15/04/2026
_Bram Stoker_
Bram Stoker : Prince des ténèbres : Alain POZZUOLI : 1989 : Librairie Séguier : pas d'ISBN (probablement 2-877-36074-?) (la fiche ISFDB du titre , dans la base à Bruno ) : 174 pages (y compris bibliographie et annexes mais pas d'index) : coûtait 110.00 FRF pour un petit tp avec cahier photographique en n&b de 8 pages : trouvable d'occasion.

Un petit tour dans le fantastique pur sucre avec cette biographie de Bram Stoker, l'auteur irlandais connu essentiellement pour avoir créé Dracula. Rédigé par un touche-à-tout (parolier, auteur, journaliste et scénariste) spécialiste de cet auteur et des vampires (outre pas mal de livres sur le sujet, on lui doit ce qui semble être une deuxième version de cette biographie parue en 2012) et publié par un département de l'éditeur Robert Laffont, ce petit ouvrage se divise en deux parties distinctes: tout d'abord une biographie de Stoker qui occupe 80 pages de façon chronologique (normal) puis un ensemble de courts chapitres autour du thème du vampire et de sa représentation (en littérature, au cinéma, dans les sciences...). Outre une bibliographie plutôt complète (VO & VF) et huit pages de photos (surtout tirées de films), quelques annexes sont fournies (acteurs, filmographie ou analyse graphologique de Stoker !).

Au final, c'est un livre sans prétention, assez aéré (pas mal de pages blanches) qui ne fera pas date. La partie biographique est plutôt descriptive (type Gala) avec une analyse littéraire limitée. L'exploration du thème du vampire au dernier tiers du livre a tendance à partir un peu dans tous les sens, par exemple la liste des acteurs ayant joué Dracula n'offre guère d'intérêt, et qui dans l'ensemble ne creuse pas le sujet en profondeur. Comme il existe encore moins de choses sur le Fantastique que sur la SF, cet ouvrage a au moins le mérite d'exister et de mettre en lumière un auteur majeur.

Note GHOR : 1 étoile (trop léger)
11:43 | 11:43 | Biographies & autobiographies | Biographies & autobiographies | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : français, 1 étoile | Tags : français, 1 étoile
14/04/2026
_Race to Pearl Harbor_
Race to Pearl Harbor : The Failure of the Second London Naval Conference and the Onset of World War II : Stephen E. PELZ : 1974 (pour l'EO, 2013 pour cette réimpression) : Harvard University Press (série "Harvard Studies in American-East Asian Relations" #5) : ISBN-13 978-0-674-86351-4 : 268 pages (y compris index et bibliographie) : semble coûter une cinquantaine d'Euros pour ce hc sans jaquette : parfois disponible en ligne.

Cet ouvrage semble être un fac-similé "officiel" d'un titre paru en 1974 (cela se voit d'ailleurs bien dans sa composition et sa police de caractère). Stephen Pelz, un universitaire américain, y développe la thèse que l'échec de la seconde conférence sur le désarmement naval qui s'est tenue à Londres en 1934-35 portait en germe la seconde guerre mondiale dans le Pacifique. S'appuyant sur de nombreuses sources, il nous décrit les interactions entre trois empires (USA, GB et Japon) autour d'une possible limitation des armements navals, avec des Américains, inquiets mais prisonniers de leur isolationnisme, des Anglais, eux aussi inquiets, mais dans une situation économique et stratégique difficile et des Japonais prêts à tout pour assouvir leurs ambitions impérialistes en Asie. Même si l'écriture est assez "datée" (le livre a été écrit il y a plus de cinquante ans); le résultat est passionnant en ce qu'il décrit tout le ballet diplomatique et politique qui précède souvent les conflits. À ranger avec les ouvrages de Roskill ou de Maiolo.
14:52 | 14:52 | Non SF - Marine | Non SF - Marine | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0)
13/04/2026
_Billion Year Spree_
Billion Year Spree : The history of Science Fiction : Brian W. ALDISS : 1973 (1974 pour cette seconde édition) : Weidenfeld & Nicolson : ISBN-10 0-297-76555-8 (la fiche ISFDB du titre ) : 339 pages (y compris index et bibliographie) : coûtait 3.75 GBP pour un petit hc avec jaquette et cahier photographique en n&b de 8 pages : se trouve assez aisément d'occasion.

C'est au début des années 70 qu'est arrivée la première rafale d'ouvrages de références publiés par des éditeurs "généralistes" (à la différence de maisons comme Advent issues du milieu de la SF). Dans cette vague de titres sont aussi apparues les premières histoires du genre qui, à l'époque, ne concernaient uniquement que la SF (on est au tout début de la Fantasy comme genre autonome). On pensera à Sadoul en France, Del Rey aux USA (plus tardif) et bien sûr celle qui nous intéresse, celle écrite par l'auteur de SF anglais Brian Aldiss. Rapidement (et faute de mieux ?) cet ouvrage est devenu canonique à tel point que l'auteur s'associera à David Wingrove pour lui donner une version mise à jour en 1986 : Trillion Year Spree chez Gollancz. Organisé chronologiquement (logique !), le livre est divisé en 11 chapitres (ainsi qu'une introduction et une conclusion) et offre un index et une bibliographie plutôt complète (pour l'époque) ainsi que deux petits cahiers photographiques.

Faisant œuvre de pionnier, c'est donc à l'histoire du genre que s'est attaqué Aldiss, un vaste sujet, même à l'époque. Mais déjà, il existait autant d'histoires de la SF que d'auteurs et autant de stratégies pour le genre. Ici, nous avons une approche qui est à la fois très britanno-centrée (Shelley, Wells, Stapledon), avec un pedigree long comme le bras (on remonte jusqu'à Lucien de Samosate) et très comme il faut (on glisse sous le tapis les côté "sensawunda" et pulpesque du genre). Cette quête de légitimation et de respectabilité britannique sous-tend certains des choix d'Aldiss. Ceci explique sans doute : 1) le choix de Mary Shelley (et son Frankenstein) comme origine du genre; 2) le poids disproportionné de la proto-SF (on attaque la SF telle qu'on la connaît aux deux tiers du livre) et 3) une certaine condescendance vis-à-vis d'une SF américaine qui est vue comme trop simpliste politiquement et littérairement.

La lecture d'un tel texte en 2026 n'est certes pas indispensable, tout ce que dit Aldiss ayant été dit et redit des centaines de fois (et est parfois sujet à caution). Ce livre est toutefois un élément important du débat sur les origines du genre, la théorie "Shelleysienne" étant relativement fréquente (mais me paraît personnellement erronée). C'est surtout l'illustration de la difficulté d'écrire une histoire unifiée/unique du genre en fonction de son pays d'origine (il existe un livre sur la SF est-allemand qui vaut son pesant de cacahuètes) et du fait que chaque auteur qui se fait historien plaque sur le genre un certain nombre de présupposés et surtout tente de mettre en lumière telle ou telle caractéristique particulière de celui-ci qui lui paraît essentielle et qui fonde sa stratégie de présentation. Un exercice particulièrement intéressant est la lecture en parallèle de cette histoire de la SF par Aldiss (britannique et cultivée) et celles de Sadoul et Del Rey (américaines et populaires). Au final, c'est un des livres fondateurs de la réflexion sur le genre par la pose de bases historiques, mais il est quand même un peu trop daté (il a plus de cinquante ans) pour être autre chose qu'une curiosité historique.

Note GHOR : 2 étoiles (pour son influence)
11:33 | 11:33 | Ouvrages généraux sur la SF | Ouvrages généraux sur la SF | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : anglais, 2 étoiles | Tags : anglais, 2 étoiles
11/04/2026
_Hudson_
Hudson : The Postwar Years : Richard M. LANGWORTH : 1977 : Motorbooks International : ISBN-10 0-87938-035-7 : 136 pages (y compris annexes et index) : prix original inconnu (price clipped) pour un hc avec jaquette (fragile) format à l'italienne illustré en n&b, se trouve difficilement d'occase (et pas donné).

Voici un autre titre dans la série publiée par Motorbooks et consacrés au sort de divers constructeurs américains après la 2GM. Il partagent tous le même format, souvent le même auteur et une structure chronologique identique. Ce volume traite de la marque Hudson, un des petits constructeurs US indépendants qui ne disparaitra pas mais finira par se fondre dans American Motors Corporation (voir ici), le quatrième grand groupe automobile américain (le plus petit et qui disparaitra lui aussi). Hudson avait un positionnement plutôt haut en gamme et d'excellent résultats sportifs mais sa taille, sa faible capacité d'investissement et certains choix stratégiques calamiteux (le développement de la compacte Jet) conduiront à sa fin en tant que marque autonome. Un peu plus court que les autres tomes (la marque cessera d’exister en 1957), le livre est riche en photos issues des archives du constructeur et d'une lecture aisée. Une intéressante étude sur une marque quasi inconnue en Europe.
15:38 | 15:38 | Non SF - Automobile/Camion | Non SF - Automobile/Camion | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0)
10/04/2026
_Bibliothèque de l'Entre-Mondes_
Bibliothèque de l'Entre-Mondes : Francis BERTHELOT : 2005 : Folio (collection SF #225) : ISBN-10 2.-07-042846-X (la fiche ISFDB du titre, dans la base à Bruno : 333 pages (y compris index mais pas de bibliographie) : prix original inconnu (catégorie F8, de l'ordre de 7.00 Euros à sa sortie) : disponible en ligne, existe aussi en ebook.

Il y a longtemps, il arrivait à Folio de nous proposer dans sa collection de poche "SF" des ouvrages de référence. Ainsi donc après Valéry sur la SF, Ruaud sur le merveilleux (on va dire la Fantasy) et Marcel sur le Fantastique, l'éditeur nous propose Berthelot (écrivain français, membre du groupe Limite) avec son guide de lecture sur les "transfictions". Bien sur, la première question qui se pose est : Que sont donc ces transfictions ? N'ayant pas le bagage théorique et l'immense culture littéraire de l'auteur, je ne peux que proposer une définition partiale et partielle. Les transfictions, ce sont donc des textes (essentiellement des romans) qui sont donc : 1) écrits par certains auteurs comme par exemple Berthelot (on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même et, pour le coup, l'auteur s'est bien servi), Burroughs (pas le pulpster, l'autre) ou Ballard; 2) écrits par des auteurs reconnus et classés en littérature générale mais qui sont en fait des œuvres appartenant sans discussion aux divers genres de l'imaginaire, que cela soit à la fable animalière (La ferme aux animaux, Orwell), la SF ou la proto-SF (Force ennemie, Nau) ou le fantastique (Le démon à la crécelle, Chateaureynaud); 3) écrits par des auteurs de SFF mais qui sont visiblement trop bien pour appartenir à des genres mineurs et qui ont été "validés" par l'académie et sortis du caniveau (ceux de Sturgeon, Bradbury ou Wolfe) et 4) d'autres pures œuvres de genre (souvent de SF mais pas que) dont l’inclusion n'obéit à aucune logique précise : Un monde d'azur (Vance), L'homme éclaté (Gerrold), Carrie (King) ou L'oreille interne (Silverberg).

Le lecteur perspicace aura compris que ce nouvel ensemble me semble fait de bric et broc avec une logique à géométrie variable. Même s'il est issu du sérail, Berthelot, comme d'autres auteurs voulant s'éloigner des "calmars dans l'espace", ne fait guère que répéter un certain nombre de stratégies habituelles des représentants de la littérature dominante face aux genres de l'imaginaire : absorption des "meilleurs textes" (que l'on va même retrouver dans les manuels scolaires, cf. Bradbury), négation de l'appartenance au genre de textes "exogènes" (c'est trop profond/bien écrit/intelligent/cultivé/construit/brillant pour être de la SF), construction de nouvelles catégories bien pratiques pour trier le bon grain de l'ivraie (cela permet de lire Nuage de Jouanne sans avoir trop honte). Rien de nouveau sous le soleil, si ce n'est des informations que je ne possédais pas : Les armureries d'Isher date de 1972 (la date du J'ai Lu ?) ou le fait que le personnage de Replay (Grimwood) revit toujours les mêmes 25 ans. Le seul point qui me rassure est le fait qu'un livre de 2005 soit toujours disponible en neuf indique sans doute que je ne suis pas seul à être sceptique vis à vis de la démarche de Berthelot.

Au final, reste de cet ouvrage une liste de lecture idiosyncratique (comme elles le sont toutes) qui n'avait pas besoin de l'habillage théorique (sic) de Berthelot qui s'étend sur une centaine de pages pour nous proposer de découvrir des textes dont certains (pas tous, donc) sont effectivement des objets hybrides qui participent souvent de plusieurs genres et peuvent intéresser un lecteur curieux de sortir de son univers habituel.

Note GHOR : 0 étoile (Back in the gutter !)
12:40 | 12:40 | Ouvrages thématiques | Ouvrages thématiques | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : français, 0 étoile | Tags : français, 0 étoile

