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12/09/2011

_Out of this world - Science fiction but not as you know it_

Out of this world - Science fiction but not as you know it : Mike Ashley : 2011 : The British Library : ISBN-13 978-0-7123-5835-4 : 144 pages y compris annexes et index : coûtait une vingtaine d'Euros pour un TP grand format largement illustré qui se trouve en neuf

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Cet ouvrage a été publié en conjonction avec une exposition sur le thème de la SF organisée entre mai et septembre 2011 par la British Library (l'équivalent de la BNF chez nos amis britanniques). Confié à l'immense connaisseur qu'est Mike Ashley, il s'agit d'un projet assez proche de celui mené par la revue de la BNF pour son numéro 28 (voir là : http://ghor.hautetfort.com/archive/2008/09/08/science-fic...), à savoir une présentation du genre pour un public néophyte mais que l'on peut penser néanmoins intéressé par la littérature.

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Malgré les similitudes de ces projets, ce livre est organisé d'une façon totalement différente. En effet, Ashley a choisi la classique approche thématique et a donc divisé son ouvrage en six chapitres principaux (mondes extraterrestres, parallèles, virtuels, futurs, apocalyptiques et parfaits), chacun d'entre eux étant subdivisé en unités plus petites (les robots, l'Uchronie) de quelques pages développées ensuite dans l'ordre chronologique.  Le tout est servi par une abondante et parfaitement reproduite iconographie qui mêle illustrations intérieures, couvertures (magazines et livres) et images de films. On trouve aussi en annexe une chronologie du genre, une bibliographie secondaire et un index.

anglais,2 étoiles

Le travail fourni par Ashley est (on pouvait s'en douter), exempt de tout reproche. Il utilise au mieux l'espace mesuré qui lui est alloué sachant que presque les deux-tiers du livre sont constitués d'illustrations et que le texte lui-même bénéficie d'une mise en page très aérée. Il nous livre un passage en revue des principaux thèmes avec des exemples suffisamment variés (des choses hyper-connues et d'autres beaucoup moins) pour intéresser l'amateur même si ce dernier aura l'impression d'avoir déjà lu tout cela sous d'autres plumes.

anglais,2 étoiles

D'une façon assez perverse, je dirais que la chose la plus intéressante est d'analyser comment Ashley, certainement motivé par son amour du genre, essaie de "vendre" notre salade à un public cible que l'on peut penser assez peu réceptif aux histoires de calmars dans l'espace. On retrouve donc essentiellement deux stratégies assez fréquentes : 1) "la légitimation par la généalogie" qui voit tous les grands anciens (Platon, More, Shelley, Verne, Wells, Voltaire, Flammarion, Godwin, Cyrano de Bergerac, Bellamy et ainsi de suite ad nauséam) rappelés d'entre les morts pour fournir un pedigree respectable (à noter que cette partie consacrée à la proto-SF occupe presque le tiers du livre et que l'illustration de couverture est parfaitement représentative de cette option, à défaut de l'être de la SF actuelle); et 2) "la légitimation par la respectabilité" où sont conviées toutes les cautions littéraires possibles. On y trouve comme d'habitude les auteurs tellement bons qu'ils ne sont plus considérés comme écrivant de la SF (Vonnegut, Ballard, Bradbury) et la catégorie des "emprunteurs" (Atwood, Lessing, les soeurs Brontë, Tolstoi, etc.)  qui ont transcendé la quincaillerie du genre. Cela nous vaut au moins un moment d'anthologie où l'on trouve, comme exemple de space-opéra Doris Lessing (sic) et Anne McCaffrey côte à côte. Au final un ouvrage agréable à feuilleter mais que ses contraintes éditoriales rendent peu pertinent pour l'amateur un tant soit peu chevronné.

anglais,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile

14/05/2011

_Who killed Science Fiction ?_

Who killed Science Fiction ? Compleat & Unexpurgated : Earl KEMP : 2011 : The Merry Blacksmith Press : ISBN-13 978-0-615441030 : iii+229 pages (y compris index) : coûte 14 USD pour un TP illustré en N&B, disponible chez l'éditeur (http://www.merryblacksmith.com/bookpages/wksf.html).

