30.06.2009

_Une bibliographie de la Science Fiction anglo-saxonne : Volume 1_

Une bibliographie de la Science Fiction anglo-saxonne : Volume 1 : Francis VALERY : Académie de l'espace : 1989 : pas d'ISBN : devait coûter quelques francs à l'époque pour un chapbook agrafé, à peu près introuvable de nos jours.

Une bibliographie de la SF anglo-saxonne.jpg

Edité pendant la période "faste" de Valéry où il tentait de mener divers projets de front, ce petit fascicule est donc, comme son titre l'indique, le premier volume d'une bibliographie de la SF anglo-saxonne. A ma connaissance, il n'y a jamais eu de deuxième volume, ni de suivant puisque le projet aurait du comprendre, à l'estime, une bonne dizaine d'ouvrages. Dans cette série, FV avait donc le projet de recenser tous les livres (romans et recueil) tant en VO (premières éditions seulement) qu'en VF (toutes les éditions) des auteurs anglo-saxons clairement estampillés SF (à la fois par leur production -pas de Fantasy- et leur placement chronologique -pas de protoSF sauf exception) ayant au moins un ouvrage paru en VF (ouf !).

Face aux feux du soleil (Satellite 1961).jpg

L'organisation globale est assez classique, par ordre alphabétique d'auteur (avec renvoi si pseudonyme) puis division entre romans et recueils par ordre chronologique VO ainsi que les recueils originaux en VF (type "Livre d'or" de Presses Pocket). Pour chaque titre un minimum d'informations sont données : éditeur et date pour la VO (donc pour l'EO seulement), éditeur, collection (numéro le cas échéant) et date pour la VF (toutes éditions). A noter que les variations de titres ou de contenu sont aussi indiquées. Ce volume 1 couvre les auteurs de A (Douglas Adams) à B (Octavia Butler).

The hitch-hikers guide to the galaxy (Pan 1980).jpg

Voici bien un type d'ouvrage qui a été tué par Internet. En effet, l'utilisation de ce type de bibliographie assez sommaire peut être très avantageusement remplacée par la consultation de l'un des nombreux sites qui proposent de telles listes de livres. Les niveaux de fiabilité sont similaires (voir plus bas) et ces derniers bénéficient de fonctionnalités supplémentaires (images, liens) et d'une actualisation (parfois) presque en temps réel. Il faut ajouter que son côté trop ambitieux (quand on y réfléchit le projet est titanesque) l'a probablement empêché de tenir sur la durée.

Le peuple du vent (TF 1983).jpg

De plus, il faut bien dire que le travail bibliographique fourni est d'une qualité plutôt médiocre pour un ouvrage affichant de telles ambitions. Des auteurs oubliés (Attanasio, Baker) malgré le fait qu'ils semblent entrer dans le champ de la sélection, des erreurs classiques de débutants comme le fait d'affirmer que le TO de Le peuple du vent est The people of the wind (c'est bien sûr War of the wing-men/The man who counts, cette erreur a d'ailleurs été parfois reprise ailleurs), des titres mal orthographiés (Times without numbers), des dates approximatives, des ouvrages en VF dont la correspondance VO n'est pas fournie alors qu'elle est parfois évidente (La conquête du chaos étant logiquement la traduction de To Conquer chaos) et des éditions VF carrément oubliées (Face aux feux du soleil chez Satellite). 

The people of the wind (Signet).jpg

D'une fiabilité limitée et d'un intérêt qui l'est tout autant, inutilisable de nos jours, cet ouvrage ne vaut que par son côté historique et comme témoin d'une époque révolue de grands projets amateurs.

 

Note GHOR : 1 étoile

29.06.2009

_The best in science fiction : Winners and nominees of the major awards in science fiction_

The best in science fiction : Winners and nominees of the major awards in science fiction : Aurel GUILLEMETTE : Scolar Press : 1993 : ISBN-10 1-85928-005-6 : 379 pages : coûtait quarante USD à l'époque pour un HC avec jaquette.

