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10/03/2013

_After the New Wave : Science Fiction since 1980_

After the New Wave : Science Fiction since 1980 : Nader ELHEFNAWY : 2011 : pas d'éditeur mentionné (indiqué comme "CreateSpace Independent Publishing Platform" sur Amazon) : ISBN-13 978-1463644826 : 240 pages (y compris bibliographie secondaire, mais pas d'index) : coûte une dizaine d'Euros pour un TP non illustré, disponible là : http://www.amazon.fr/gp/product/1463644825/.

After new wave SF since 1980.jpg

Ecrit par un docteur en littérature américain qui collabore à plusieurs revues sur le genre (papier comme la NYRSF ou online comme la défunte The Internet Review of Science Fiction), cet ouvrage est visiblement un livre auto-publié, le mien ayant été imprimé par Amazon. Il en va d'ailleurs de même pour les autres oeuvres de l'auteur qui comprennent au moins un roman (Surviving the Spike et un recueil de nouvelles situées dans le même univers). Ce volume rassemble plusieurs textes ayant pour but (selon les mots de l'auteur dans son introduction) de dépeindre l'évolution de la SF sur les trois dernières décennies, une période qui est celle d'une synthèse entre les deux principaux courants du genre (pour simplifier, la Hard-Science et la New Wave).

New Worlds 198.jpg

Après une courte introduction, l'ouvrage se divise en deux parties distinctes. La première et la plus importante consiste en le rassemblement d'une dizaine d'essais (déjà publiés dans des webzines mais révisés ou étendus par l'auteur) de taille variable (de trente à moins de dix pages) qui parcourent diverses facettes de l'histoire du genre. Cela va de textes de portée générale comme une réflexion sur l'Uchronie ou le futur de la Science Fiction à des études sur des sujets plus limités comme les techno-thrillers, les films sur les ordinateurs ou les séries télévisées des années 90. La seconde partie rassemble quatre critiques de livres (Burning Chrome de William Gibson et trois anthologies) et une étude sur la série TV Lexx. Une bibliographie secondaire est fournie mais l'ouvrage ne comporte pas d'index.

Gravé sur chrome (JL 1990).jpg

Je dois avouer que j'ai trouvé cet ouvrage loin de tenir les promesses faites dans la plutôt grandiloquente introduction. Au lieu d'un ouvrage qui synthétiserait l'évolution du genre sur les trois dernières décennies (un livre qui n'existe effectivement pas encore), le résultat est au final une compilation de textes assez disparates dont la cohérence n'est pas le point fort. Par exemple, si l'objet du livre est bien "les années 1980 à 2010", le troisième texte (sur les uchronies relatives à la 2GM et à la victoire de l'axe) est complètement hors sujet de par les textes évoqués (Two Dooms de Kornbluth, The man in the high castle de PKD), comme l'est une partie du deuxième (qui convie Wells, Verne et Bacon). De même, le long essai sur le techno-thriller est inutile vu que, contrairement à ce qu'écrit l'auteur, ce genre ne fait pas partie de la SF.

Le maître du haut château (JL 1998).jpg

Du coup, le côte "pot-pourri" de cet ouvrage qui réunit des textes n'ayant parfois à peu près aucun rapport avec le genre ou n'en parlant que de façon très superficielle (comme une n-ième discussion sur le phénomène des "Deux Cultures" de C. P. Snow) a tendance à occulter certaines choses plus intéressantes comme la solide réflexion de l'auteur sur le devenir de la SF (un texte plutôt pessimiste, probablement à juste titre). La même stratégie de la compilation explique probablement la présence de la deuxième partie constituée de critiques qui, au vu de leur qualité (honorable, sans plus), n'avaient pas forcément vocation à être conservées et qui, en tout cas, n'apportent rien à l'ensemble. Comme le tout n'est pas très passionnant, ni terriblement original et parfois assez éloigné du genre, le choix (forcé ?) de l'auto-publication semble logique. Comme quoi, ce qui se lit sur écran n'a pas forcément la même tenue une fois imprimé.

anglais,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile

03/03/2013

_Race, Ethnicity and Nuclear War_

Race, Ethnicity and Nuclear War : Representations of Nuclear Weapons and Post-Apocalyptic Worlds : Paul WILLIAMS : 2011 : Liverpool University Press (#40 dans la série "Liverpool Science Fiction Texts and Studies") : ISBN-13 978-1-84631-708-8 : ix+278 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 65 GBP pour un HC non illustré avec jaquette, disponible chez l'éditeur (là : http://www.liverpooluniversitypress.co.uk/index.php?optio...), sera sans doute repris ultérieurement au format TP plus abordable.

Race, ethnicity and nuclear war.jpg

Ecrit par un professeur de littérature dans une université anglaise (à noter qu'il semble exister plusieurs personnes de ce nom gravitant autour de la SF), cet ouvrage fait partie de la longue série de titres consacrés à l'étude du genre proposés par l'université de Liverpool. Il s'agit ici d'une analyse des liens entre les armes nucléaires et la race blanche, répondant à la question de savoir si la bombe atomique est une arme de "blancs". Cet ouvrage se trouve à l'intersection de travaux existants, tant sur la représentation des races dans le genre (deGraw, Lavender, Nama,... ) que sur l'imagerie de l'arme nucléaire et le post-apocalyptique (Booker, Brians, Dowling,...).

anglais,1 étoile

Après une assez longue introduction, ce volume se divise en huit chapitres de longueur variable (de vingt à quarante pages) dont certains ont déjà été publiés précédemment dans diverses revues. Ils abordent successivement plusieurs thèmes, allant des oeuvres d'avant 1945 aux représentations de l'Australie après la bombe en passant par le nationalisme indien (hindou) et le projet Manhattan. L'auteur s'appuie essentiellement sur des oeuvres littéraires même si certains films (On the Beach, les trois Mad Max ou The Mouse who Roared) sont aussi invoqués. Plusieurs pages de notes ainsi qu'une bibliographie et un index complet sont fournis.

anglais,1 étoile

L'impression plutôt mitigée que j'ai eu de cet ouvrage est peut-être tout d'abord due à la minceur ou l'évidence de la thèse de l'auteur. A la question "La Bombe est-elle une arme de blancs ?" la seule réponse possible est "Oui". De même que sa représentation ou ses conséquences reflètent sans grande surprise la sociologie de ses producteurs et consommateurs majoritaires (des américains WASP). Le matériau exploité par Williams est aussi un facteur de difficulté puisqu'il s'agit soit de textes parus dans des supports très spécifiques (destinés aux Noirs américains ou publiés en Inde), soit d'oeuvres aux marges du genre (les romans étudiés dans le chapitre 6 qui semblent même purement "mainstream") ou entrant plutôt dans la catégorie des techno-thrillers (comme certains James Bond évoqués dans le dernier chapitre).

anglais,1 étoile

Le choix de la reprise de travaux antérieurs induit aussi un certain manque de réflexion d'ensemble en contraignant le discours de l'auteur à utiliser des points de passage obligés. Cela nous vaut un chapitre sur une série de nouvelles de Langston Hughes dont on sent bien que la relation avec le sujet affiché de l'ouvrage est plutôt ténue (le texte a été initialement publié dans The Journal of Transatlantic Studies). Même si la plupart des exemples purement SF mentionnés par l'auteur (Miller, Butler, Bradbury, Vonnegut,...) sont très classique, on découvre parfois des perspectives originales comme le chapitre consacré aux anticipations nucléaires indiennes. Au final, le tout forme un ensemble qui n'est pas inintéressant mais qui est parfois trop loin de la science-fiction proprement dite.

anglais,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile

22/02/2013

_Future wars_

Future wars : The anticipations and the fears : David SEED (editor) : 2012 : Liverpool University Press (#42 dans la série "Liverpool Science Fiction Texts and Studies") : ISBN-13 978-1-84631-755-2 : ix+302 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 65 GBP pour un HC non illustré avec jaquette, disponible chez l'éditeur (là : http://www.liverpooluniversitypress.co.uk/index.php?optio...), sera sans doute repris ultérieurement au format TP plus abordable.

anglais,1 étoile

Paru en 2012 dans la collection d'ouvrages de référence des presses de l'université de Liverpool, ce livre est un recueil d'essais (à priori inédits sauf le premier) qui a pour but d'aborder, dans la glorieuse lignée d'I. F. Clarke (l'auteur de Voices prophesying war 1763-1984 et de The pattern of expectation 1644-2001), le thème des guerres futures. Il ne s'agit pas ici de traiter de la "militaristic SF" exemplifiée par les parutions de Baen mais des récits d'anticipation proche concernant des conflits futurs entre les puissances contemporaines de la période d'écriture (par exemple les multiples invasions de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis par toute une gamme d'ennemis). Le tout a été rassemblé par David Seed, un compilateur bien connu des amateurs d'ouvrages sur le genre (voir sa bibliographie là : http://www.isfdb.org/cgi-bin/ea.cgi?21536).

anglais,1 étoile

Après une courte introduction, ce recueil rassemble treize essais d'une vingtaine de pages chacun. Le sommaire est assez varié et l'on va donc trouver des essais portants sur des oeuvres précises (littéraires et leurs adaptations) : On the Beach, Fail-Safe, The invasion of New-York; sur des ensembles romanesques : la trilogie avortée de Wyndham, la Culture de Banks; sur des thématiques précises : l'IDS/SDI, l'après 9-11; sur des thèmes précis (Mars et la guerre, l'utopie et la guerre) ou brossant des panoramas des interactions entre science-fiction et postures stratégiques, que cela soit durant la guerre froide ou bien avant. Le tout étant dû à des pointures dans le domaine de l'étude de la SF (Franklin, Ketterer, Latham, Ruddick, Parrinder). A noter qu'outre une bibliographie et un index, une bibliographie spécifique d'I. F. Clarke est fournie en fin de volume.

anglais,1 étoile

Malgré la qualité des intervenants, je n'ai pas vraiment été séduit par ce recueil. Les premiers essais (Clarke, Franklin, Crossley) donnent l'impression d'être des sortes de résumés de thèses ou de sujets que ces auteurs ont abordés d'une façon bien plus fouillée dans leurs livres respectifs (par exemple War Stars pour le deuxième ou Imagining Mars pour le dernier). Il y a aussi des choses maladroites comme le texte de Ketterer (qui est pourtant un expert sur le sujet) qui n'arrive pas vraiment à rendre prenante son étude sur les manuscrits non publiés de Wyndham, un exercice (parler de textes inconnus et de plus inaccessibles pour le lecteur moyen) qui est, il est vrai, souvent casse-gueule.

anglais,1 étoile

Même si la fin de l'ouvrage est intéressante, on peut se poser la question de la raison de la présence de certains essais. En effet, les textes de Matin et d'Echevarria (qui ne sont d'ailleurs visiblement pas des spécialistes du genre) seraient plutôt à leur place dans une revue d'étude géopolitique ou géostratégique que dans une collection consacrée à la SF; idem pour la bibliographie d'I. F. Clarke (Pourquoi est-elle présente ?). On pourra sauver d'un ensemble plutôt terne l'essai de Kerslake sur la Culture (même s'il gagnerait à être approfondi) et l'étude sur la mobilisation dans les utopies par Parrinder (même si le corpus étudié est particulièrement classique). Au final un ensemble sans grand relief ni grande direction, qui, au vu de son prix élevé, n'est pas vraiment indispensable.

anglais,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile

17/02/2013

_The revised H. P. Lovecraft bibliography_

The revised H. P. Lovecraft bibliography : Mark OWINGS & Jack L. CHALKER : 1973 : The Mirage Press : ISBN-10 0-88358-010-1 : vii+43 pages : coûtait 3.50 USD pour un ouvrage au format quasiment A4 avec agrafage central en tirage limité à "approximativement" 1500 exemplaires qui se trouve parfois d'occasion.

anglais,lovecraft,2 étoiles

Un avis très rapide sur cet ouvrage publié par The Mirage Press (une small press active au début des années 70 à qui l'on doit pas mal d'ouvrages autour du genre). Ecrit par Mark Owings (auteur de plusieurs bibliographies, par exemple chez Croatan House) et Jack L. Chalker (écrivain prolifique mais peu traduit), il s'agit d'une n-ième bibliographie consacrée à H. P. Lovecraft, un auteur qui a toujours fasciné les amateurs et fait beaucoup écrire ou rechercher sur lui.

anglais,lovecraft,2 étoiles

Il s'agit là d'une bibliographie internationale qui est divisée en catégories habituelles (même si leur ordre est assez original) : les essais (par HPL), la poésie, la fiction (surtout des nouvelles) par HPL en solo, les nouvelles en collaboration, les recueils (en anglais puis dans les autres langues), les révisions par d'autres auteurs, les textes faisant partie du Cthulhu Mythos pas d'autres écrivains, les adaptations en comics et enfin les textes sur HPL. A noter qu'il n'y a pas d'index.

anglais,lovecraft,2 étoiles

Si, à l'époque de sa parution, la qualité de l'ouvrage était indéniable, avec entre autre une appréciable attention portée aux traductions dans d'autres langues que l'anglais (on y retrouvera les recueils parus chez Denoël), celui-ci ne peut plus être vu de nos jours que comme une curiosité à ajouter à la bibliothèque (très fournie) des inconditionnels de HPL ou des amateurs d'ouvrages bibliographiques. Pratiquement, pour faire des recherches sur l'auteur, il ne manque maintenant pas de sites plus riches (comme celui-là : http://www.hplovecraft.com/) ou de travaux écrits plus récents comme ceux de Joshi.

anglais,lovecraft,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles (pour la nostalgie)

16/02/2013

_Locating Science Fiction_

Locating Science Fiction : Andrew MILNER : 2012 : Liverpool University Press (#44 dans la série "Liverpool Science Fiction Texts and Studies") : ISBN-13 978-1-84631-842-9 : x+244 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 70 GBP pour un HC non illustré avec jaquette, disponible chez l'éditeur (là : http://www.liverpooluniversitypress.co.uk/index.php?optio...), sera sans doute repris ultérieurement au format TP plus abordable.

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Cet ouvrage est le tout dernier paru dans la collection d'ouvrages sur le genre publiée par l'université de Liverpool. Il est écrit par un universitaire australien, professeur d'anglais, spécialiste des théories littéraires mais aussi amateur de SF depuis sa plus tendre enfance. Dans cet ouvrage (dont une partie a déjà été publiée sous une forme différente dans diverses revues littéraires, du champ de la SF ou pas), l'auteur souhaite proposer un nouvel "emplacement" pour la Science Fiction au sein de l'espace de la littérature. Le tout en s'appuyant sur les travaux de chercheurs comme Bourdieu, Moretti ou Raymond Williams (à l'extérieur du genre) ou comme Suvin, Freedman ou Jameson pour les théoriciens plus habituellement associés avec celui-ci.

Critical theory and science fiction.jpg

L'ouvrage est divisé en neuf chapitres d'une vingtaine de pages chacun. Le premier est une sorte d'introduction autobiographique qui nous raconte les premières expériences de l'auteur avec le genre (au milieu des années 50) et montre le côté déjà très multimédia (textes écrits, radio, films, BD) du genre, même à l'époque. Les trois chapitres suivants bâtissent une définition de la SF comme une "selective tradition" (un terme emprunté à Williams) et montre comment ce champ peut se cartographier (avec force diagrammes) et comment il interagit avec le reste de la littérature. Les deux chapitres suivants traitent des rapports du genre avec ses cousins que sont l'Utopie, la Dystopie et la Fantasy. Le septième chapitre brosse une histoire du genre parfois en opposition avec d'autres approches (comme celle d'Adam Roberts développée là : http://ghor.hautetfort.com/archive/2008/09/23/the-history...).  La huitième partie localise le genre comme système "centre-périphérie" (un concept inventé par Moretti) changeant au cours du temps. Le dernier chapitre évoque spécifiquement la SF australienne (essentiellement Shute et Turner) et les usages possibles du genre. Une copieuse bibliographie et un index clôturent l'ouvrage.

The history of science fiction (Roberts).jpg

Voilà un ouvrage qui donne l'agréable impression de se sentir plus intelligent après sa lecture. Même si une partie des points abordés par l'auteur me passent par-dessus la tête, tellement ils nécessitent une parfaite connaissance de tous les systèmes d'analyse littéraire (marxistes, post-modernistes, post-colonialistes, déconstructionnistes, systémiques, etc.), de leurs filiations, évolutions ou oppositions, on termine ce livre en ayant le sentiment (peut-être trompeur) d'avoir réussi à comprendre une partie des choses. L'objectif de "localiser" le genre est à mon sens parfaitement rempli par Milner et se trouve parfaitement résumé par la carte de la page 45 (une carte qui va d'ailleurs resservir à l'auteur), même si j'ai toujours un peu de mal avec des représentations à deux dimensions qui comportent plus de deux axes gradués.

anglais,3 étoiles

S'il est vrai que l'évocation des querelles entre théoriciens de la littérature et/ou du genre et les avis ou petites phrases parfois assez féroces de Milner peuvent surprendre, on ne peut qu'être admiratif devant l'érudition de ce dernier et la connaissance vraiment internationale du genre (dans toutes ses composantes) qu'il manifeste, au bémol près (à mon sens) d'une certaine surévaluation de la SF française, à la fois dans son influence sur le genre (Verne excepté) et de sa place réelle au sein de la scène littéraire francophone. En fait, il y a dans cet ouvrage énormément de matière à réflexion et de points qui auraient presque pu faire l'objet d'un livre à eux-seuls, comme par exemple les réflexions de Milner sur les multiples façons (et les motivations associées) dont les débuts du genre ont pu être présentés dans diverses études (des cautions grecques à Gernsback en passant par More et Shelley). Un livre dense, dont la pleine appréciation est sans doute réservée aux experts es critique littéraire académique (que je ne suis pas) mais qui peut apporter à la réflexion de l'amateur (que je suis).

anglais,3 étoiles

Note GHOR : 3 étoiles