Who killed science fiction.jpg

Il ne faut pas se laisser abuser par la date de parution de cet ouvrage car elle est trompeuse. En effet, c'est en 1960 que Earl Kemp, un fan notable et l'un des créateurs de Advent, a posé à une centaine d'acteurs majeurs du genre (auteurs, rédacteurs en chef, éditeurs, BNF) quatre questions tournant autour de la mort supposée de la Science Fiction. Leurs réponses furent rassemblées dans le fanzine SaFari Annual #1, un numéro unique à tirage limité car émanant d'une APA, qui vaudra à Kemp un Hugo en 1961. C'est cet ouvrage, augmenté d'une certaine quantité de matériaux accumulée au fil des ans (en particulier pour la réédition avortée de 1980) que The Merry Blacksmith Press a choisi de ressortir en 2011 sous le format  POD (Print On Demand).

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En matière de contenu, ce livre débute par plusieurs "couches" d'introductions et préfaces qui correspondent aux diverses dates de parution successives de l'ouvrage (2011, 2006, 1960).  Cette partie est suivie par le "gros" du livre, à savoir les réponses au questionnaire original de Kemp. Allant du lapidaire (Campbell) à de véritables essais de plusieurs pages (McLaughlin) elles sont organisées par ordre alphabétique d'auteur et sont illustrées de couvertures de livres ou de magazines. Cette partie est suivie par les réactions des auteurs en 1960 et par une deuxième série de réponses à des questions approchantes mais cette fois-ci posées en 1980 (à noter qu'elle est nettement plus courte). Le livre se termine par une postface de 1980 et un index (titres et personnes).

The fury from Earth (Pyramid 1963).jpg

Même s'il est un peu confus dans son plan (cf. l'empilement des préfaces) et dans sa présentation (il arrive que l'on trouve deux textes en parallèle sur plusieurs pages), cet ouvrage constitue un témoignage historique de première importance. Situé à un moment charnière de l'histoire de la Science-Fiction où les magazines perdent leur prééminence au profit des livres (initialement les poches), il restitue bien l'état d'esprit des praticiens du genre à ce moment précis. Un sentiment que l'on peut aussi percevoir dans les textes rassemblés dans le PITFCS de Cogswell.

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Le spectre des réactions face à un thème (la mort de la SF) qui était déjà un marronnier à l'époque est fascinant à la fois par la lecture des opinions exprimées par les auteurs mais aussi parfois par les sous-entendus et allusions voilés qu'une lecture attentive peut permettre de déceler. C'est d'ailleurs peut-être sur ce point que l'ouvrage peut pêcher en ce sens qu'il n'offre aucune contextualisation du cadre des diverses époques (1960 et 1980) mais aussi qu'il ne précise absolument pas à quel titre parlent ceux qui ont répondu au questionnaire. Tout cela nécessite donc un sérieux bagage en matière d'histoire du genre pour placer sur l'échiquier de la SF des gens comme Ray Russell ou même Robert Lowndes. Au final un ouvrage très révélateur mais à réserver à des lecteurs intéressés par et au fait de l'histoire de la Science-Fiction américaine.

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Note GHOR : 2 étoiles

26/04/2011

_The Anticipation Novelists of 1950s French Science Fiction_

The Anticipation Novelists of 1950s French Science Fiction : Stepchildren of Voltaire : Bradford LYAU : 2011 : McFarland (série "Critical Explorations in Science Fiction and Fantasy" #24) : ISBN-13 978-0-7864-5857-8 : x+238 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 55 USD pour un TP non illustré disponible chez l'éditeur (https://www.mcfarlandbooks.com/book-2.php?id=978-0-7864-5...).