The best in science fiction.jpg

Voici un ouvrage où, malgré une taille respectable, la quantité de texte 'rédigé' est minimale (l'équivalent d'une dizaine de pages tout au plus). En effet, il s'agit d'un ensemble de données relatives aux principaux prix décernés au sein du genre. Guillemette a collationné les résultats (vainqueurs et nominés par catégorie) d'une vingtaine de prix littéraires majeurs de leur création jusqu'à 1992 ou pour certains, jusqu'à leur extinction. Ne sont traités que les prix anglo-saxons et, parmi ceux-ci, les plus connus. On trouvera donc bien évidemment les Hugos, Nebulas, Locus, Campbell, Sturgeon, BSFA ou Clarke et des prix moins célèbres comme le Compton Crook Award (un prix pour un premier roman décerné par les fans de la région de Baltimore).

Reefsong (Del Rey 1991).jpg

Cette masse d'information est présentée de diverses façons en plusieurs sections. La première donne classiquement les résultats prix par prix (un court descriptif technique est fourni) et dans l'ordre chronologique. Le deuxième et la troisième présentent les mêmes données mais par ordre alphabétique d'auteur et de titre. La quatrième section ne donne que les vainqueurs dans un classement par année. Les cinquième et sixième parties sont une tentative de donner un classement global en affectant un poids au prix reçu (un Hugo rapporte plus qu'un Clarke) et à la position (un gagnant récolte plus de points qu'un nominé). Les résultats sont d'abord présentés en valeur absolue (titres ayant le plus de points dans les diverses catégories) puis par ordre chronologique.

Neuromancien (La Découverte 1985).jpg

Même s'il existe des ouvrages qui couvrent plus de prix (le Reginald qui en traite une centaine) ou qui sont plus dans une approche historique (le DeVore), ce livre présente un intérêt certain. Les données rassemblées par Guillemette vont en effet bien au delà des simples vainqueurs et permettent, par exemple, d'accéder aux nominés de toutes les catégories sans avoir à exhumer des vieux numéros de Locus. Les multiples modes de classement permettent de trouver facilement l'information et la tentative de synthèse n'est pas sans pertinence. On peut découvrir que le roman ayant fait la plus grande impression suivant les coefficients retenus par l'auteur est Neuromancer (suivi par The sword of the lictor et The postman) ou que la meilleure nouvelle est Bears discover fire de Bisson.

Meucs (ISF 2003).jpg

C'est livre qui ne peut intéresser qu'un public assez limité de gens qui veulent autre chose qu'une liste de gagnants (cela se trouve sur Internet sans difficultés) mais qui permet une mise en perspective historique assez révélatrice des tendances et des modes qui agitent le genre. On regrettera juste que l'information relative aux classements des textes entre eux (pour les prix qui la donnent comme le Hugo) ne soit pas fournie (elle est dans le DeVore). Un travail minutieux (et sans erreurs immédiatement visibles) et à saluer.

 

Note GHOR : 2 étoiles

26.06.2009

_Beneath the red star : Studies on international science fiction_

Beneath the red star : Studies on international science fiction : George ZEBROWSKI : Borgo Press (série "I. O. Evans Studies" #9) : 1996 : ISBN-10 0-89370-450-4 : 120 pages (y compris index et bibliographie) : coûtait une vingtaine d'Euros à l'époque pour un TP (il existe aussi un HC), parfois trouvable d'occase mais assez peu fréquent comme la plupart des ouvrages de cette série.

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Cet ouvrage est dû à la plume de George Zebrowski, un auteur de SF assez peu connu en traduction (un roman au Masque qui fait partie d'une trilogie) mais qui a une production non négligeable, une bonne réputation et qui participe à la vie du genre depuis des années. Etant natif de Pologne, il est un peu devenu le spécialiste US de la SF venue des pays de l'Est (il a traduit des textes du Russe), et par extension de la SF non anglo-saxonne (donc y compris Française).

