07.12.2009

_Les faiseurs d'univers : La science-fiction aujourd'hui_

Les faiseurs d'univers : La science-fiction aujourd'hui : Donald A. WOLLHEIM : 1973 : Robert Laffont (collection "Ailleurs & Demain - Essais") : pas d'ISBN : 204 pages (y compris index) : coûtait à l'époque 35 Francs pour un TP à la fameuse couverture métallisée peu solide (ici à dominante orange propre aux essais), se trouve facilement d'occase.

Les faiseurs d'univers.jpg

Partageant malheureusement presque son titre français avec un roman de Farmer, cet ouvrage en diffère par son titre original (The universe makers contre The maker of universes). Il s'agit en effet de la traduction d'un livre américain paru en 1971 sous la plume de Donald Wollheim. On ne présenta plus ce dernier, membre historique des Futurians, auteur de SF de seconde zone (sous pseudonymes comme David Grinnell -d'ailleurs en auto publication- sauf pour ses juveniles) et surtout directeur de collection important, tout d'abord chez Ace et ensuite fondant sa propre maison d'édition (DAW Books) à laquelle il donnera son nom.

Le faiseur d'univers (Lattès 1973).jpg

Traduit par Pierre Versins, ce livre est une sorte d'histoire personnelle de la SF (et un peu de la Fantasy) qui suit la vie de Wollheim et celle du genre (qui sont de toute façon mêlées). Il est constitué de vingt-sept chapitres assez courts (rarement plus de dix pages), qui traitent l'histoire  le genre dans un ordre à peu près chronologique et qui sont généralement basées sur l'étude d'une auteur en particulier (on y croise tout le gratin de l'âge d'or). Il y dessine en quelque sorte une histoire du futur commune dépeinte par la SF. Certains chapitres sont plutôt des digressions où DAW s'en prend à des cibles prévisibles vu son background : le livre de Amis New maps of hell, la New Wave, les traîtres à la cause (Vonnegut, Bradbury). Un index complet (titres et auteurs) clôt l'ouvrage.

The martian missile (Ace Double D-465).jpg

Il est clair que ce livre ne peut en aucune façon prétendre à l'objectivité. Largement consacré aux livres parus sous sa direction, bourré de jugements à l'emporte-pièce, de petits règlements de comptes entre amis (avec Pohl) ou entre collègues (avec les autres éditeurs), il est plus à la fois un manifeste contre les évolutions du genre de l'époque (essentiellement la New Wave et un pessimisme généralisé) et une célébration d'un certain type de SF qu'une histoire raisonnée de la science-fiction. Du coup, c'est plutôt amusant à lire si l'on connaît le contexte et si l'on prend le recul nécessaire (il faut aussi oublier un certain nombre d'affirmations factuelles erronées).

The artifact (DAW 1990).jpg

On pourra aussi savourer les notes de bas de page de Versins, même si son habitude de traduire les titres des ouvrages qui n'étaient pas parus à l'époque force parfois à s'arrêter dans la lecture pour vérifier mentalement de quoi l'on parle, par exemple The long tomorrow de Brackett est traduit -littéralement- par Versins par Le long lendemain alors que ce texte sera finalement sorti en VF comme Le recommencement.

Alpha ou la mort & Le recommencement (OPTA 1976.jpg   The long tomorrow (Ace 1962).jpg

Très lisible et assez décapant, à prendre comme une position très personnelle sur le genre par un acteur majeur de celui-ci.

Le mystère des lunes de Mars (Daniber 1960).jpg

Note GHOR : 1 étoile

18.11.2009

_Encyclopédie visuelle de la Science-Fiction_

Encyclopédie visuelle de la Science-Fiction : Brian ASH : 1979 : Albin-Michel : ISBN-10 2-226-00691-5 : 352 pages (y compris index) : TP largement illustré, se trouve d'occase assez aisément, se trouvait même en neuf il n'y a pas si longtemps.

Encyclopedie visuelle de la sf.jpg

Comme le Holdstock ou le Nicholls, cet ouvrage fait partie de la rafale d'encyclopédies consacrées au genre parues à la fin des années 70. Paru en Grande-Bretagne en 1977 (il en existe aussi une édition US), il sera publié en France par Albin-Michel en 1979 sous une traduction de Jean-Pierre Galante (aidé de J. P. Fontana). En matière de projet, il est plus proche du premier que du second, à savoir qu'il s'agit plus d'un ouvrage d'initiation au genre mettant l'accent sur les illustrations que d'un outil de recherche.

The planet of the double sun (Ace 1967).jpg

Cette encyclopédie est divisée en quatre parties inégales. La première ("Programme" sur soixante pages) est en fait une chronologie détaillée de l'histoire du genre. Présentée sous forme d'un tableau graphique elle liste année par année (et mois par mois) et en détail les évènements (dans l'édition ou le fandom), les films (et séries TV) et les textes importants (nouvelles au début auxquelles s'ajoutent les romans). Un système d'icônes permet de visualiser les plus marquants (premier texte d'un auteur, lancement ou disparition d'un magazine). Des petites vignettes en sépia en illustrent certains. La deuxième partie ("Les thèmes" sur presque deux cents pages) constitue le coeur de l'ouvrage. Elle rassemble dix-neuf essais (préfacés chacun par un auteur célèbre) qui parcourent les principaux thèmes du genre (des voyages spatiaux à l'espace intérieur en passant par les mondes parallèles). Une importante iconographie (couleur et N&B) mêlant illustrations intérieures, couvertures d'ouvrages ou photos agrémente le texte.

The sunless world (Ace 1967).jpg

La troisième partie ("Interface") est très courte (une grosse vingtaine de pages) et propose trois réflexions plus approfondies sur le genre par Cooper, Turner et Ash. Elle est suivie par l'ultime partie ("Fandom et media" sur soixante-dix pages) qui est elle-même divisée en neuf chapitres de taille variable qui abordent les divers domaines ou modes d'expression de la SF (fandom, magazines, cinéma, télévision, BD, UFO ou cultes marginaux...). Un index clôt l'ouvrage qui comporte aussi un glossaire et un petit index thématique localisés au début.

Space war (Ace 1967).jpg

Comme il s'agit du tout premier ouvrage sur le genre que j'ai possédé et qu'il m'a durablement marqué, mon avis est complètement subjectif. Pour moi ce fut la découverte de l'étendue de la SF, la perception d'un genre en mouvement, possédant un histoire assez longue et opérant une réflexion sur lui-même, la possibilité de me constituer mes premières listes de lectures potentielles (grâce aux pertinentes et exactes indications des TF des textes mentionnés) et surtout un émerveillement devant toutes ces images, tous ces livres aux couvertures à la fois naïves mais aussi tellement prometteuses (ah, les blurbs de la série des Hommes-dieux de Farmer), toutes ces textes que j'avais hâte de pouvoir lire (même en VO comme pour les Sector General de White). C'est sans doute par cet ouvrage que le virus de la collectionnite des livres de SF m'a contaminé d'une façon si virulente que j'en suis encore à amasser des ouvrages que j'ai vu pour la première fois dans cette encyclopédie.

Twin worlds (Ace 1967).jpg

Pour essayer d'être un tant soit peu objectif, il faut reconnaître que la partie thématique n'est pas la meilleure du livre. Elle n'est en effet pas extrêmement originale (mais comment l'être au vu du fonctionnement iconique du genre) même si elle fait une place à des textes peu connus. Plus intéressante malgré son côté rébarbatif est la chronologie qui, pour peu que l'on sy plonge, offre une perspective extrêmement formatrice sur l'histoire du genre et permet de bien en suivre l'évolution en plaçant correctement les divers jalons. De même, les trois essais montrent bien la voie d'une analyse du genre qui va bien plus loin que le simple catalogue thématique.

Doomsday on Ajiat (Ace 1968).jpg

On notera aussi l'excellence de l'adaptation française en particulier dans le domaine bibliographique où seules quelques parutions en VF ont échappé aux traducteurs.

A private cosmos (Ace 1968).jpg Behind the walls of Terra (Ace 1970).jpg The gates of creation (Ace 1966).jpg 

Au final, un ouvrage qui mérite une double note GHOR : 4 étoiles pour le coeur et au moins 2 étoiles pour la raison en tenant compte du fait que, par exemple, cet ouvrage est nettement supérieur au Holdstock.

10.11.2009

_Encyclopedia of science fiction_ (Holdstock)

Encyclopedia of science fiction : Robert HOLDSTOCK (consultant editor) : 1978 : Octopus Books : ISBN-10 0-7064-0756-3 : 219 pages (+ index non paginés) : coûtait une dizaine de GBP pour un grand HC (normalement avec jaquette), largement illustré en couleurs.

Encyclopedia of SF (Octopus).jpg

Faisant partie de la vague des encyclopédies sur la SF de la fin des années 70 (voir celles de Ash, Nicholls ou Gunn), cet ouvrage était positionné plus comme un "Beau Livre" que comme un outil pour le chercheur. Il est à remarquer que son éditeur était d'ailleurs inconnu dans le monde de la SF (même si Hamlyn, qui semble faire partie du même groupe en a publié). Sous la direction de Holdstock, il rassemble la plupart des grandes plumes britanniques de la réflexion sur le genre (Ashley, Moore, Edwards) ainsi que des auteurs appelés à être connus (Harrison, Priest, Stableford).

The makeshift rocket (Hamlyn 1978).jpg

A la différence d'autres ouvrages du même type, cette encyclopédie n'est pas organisée par ordre alphabétique. A la place, on y trouve une douzaine d'essais d'au maximum une vingtaine de pages, chaque essai abordant une facette du genre. Une partie d'entre eux sont plus à dominante historique (les débuts du genre, la new wave, l'époque contemporaine de la rédaction de l'ouvrage), certains sont thématiques (les robots, les extraterrestres) et d'autres partent dans diverses directions (les magazines, la sf dans le monde, le cinéma, la prospective). D'une façon assez surprenante pour un tel ouvrage, plusieurs courts articles sont fournis en annexe : sur les collectors du genre, sur le fandom, sur les pseudonymes, les prix, les magazines (sous forme d'une checklist des magazines), les principaux films, les conventions. Un index termine cette encyclopédie.

The mind thing (Hamlyn 1979).jpg

Un aspect essentiel de cet ouvrage est sa remarquable iconographie. Mise en valeur par un papier de qualité et une reproduction sans défauts (certaines pièces étant toutefois reproduites dans une sorte de sépia), celle-ci occupe la moitié du livre avec une alternance de pleines pages et de vignettes de tailles diverses. La proximité des compilateurs avec l'école de l'illustration britannique alors dominante permet aussi de présenter souvent les illustrations telles que créées par les artistes et non telles que reproduites sur les couvertures (c'est à dire débarrassées des éléments externes à l'image). Chacune des illustrations est légendée (mais non indexée).

Norman conquest 2066 (Corgi 1977).jpg

Cet ouvrage n'étant pas une étude pointue du genre, le texte est largement suffisant pour une présentation de la SF à destination d'un public plutôt néophyte. Vu la qualité des auteurs, il réserve même quelques agréables surprises à l'amateur. Pour qui connaît le genre, l'essentiel du plaisir vient de l'iconographie qui est somptueuse même si on peut lui reprocher une orientation britannique très marquée (et accessoirement de ne pas toujours attribuer les illustrations aux ouvrages). Une promenade visuelle très agréable même si elle n'est clairement ni novatrice ni très détaillée.

A martian odyssey (Sphere 1977).jpg

Il est à noter que ce livre sera traduit en français et publié par CIL en 1980 (ISBN 2-7318-0001-1) dans le même format (HC avec jaquette) sous le TF de Encyclopédie de la science-fiction. On remarquera que, pour l'édition française, une partie des annexes a été modifiée avec l'inclusion d'un panorama de la SFF (dû à J. F. Jamoul) qui remplace la partie sur les pseudonymes et les collectors.

Encyclopedie de la sf (Holdstock).jpg

Note GHOR : 1 étoile

29.10.2009

_L'empire du pseudo : Modernités de la science-fiction_

L'empire du pseudo : Modernités de la science-fiction : Richard SAINT-GELAIS : 1999 : Nota bene (collections "Littérature(s)" #16) : ISBN-10 2-89518-034-2 : 299 pages (y compris bibliographie mas pas d'index) : semble coûter en neuf dans les 25 Euros pour un TP.

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On peut dire que la parution de cet ouvrage en 1999 est l'illustration d'un changement dans la typologie des ouvrages de référence publiés dans notre langue. Cette époque voit en effet l'arrivée de nouveaux acteurs dans la réflexion sur le genre. On passe d'un domaine plutôt réservé à des pratiquants du genre (auteurs, éditeurs) ou à des amateurs (chroniqueurs, fanzineux) à un espace qui est partagé avec des universitaires es lettres dont certains ne sont pas forcément des spécialistes du genre. Même si ce créneau reste extraordinairement étroit (on parle de deux ou trois ouvrages par an), les Langlet, Besson et donc ici Saint-Gelais apportent des outils théoriques et une perspective neuve aux SF Studies francophones.

La science-fiction (Langlet).jpg

Ce livre est divisé en trois parties principales dont certaines composantes ont parfois été précédemment publiées isolément. La première choisit d'approfondir quatre motifs (on pourrait aussi parler de thèmes, d'images ou de sous-genres) : l'anticipation, l'uchronie, la vitesse et le mariage Policier/SF. La deuxième partie se concentre sur la façon de lire la SF, un genre qui impose une forme de lecture différente des autres par la mise en oeuvre d'une xéno-encyclopédie à chaque fois partiellement renouvelée. La dernière section explore l'intersection du genre et de la modernité en évoquant les méta-fictions, les artefacts science-fictionnels (de la non-fiction qui se déploie sur un univers fictif comme certains guides de mondes imaginaires) et les phénomènes de fanfiction. Une bibliographie termine l'ouvrage qui ne comporte pas d'index.

Le guide des cités.jpg

Bien sûr, l'amateur d'ouvrages de référence pourra trouver chez Saint-Gelais des choses qui ont été déjà dites ailleurs, allant des protocoles de lectures propres à la SF chez Disch aux "textual poachers" de Jenkins en passant par le postmodernisme de Broderick (tous ces auteurs figurent d'ailleurs dans la bibliographie fournie). Mais il est vrai qu'il est difficile d'innover totalement et que chaque chercheur bâti ses travaux sur ceux des ses prédécesseurs. L'ouvrage proposé n'en est pas moins d'excellente facture et offre aux lecteurs francophones une véritable idée de ce que peut être une réflexion pointue et actuelle sur le genre.

A guide to the commonwealth.jpg

A ce plaisir de la découverte d'une structure intellectuelle solide, particulièrement dans la partie centrale sur les interactions entre le texte et le lecteur, s'ajoute le sel d'avoir affaire à un connaisseur du genre qui va chercher dans les moindres recoins du genre la matière la plus adaptée à ses démonstrations. Trouver rassemblés sur la même page Elgin, Leinster et les Strougatsky est fort agréable (et qui plus est quand les éléments bibliographiques sont corrects) et ne peut que crédibiliser l'auteur.

Robert Adam's book of alternate worlds (Signet 1987).jpg

Un très bon ouvrage, intéressant et solidement construit qui montre que la SF peut se prêter, même en VF, à des analyses poussées.

 

Note GHOR : 3 étoiles

19.10.2009

_The dreams our stuff is made of : How science fiction conquered the world_

The dreams our stuff is made of : How science fiction conquered the world : Thomas M. DISCH : 2000 : Touchstone : ISBN-10 0-684-85978-5 : 256 pages (y compris index) : coûte 13 USD pour un petit TP,  cette édition étant la reprise d'un HC paru en 1998 chez Simon & Schuster.

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Cet ouvrage, qui a obtenu le Hugo du "best-related book" en 1999, est un recueil d'essais de Thomas Disch. Celui-ci est un auteur peu prolifique et pourtant réputé qui est aussi, comme Delany (un de ses admirateurs), l'une des rares personnes à l'époque a être à dans les deux camps opposés de la création et de la critique. Ce livre explore principalement l'idée que la SF est un genre tellement adapté à l'esprit américain qu'elle est devenue centrale dans le culture populaire des USA. Du coup, la SF exerce une influence importante sur le monde dans lequel vivent les Américains (et nous par ricochet).

Mankind under the leash (Ace Double G-597 1966).jpg

Divisé en une dizaine de long chapitres, ce livre se lit plus comme une succession de textes (qui semblent pourtant être inédits) que comme un tout unifié même si une certaine progression chronologique peut se dessiner. Au fil des pages Disch disserte sur plusieurs sujets, parfois historiques (Poe comme premier auteur de SF, la peur de la bombe, la conquête spatiale), parfois sociétaux (le féminisme, les relations raciales, le militarisme) ou plus proches de l'histoire du genre (les "fringe cults", la Scientologie, le Cyberpunk, Star Trek). Chaque fois il relie ces sujets avec la SF souvent en montrant quelles ont été les interactions réciproques entre eux, la SF influençant la société et les évolutions de cette dernière générant d'autres oeuvres du genre.

On wings of song (Bantam 1980).jpg

Il est important de signaler que cet ouvrage est de ceux qui ne laissent pas indifférent. A la fois plébiscité par une partie de la communauté (cf. le Hugo qu'il a reçu) il a été aussi voué aux gémonies par d'autres acteurs du genre tout aussi légitimes (cf. la critique assassine de Freedman dans SFS). En effet, tout au long de l'ouvrage, Disch tire à boulets rouges sur tout ce qui se présente et qui lui déplait. Tout y passe, des Américains eux-mêmes (une nation de menteurs) aux icônes de la SF (Poe, Heinlein, Le Guin, Campbell, Norman) en passant par les gourous (Hubbard, les initiateurs de la SDI, les théoriciennes du féminisme appliqué à la SF) et plus généralement tout ce qui Disch perçoit comme étant "Politicaly Correct". C'est souvent féroce et parfois assez hilarant avec un humour style "mauvais garçon" qui, grâce à l'intelligence de Disch et à sa connaissance de la SF et de son milieu, est d'autant plus ravageur parce que venant d'un pratiquant reconnu du genre.

The genocides (Panther 1968).jpg

Je me suis donc beaucoup amusé en lisant ce livre, mais la posture parfois caricaturale prise par Disch ne doit pas faire négliger des idées et des analyses souvent pertinentes même si elles sont parfois à contre-courant. Cet ouvrage va plus loin que le simple pamphlet qu'il affecte d'être et je crois que la chasse aux vaches sacrées est une activité salutaire qui devrait être menée plus souvent. Malgré tout, j'aurais quand même aimé un peu plus de rigueur dans la construction qui donne parfois l'impression d'un ouvrage sans plan très précis. Au final une expérience salutaire qui nécessite toutefois un bonne connaissance du genre pour pouvoir être appréciée tant Disch explore de recoins méconnus.

 

Note GHOR : 3 étoiles

30.09.2009

_Démons et merveilles de la science fiction_

Démons et merveilles de la science fiction : Henri GOUGAUD (assisté de Alain LACOMBE) : 1974 : Julliard : pas d'ISBN : 189 pages (pas d'index) : TP grand format abondamment illustré en N&B qui se trouvait en neuf il n'y a pas si longtemps.

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Henri Gougaud ne fait pas vraiment partie du milieu de la SF. Ce personnage est un poète et un conteur qui nous donne ici un ouvrage inclassable. C'est la fois "coffee-table book" par sa taille, son papier de qualité et son iconographie et c'est aussi une réflexion fleurie sur le genre et une tentative de démontrer les liens entre les archétypes fantastiques et les thèmes les plus couramment abordés par la SF, la thèse de Gougaud étant (semble t-il) que celle-ci n'existe pas, étant une simple réincarnation du Fantastique (une théorie assez courante dans le milieu intellectuel français, cf. Sternberg).

Une succursale du fantastique nommée science-fiction.jpg

Ce livre est divisé en exactement dix chapitres d'une petite vingtaine de pages. Chacun d'eux est consacré à un thème ou à une image soit propre au genre (le robot, le vaisseau spatial, l'extraterrestre) soit tel que traité par la SF (la femme, la ville, le vertige). Gougaud y passe en revue l'historique partiel de ce concept au sein du genre tout en l'entourant de ses propres réflexions. Le tout est illustré de nombreuses images pleine page, des images qui sont essentiellement tirées du cinéma (japonais en particulier) ou de l'illustration fantastique "classique" (Escher, Piranèse, Bosch). D'une façon somme toute assez logique, l'ouvrage ne comporte pas d'index ni de bibliographie.

Planète interdite (RF 1957).jpg

Il faut reconnaître à Gougaud une grande connaissance du genre, le nombre et la variété des exemples qu'il fournit pour illustrer les thèmes étudiés en attestant (de Butler à Smith, de Orwell à Vance, du roman fleuve à la nouvelle isolée, y compris en VO). Malgré tout, le discours n'est pas d'une limpidité évidente et le style parfois surchargé complexifie la lecture inutilement. De toute façon, je ne pense pas qu'il ait été dans le projet de l'auteur d'écrire un ouvrage analytique mais plutôt une sorte d'ensemble quasi onirique crée par associations libres. Cette construction explique aussi un certain nombre d'approximations (dont une : la traduction de "fantasy" dans une citation de Van Vogt par "fantastique", au tout début du livre révèle nettement le parti pris de l'auteur) et d'ellipses (des résumés de texte non attribués qui les rendent non identifiables).

La machine à tuer (OPTA 1969).jpg

L'iconographie souffre d'un nombre de faiblesses plus inquiétant. On passera sur le fait que pour Gougaud (ou pour Lacombe qui semble avoir réalisé cette partie du livre), la SF soit visuellement représentée par des images "acceptables" par un public cultivé soit parce qu'elles n'en sont pas vraiment (il y presque une dizaine de gravures d'Escher), soit parce qu'elles sont aux marges de l'art (Druillet) soit parce qu'elles sont suffisamment exotiques (les films japonais). En tout cas, il n'y a aucune image issue d'un pulp et aucune illustration de couverture, un point paradoxal pour un ouvrage qui traite essentiellement de la SF écrite. Plus inquiétant est le fait que la personne qui a légendé les illustrations ne connaît pas grand chose au genre. En effet, une image (les fameux robots policiers au visage métallique) tirée de THX-1138 est par exemple libellée "Robot cosmonaute", on trouve aussi ce qui semble bien être l'arrivée sur la lune de la navette dans 2001 comme représentant un "extraterrestre machinal" (sic). Tout cela n'est guère sérieux. 

Patrouilles (FN 1984).jpg

Dommage pour ce livre qui est une sorte d'ode à la SF. Un acte courageux (pour l'époque) mais qui est à la fois plombé par une théorie sous-jacente (SF = Fantastique modernisé) largement discutable ou méritant au moins plus de sérieux dans la démonstration et par une iconographie choisie à la va-vite.

 

Note GHOR : 1 étoile

17.09.2009

_De beaux lendemains ?_

De beaux lendemains ? : Histoire, société et politique dans la science-fiction : Gianni HAVER & Patrick J. GYGER : 2002 : Editions Antipodes (collection "Médias et histoire") : ISBN-10 2-940146-23-3 : 213 pages (y compris glossaire et bibliographie) : une vingtaine d'Euros pour un TP.

De beaux lendemains.jpg

Cet ouvrage est un objet littéraire assez rare puisqu'il s'agit d'un ouvrage sur la SF qui est non seulement en français mais qui est originaire de Suisse. Dans la pratique, il s'agit globalement des actes d'un colloque co-organisé par un département de l'université de Lausanne (où enseigne Haver) et la Maison d'Ailleurs (dont le directeur est Gyger). La thématique choisie était celle de l'histoire et de la politique dans le genre, en particulier sous l'éclairage des utopies ou dystopies.

1984 (Penguin 1971).jpg

Ce recueil contient donc dix essais que l'on doit essentiellement à des étudiants de l'université de Lausanne. Ces textes sont d'une longueur variable (de dix à trente pages), les oeuvres discutées étant dans leur immense majorité cinématographiques, ce qui est assez logique pour des non-spécialistes du genre. En effet, hormis deux articles généraux sur l'Utopie (Gyger) et le Cyberpunk (Simioni) et un sur la musique (Mousson), le reste ne traite que des films de SF, soit sous un angle thématique global (le post-atomique, le film-catastrophe) soit en se focalisant sur des oeuvres précises (Total recall, Dark City, 2069). Un court (2 pages) glossaire des termes propres à la SF ainsi qu'une bibliographie secondaire clôturent l'ouvrage.

Hardwired (Tor).jpg

Même si l'amateur de SF écrite comme moi peut être déçu de la place (trop ?) importante accordée aux films, l'ensemble est plutôt d'un bon niveau. Cette qualité est aussi favorisée par le fait que les certains essais restent relativement généraux (style liste de films) ou, à contrario, se concentrent sur des sujets suffisamment étroits pour masquer certaines lacunes qui pourraient apparaître dans des textes à vocation plus générale (qui nécessietnt une plus grande connaissance du genre). Il est par exemple surprenant de constater que des ouvrages de base sur le thème du post-apocalyptique (Bartter, Brians, Seed ou Yoke pour ne mentionner que les plus exhaustifs) ne semblent pas avoir été utilisés. Cette habitude de réinventer la roue est d'ailleurs fréquente dans ce type d'ouvrage en partie réalisé par des étudiants, sans doute à cause d'une difficulté d'accès aux sources primaires ou secondaires.

American science fiction and the cold war.jpg

Malgré une certaine impression de déjà-vu (certains sujets sont partculièrement "bateaux"), on peut trouver dans cet ouvrage quelques essais sur des sujets particulièrement originaux comme celui sur un obscur film de SF Suisse (le seul de son espèce) intéressant mais montrant les limites de la démarche puisque dissertant sur une oeuvre que quasiment aucun des lecteurs ne verra (ou n'a vu) jamais. L'article sur la musique SF aborde lui aussi un sujet, certes plus vaste, mais trop rarement traité. Au final on est face à un bon petit recueil d'essais, certes jamais transcendant mais plus qu'honorable.

 

Note GHOR : 2 étoiles

11.08.2009

_Clefs pour la science-fiction_

Clefs pour la science-fiction : Igor & Grichka BOGDANOFF : Seghers (collection "Clefs" #49) : 1976 : pas d'ISBN : 378 pages (y compris annexes) : format TP (avec jaquette) trouvable parfois d'occase mais assez difficilement.

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Cet ouvrage est l'une des premières tentatives de présenter d'une façon synthétique le genre au public francophone, un peu à la manière des nombreux "companions" anglo-saxons. On notera que la préface indique qu'il était prévu un deuxième tome, plus analytique que descriptif comme celui-ci. Il s'agit aussi du premier livre des frères Bogdanoff, avant qu'il ne deviennent célèbres grâce à leur émission Temps X et qu'ils ne se lancent dans l'écriture et la vulgarisation scientifique. 

La machine fantôme (JL 1985).jpg

Cet essai est divisé en trois parties principales (qui sont elles-mêmes subdivisées en sous parties puis en chapitres et ensuite en unités plus petites) :

1) "Le monde de la science-fiction" : c'est un état des lieux de la SF mondiale, avec une courte histoire, un portrait type des divers intervenants (auteurs, lecteurs, fans...), une revue géographiques des écoles (américaine, anglaise, française...) et une présentation des sept genres qui distinguent les Bogdanoff au sein de l'ensemble SF.

2) "Les thèmes" : comme son nom l'indique, il s'agit du passage en revue à l'aide de nombreux exemples des principaux thèmes abordés par le genre avec une différentiation entre thèmes scientifiques (voyage dans le temps, l'espace, robots...) et thèmes sociologiques et psychologiques (mutants, extraterrestres, dieux...).

3) "Les autres médias" : les deux parties précédentes ne traitant exclusivement que de la SF écrite, les auteurs abordent ici la BD, le cinéma et les autres arts.

L'ouvrage se termine par un ensemble très copieux d'une douzaine d'annexes : listes d'auteurs, résultats des principaux prix, lexique, chronologie, guide de lecture. Il n'y a toutefois pas d'index ni de bibliographie structurée (les textes cités sont identifiés par des notes de bas de page qui ne sont pas toujours complètes ni pratiques à utiliser).

L'effet science-fiction.jpg

Rétrospectivement, ce qui frappe avec ce livre c'est sa grande ressemblance en matière de projet avec L' Encyclopédie visuelle de la science-fiction (les illustrations en moins, bien sûr) de Brian Ash, un ouvrage qui lui est pourtant postérieur, ce qui prouve que les Bogdanoff avaient bien perçu la demande et monté un ouvrage tenant la route. Il sera malheureusement éclipsé par le livre britannique nettement plus "sexy" d'apparence. C'est un peu dommage parce que, malgré les ricanements que provoquent les deux frères au sein du fandom, cet ouvrage est loin d'être dépourvu de qualités avec un bonne vision synthétique, une louable couverture mondiale et un effort de recherche certain au niveau des exemples thématiques.

Encyclopedie visuelle de la sf.jpg

Dans les bémols à apporter, on remarquera le fait que, malgré des prétentions cosmopolites, le genre ne soit vu que par le prisme (déformant) des traductions disponibles, ceci expliquant par exemple la présence dans les auteurs listés de gens comme Adlard malgré une production très limitée. Sont à déplorer aussi un grand nombre de coquilles (avec des auteurs comme Conney, Windham, Gun...) et des TO souvent approximatifs qui peuvent poser des problèmes pour d'éventuelles recherches de textes On pourra aussi sourire sur la partie taxinomique avec un division en sept catégories dont certaines (comme la new-thing) sont depuis longtemps tombées en désuétude ou dont les définitions sont assez étonnantes (Burroughs placé dans le Space Opéra), ou s'amuser de lire que les fans de SF sont nettement plus intelligents (entre 115 et 120 de QI) que la moyenne.

Au final un ouvrage qui serait peut-être à réévaluer à la lumière de ses seules qualités et non à celle des défauts de ses auteurs.

 

Note GHOR : 2 étoiles

04.08.2009

_The science fiction handbook_

The science fiction handbook : M. Keith BOOKER & Anne-Marie THOMAS : Wiley-Blackwell : 2009 : ISBN-13 978-1-4051-6205-0 : 348 pages (y compris index et annexes) : 72 Euros chez l'éditeur pour un HC avec jaquette (http://eu.wiley.com/WileyCDA/WileyTitle/productCd-1405162...), existe aussi en PB.

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Il s'agit là d'un ouvrage d'un type assez classique, à savoir celui des introductions un peu sophistiquées au genre (par opposition à des livres plus simples, généralement plus courts et plus illustrés). Ses auteurs sont deux professeurs d'anglais (au Texas pour l'une, dans l'Arkansas pour l'autre) qui, pour Brooke, ont déjà plusieurs ouvrages sur la SF à leur actif (plutôt orientés cinéma et télévision).

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Le livre est divisé en quatre parties inégales : une brève (10 pages) histoire de la SF dans la culture occidentale, un bref (ce sont les termes des auteurs, il fait une centaine de pages quand même !) survol des divers sous-genres de la SG (Cyberpunk, Space Opéra, Dystopie...), dix-neuf fiches (deux pages) sur des auteurs "représentatifs" (on va dans l'ordre alphabétique de Asimov à Wells) et vingt discussions de textes individuels (par ordre chronologique de The time machine à River of gods en passant par Snow crash) qui occupent une centaine de pages.

Snow crash (Bantam 1993).jpg

L'ouvrage offre plusieurs annexes : un glossaire détaillé qui explique bien (parfois en une bonne dizaine de lignes) les principaux termes (fix-up, steampunk), concepts (cognitive estrangement, cautionary tale) ou éléments marquants (Astounding Science fiction, Worldcon) du genre; une bibliographie sélectionnée copieuse et riche en ouvrages de référence et un index thématique.

Astounding 1950-12.jpg

Sur la forme, il n'y a pas grand chose à reprocher à cet ouvrage qui remplit parfaitement le contrat de présenter la SF (du moins celle de ses auteurs, voir plus bas) et ses multiples facettes (sous-genres, styles, chapelles, écoles, périodes historiques...), le tout avec un discours clair et argumenté et des analyses (tant des oeuvres que des auteurs) pertinentes. Mon souci est sur l'image de la SF qui est donnée, image que je trouve peu conforme à la réalité. Par leurs choix d'auteurs discutés et d'oeuvres passées en revue, ils décrivent une SF que l'on pourrait voir comme un peu trop idyllique. En effet les sensibilités présentées sont parfaitement et strictement multiculturelles, mutli-ethniques, écologiques, anticapitalistes, feministes, lesbiennes, homosexuelles, tolérantes, post-colonialistes, humanistes, pacifistes, etc...