The Anticipation novelists of 1950s french SF.jpg

Sous la plume d'un universitaire américain dont c'est le premier livre (à noter qu'il est basé sur sa thèse), cet ouvrage aborde étonnamment un sujet typiquement français. Nous sommes en effet en face d'une étude sur les titres parus dans la collection "Anticipation" du Fleuve Noir de sa création jusqu'en 1960. Collection populaire par excellence, souvent décriée mais ayant accueilli la plupart des auteurs français (de Klein à Jeury en passant par Andrevon ou Wagner), Anticipation est un monument du genre dans notre pays, à la fois par sa longévité (plus de cinquante années) et par le nombre de titres publiés (un peu plus de 2000). Lyau se sert de ce miroir pour analyser les réactions des auteurs français de SF face à l'obligatoire mutation du pays juste après la 2GM.

Bureau de l'nvisible (FN 1955).jpg

Après une préface de Slusser et un premier chapitre qui brosse un état des lieux tant du pays que du genre (localement et internationalement), l'auteur a choisi de diviser les onze auteurs français ayant écrit pour la collection dans la période choisie en plusieurs groupes en fonction de leur positionnement par rapport au concept de progrès. Il commence donc par les "Modérés" (Richard-Bessière, Rayjean, Kemmel), puis consacre un chapitre à Guieu (le seul de la catégorie "Extrémistes"). Suivent les "Conservateurs" (Wul, Limat, Randa, Steiner) et les "Radicaux" (Vandel, Bruss) avant de terminer par D'Argyre/Klein. Une courte conclusion boucle le tout avant de passer à la bibliographie (classée par sujets) et à l'index.

Chirurgiens d'une planète (FN 1960).jpg

C'est toujours une expérience assez particulière que de lire une analyse sur son pays et sa SF écrite par un étranger. Même si Lyau n'échappe pas à certains lieux communs (la grande culture des Français qui sont tous allés au lycée et ont tous été nourris de Voltaire et Pascal), son regard est très intéressant et sonne plutôt juste dans son analyse des transformations vécues par le pays dans les années 50 pour rattraper son retard (essentiellement scientifique). Basé sur une lecture de chacun des 140 ouvrages concernés (quel courage !), les conclusions de l'auteur sont séduisantes et présentent une approche de la collection originale et étayée. On appréciera aussi le lien permanent fait avec les "autres SF" (ici surtout l'américaine) qui ont en pratique traité les mêmes anxiétés face à l'avenir d'une façon souvent similaire.

Panique dans le vide (FN 1958).jpg

On pourra juste regretter d'abord un prix excessif (40 Euros pour un TP pas très solide, cela donne une idée de la probable confidentialité du sujet), puis un petit manque de relecture (les titres français sont parfois massacrés et les noms propres aussi, même ceux des anglo-saxons), quelques approximations factuelles et le fait que la bibliographie secondaire (sur la SF) utilisée par Lyau soit quand même assez maigre avec peu de sources (trois principales : Versins, Lofficier, Douilly) dont certaines sont un peu légères (comme le Douilly qui est plus un catalogue qu'une analyse du FNA). Ce livre n'en reste pas moins un travail solide et riche d'enseignements. En plus de ses qualités, l'amateur retiendra aussi le fait qu'il ait été écrit par un américain et publié par un éditeur lui aussi américain, ce qui montre bien le triste état (presque le néant complet) dans lequel se trouve la réflexion universitaire sur le genre dans notre pays.

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Note GHOR : 3 étoiles

14/04/2011

_Alternative persons : The entities of science fiction and myth_

Alternative persons : The entities of science fiction and myth : Stan GOOCH : 1979 (?) : Bran's Head (série "Bran's Head Library of Science Fiction Criticism") : ISBN-10 0-905220-14-5 : 29 pages (pas d'index) : devait coûter quelques GBP pour un ouvrage au format fanzine (agrafage central) non illustré et parfois trouvable d'occase.

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Ce petit pamphlet semble être une réimpression d'un ouvrage paru initialement en 1978 (d'après son copyright) et fait visiblement partie d'une petite série de titres qui m'était inconnue à l'exception d'un ouvrage assez copieux sur Delany (http://ghor.hautetfort.com/archive/2008/07/20/worlds-out-...). Il est l'oeuvre d'un psychologue britannique relativement controversé surtout connu pour ses théories sur l'évolution humaine.