The omega point (NEL 1974).jpg

Ce court livre rassemble donc une série de textes de Zebrowski sur cette SF peu connue du public américain. On trouve tout d'abord 6 articles synthétiques (tirés de F&SF pour les cinq premiers) qui listent et commentent les parutions SF traduites au USA sur une année (1974, 1977, 1979, 1981, 1982 & 1987). Suivent trois autres articles qui se concentrent sur quelques titres des Strugatsky et de Lem et qui viennent de sources diverses. L'ouvrage se poursuit par une bibliographie des livres (romans et quelques rares recueils ou anthologies) de SF parus en traduction en Anglais entre 1970 et 1995 et se termine par un index.

The mountains of the sun (Berkley 1974).jpg

J'ai été confronté à plusieurs sentiments à la lecture de cet ouvrage. En premier un drôle d'impression de voir discuter de livres que je connais mais avec des titres bizarres (en anglais), on perd complètement le lien mental avec Le temps incertain quand on lit un avis sur Chronolysis. Ensuite, quand on s'aperçoit que sur une période de 25 ans il s'est traduit en Anglais une petite centaine d'ouvrages (et dans le lot moins d'une vingtaine du Français, essentiellement Barbet et Klein), on mesure bien le côté isolationniste du monde anglo-saxon et la grande asymétrie dans la production et la diffusion du genre. Je n'évoque même pas les allemands ou les italiens.

The day before tomorrow (DAW).jpg

Malgré tout, c'est un bon petit ouvrage dont on peut surtout regretter la focalisation sur Lem (qui doit remplir à lui seul la moitié du livre), même s'il contient un retour éclairant sur la fameuse affaire homonyme. Un sujet peu traité et qui a, on peut en tout cas l'espérer, à l'époque ouvert les yeux sur l'existence d'une autre SF (mais ne rêvons pas).

 

Note GHOR : 2 étoiles

25.06.2009

_Benchmarks : Galaxy bookshelf_

Benchmarks : Galaxy bookshelf : Algis BUDRYS : Southern Illinois University Press (Série Alternatives) : 1985 : ISBN-10 0-8093-1187-9 : 349 pages (y compris index) : coûtait à l'époque une vingtaine de dollars pour un HC avec jaquette, épuisé.

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Cet ouvrage rassemble les écrits critiques de Budrys parus dans le magazine américain Galaxy. Cet auteur de SF, célèbre pour des textes comme Rogue moon, y a tenu une rubrique régulière (à peu près un mois sur deux) de critiques de livres entre 1965 et 1971 où il arrêtera à la fois sous la pression de son travail de publicitaire, de l'usure et de difficultés à se faire payer. Au total, il en aura écrit 54 qui sont donc rassemblées ici avec l'adjonction de deux préfaces et d'une introduction par Budrys. A la fin se trouvent une liste des livres critiqués et un index général.

Galaxy 1972-03.jpg
Chacune des chroniques fait un peu moins d'une demi-douzaine de pages et couvre à peu près autant de livres. Les ouvrages choisis par Budrys sont presque exlcusivement des textes de fiction et de science-fiction et se ventilent de façon harmonieuse en romans, recueils et anthologies (originales ou de reprises). Tous les styles et tous les auteurs sont abordés, allant par exemple de Roberts à Niven en passant par Keyes et une anthologie dans la rubrique d'Avril 1969. L'espace dévolu à chaque est livre est assez variable, suivant l'humeur de Budrys qui ne traite parfois que d'un seul livre (comme pour Up the line en Avril 1970). 

Les temps parallèles (Marabout 1976).jpg

Il est évident à la lecture que Budrys est un fin connaisseur du genre et que sa plume peut parfois être acérée (certains livres sont démontées en quelques lignes), signe d'une louable exigence vis à vis de la SF. Logiquement, le format choisi ne se prête pas à des analyses en profondeur mais le discours est clair et argumenté et les oeuvres sont bien mises en valeur (ou pas). L'éclectisme de Budrys est un autre point positif puisqu'il ne se cantonne pas seulement aux textes qui risquent de devenir des classiques mais parcourt aussi la production d'oeuvres moins ambitieuses comme des Ace Doubles. Autre côté appréciable pour les francophones, l'ancienneté de l'ouvrage fait qu'une grande partie des oeuvres évoquées par Budrys sont disponibles en traduction.

Reality forbidden (Ace Double G-609).jpg

Cette plongée commentée dans l'état de la SF telle qu'elle était publiée à la charnière des années 70 est au final une promenade bien agréable qui ravivera des souvenirs de lecture aux plus anciens. Seul bémol, un accès peu pratique aux livres critiqués par Budrys (par titre seulement).

 

Note GHOR : 2 étoiles

24.06.2009

_The battle of the sexes in science fiction_

The battle of the sexes in science fiction : Justine LARBALESTIER : Wesleyan University Press : 2002 : ISBN-10 0-8195-6527-X : 295 pages (y compris index et bibliographie) : coûtait à l'époque 20 USD pour un TP au pelliculage défaillant.

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Malgré un titre que l'on pourrait trouver un peu racoleur, ce livre est plutôt une histoire croisée du féminisme et de la SF ou du féminisme dans la SF ou plus simplement de la place des femmes dans le genre (ce qui pour l'auteur semble être la même chose). Ce livre utilise comme fil rouge les textes de SF du type "bataille des sexes" pour déployer une histoire commentée de l'évolution du positionnement de la SF sur les problématiques de genre (au sens sexe), à la fois par l'apparition de producteurs féminins et par un changement d'attitude vis à vis des aspirations féministes.

Etoile double 12 (Denoel 1984).jpg

L'ouvrage est divisé en sept volumineux chapitres (entre trente et quarante pages chacun) qui suivent un vague ordre chronologique pour les premiers d'entre eux. Ils tentent de brosser la trame de l'évolution du genre dans son positionnement par rapport aux aspirations féministes tant par l'évolution des mentalités et des textes produits que par l'intégration d'auteurs femmes et/ou de thématiques connotées fémininement. Le sixième se focalise sur le personnage de Alice Sheldon/James Tiptree/Raccoona Sheldon, dont la complexe existence a toujours fasciné les universitaires. Le septième et dernier évoque l'histoire du prix littéraire homonyme pour lequel l'auteur a été jurée. Le livre possède un riche ensemble d'annexes : une comparaison sémantique de deux scènes de baiser (par Cooper et Bond), plusieurs pages de notes, un glossaire, une copieuse bibliographie (une trentaine de pages) et un index. 

Who needs men (Coronet 1974).jpg

On sent bien derrière cet ouvrage la quantité importante de travail fournie par Larbalestier. Il faut dire que pour quelqu'un qui en 1992 et selon ses propres dires, se trouvait compétente en SF mais ignorait par exemple qu'il existait des magazines de SF, la marge de progression possible n'était pas négligeable. Elle a donc épluché des quantités de fanzines et de vieux pulps pour pouvoir bâtir son argumentation qui est du coup largement étayée. Son histoire de l'émergence d'une sensibilité féministe au sein de la SF est plutôt consensuelle, donnant la parole tant à Russ qu'à Willis. Elle est d'autant plus intéressante qu'elle plonge aux racines du genre dans le fandom et ne se contente pas des quelques lieux communs habituels sur le machisme éditorial et autres histoires de pseudonymes masculins.

The girl who was plugged in (Tor Double 7).jpg

Je suis plus réservé sur la partie relative à Tiptree, qui souffre (maintenant) de la comparaison avec la biographie de Phillips ainsi que sur le Tiptree award qui nous est un peu présenté comme un conte de fées bien gentillet offrant des objets en chocolat (la liste nous en est même fournie) alors que les enjeux de pouvoir et d'influence sur le genre sont au coeur de sa création.

L'impression générale est en fait celle d'un ouvrage assez brouillon avec un plan peu lisible qui multiplie les allers-retours chronologiques et les digressions. Ceci est peut-être dû à la masse d'informations rassemblée par Larbalestier, d'une telle richesse qu'elle prend parfois le pas sur la clarté d'exposition. 

 

Note GHOR : 2 étoiles

23.06.2009

_The ballantine teacher's guide to science fiction_

The ballantine teacher's guide to science fiction : L. David ALLEN : Ballantine : 1976 : ISBN-10 0-345-24621-7 : 346 pages (y compris bibliographie secondaire) : coûtait à l'époque 2 USD pour un PB, se trouve aisément d'occase.

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Cet ouvrage est la réimpression d'un titre paru initialement en 1975 (sous la même forme). Il fait partie d'une catégorie d'ouvrages dont il existe au moins un exemplaire en VF (le livret pédagogique d'Aziza/Goimard) et dont le but est de fournir à des enseignants une sorte de cours "clefs en main" sur la SF et ses oeuvres. Malgré tout, ce type de livre reste quand même bien plus fréquent aux USA où l'enseignement de la SF (quel que soit le niveau) est une chose commune parce que s'avérant un bon moyen de "recruter" des étudiants.

Encyclopédie de poche de la SF (livret pédagogique).jpg

Allen nous propose donc ici d'abord une introduction assez classique sur l'enseignement de la SF puis un survol des principales catégories (le genre est ici ventilé en Hard SF, Soft SF, Science Fantasy & Fantasy puis re-divisé plus finement). Suivent quinze chapitres consacrés chacun à l'analyse détaillée d'une oeuvre extraite du catalogue Ballantine (ici pas d'ambiguïté sur la provenance éditoriale des textes choisis, elle est clairement indiquée dans le titre). Les oeuvres abordées sont soit des classiques du genre datant plutôt des années 70 (Ringworld, Rendezvous with Rama, More than human ou The space merchants), soit des romans un peu moins connus (Nerves, The ginger star). On trouve aussi un recueil de nouvelles (le best-of de Weinbaum), une anthologie originale (Stellar 1) et un juvénile (Starman Jones).

Starman Jones (Ballantine 1975).jpg

Chaque oeuvre est traitée en une vingtaine de pages avec un résumé de l'intrigue (ou des nouvelles), un approfondissement de certains thèmes ou de certaines techniques des auteurs, le tout étant appuyé par des extraits. En prime, une liste de sujets de devoirs ou d'exposés en rapport avec le texte ou sa thématique est fournie pour chaque ouvrage. Le livre se termine par une courte bibliographie secondaire commentée qui liste les quelques habituels titres existant à l'époque (Amis, Aldiss, Knight, Panshin). On notera l'absence d'index et le fait que certaines parties sont reprises d'autres ouvrages de Allen.

Stellar 1 (Ballantine 1974).jpg

Même si les analyses de Allen ne sont pas d'une profondeur énorme et malgré le fait qu'une partie du texte est une simple paraphrase de l'intrigue, c'est un bon petit livre qui pourra intéresser des amateurs qui ne sont pas enseignants. On pourra bien évidemment se passer des parties sur des romans abordés des dizaines de fois (Clarke, Niven, Bradbury, Pohl & Kornbluth) avec des approches parfois plus sophistiquées. Par contre, la couverture de certains textes parfois restés dans l'ombre d'oeuvres nettement plus célèbres du même auteur (Under pressure pour Herbert par exemple), d'écrivains plus confidentiels (Del Rey, Brackett) ou de nouvelles est un plus indéniable.

Brain wave (Ballantine 1974).jpg

Pas compliqué, mais sympathique, un ouvrage facile à trouver pour un prix modique, pourquoi s'en priver ?

 

Note GHOR : 1 étoile

22.06.2009

_Astrofuturism : Science, race, and visions of utopia in space_

Astrofuturism : Science, race, and visions of utopia in space : De Witt Douglas KILGORE : University of Pennsylvania Press : 2003 : ISBN-10 0-8122-1847-7 : 294 pages (y compris index) : une vingtaine d'Euros en neuf pour un TP.

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Tout d'abord, il faut savoir que l'astrofuturisme est un mouvement qui prône la conquête de l'espace comme remède aux problèmes de toute nature (sociétaux, économiques, écologiques...) qui accableront l'humanité tant qu'elle restera confinée à notre bonne vieille Terre. C'est un courant plutôt américain (bien que son homologue ait dû exister en URSS) qui mêle un ensemble d'acteurs très disparates : les gens des fusées (des rêveurs comme O'Neill aux techniciens comme Von Braun), les gens de la SF (qui voient la possibilité de guider le futur), les gens du complexe militaro-industriel (qui voient les ventes possibles), les militaires (attirés par la doctrine du "high ground") ou diverses factions politiques, allant des utopistes aux libertariens tous attirés par la promesse d'un territoire vierge pour expérimenter leurs théories politiques.

Colonie T1 (JL 1980).jpg

Malgré toute cette diversité, ce mouvement a longtemps été très majoritairement composé d'individus de race blanche et de sexe masculin. C'est pourquoi Kilgore a décidé de retracer son évolution face aux tensions sociales liées aux problèmes raciaux ou sexuels (au sens de genre) qui se sont manifestés dans la société américaine depuis la 2GM. Après une très longue introduction (30 pages), il suit les diverses phases des rapports de l'astrofuturisme à ces sujets polémiques. Il le fait à travers sept chapitres dont la plupart se focalisent sur un des acteurs principaux du mouvement. Il commence donc par Lasser (le fondateur de l'American Interplanetary Society), puis aborde Von Braun et l'encombrant héritage nazi, Heinlein et la tradition politique américaine, Clarke et la fin de l'empire, O'Neil et l'espace proche comme banlieue et finit par Bova et ces tentative d'infléchir l'idéologie parfois réactionnaire du milieu de la SF. Un dernier chapitre ouvre sur l'état actuel du genre et l'émergence d'utopies raisonnées (Steele, Robinson).

Red Mars (Harper Collins 1983).jpg

Même si c'est un ouvrage sur un sujet assez pointu et peu étudié, qui est de plus parfois (mais pas souvent) seulement tangentiel à la SF, cet ouvrage est une réussite. Fruit d'un travail important qui est bien visible, Kilgore nous offre un éclairage très cru mais nécessaire sur certaines limites du genre qui peine parfois à prendre en compte d'autres aspirations que celles de la petite bourgeoisie technophile, blanche et masculine. Il nous montre bien que la place actuelle des afro-américains et des femmes dans cet univers résulté d'un long processus, parfois de ce qui ressemble à un long combat pour l'égalité.

Kinsman (Futura 1981).jpg

Ses analyses des positions et des actions de certains auteurs me semblent très pertinentes et n'épargnent personne, voir par exemple son traitement du sexisme chez Heinlein, même si l'on sent une grande admiration ou affection de la part de Kilgore pour tous ces personnages. On appréciera aussi particulièrement le chapitre sur Ben Bova qui décrit bien cet homme assez peu connu mais dont l'influence sur le genre a été certainement plus grande qu'il n'y paraît ou que ne le laisse penser l'histoire de la SF telle que l'on la raconte ici.

Même si l'astrofuturisme à l'américaine n'est pas facilement transposable à la France où la conquête spatiale a longtemps été une affaire non de visionnaires mais de militaires, ce récit de l'évolution d'un rêve est fort séduisant.

 

Note GHOR : 3 étoiles

19.06.2009

_Attending Daedalus : Gene Wolfe, artifice and the reader_

Attending Daedalus : Gene Wolfe, artifice and the reader : Peter WRIGHT : Liverpool University Press (série "Liverpool SF texts and studies" #27) : 2003 : ISBN-10 0-85323-828-6 : 237 pages (y compris index et bibliographies) : coûte 20 GBP pour un TP, existe aussi en HC.

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Cet ouvrage est presque exclusivement consacré à la série Urth/New sun/Teur (en VF) de Gene Wolfe. Il s'agit d'une étude extrêmement fouillée de cet ensemble romanesque composée d'une tétralogie initiale complétée par une duologie. Gene Wolfe est parfois tenu pour le meilleur auteur de SF et cette oeuvre comme son chef d'oeuvre. Quoi que l'on pense de cette affirmation, cette hexalogie a été de nombreuses fois décrite, racontée, scrutée et commentée (la bibliographie secondaire fait plusieurs pages rien que sur ces six romans).

L'épée du licteur (Denoel 1983).jpg

Après quelques chapitres (dans une partie intitulée "Initiations") qui donnent des éléments sur le début de la carrière de Wolfe, Wright se livre dans la partie principale de son ouvrage ("Investigations") à une analyse détaillée de cet opus, en utilisant toutes les techniques à sa disposition. Cela comprend (entre autres) : les classiques parallèles avec d'autres textes antérieurs de Wolfe, l'exploitation des propres commentaires de l'auteur sur son oeuvre, une analyse structurelle avec force diagrammes, une comparaison avec le théâtre de Camillo ou les théories sur le mythe de Campbell. Pour nous aider à organiser tout cela, le livre comporte un index et une importante bibliographie tant primaire que secondaire.

The shadow of the torturer (Pocket).jpg

Je dois avouer que j'ai toujours été profondément ennuyé par la lecture des oeuvres "majeures" de Wolfe, le côté délibérément obscur ou allusif déroulé sur des centaines de pages n'étant pas ma tasse de thé. Je n'ai donc logiquement pas trouvé de grand intérêt à cet ouvrage, certes fruit d'un travail approfondi qu'il faut reconnaître à Wright, mais dont la question que l'on peut se poser au final est de savoir si tous ces mystères, ces allusions, ces labyrinthes n'existent pas parfois uniquement dans l'esprit du lecteur ou du critique. C'est là l'éternel problème de la limite du "roman à clef" où personne (pas même parfois l'auteur) ne peut affirmer qu'il détient bien l'analogie correcte.

L'ombre du bourreau (Denoel 1985).jpg

Un livre à réserver aux amateurs de Wolfe qui ont lu plusieurs fois l'ensemble et qui sont prêts à s'y replonger pour suivre les pistes données par Wright. Hélas, je n'en fais pas partie.

 

Note GHOR : 1 étoile

18.06.2009

_Ash of stars : On the writing of Samuel R. Delany_

Ash of stars : On the writing of Samuel R. Delany : James SALLIS (editor) : University Press of Mississippi : 1996 : ISBN-10 0-87805-895-8 : 224 pages (y compris index et bibliographie sélectionnée) : coûtait à l'époque 18 USD pour un TP assez peu solide (problème de pelliculage sur la couverture).

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Samuel R. Delany est incontestablement un auteur qui a "la cote" auprès des universitaires américains. C'est sans doute dû à la conjonction d'un auteur de SF atypique dans le paysage (poète, noir et homosexuel, choses peu fréquentes surtout dans les années 70-80) et d'un ensemble de textes très "littéraires". Il existe en effet plusieurs ouvrages qui lui sont entièrement consacrés (le premier étant certainement celui par Barbour, voir http://ghor.hautetfort.com/archive/2008/07/20/worlds-out-...) et ses textes se retrouvent fréquemment discutés dans les ouvrages sur le genre. 

The towers of Toron (Ace Double F-261).jpg

Le choix de Sallis a été justement de rassembler ces textes sur l'oeuvre de Delany qui se trouvaient éparpillés dans divers supports, essentiellement les périodiques d'étude sur le genre (Foundation, Extrapolation). Il a aussi rajouté plusieurs essais inédits. Au total l'ouvrage contient dix essais d'une taille conséquente (une vingtaine de pages) essentiellement sous la plume de familiers de l'exercice (Malmgren, Blackford, Spencer).

Captives of the flame (Ace Double F-199).jpg

La plupart des essais se consacrent plutôt à un texte de Delany précis : Babel-17 (Malmgren), Stars in my pocket like grains of sand (2 essais par Blackford et Bray), Dhalgren (2 essais par Gawron et Fox), Triton ou Tides of lust (Fox aussi) ou Tales of Neveryon (Spencer). Le reste est un peu plus transversal et se focalise souvent sur des éléments externes au genre. L'ouvrage est complété par une bibliographie (primaire et secondaire) sommaire et un index thématique.

The jewels of aptor (Ace Double F-173).jpg

Comme une bonne partie de cet ouvrage fort savant est consacrée à des textes aux marges du genre (ou qui relèvent de l'autobiographie), j'avoue ne pas avoir été particulièrement intéressé par l'ensemble. Le fait que je ne sois pas non plus un spécialiste ou un fanatique de Delany, a sans doute aussi joué en faisant que j'étais dans l'ignorance du matériau original. Du coup, mon avis assez réservé est certainement assez peu pertinent.

Empire star (Ace Double M-139).jpg

C'est globalement un ouvrage pour amateurs de l'auteur seulement et qui ne parvient pas à déclencher l'envie d'approfondir ses écrits. Parfois écrit dans un jargon assez opaque et faisant appel à des théories littéraires sûrement très sophistiquées, le sentiment qu'il se dégage parfois de certains essais est le trop classique "Delany-c'-est-trop-bien-pour-être-de-la-SF". Un avis peut-être valide mais qui oublie toujours que nombre d'auteurs ambitieux ont commencé (ou continué) à être publiés sous des couvertures avec des vaisseaux spatiaux ou des robots.

 

Note GHOR : 1 étoile

17.06.2009

_Astounding days : A science fictional autobiography_

Astounding days : A science fictional autobiography : Arthur C. CLARKE : Gollancz : 1990 : ISBN-10 0-575-04774-7 : 224 pages (y compris appendice mais pas d'index ni de bibliographie) : coûtait à l'époque 5 GBP pour un TP (existe aussi en HC).

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Cet ouvrage est la reprise en TP d'un titre paru l'année précédente (1989) en HC. Comme son sous-titre l'indique c'est à la base une autobiographie de Clarke qui s'étend schématiquement de 1930 (sa rencontre avec la SF) à 1945 (la fin de l'âge d'or). L'originalité de ce livre est que Clarke met en parallèle d'une façon permanente son existence de jeune adulte avec et l'évolution du magazine Astounding (qui n'était pas encore devenu Analog à l'époque).

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Organisé en quatre grandes parties dont les trois premières correspondent chacune à un des "editors" de la revue (Bates 1930-1933, Tremaine 1933-1937, Campbell 1937-1971), l'ouvrage est donc un mélange de réminiscences strictement personnelles (découverte de la SF, études, premier travail, guerre, activité au sein de la British Interplanetary Society, premiers textes...), d'histoire du magazine, de relation des évènements ayant impacté le genre naissant (chute de la maison Clayton, décès de Weinbaum...) et de tout un tas d'autres informations qui "viennent" à Clarke lors de sa narration.

Le livre ne comporte pas d'index ni de bibliographie mais offre en appendice la liste des contributions de Clarke à Astounding/Analog : fictions (7 nouvelles dont une est reproduite ici) et non-fictions. Sont aussi reproduites intégralement les quelques lettres de Clarke publiées dans le magazine.

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C'est un livre qui offre une expérience de lecture un peu bizarre. En effet, le côté "patchwork" de l'ensemble mêle trois lignes directrices distinctes (la vie de Clarke, l'histoire d'Astounding/Analog, les réflexions générales sur la SF) dans une certaine absence de cohérence (thématique ou chronologique). Du coup on peut lire dans un même chapitre une discussion sur Williamson et Cummings, une histoire du microscope, un avis scientifique sur la possibilité d'insectes géants et une anecdote sur le frère jumeau de Robert Goddard (le pionnier américain des fusées).

Spider island (Haffner 2002).jpg

Au final un livre qui, grâce au talent de Clarke, se révèle plutôt agréable à lire et solidement documenté, mais qui aurait très nettement gagné à être divisé en plusieurs parties homogènes (autobiographie, histoire du magazine, portraits d'auteurs et divers) plutôt que de forcer le lecteur à suivre un discours qui pourrait paraître assez décousu. L'absence d'index ne peut d'ailleurs que réduire très fortement l'utilisation de cet ouvrage comme source exploitable de références alors qu'il s'agit quand même de la parole (ou des souvenirs) de l'un des auteurs majeurs du genre.

 

Note GHOR : 2 étoiles

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