30.10.2009

_The encyclopedia of science fiction_ (Nicholls, 1ère version)

The encyclopedia of science fiction : Peter NICHOLLS (General editor) & John CLUTE (Associate editor) : 1981 : Granada (Panther) : ISBN-10 0-586-05380-8 : 672 pages : coûtait 5 GBP pour un TP épais et illustré en N&B, assez peu disponible sur le marché de l'occasion.

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Tout d'abord, il me faut préciser de quel livre je parle. En effet, il existe un nombre important d'ouvrages qui ont des titres assez proches comportant les mots "Encyclopedia" et "Science Fiction". On pensera aux 3 Tuck (qui ajoutent la Fantasy dans leur intitulé), aux variantes adjectivales ("Visual" de Ash, "Ultimate" de Pringle, "New" de Gunn, "Illustrated" de Clute voire "Mammoth" de Mann) ou aux presque homonymes purs (Holdstock qui diffère par l'absence de l'article défini dans le titre). Il s'agit là de livres qui n'ont aucun rapport avec celui-ci qui est en fait un peu leur père à tous (sauf des Tuck qui sont antérieurs).

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Cette encyclopédie est donc initialement sortie en 1979 en HC chez Granada (en Grande-Bretagne donc) et a été publiée aux USA par Doubleday la même année en HC sous le titre inversé de The science fiction encyclopedia (avec une illustration différente inspirée d'une couverture de Frank R. Paul). Ces deux éditions ont été complétées en 1981 par des versions TP moins chères comme celle-ci (la britannique). Une deuxième version sortira en 1993 avec globalement les mêmes personnes et rencontrera encore plus du succès en devenant l'ouvrage de référence standard. Une monstrueuse troisième version électronique a été lancée en 2005 (avec l'appoint de David Langford et Graham Sleight) et semble de nouveau avancer après un certain hiatus (voir http://sfe3.org/ site récemment mis à jour).

Wonder Stories 1933-02.jpg

En matière d'organisation, on a logiquement un classement alphabétique des entrées (de Vance AANDAHL à Jerzy ZULAWSKI). Celles-ci sont d'une longueur variable (plusieurs pages pour les plus importantes) et sont mises en page sur trois colonnes. Synthétiquement on trouve plusieurs types d'entrées : 1) les personnes : auteurs, cinéastes, acteurs, illustrateurs (avec une couverture visant l'exhaustivité pour les premiers) 2) les thèmes (de Absurdist SF à Women), 3) les oeuvres, considérées individuellement (films, séries TV, comics), 4) les magazines (fiction et non-fiction et y compris certains fanzines influents) et 5) le reste (concepts propres au genre, fanspeak, prix, organisations...). Chaque entrée est signée par l'un des nombreux collaborateurs impliqués dans le projet et se trouve parfois illustrée en N&B par des images allant de la vignette (photo de l'auteur, couverture de magazine) à la (rare) pleine page. On notera un système de références croisées qui permet de naviguer dans l'encyclopédie.

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Ce livre a reçu le Hugo 1980 du "Best non-fiction book" (c'était l'intitulé de la catégorie à l'époque) et il faut avouer que la récompense est largement méritée. Il s'agit d'un travail tout simplement colossal d'une grande qualité (les auteurs des entrées forment le gratin des connaisseurs du genre) et surtout d'une exhaustivité inconnue jusqu'alors. Pour le domaine francophone, il suffit de constater que l'encyclopédie contient des entrées pour Carsac, Curval, Henneberg, Jeury, Klein, Sternberg, Ruellan, Drode, Merle, Douay, Versins, Sadoul, Andrevon, Walther (le tout en 1979) pour mesurer la pertinence et la qualité de l'ensemble. 

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Même s'il est parfois un peu difficile à lire (trois colonnes de texte par page et police de caractère petite) et logiquement daté, cet ouvrage est une acquisition obligatoire. En effet, une partie des entrées seront éliminées dans la version suivante qui, malgré un nombre de mots supérieur, sera forcée de procéder à un élagage sévère qui touchera surtout les auteurs les moins connus ou les moins productifs. A ce titre on ne peut pas dire que cette édition est remplacée purement et simplement par la suivante puisque des informations ne se trouvent que dans celle-ci. Pour atteindre l'exhaustivité, il est donc obligatoire de posséder les deux versions, un phénomène que l'on retrouve par exemple avec les Anatomy of wonder de Barron.

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Un indispensable (et vieux) compagnon de recherche qui doit donc être présent dans toute bonne bibliothèque sur le genre.

 

Note GHOR : 3 étoiles

29.10.2009

_L'empire du pseudo : Modernités de la science-fiction_

L'empire du pseudo : Modernités de la science-fiction : Richard SAINT-GELAIS : 1999 : Nota bene (collections "Littérature(s)" #16) : ISBN-10 2-89518-034-2 : 299 pages (y compris bibliographie mas pas d'index) : semble coûter en neuf dans les 25 Euros pour un TP.

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On peut dire que la parution de cet ouvrage en 1999 est l'illustration d'un changement dans la typologie des ouvrages de référence publiés dans notre langue. Cette époque voit en effet l'arrivée de nouveaux acteurs dans la réflexion sur le genre. On passe d'un domaine plutôt réservé à des pratiquants du genre (auteurs, éditeurs) ou à des amateurs (chroniqueurs, fanzineux) à un espace qui est partagé avec des universitaires es lettres dont certains ne sont pas forcément des spécialistes du genre. Même si ce créneau reste extraordinairement étroit (on parle de deux ou trois ouvrages par an), les Langlet, Besson et donc ici Saint-Gelais apportent des outils théoriques et une perspective neuve aux SF Studies francophones.

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Ce livre est divisé en trois parties principales dont certaines composantes ont parfois été précédemment publiées isolément. La première choisit d'approfondir quatre motifs (on pourrait aussi parler de thèmes, d'images ou de sous-genres) : l'anticipation, l'uchronie, la vitesse et le mariage Policier/SF. La deuxième partie se concentre sur la façon de lire la SF, un genre qui impose une forme de lecture différente des autres par la mise en oeuvre d'une xéno-encyclopédie à chaque fois partiellement renouvelée. La dernière section explore l'intersection du genre et de la modernité en évoquant les méta-fictions, les artefacts science-fictionnels (de la non-fiction qui se déploie sur un univers fictif comme certains guides de mondes imaginaires) et les phénomènes de fanfiction. Une bibliographie termine l'ouvrage qui ne comporte pas d'index.

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Bien sûr, l'amateur d'ouvrages de référence pourra trouver chez Saint-Gelais des choses qui ont été déjà dites ailleurs, allant des protocoles de lectures propres à la SF chez Disch aux "textual poachers" de Jenkins en passant par le postmodernisme de Broderick (tous ces auteurs figurent d'ailleurs dans la bibliographie fournie). Mais il est vrai qu'il est difficile d'innover totalement et que chaque chercheur bâti ses travaux sur ceux des ses prédécesseurs. L'ouvrage proposé n'en est pas moins d'excellente facture et offre aux lecteurs francophones une véritable idée de ce que peut être une réflexion pointue et actuelle sur le genre.

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A ce plaisir de la découverte d'une structure intellectuelle solide, particulièrement dans la partie centrale sur les interactions entre le texte et le lecteur, s'ajoute le sel d'avoir affaire à un connaisseur du genre qui va chercher dans les moindres recoins du genre la matière la plus adaptée à ses démonstrations. Trouver rassemblés sur la même page Elgin, Leinster et les Strougatsky est fort agréable (et qui plus est quand les éléments bibliographiques sont corrects) et ne peut que crédibiliser l'auteur.

Robert Adam's book of alternate worlds (Signet 1987).jpg

Un très bon ouvrage, intéressant et solidement construit qui montre que la SF peut se prêter, même en VF, à des analyses poussées.

 

Note GHOR : 3 étoiles

28.10.2009

_Microworlds _

Microworlds : Stanislaw LEM : 1986 (reprise d'un HC paru en 1984) : Harcourt Brace Jovanovich : ISBN-10 0-15-659443-9 : 285 pages (y compris bibliographie de Lem, pas d'index) : coûtait 6 USD pour un TP, se trouve d'occase aisément.

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Cet ouvrage est donc la réédition en format plus accessible d'un ouvrage initialement paru en 1984 en format relié chez le même éditeur, celui qui publiait la SF de Lem aux USA. Stanislaw (Stanislas en VF) est le principal auteur de SF polonais et en tout cas le seul qui ait une renommée qui dépasse les frontières de son pays. A la fois auteur (assez à la mode dans les milieux académiques dans les années 80) et théoricien du genre, il reste actuellement plutôt inconnu de la majorité des amateurs du genre.

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Ce livre est un recueil de textes datant des années 70 (sauf trois plus récents) lorsque Lem, principalement grâce aux efforts de son traducteur et agent Franz Rottensteiner, a percé sur la scène de la SF mondiale (lire US). Il contient dix essais de longueur variable (du moins de dix à soixante pages) qui ont pour particularité d'être traduits en anglais à partir de diverses langues (il s'agit donc parfois de traductions de traductions).  Parus généralement dans la revue Science Fiction Studies, ces textes comportent un segment autobiographique, diverses considérations sur la SF, des articles thématiques (la cosmologie dans la SF, les récits de voyages dans le temps) ou se concentrent sur des textes (Stalker) ou des auteurs précis (Dick, Borges). Une bibliographie des écrits de Lem sur le genre se situe en fin d'ouvrage, lequel ne comporte pas d'index.

Le bréviaire des robots (Denoel 1966).jpg

Les amateurs d'histoire de la SF savent que Lem a un lourd contentieux avec le genre ou du moins avec les pratiquants américains de celui-ci (voir "The Lem affair" sur le net). La lecture de ce livre, délibérément polémique (aux dires de Lem) mais au final plutôt simplement puant, permettra d'en comprendre les raisons. Il commence assez fort, par une autobiographie dont la modestie ferait paraître Asimov comme un modèle de retenue. On y apprend incidemment que le QI de Lem est de 180 et qu'il est, semble t-il, l'enfant le plus intelligent de tout le sud de la Pologne. Héros de la Résistance, homme de lettres, homme de science, se comparant à Einstein, des esprits chagrins pourrait trouver le choix de carrière d'écrivain de SF un peu surprenant de la part d'un homme aussi doué.

Les voyages électriques d'Ijon Tichy (Denoel 1980).jpg

Les deux textes suivants (les plus longs du recueil) sont une attaque au vitriol de la SF (américaine, les britanniques n'étant, dans une optique assez typique du bloc communiste, que de simples supplétifs des Yankees). Pour faire court, les écrivains de SF sont des prostituées, le genre une maison close à la solde d'éditeurs-souteneurs (il s'agit là exactement des mots de Lem qui semble manifester un certaine obsession pour la chose péripatéticienne), les lecteurs une bande de débiles et les fans ou les commentateurs du genre (Blish, Knight) un troupeau d'idiots qui singent les protocoles de la grande littérature. Heureusement qu'il y a la sainte trinité formée de Dick, Borges et les Strougatsky qui est la seule à pouvoir nous extraire de notre fange. On pourra donc comprendre aisément qu'un tel discours, qui franchit allègrement les bornes de la correction, ait pu provoquer une certaine ire au sein de la SFWA qui expulsera d'ailleurs Lem de ses rangs.

Mémoires trouvés dans une baignoire (LDP 1978).jpg

Sur le fond, les reproches de Lem ne sont ni dénués d'une certaine réalité, ni très originaux (voir par exemple Malzberg ou même Knight pour la croisade anti Van Vogt) mais la manière est particulièrement (délibérément ?) insultante pour l'ensemble des acteurs du genre (chacun est vilipendé à son tour), une attitude qui ne favorise guère le débat. La première idée qui vient à la lecture est d'ailleurs de penser qu'un personnage qui a su se tailler une si belle place au sein du monde officiel des lettres d'une dictature communiste est sûrement un expert es putasseries et compromissions. De plus, l'argumentaire de Lem sur les turpitudes de la SF US est parfois un peu léger et donne l'impression d'être plus une déduction de seconde main que le résultat d'une connaissance réelle. Il est par exemple assez surprenant de voir Dick et Van Vogt comparés à longueur de pages (le second étant bien sûr le plus mauvais des deux) sans que le bête fait que leurs oeuvres aient des décennies d'écart ne soit mentionné. On passera aussi sur le couplet laudatif obligatoire relatif aux Strougatsky écrivains d'un pays frère.

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Au final un livre que sa stridence dessert et qui n'améliorera pas l'image de Lem désormais plus attachée à un film où on voit les fesses de George Clooney qu'à ses oeuvres littéraires. Une remarque peu élégante de ma part mais bien du niveau de cet ouvrage.

 

Note GHOR : 0 étoile 

27.10.2009

_L'effet Science-Fiction : A la recherche d'une définition_

L'effet Science-Fiction : A la recherche d'une définition : Igor BOGDANOFF & Grichka BOGDANOFF : 1979 : Robert Laffont (Collection "Ailleurs & Demain - Essais") : ISBN-10 2-221-00411-6 : 423 pages (y compris index) : coûtait 30 FF à l'époque pour un TP à la couverture d'une fragilité légendaire, se trouve d'occase.

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Paru dans la courte (3 volumes) collection d'ouvrages de référence de Robert Laffont, ce livre est basé sur un concept simple : poser la question "La science-fiction, pour vous, c'est quoi ?" à un nombre important de personnes connues ou importantes de part leur fonction (ambassadeurs, légats), récupérer les réponses (quand il y en une), les lire et les analyser et enfin et collationner le tout dans une sorte de compte-rendu. C'est à cette longue tâche que se sont consacrés les jumeaux Bogdanoff qui étaient au sommet de leur gloire à l'époque de la parution de l'ouvrage.

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Ce livre possède une organisation interne qui le fait ressembler à une étude de marché. La première partie opère d'abord un classement des réponses en quatre grandes attitudes face à la SF : Ignorance, Connaissance, Hostilité et Adhésion (ces positions étant ensuite réparties dans des catégories plus fines). La deuxième partie est une sorte d'intermède plus ludique et présente quelques réponses sélectionnées pour leur humour, leur incongruité ou leur maîtrise (celles d'acteurs du genre). La dernière partie est une synthèse de l'ensemble qui se focalise sur les réactions de trois populations significatives pour la mesure de l'importance du genre : écrivains, politiques et prévisionnistes. Une conclusion et un épilogue tirent les enseignements sociologiques de cette sorte de sondage et un index clôt le livre.

La machine fantôme (JL 1985).jpg

Le livre en lui-même est parfaitement conforme à son cahier des charges. Cette compilation de réponses parfois hautaines, parfois stupides parfois amusantes mais qui témoignent généralement d'une grande ignorance du genre et des ses possibilités est le résultat d'un important travail (puisque des interviews physiques ont été aussi réalisés). On ne dépasse jamais le stade de la pochade strictement anecdotique et l'enjeu de savoir ce que pensent de la SF Poulidor ou Bigeard est infime.

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Ce qui est vraiment atterrant est de voir qu'un tel texte ait pu paraître dans la plus prestigieuse des collections que comptait la SF à l'époque. C'est, une fois de plus, l'illustration du triste état de la réflexion sur la SF dans notre pays que de voir Klein cautionner une telle démarche. Non pas qu'elle ne soit pas honorable mais elle aurait plus sa place dans un fanzine que chez A&D dans une collection d'essais tant elle n'est que simplement distrayante. Pour reprendre une remarque que j'avais faite sur un recueil de Nicot, si c'est la toute la profondeur possible de l'analyse francophone sur la SF, il nous reste du chemin à parcourir.

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Note GHOR : 0 étoile

26.10.2009

_Edging into the future : Science fiction and contemporary cultural transformation_

Edging into the future : Science fiction and contemporary cultural transformation : Veronica HOLLINGER & Joan GORDON (éditrices) : 2002 : University of Pennsylvania Press : ISBN-10 0-8122-1804-3 : 278 pages (y compris bibliographie et index) : disponible chez l'éditeur à 27.5 USD pour un TP (existe aussi en HC), voir http://www.upenn.edu/pennpress/book/13759.html.

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Cet ouvrage est un recueil d'essais inédits qui veulent placer la SF au coeur des disruptions culturelles actuelles. Cette évolution se manifeste par la dissolution des frontières entre genres cousins ou même à l'intérieur de la Science Fiction et aussi par l'irruption d'une sensibilité et d'une lecture "postmoderniste" dans les textes. Les contributeurs sont ici plutôt du haut de gamme et l'on y relèvera (pour les plus connus) les noms de Wolfe, Landon, Attebery, Stableford, Jones ou Csicsery-Ronay.

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Composé de treize essais d'une petite vingtaine de pages chacun, cet ouvrage est divisé, après une classique introduction, en les trois sections suivantes : 1) "Genre implosion" qui groupe trois textes sur la dissolution des barrières au sein du genre (Wolfe) ou entre la SF et la musique (un essai inclassable de Olsen); 2) "Imploded subjects and reinscripted bodies" rassemble cinq chapitres sur les problématiques de corps et de l'identité avec une attention portée sur l'hermaphroditisme, le transhumanisme ou la cyborgisation (on y retrouvera Cadigan, Le Guin, Morrow ou Jones); 3) "Reimagined apocalyspes and exploded communities" soit cinq textes sur l'apocalypse et la communauté (sic) dont deux d'auteurs analysant leurs propres écrits (Jones et Stableford). Le livre se termine par plusieurs pages de notes, une bibliographie importante (quinze pages) et un index.

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Un des grands moments de la lecture de cet ouvrage est la tentative des éditrices de mettre un peu d'ordre et surtout de logique dans ce recueil. A grand coup de justifications fumeuses et de titres de section à rallonge (voir plus haut), un découpage très arbitraire à été déterminé. C'est un remarquable ratage avec une section finale qui mêle par exemple apocalypse, Kairos (de Jones), first contact et géopolitique du futur.

Celestis (Tor 1997).jpg

Ce reproche est de pure forme et ne doit pas masquer la qualité de certains essais même si, comme d'habitude, un net effet de mode est perceptible en matière de choix des auteurs ou des textes évoqués (un petit coup de Le Guin, une pincée de Jones et un zeste de Gibson) et en matière de discours où le post-machin (humain, moderne) se rencontre à presque chaque ligne. Le tout forme un ensemble compétent mais complètement hétérogène thématiquement qui peut donc se lire par petits bouts pour un résultat plus qu'honorable.

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Note GHOR : 2 étoiles

23.10.2009

_Unleashing the strange : Twenty-first century science fiction literature_

Unleashing the strange : Twenty-first century science fiction literature : Damien BRODERICK : 2009 : Borgo Press (série "I. O. Evans" #47) : ISBN-13 978-1-4344-5723-3 : 235 pages (y compris bibliographie et index) : 20 USD en neuf pour un TP.

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Cet ouvrage est un recueil d'essais da Damien Broderick. Cet australien qui vit maintenant au Texas est un homme aux multiples casquettes : auteur de SF (on lui doit récemment les romans Godplayers et K-Machines), universitaire et commentateur du genre. Ce livre est d'ailleurs une sorte de volume compagnon à son recueil de critiques précédent : X, y, z, t : Dimensions of science-fiction.

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Dans leur grande majorité (totalité ?), les textes de ce recueil ne sont pas inédits. L'ouvrage est constitué de sept chapitres de taille très hétérogène (de quinze à quatre-vingt-dix pages). Le premier (issu d'un discours lors d'une conférence IAFA) met en place la vision de Broderick d'une SF fonctionnant par vagues, les deux suivants traitent ce qu'il identifie comme la troisième vague (la "new-wave" pour l'histoire classique du genre) et la quatrième (un texte adapté de son article dans The encyclopedia of SF, qui comprend le postmodernisme et ce qu'il nomme le Transréalisme). Le quatrième chapitre (le plus long) se penche sur des textes appartenant à cette dernière vague par le biais du recueil des nombreuses critiques écrites par l'auteur pour divers supports (principalement Locus & NYRSF). Le cinquième est un assemblage de plusieurs textes (sur Wolfe, Sterling, l'autobiographie de Silverberg et Clute). Il est suivi par un essai complet sur le concept de l'au-delà (Afterlife en VO) dans la SF et se termine par un petit segment autobiographique où Broderick évoque ses écrits. Le livre se clôt par une courte bibliographie et un index.

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L'impression principale donnée par cet ouvrage est celle d'un vaste fourre-tout dans lequel Broderick a réuni tous ses textes disponibles sans grand souci d'unité. C'est dommage parce que deux des sous-ensembles sont assez intéressants : son découpage historique de la SF en vagues d'auteurs qui, même s'il n'est pas hyper original, mériterait d'être étoffé; et ses critiques qui portent sur des ouvrages récents d'auteurs asses en pointe ou assez polémiques (Wilson, Gary Gibson, les deux MacLeod, Wright, Doctorow).

The golden age (Tor 2002).jpg

Du coup, je n'ai pas été vraiment convaincu par ce recueil qui part dans trop de directions et qui comporte des pièces (celle sur Wolfe ou l'hommage à Clute) que je trouve sans intérêt. Je ne suis pas aussi très fan des critiques de Broderick que je n'apprécie que moyennement, ne les trouvant pas passionnantes et en tout cas pas très captivantes même quand il massacre un ouvrage (comme il le fait avec Crux de Cowdrey).

Crux (Tor 2004).jpg

Au final, un ouvrage qui donne une impression de "pas assez" (fouillé, percutant, original) et qui se révèle plutôt décevant.

Note GHOR : 1 étoile

22.10.2009

_Ecrits sur la science-fiction_

Ecrits sur la science-fiction : Norbert SPEHNER : 1988 : Le Préambule (collection "Paralittératures") : ISBN-10 2-89133-092-7 : 534 pages (y compris index(s)) : un TP plutôt épais qui se trouve parfois d'occase (je ne me souviens plus de combien je l'ai payé en neuf).

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Lauréat du GPI dans la catégorie "Essai", cet ouvrage est globalement une bibliographie secondaire partiellement commentée. En effet, l'objectif de Spehner est de recenser les études relatives à la SF jusqu'à la fin de l'année 1987 quelle que soit leur langue et leur support de parution (revue, revue spécialisée, roman, recueil, anthologie, fanzine, ouvrage de référence...). Face à la masse des matériaux existants (que l'on pense à la quantité de textes sur Verne ou Wells), l'auteur a été forcé d'opérer une sélection qui l'a conduit à choisir l'exhaustivité pour certaines catégories (livres sur la SF, données sur le domaine québécois) et à une couverture plus légère pour d'autres.

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Cet ouvrage, après une courte introduction qui en précise les objectifs et joue au jeu de la définition de la SF, est divisé en deux parties principales. La première traite des études générales sur la SF et se divise en son tour en plusieurs chapitres : 1) les numéros spéciaux de revue consacrés au genre; 2) les références (dictionnaires, encyclopédies, index et outils bibliographiques); 3) les ouvrages et textes de référence généraux, théoriques, historiques ou thématiques (des histoires du genre au recueils d'essais); 4) les documents relatifs à l'enseignement de la SF (guides de lecture, aides pédagogiques); 5) le domaine de l'illustration et de la BD et 6) les textes sur le cinéma de SF. Les divers chapitres sont constitués d'une liste d'entrées arrangées par auteur ou éditeur, numérotées et qui donnent les éléments permettant d'accéder aux textes ou aux ouvrages ainsi que leur contenu (pour les recueils). Une partie d'entre elles (les livres surtout) sont brièvement commentées.

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La seconde partie se concentre sur les études relatives à des auteurs précis (y compris les bibliographies), avec encore une division en deux parties, la première pour les études "multi-auteurs" et la seconde (alors classée par ordre alphabétique d'auteur étudié) pour les "mono-auteur". Dans la pratique, il s'agit le plus souvent d'une liste numérotée d'articles (ainsi que quelques éléments de paratexte) auxquels se mélangent les rares ouvrages complets consacrés à un auteur (monographies Borgo ou Starmont). Pour s'y retrouver dans tout cela, Spehner propose deux index en fin d'ouvrage, l'un par auteur de l'étude et l'autre par auteur étudié.

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Ce livre est visiblement le fruit d'un énorme travail qu'il faut saluer. Malgré des oublis délibérés (faute de place) c'est un livre indispensable pour qui souhaite mener des recherches sur la SF ou sur ses auteurs. En effet, l'essentiel y est et les plus de 500 pages du livre regorgent d'informations difficilement trouvables ailleurs (existe t-il des études sur M. A Rayjean ?), en tout cas à une époque sans base de données en ligne.

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Bien sûr, on pourra toujours regretter les oublis de l'ouvrage (essentiellement en matière d'articles) mais une bibliographie secondaire complète de la SF aurait demandé, même en 1988, des milliers de pages. De la même façon, les commentaires de Spehner sont très courts (au mieux quelques lignes) ce qui empêche d'utiliser cet ouvrage comme aide à l'achat (à la différence du Justice ou des Burgess & Bartle). Il n'en reste pas moins qu'il s'agit là d'un outil incontournable pour se guider dans les écrits sur le genre et ses auteurs.

 

Note GHOR : 3 étoiles

21.10.2009

_Earth is the alien planet : J. G. Ballard's four-dimensional nightmare_

Earth is the alien planet : J. G. Ballard's four-dimensional nightmare : David PRINGLE : 1979 : Borgo Press (série "Milford" #26) : ISBN-10 0-89370-238-2 : 63 pages (avec bibliographies mais pas d'index) : coûtait 3 USD pour un petit TP qui semble peu fréquent (il semble aussi exister sous forme de HC).

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Empruntant son titre à une célèbre citation de l'auteur ("The only truly alien planet is Earth"), cet ouvrage fait partie de la collection de petites monographies éditées par Borgo et consacrées (en général) à des auteurs du genre. Réalisé par David Pringle, un des acteurs clés de la SF britannique (rédacteur en chef d'Interzone et de Foundation, auteur d'ouvrages de référence), il constitue l'une des premières tentatives d'analyse de l'oeuvre de Ballard, un écrivain qui, à l'époque, n'avait pas atteint les sommets de popularité de ces dernières années qui lui ont permis de renier le genre qui l'a fait vivre.

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Ce court essai est donc divisé en quatre parties inégales : "Introduction" qui traite en fait plutôt des nouvelles de Ballard, "The fourfold symbolism" (partie issue d'un article paru dans Foundation) sur les quatre romans catastrophe, "Ballard's characters" qui étudie les types de personnages habituels de Ballard (la vampiresse/Lamia, le fou et le roi) et "Ballard's themes" qui évoque les deux thèmes favoris de l'auteur, le vol et l'emprisonnement. Comme dans les autres volumes de la série, il n'y a pas d'index mais une bibliographie primaire limitée et une secondaire comparativement plus étoffée.

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Même si cet ouvrage souffre d'une maquette remarquablement peu aérée (le défaut de cette série qui a généralement du mal à "passer" dans la soixantaine de pages allouées), il n'en est pas moins d'une lecture agréable. Ceci grâce à l'érudition de Pringle et au fait que les textes étudiés sont ceux de Ballard qui sont le plus identifiables comme appartenant clairement à la SF même si on reste toujours dans l'anticipation proche.

Vermilion sands (LDP 1979).jpg

Bien sûr, vu le récent côté "culte" de Ballard, il existe d'autres ouvrages qui lui sont consacrés (Baxter ou Luckhurst) qui sont à la fois plus fouillés (plus volumineux) et plus récents. Le livre de Pringle reste néanmoins celui qui est le plus proche de la communauté SF et au final peut-être le plus pertinent dans la mesure où il n'est pas "encombré" par les habituelles digressions sur les films tirés des oeuvres autobiographiques de l'auteur.

Sècheresse (PP 1986).jpg

Au final, cet essai représente une bonne introduction au Ballard écrivain de SF, ce qui est après tout ce qu'on lui demande.

 

Note GHOR : 2 étoiles

20.10.2009

_Dune master : A Frank Herbert bibliography_

Dune master : A Frank Herbert bibliography : Daniel J. H. LEVACK & Mark WILLARD : 1988 : Meckler (série "Meckler bibliographies on SF & F" #2) : ISBN-10 :0-88736-099-8 : 176 pages (y compris cahier d'illustrations N&B à la fin) : coûtait 45 USD à sa sortie (c'est à dire très cher, même s'il est à noter que d'autres sources donnent 35 USD) pour un HC sans jaquette, peu facile à trouver d'occase.

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Cet ouvrage est une bibliographie commentée de Frank Herbert (couvrant toutes les langues). Il a été édité par Meckler suite à sa reprise des droits sur les bibliographies initialement parues chez Underwood-Miller (voir par exemple le De Camp http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/09/18/6332be5d739...). Ceci explique à la fois le prix assez dissuasif (les clients de Meckler étant plutôt des bibliothèques) et une certaine ressemblance avec les volumes produits par ce dernier éditeur. Divers indices laissent penser qu'il s'agit d'un travail bicéphale où Levack a fourni la bibliographie et Willard les commentaires.

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On retrouve donc une organisation typique des bibliographies UM avec les sections suivantes :

- "Books" : qui répertorie par ordre alphabétique tous les livres (romans, recueils, non-fiction) de l'auteur dans toutes les langues connues des auteurs, tous les formats et une grande partie des variantes existantes (certaines réimpressions étant visiblement omises). Les informations nécessaires à l'identification précise sont données (nombre de pages, prix, ISBN, indications portées sur la page de copyright, codes divers, illustrateur, traducteur). Chaque livre est aussi annoté d'une façon assez variable en longueur, allant jusqu'à plusieurs pages mais consistant essentiellement en un résumé de l'oeuvre. Sont aussi fournis des éléments comme les titres de travail, l'appartenance à une série, les prix reçus et le contenu (pour les recueils).

The best of Frank Herbert (S&J 1975).jpg

- "Edited books" : une courte section contenant à peine trois livres édités (ou co-éditées par Herbert), deux anthologies et un recueil de textes sur l'écologie.

 - "Non-books appearances" : sur le même principe que la partie consacrée aux livres, traite les nouvelles, les poèmes, les parties de romans parus en magazine (on va donc y retrouver certains textes qui figurent aussi dans la partie "Books"), la non-fiction (partiellement) et les interviews. Sont listés toutes les occurrences des textes dans toutes les langues avec commentaires contextuels (et/ou résumés) ainsi que les informations utiles pour les localiser et le nombre de mots.

Suivent diverses annexes (localisation des manuscrits, listes des collaborations, chronologie, index variés) et un appendice photographique d'une vingtaine de pages qui montre des couvertures de livres ou de magazines relatives à Herbert (il s'agit presque uniquement des VO).

The book of Frank Herbert (Panther 1977).jpg

Comme d'habitude, il n'y a pas grand chose à redire sur la partie bibliographique qui est d'un excellent niveau. Elle intéressera tant l'amateur de Herbert, un auteur qui présente un nombre de difficultés non négligeables (changement de titres, fusions, extraits) que le collectionneur qui pourra généralement identifier avec précision les éditions rencontrées ou au moins déterminer s'il s'agit d'une EO. On remarquera la couverture des VF (et autres VX), qui est remarquable pour un ouvrage anglo-saxon.

Les fabricants d'Eden (Lattès 1980).jpg

Je suis par contre nettement plus réservé sur la plus-value des commentaires de Willard. En effet, il s'agit de simples résumés des intrigues qui prennent parfois plusieurs pages d'une lecture peu aisée pour qui ne possède à fond pas son lexique Herbertien avec des choses aussi évidentes à comprendre que "... and a new ghola of the Bashar Teg". Comme il n'y a parfois strictement rien d'autre qu'une paraphrase de la trame des textes, on peut se demander à quoi ou à qui ces commentaires peuvent servir ("A faire croire que l'on a lu le livre ?" me souffle une voix perverse). Plus anecdotique, j'ai trouvé que le renvoi de la totalité des illustrations en fin de volume (un problème de coût ?) rendait le livre moins agréable à consulter (plus austère).

Dune (FL 1984).jpg

Une bibliographie de qualité dans un format durable qui aurait pu être plus intéressante dans ses commentaires. On pourra, pour des raisons d'encombrement ou d'actualité lui préférer la version GCP de Stephesen-Payne qui date de 1990 et se présente sous un format chapbook.

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Note GHOR : 3 étoiles

19.10.2009

_The dreams our stuff is made of : How science fiction conquered the world_

The dreams our stuff is made of : How science fiction conquered the world : Thomas M. DISCH : 2000 : Touchstone : ISBN-10 0-684-85978-5 : 256 pages (y compris index) : coûte 13 USD pour un petit TP,  cette édition étant la reprise d'un HC paru en 1998 chez Simon & Schuster.

The dreams our stuff is made of.jpg

Cet ouvrage, qui a obtenu le Hugo du "best-related book" en 1999, est un recueil d'essais de Thomas Disch. Celui-ci est un auteur peu prolifique et pourtant réputé qui est aussi, comme Delany (un de ses admirateurs), l'une des rares personnes à l'époque a être à dans les deux camps opposés de la création et de la critique. Ce livre explore principalement l'idée que la SF est un genre tellement adapté à l'esprit américain qu'elle est devenue centrale dans le culture populaire des USA. Du coup, la SF exerce une influence importante sur le monde dans lequel vivent les Américains (et nous par ricochet).

Mankind under the leash (Ace Double G-597 1966).jpg

Divisé en une dizaine de long chapitres, ce livre se lit plus comme une succession de textes (qui semblent pourtant être inédits) que comme un tout unifié même si une certaine progression chronologique peut se dessiner. Au fil des pages Disch disserte sur plusieurs sujets, parfois historiques (Poe comme premier auteur de SF, la peur de la bombe, la conquête spatiale), parfois sociétaux (le féminisme, les relations raciales, le militarisme) ou plus proches de l'histoire du genre (les "fringe cults", la Scientologie, le Cyberpunk, Star Trek). Chaque fois il relie ces sujets avec la SF souvent en montrant quelles ont été les interactions réciproques entre eux, la SF influençant la société et les évolutions de cette dernière générant d'autres oeuvres du genre.

On wings of song (Bantam 1980).jpg

Il est important de signaler que cet ouvrage est de ceux qui ne laissent pas indifférent. A la fois plébiscité par une partie de la communauté (cf. le Hugo qu'il a reçu) il a été aussi voué aux gémonies par d'autres acteurs du genre tout aussi légitimes (cf. la critique assassine de Freedman dans SFS). En effet, tout au long de l'ouvrage, Disch tire à boulets rouges sur tout ce qui se présente et qui lui déplait. Tout y passe, des Américains eux-mêmes (une nation de menteurs) aux icônes de la SF (Poe, Heinlein, Le Guin, Campbell, Norman) en passant par les gourous (Hubbard, les initiateurs de la SDI, les théoriciennes du féminisme appliqué à la SF) et plus généralement tout ce qui Disch perçoit comme étant "Politicaly Correct". C'est souvent féroce et parfois assez hilarant avec un humour style "mauvais garçon" qui, grâce à l'intelligence de Disch et à sa connaissance de la SF et de son milieu, est d'autant plus ravageur parce que venant d'un pratiquant reconnu du genre.

The genocides (Panther 1968).jpg

Je me suis donc beaucoup amusé en lisant ce livre, mais la posture parfois caricaturale prise par Disch ne doit pas faire négliger des idées et des analyses souvent pertinentes même si elles sont parfois à contre-courant. Cet ouvrage va plus loin que le simple pamphlet qu'il affecte d'être et je crois que la chasse aux vaches sacrées est une activité salutaire qui devrait être menée plus souvent. Malgré tout, j'aurais quand même aimé un peu plus de rigueur dans la construction qui donne parfois l'impression d'un ouvrage sans plan très précis. Au final une expérience salutaire qui nécessite toutefois un bonne connaissance du genre pour pouvoir être appréciée tant Disch explore de recoins méconnus.

 

Note GHOR : 3 étoiles

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