La survivante (OPTA 1980).jpg

Par exemple, on a, sur les 19 écrivains représentatifs de toute l'histoire du genre (c'est le terme utilisé par les auteurs), 3 auteurs afro-américains (Butler, Delany et Hopkinson), une proportion tout simplement irréaliste. Dans le même ordre d'idée, on pourrait croire que la majorité des textes de SF récents sont écrit dans une perspective féministe ou que le militarisme a complètement disparu du genre. Cette vision très particulière de l'état du genre peut être résumée par un petite recherche sur l'index où l'on découvre que Baxter n'est cité qu'une seule fois (pour The time ships dans l'article sur le Time Opéra) alors que Piercy l'est pas moins de quatorze fois (elle fait d'ailleurs partie des "auteurs représentatifs" et Woman on the edge of time fait partie des oeuvres analysées). Je ne peux cautionner une telle vision du genre, certes bien propre sur elle (pour ne pas dire PC) mais simplement trompeuse.

The time ships (Voyager 1995).jpg

Il est clair que chacun voit sa propre version du vaste ensemble protéiforme qu'est la SF, mais il est difficile de voir dans cet ouvrage une image objective de l'état du genre. Cela n'ôte rien à ses qualités ni à la pertinence de ses analyses mais le rend trop biaisé pour être complètement satisfaisant.

Note GHOR : 2 étoiles

08.07.2009

_The Cambridge companion to Science Fiction_

The Cambridge companion to Science Fiction : Edwards JAMES & Farah MENDLESOHN (éditeurs) : Cambridge University Press : 2003 : ISBN-10 0-521-01657-6 : 295 pages (y compris index) : se trouve chez l'éditeur (http://www.cambridge.org/catalogue/catalogue.asp?isbn=978...) pour une vingtaine d'Euros pour un TP, existe aussi en HC.

The cambridge companion to SF.jpg

Cet ouvrage fait partie d'une longue (leur liste fait plusieurs pages) série de livres qui ont pour but d'offrir une présentation validée par l'université de Cambridge (donc sérieuse) sur les sujets les plus divers liés à la littérature. Sous la direction de James et Mendlesohn, deux spécialistes britanniques du genre, c'est donc la SF qui est abordée dans ce volume. Après une préface et une introduction, ce guide est divisé en trois parties principales d'inégale importance :

- "The history" : raconte l'histoire du genre, divisée pour la littérature en quatre chapitres (proto-SF, ère des magazines, new-wave et SF depuis 1980) ainsi qu'un chapitre sur le télévision et le cinéma et un sur le rôle des "editors".

- "Critical approaches" : passe la SF au prisme de plusieurs approches critiques habituelles dans les milieux universitaires (marxisme, féminisme, post-modernisme et queer-theory).

- "Sub-genres and themes" : un sorte de catalogue des principaux sous-genres (Hard-SF, SO, Uchronie...) et des principales problématiques abordées ou révélées par la SF (genre, race, politique, religion).

Le livre se termine par une longue (dix pages) et très intéressante liste d'ouvrages de référence à consulter pour approfondir ses connaissances, organisée suivant les mêmes divisions, à cela s'ajoutent un index et une chronologie.

Bios (Millenium 2000).jpg

La liste des contributeurs se lit comme un Who's who du monde (plutôt britannique) de la réflexion sur le genre. On y retrouve toutes les pointures habituelles dans leurs domaines de prédilection avec (liste non exhaustive) des gens comme Stableford (proto-SF), Clute (SF actuelle), Csicsery-Ronay (analyse marxiste), Westfahl (Space Opéra), MacLeod (politique)...

The star fraction (Legend 1995).jpg

Il n'y a pas grand chose à reprocher à cet ouvrage qui remplit parfaitement son objectif de fournir une introduction au vaste ensemble qu'est la SF. L'érudition et la compétence des intervenants assurent un discours structuré et sans faille qui offre un vrai plaisir de lecture. Il est évident que le tout est forcément schématique, ce qui est normal quand on est forcé de résumer l'histoire du genre en une soixantaine de pages. Cette contrainte de format explique aussi probablement le survol de certains sous-genres (Cyberpunk, Time-Opéra, Science-Fantasy...) ou de certaines approches (Critical Theory).

Headcrash (Aspect 1995).jpg

Outre le fait qu'il soit trop court, le seul reproche que l'on pourrait faire à ce livre est l'espace dévolu aux théories critiques (une cinquantaine de pages) à la mode ou en odeur de sainteté actuellement, qui ne sont pas indispensables sur une telle longueur dans un ouvrage d'introduction. Il n'en reste pas moins l'un des meilleurs et des plus récents de son type. Pour ne rien gâcher, la copieuse bibliographie fournie est une mine d'idées de lecture ou de pistes de recherches.

 

 Note GHOR : 3 étoiles

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