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Se présentant parfois comme un compagnon à son autre livre The total man, cet ouvrage est une sorte de méditation sur la psychologie, une ébauche de théorie littéraire où l'auteur oppose la SF à la RF (cela veut dire Religion Fantasy) et une revue de certains thèmes fréquents dans le genre (le surhomme, les monstres, les robots).

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Au risque d'être trop succinct, je dirais que cet ouvrage n'offre strictement aucun intérêt de par son côté particulièrement fumeux et par un approche de la SF relativement peu sophistiquée. Pour être méchant je dirais que c'est là le travail d'un néophyte, sûrement brillant, mais qui pense pouvoir révolutionner l'approche du genre en une vingtaine de pages. Un titre à réserver aux amateurs de psychologie plus qu'à ceux de SF.

The silkie (Ace 1969).jpg

Note GHOR : 0 étoile

13/04/2011

_Science fiction and empire_

Science fiction and empire : Patricia KERSLAKE : 2010 : Liverpool University Press (série "Liverpool science fiction texts and studies" #35) : ISBN-13 978-1-84631-504-6 : 217 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 17 GBP pour un TP non illustré disponible en neuf chez l'éditeur (http://www.liverpool-unipress.co.uk/html/publication.asp?...), existe aussi en HC (-024-9, 50 GBP).

anglais,1 étoile

Cet ouvrage est la réimpression au format TP d'un titre datant initialement de 2007 (sous forme d'un HC assez coûteux). Ecrit par une universitaire (australienne ?), il fait le projet de parcourir les liens qui unissent la SF et le concept d'empire, qu'il s'agisse de décalquer les empires du passé comme l'on fait les auteurs de l'âge d'or, de dénoncer leur pratiques colonialistes comme l'a fait la New Wave ou d'imaginer leur futur comme le pratique le NSO britannique.

anglais,1 étoile

Ce livre est divisé en neuf chapitres d'une vingtaine de pages. Si le premier est plutôt théorique, les suivants s'appuient généralement sur une ou deux oeuvres pour mettre en lumière les diverses approches possibles. On aborde successivement l'appropriation culturelle via Wyndham (The Midwich cuckoos) et Dick (Blade runner); la métaphore avec Le Guin (The dispossessed) et Lem (Solaris); les limitations physiques avec Clarke (Imperial Earth); les invasions avec Wells (The War of the Worlds) et Lasswitz (Auf zwei planeten); les empires "classiques" avec Asimov (la série "Caves of steel") et Heinlein (The moon is a harsh mistress); l'échec impérial de Miller (A canticle for Leibowitz); l'empire postcolonial avec Robinson (la trilogie "Mars") et l'empire postmoderne de Banks (la Culture). L'ouvrage se termine par une courte conclusion, des pages de notes, une bibliographie et un index.

anglais,1 étoile

Je dois avouer une certaine déception à la lecture de cet ouvrage. L'idée de l'empire est tellement associée à l'imagerie SF (cf. Star Wars ou le Trantor d'Asimov) que le traitement du thème semblait couler de source et former un tout relativement cohérent avec un certain nombre de points de passage obligés. Hors il se trouve que l'auteur a tendance à disserter sur des textes dont le lien avec l'empire semble plutôt ténu. C'est assez flagrant avec Asimov où Kerslake se focalise sur les deux aventures policières de Baley et ne mentionne presque qu'à regret la série "Fondation" où pourtant le thème de l'empire est bien plus central.

anglais,1 étoile

Si l'on ajoute le choix du traitement en profondeur de récits d'invasion (Wyndham, Wells, Lasswitz) ou du post-apocalyptique (Miller), on peut se demander s'il existe bien une ligne directrice à cet ouvrage qui fait plus penser à un collage de textes sur le genre, certes honorables mais ne manifestant pas forcément une réflexion structurée. Au final un ouvrage qui vaut plus par ses parties que par son projet global.

anglais,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile