusqu'à la fin des années 80), fait participer les auteurs (principalement Hal Clement) en montrant comment ce sous-genre est perçu par ceux-ci et quelles sont les procédures d'écriture qui lui sont propres et revient finalement dans le passé pour découvrir d'autres exemples de HS dans la proto-SF. Cette partie est suivie par trois chapitres consacrés chacun à une oeuvre emblématique : A fall of Moondust (Clarke), Mission of gravity (Clement) et Between the strokes of night (Sheffield). L'ouvrage se termine par une bibliographie (qui ne liste que les ouvrages cités dans le texte et renvoie pour le reste à un article de SFS) et un index.

Between the strokes of night (Baen 1996).jpg

Comme à son habitude le travail de Westfahl est de qualité, mêlant recherches approfondies et opinions tranchées (voire polémiques). Les parties historiques sur l'émergence du concept au sein de l'ensemble plus vaste qu'est la SF sont particulièrement intéressantes et permettent surtout de ce rendre compte du flou générale qui entoure cette notion de HS. Entre SF relativement rigoureuse à la Anderson, extrapolations scientifiques à la Benford et "TP de physique" à la Clement, on trouve un vaste spectre de textes. Du coup, il n'est pas étonnant que HS soit parfois employé comme simple synonyme de SF, la partie devenant alors le tout.

Variations on a theme by sir Isaac Newton (NESFA 2000).jpg

Malgré ses qualités, deux points principaux m'ont gêné dans cet ouvrage. Le premier est d'ordre strictement mercantile, à savoir que 150 pages (dont 30 d'annexes), très aérées et seulement partiellement inédites pour la modique somme de 50 USD représentent un tarif aux limites de l'acceptable. Le second est lié au choix des ouvrages étudiés en profondeur dont deux (le Clarke et le Sheffield) me semblent se situer aux marges de la Hard Science. Un esprit soupçonneux pourrait d'ailleurs penser que l'inclusion du texte sur Clarke (une assez banale histoire d'exploration lunaire proche de l'anticipation technologique) est due au fait qu'il s'agit d'une reprise d'un travail déjà effectué. 

Les naufragés de la Lune (FN 1962).jpg

C'est malgré tout un ouvrage qui offre de nombreuses pistes de réflexion et d'interrogation sur un sujet problématique ("la Hard Science c'est quoi ?") à partir d'éléments factuels et historiques indiscutables.

 

Note GHOR : 2 étoiles

26.08.2009

_A Cordwainer Smith checklist_

A Cordwainer Smith checklist : Mike BENNETT : Chris Drumm Books (série "Drumm Booklet" #37) : 1991 : ISBN-10 0-936055-49-9 : non paginé : coûtait 3 USD pour un format A5 agrafé au centre et sans couverture rigide, à peu près impossible à trouver.

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Cet ouvrage fait partie de la série des petites (par la taille et non le travail) bibliographies éditées par Chris Drumm dans les années 80 et au début des années 90. Leur originalité était de couvrir des auteurs plutôt atypiques ou méconnus dans le genre comme Reynolds, Lafferty ou McIntosh. Quoi de plus logique donc que l'une des ces bibliographies soit consacrée à Cordwainer Smith, auteur à la voix si particulière et authentique trésor de la SF (comme dirait Barets).

J T McIntosh Memoir & bibliography.jpg

Cette bibliographie s'ouvre par une courte introduction qui raconte sa genèse et nous propose quelques pistes de recherche supplémentaires. Elle est immédiatement suivie par la bibliographie du pseudonyme Cordwainer Smith, bibliographie listée par ordre chronologique de première parution et qui mêle textes et livres. Les informations habituelles (pagination, dates, VT, contenu...) sont bien évidemment fournies et la totalité des éditions US & UK (pour les livres) et des reprises (pour les nouvelles) sont indiquées. Suit un index des titres qui permet de localiser un texte précis. Cette partie consacrée à Smith est complétée par une "chrono-bibliographie" (un mélange de chronologie et de bibliographie) de Paul Linebarger, c'est à dire la personnalité officielle de l'auteur. C'est dans cette partie que l'on trouve les autres pseudonymes utilisés par l'écrivain (Felix C. Forrest par exemple).

The underpeople (Sphere 1975).jpg

Encore une fois, il s'agit clairement d'un travail de passionné, tombé amoureux des textes de Smith en 1979. Il ne faut pas pour autant penser que cela implique un manque de qualité ou de sérieux, il n'en est rien. Les éléments problématiques de l'oeuvre de Smith (changements de titres, révisions, découpages...) sont parfaitement repérés et le travail fourni est considérable avec une exhaustivité quasiment garantie. Les recherches sur Linebarger sont originales et pertinentes, même si les textes découverts par Bennett sont probablement introuvables.

Norstrilia (NESFA 1994).jpg

C'est de la belle ouvrage même si l'on pourra noter une couverture des reprises un peu moins bonne à partir du milieu des années 80 due au fait que le projet peinait à être finalisé. Malgré sa fragilité et le fait que la bibliographie fournie par Lewis dans son Concordance to Cordwainer Smith (et que l'on peut aussi trouver dans les recueils NESFA) est nettement plus à jour, c'est un petit livre bien pratique et que l'on consultera souvent.

 

Note GHOR : 3 étoiles

25.08.2009

_Conversations with Isaac Asimov_

Conversations with Isaac Asimov : Carl FREEDMAN (éditeur) : University Press of Mississippi (série "Literary conversations") : 2005 : ISBN-10 1-57806-738-3 : 170 pages (y compris index) : coûtait 20 USD pour un TP facilement trouvable, existe aussi en HC.

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Orné d'une superbe photo du "bon docteur", cet ouvrage est un recueil d'interviews d'Isaac Asimov, probablement l'auteur de SF le plus connu dans le monde. Compilé par Carl Freedman, un universitaire spécialiste du genre (on lui doit par exemple Critical theory and science fiction), il fait partie d'une série en cours d'ouvrages du même type qui inclut aussi un volume sur Ray Bradbury. 

Face aux feux du soleil (Satellite 1961).jpg

Son principe est simple puisqu'il s'agit du rassemblement en un seul volume de plusieurs interviews avec l'auteur étudié. Ici on a droit à une quinzaine de textes d'une longueur très variable (de trois à une trentaine de pages) dont la plupart sont effectivement des interviews (il y a aussi une nécrologie et les minutes d'un panel de 1969 auquel Asimov a participé). Tous les documents sauf un (celui de Gunn) ne sont pas des inédits et sont parus soit dans des magazines d'étude sur le genre (Extrapolation, Science fiction studies) soit dans des publications plus spécialisées (The humanist, Psychology today) ou plus généralistes (Playboy). Il y a aussi des extraits de précédents recueils d'interviews comme la série Science fiction voices.

Science fiction voices 5.jpg

L'ensemble possède un ton hétérogène dû à des styles d'interviewers différents et aborde logiquement des sujets variés suivant les centres d'intérêt des publications dans lesquelles sont parues les interviews. Classé par ordre chronologique (de 1968 à 1990), le livre offre en plus une introduction de Freedman, une chronologie de la vie d'Asimov, une bibliographie sélectionnée (livres seulement) et un index.

Foundation's edge (Del Rey 1983).jpg

Comme Asimov aime bien parler de lui, tant dans ses recueils que dans ses nombreux textes autobiographiques, il n'est donc pas surprenant de ne trouver guère de choses terriblement originales dans cet ouvrage. De plus, certaines interviews s'adressent plus au 'futurologue' professionnel auprès des médias qu'il était devenu et n'offrent donc parfois qu'un rapport assez lointain avec la SF ou l'écriture en se concentrant plus sur la vulgarisation ou les phénomènes de société ("C'est vrai que c'est vous qui avez inventé le terme de robotique ?"). Ce n'est pas forcément inintéressant mais, par exemple, les considérations d'Asimov sur les débuts de la micro-informatique sont d'une pertinence uniquement historique et d'une relevance nulle.

The robots of dawn (Del Rey).jpg

Finalement les interviews les plus intéressantes pour l'amateur de SF sont celles qui sont faites par des gens ayant un minimum de bagage. Ce sont aussi hélas celles que l'on a des chances d'avoir déjà lues. C'est pour cela que le point fort de ce livre est celle réalisée par Gunn. Elle est à la fois inédite, fouillée (c'est la plus longue) et clairement l'oeuvre d'un expert. Elle lui a d'ailleurs servi pour l'élaboration de son ouvrage sur Asimov : The foundations of science fiction.

Isaac asimov The fondations of SF.jpg

Un ouvrage qui n'en n'apprendra pas plus sur Asimov que les pages et les pages qu'il a lui-même rédigées. Un ensemble de paroles du maître à réserver aux complétistes.

 

Note GHOR : 1 étoile

24.08.2009

_Contrary modes : Worldcon 1985_

Contrary modes : Worldcon 1985 : Jenny BLACKFORD & Russell BLACKFORD & Lucy SUSSEX & Norman TALBOT : Ebony Books : 1985 : ISBN-10 0-9590655-2-0 : 155 pages (y compris bibliographie, mais pas d'index) : un livre à peu près introuvable (éditeur australien) d'un format A4 avec couverture souple.

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Cet ouvrage australien rassemble des essais présentés lors de la convention mondiale de 1985 (Aussiecon Two) qui s'était déroulée cette année-là à Melbourne. C'est l'une des premières tentatives d'une publication universitaire 'locale' sur la SF puisqu'il n'existe guère de précédents à cet ouvrage si ce n'est The stellar gauge paru en 1980. On y retrouve les plumes habituelles du petit monde de la réflexion sur le genre en Australie avec des écrivains comme Turner ou Blackford, des spécialistes du cinéma comme Baxter ou des universitaires comme Van Ikin. 

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Ce recueil comporte dix essais de taille variable que l'on peut vaguement grouper en trois catégories. La première concerne "le monstre comme héros" avec quatre textes : un premier assez général sur concept qui commence avec les contes de fée ou Frankenstein, deux sur Wolfe et sa tétralogie (à l'époque) de Teur, une chose assez logique vu que celui-ci était l'hôte d'honneur (GoH) de la convention et un sur Stranger in a strange land. La deuxième partie (3 essais) dresse un panorama de la SF Australienne avec en particulier un focus sur les deux premiers Mad Max. Quant à la troisième partie (3 textes) elle revient à des 'aliens' plus proches de nous à savoir la partie féminine de l'humanité.

Mad Max Au-delà du dôme du tonerre (JL 1985).jpg

On ne peut pas dire que cet ouvrage soit profondément novateur avec son n-ième passage en revue des circonvolutions de l'oeuvre de Wolfe et son traitement du texte le plus connu de RAH. De la même façon, l'analogie faite entre les extraterrestres et les femmes où l'on en conclut que les premiers sont vus comme plus humains que les dernières était, même à l'époque, un sujet "bateau" et déjà présenté de façon plus brillante et convaincante par Russ et l'école féministe. Les vraies bonnes surprises sont plutôt à chercher du côté des analyses sur la SF Australienne qui permettent une vision 'de l'intérieur' d'une partie du genre qui possède des caractéristiques spécifiques. C'était là une des premières approches 'géographiques' qui culmineront avec le magistral Strange constellations.

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On pardonnera aussi à ce pionnier un petit côté amateur, tant dans la présentation (une couverture d'un superbe orange pétant illustrée de collages surréalistes), que le format (probablement peu solide à l'usage) ou la mise en page.  Un peu légers aussi sont l'absence d'index (gênante) et la bibliographie très aérée (moins d'une dizaine de titres). Il n'en reste pas moins que le contenu est du niveau de n'importe quelle publication universitaire consacrée au genre et offre parfois un regard neuf venu de l'hémisphère austral.

 

Note GHOR : 2 étoiles

21.08.2009

_Concordance to Cordwainer Smith (Third edition)_

Concordance to Cordwainer Smith (Third edition) : Anthony R. LEWIS : NESFA Press : 2003 : ISBN-10 1-886778-25-6 : 189 pages (y compris bibliographie) : 13 USD pour un TP disponible chez l'éditeur (www.nesfa.org).

Concordance to Cordwainer Smith (3rd edition).jpg

Ce livre est une concordance de l'oeuvre de Cordwainer Smith, c'est à dire un dictionnaire commenté et analysé des termes inventés qui apparaissent dans l'oeuvre de ce dernier et plus particulièrement dans le cycle de l'Instrumentalité. Cet ouvrage est la troisième version de cette concordance (la seconde était au format A4 avec reliure à spirale et faisiat plus 'amateur' tout en étant typique de la production NESFA de l'époque) initialement parue en 2000. Cet exemplaire est en plus une réimpression datant de 2003.

Concordance to Cordwainer Smith (2nd edition).jpg

Publié par NESFA Press, un éditeur qui a l'intégrale de Smith à son catalogue, ce dictionnaire est un projet porté depuis de longues années (1968) par Lewis, un des experts sur cet auteur. Comme son nom l'indique, c'est un recensement alphabétique des termes inventés par Smith. Celui-ci étant un excellent linguiste, il a logiquement parsemé son oeuvre de nombreux noms inventés (lieux, personnages, objets, concepts et titres de nouvelles ou de recueils). Lewis les liste donc (de A'gentur à Yuen), les définit en quelques lignes, les localise dans l'oeuvre de Smith (dans quel(s) texte(s) les trouve t-on ?) et tente de déterminer leur origine (souvent d'une langue autre que l'anglais). A cela s'ajoute une chronologie de l'Instrumentalité et une bibliographie complète (en VO seulement) de C. Smith.

Quest of the three worlds (Ace 1966).jpg

Travail de fourmi sur un des ensembles majeurs du genre, cet ouvrage est en priorité destiné aux amateurs de l'auteur. Pour eux, presque chaque nom (Shayol, Vomact, C'Mell, Mother Hitton) évoquera un souvenir de lecture et une parcelle de l'immense univers dépeint par Smith. Ils se délecteront des hypothèses de Lewis quand à l'origine possible des néologismes ou des noms propres. Ils seront ravis de la bibliographie quasi-définitive d'une oeuvre certes peu abondante mais assez complexe sous cet angle (changements de titres, fix-ups, recueils multiples...).

Space lords (Sphere 1970).jpg

Les autres, ceux qui ne connaissent ou n'apprécient pas Smith, trouveront cette minutie un peu obsessionnelle et sans grand intérêt tout en se demandant quelle pertinence ont ces suppositions sur les intentions d'un auteur finalement assez mystérieux. Ils en ont tout à fait le droit.

The instrumentality of mankind (Del Rey 1979).jpg

Il est à noter que les lecteurs en VF ont aussi accès au travail de Lewis. Une première fois dans les éditions Presses Pocket du cycle (à la fin des années 80) où une sorte de dictionnaire était présenté à la fin du dernier tome, un glossaire non crédité à Lewis mais qui fleurait parfois bon le décalque pur et simple de la deuxième édition de cette concordance. Une seconde fois dans la collection Folio-SF en 2004 où cette troisième version est incluse dans le quatrième volume avec cette fois l'indication du véritable auteur (mais sans la bibliographie).

The planet buyer (Pyramid 1964).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

20.08.2009

_The complete critical assembly_

The complete critical assembly : David LANGFORD : Cosmos Books : 2002 : ISBN-10 1-58715-330-0 : 336 pages (y compris index) : coûtait 15 USD pour un TP qui semble assez facilement trouvable, y compris en neuf.

The complete critical assembly.jpg

Ce livre contient l'ensemble des rubriques mensuelles (parues sous le titre général de Critical mass) de critiques de livres de SF écrites par David Langford pour une succession de magazines consacrés principalement aux jeux de rôle (White Dwarf, GM, GMI). Au total cela représente un ensemble de 101 chroniques initialement publiées entre 1983 et 1991. La totalité de ces textes sont parus dans deux précédents volumes (Critical assembly & Critical assembly II).

The space eater (Baen 1987).jpg

Chacune de ces colonnes fait à peu près trois pages de long et diffère de l'usage habituel des magazines SF en ce sens qu'elle couvre un grand nombre d'ouvrages (plus d'une dizaine) au lieu de se concentrer sur un nombre moins important. Il s'agit donc plus de notules de lectures que d'analyses en profondeur, le tout permettant de passer en revue un partie non négligeable de la production SF de ces années. Cette apparence d'exhaustivité est d'autant plus marquée que Langford ne se limite pas aux textes majeurs mais n'hésite pas à parler d'ouvrages que l'on pourrait qualifier pudiquement de 'moins ambitieux'. On remarquera qu'il passe aussi en revue les ouvrages de référence et les publications des small press. Pour s'y retrouver, un index est quand même fourni.

The silence of the langford.jpg

La lecture de cet ouvrage permet de retrouver le délicieux Langford habituel, un mélange d'expertise indiscutable, d'un humour parfois féroce mais aussi d'une grande tendresse pour le genre et ses pratiquants. C'est souvent assez jouissif à lire, particulièrement quand il se lâche un peu sur un livre qui semble le mériter, comme par exemple sa critique de Battlefield Earth. Il n'y a bien sûr pas que des critiques négatives dans cet ouvrage (même si elles en représentent un des attraits indiscutables) mais aussi des éloges ou des appréciations mesurées. C'est surtout l'occasion pour les lecteurs de ces magazines (non SF rappelons-le) de découvrir un panorama de l'ensemble du genre, avec ses multiples coutumes, ses textes majeurs et sa foule d'intervenants.

Battlefield Earth (New Era).jpg

Cet ouvrage a aussi les défauts de ses qualités, à savoir que son approche pointilliste et extensive a tendance à morceler le discours de Langford et que les bons mots ou les piques brillantes peuvent parfois prendre le pas sur la réflexion plus sérieuse (réflexion que Langford maîtrise parfaitement). La solution est peut-être de lire ce livre par petites doses pour pouvoir savourer la voix de l'auteur. Il faut quand même noter que le choix de l'auteur de couvrir beaucoup de livres pas forcément excellents peut frustrer les lecteurs francophones qui seront souvent arrêtés par l'absence de VF de nombreux ouvrages discutés.

 

Note GHOR : 2 étoiles

19.08.2009

_The complete book of science fiction and fantasy lists_

The complete book of science fiction and fantasy lists : Maxim JAKUBOWSKI & Malcolm EDWARDS : Granada : 1983 : ISBN-10 0-586-05678-5 : 350 pages (pas d'annexes) : coûtait à l'époque 3 GBP pour un TP.

The complete book of sf & f lists.jpg

Ce livre un peu particulier est, comme son titre l'indique, un recueil de listes relatives à la SF&F. C'est un genre d'ouvrage assez typiquement anglo-saxon dont il existe au moins un autre exemplaire consacré au genre : The illustrated book of science fiction lists de Mike Ashley (un ouvrage qui est d'ailleurs antérieur à celui-ci). Son principe est extrêmement simple puisqu'il s'agit de rassembler un maximum de listes (de taille variable en nombre d'items mais dépassent rarement une page en tout) sur le sujet choisi.

The illustrated book of sf lists.jpg

Sous la plume de deux spécialistes du genre aidés par divers de leurs collègues de la scène SF britannique, cet ouvrage ressemble schématiquement trois types de listes. Le premier est constitué des les listes thématiques de titres ou d'autres informations partageant un même sujet ("Fifteen stories set on Mars", "Ten SF private eyes", "Eight SF megastructures"...), le deuxième correspond aux listes purement bibliographiques (listes des contenus des "best-of" année par année, sommaire des premiers numéros des revues les plus connues, indication des changements de titre...) et le troisième à des listes diverses parfois complètement délirantes ("My six favorite fan letters" de Ian Watson), parfois amusantes ("Ten favorites scientific errors" par Langford) ou purement informatives ("Sixteen Irish SF and Fantasy writers"). On notera qu'il n'y a pas de sommaire ni d'index.

Cageworld Search for the sun ! (NEL 1982).jpg

La lecture de ces 350 pages de listes doit obligatoirement se faire par petits bouts sous peine d'indigestion. C'est généralement bien fait et cela montre une grande connaissance du genre par les auteurs (et on aimerait parfois rajouter ses propres éléments à ces listes). C'est aussi souvent empreint d'un grand humour qui rend l'ouvrage très agréable à la lecture.

Orbitville (OPTA 1976).jpg

En fait, le livre est presque trop riche ou en tout cas d'une richesse difficile à exploiter. L'absence complète d'index ou même du plus élémentaire sommaire empêche totalement la récupération simple d'informations à moins de re-parcourir l'ouvrage à chaque fois. Du coup, des éléments plus "sérieux" (liste de pseudonymes, chiffres de vente, premières publications par auteur) et parfois inédits sont à peu près impossibles à retrouver, ce qui gâche un peu le travail des auteurs et ne facilite pas celui des lecteurs.

Ringworld (Sphere 1981).jpg

Ce regrettable défaut de conception diminue grandement l'utilité d'un tel ouvrage qui, une fois le premier plaisir de lecture passé, ne mérite pas une seconde lecture alors qu'il est bourré d'informations pertinentes.

 

Note GHOR : 1 étoile

18.08.2009

_Comic inferno : The satirical world of Robert Sheckley_

Comic inferno : The satirical world of Robert Sheckley : Gregory STEPHENSON : Borgo Press (série "Milford - Popular writers of today" #66) : 1997 : ISBN-10 0-916732-61-4 : 114 pages : une bonne dizaine d'Euros pour un TP assez rare comme d'habitude, existe aussi en HC.

Comic inferno.jpg

Robert Sheckley est un de ces auteurs qui sont en train de littéralement disparaître du paysage de la SF. C'est particulièrement vrai en France (malgré l'inédit sorti en 2007 chez Rivière Blanche) où il n'existe à peu près aucune édition postérieure à 2000 et cela l'est juste un peu moins aux USA où NESFA a publié deux gros recueils (un de romans et un de nouvelles) en 2002 et 2005. Il n'est donc pas surprenant de constater que cet ouvrage semble être le seul qui lui soit consacré.

Dimensions of Sheckley (NESFA 2002).jpg

Faisant partie de la série "Milford" de Borgo Press, cet essai est de la génération "tardive", à savoir celle des ouvrages nettement plus étoffés que les premiers puisqu'il offre le double de pages avec une police de caractère plus petite. On y retrouve l'organisation habituelle avec une chronologie de l'auteur, un court (cinq pages) premier chapitre à orientation biographique, cinq chapitres principaux de longueur variable (suivant la production parfois erratique de Sheckley) couvrant chacun une décennie entre 1950 et 1990, un chapitre consacré aux autres genres pratiqués par l'auteur (policier essentiellement) et une conclusion. Suivent deux bibliographies commentées, une primaire (qui liste que les livres) et une secondaire (qui ne recense logiquement que des articles ou des mentions).

The status civilization (Dell 1968).jpg

Il est toujours très agréable de pouvoir lire une analyse sur un auteur comme Sheckley, tant il est caractéristique de la SF et même d'une frange si particulière du genre, celle de l'école Galaxy. On retrouve donc sous la plume de Stephenson tous les mythiques textes comme A ticket to Tranai ou The Laxian key, nouvelles savoureuses et maintes fois reprises. Mais l'auteur, qui pour une fois chez Borgo dispose d'une place suffisante, ne se limite pas à ces textes hyper connus et parcourt l'intégralité de la production de Sheckley en s'arrêtant longuement sur les romans de la période tardive de l'auteur. Il réussit même le tour de force de trouver des mots gentils à dire sur les ouvrages de la fin de la carrière de l'auteur (les expansions/sequels à The 10th victim ou les collaborations avec Harrison ou Zelazny).

Arena (Denoel 1988).jpg

Outre une certaine tendresse pour l'auteur qui rend parfois les jugements de Stephenson un peu trop tolérants, le gros point négatif de cet ouvrage est que, paradoxalement, le fait que la spécificité de Sheckley est intimement liée à l'histoire du genre n'est absolument pas mentionné. En effet, le génie de l'auteur n'a pu s'épanouir que dans le contexte propre à la SF des années 50-60, à savoir le seul espace de liberté où la publication de textes courts et percutants était possible. Tout cela est complètement passé sous silence par Stephenson qui ne parle que de Sheckley et absolument pas de l'environnement dans lequel il publiait. Il est d'ailleurs révélateur de voir que dans l'index, les noms Galaxy ou Omni n'apparaissent qu'une seule fois dans tout le texte (et encore dans la chronologie). On se demande bien comment on peut dissocier Sheckley de ces revues. Du coup, l'oeuvre de l'auteur, même si elle est longuement disséquée, donne l'impression fausse de sembler exister dans un vide absolu et se situer hors de tout courant historique de la SF.

The people trap & Mindswap (Ace 1981).jpg

C'est donc un ouvrage certes pointu sur l'auteur et son oeuvre mais qui fait hélas l'impasse sur le terreau fertile qui lui a permis d'exister. A ce titre, il est donc incomplet, ce qui ne peut que nuire à une perception exacte de la carrière et de la réelle place de Sheckley.

 

Note GHOR : 2 étoiles

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