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04/02/2026

_Religion and Science Fiction_

Religion and Science Fiction : James H. THRALL : 2024 : Routledge (collection "Engaging with Religion") : ISBN-13 978-0-367-46510-0 (la fiche ISFDB du titre) : xiii+164 pages (y compris index et bibliographies) : coûte 45.99 Euros pour un tp imprimé en POD (par Amazon en France !) avec quelques illustrations n&b libres de droit, disponible chez l'éditeur, existe aussi en hc et ebook.

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Sous la plume d'un professeur d'études religieuses américain, cet ouvrage est d'un type assez peu fréquent. De mon analyse, il s'agit en fait d'un cours sur "Religion et SF" présenté sous forme livresque au lieu d'être enseigné en salle. En effet, le livre est organisé en dix chapitres d'une dizaines de page "utiles" chacun. Chaque partie commence par lister des "objectifs", puis est suivie par le cours en lui-même (moins d'une dizaine de pages) organisé en petites sections, on trouve ensuite un résumé (pour ceux qui ont la flemme de tout lire), des sujets de discussions ou de projets, des œuvres conseillées (tous supports), des notes et une bibliographie.

Lord of light (Panther 1977).jpg

Le résultat se laisse lire même si la quantité de matière réelle reste relativement faible (il y a nettement moins d'une centaine de page de texte). Sur un substrat assez classique (Clarke, Zelazny, Card, Longyear, Gaiman), l'auteur insiste sur quelques auterus/textes un peu aux marges du genre (Ishiguro, Atwood). On appréciera l'évocation de SF non anglo-saxonnes (africaines, indiennes ou arabes) qui sont souvent négligées ou carrément ignorées. Par contre, j'avoue ne pas comprendre l'inclusion dans un ouvrage sur "Religion et SF" d'un chapitre entier sur les genres avec les références mille fois rabâchées (Le Guin, Tepper, Gilman, Sargent...) ainsi que d'un autre sur les races (avec bien sûr Delany ou Okorafor). Sans doute une concession aux domaines à la mode dans le monde universitaire. Au final, un ensemble qui alterne parties (très) originales et considérations déjà lues des centaines de fois sur des sujets abordés des milliers de fois (les bouts sur PKD).

American gods (Headline 77th tp).jpg

Note GHOR : 2 étoiles (si vous avez un partiel sur le sujet...)

29/01/2026

_Vulcan's Hammer_

Vulcan's Hammer : V-Force Projects and Weapons Since 1945 : Chris GIBSON : 2011 (réimpression 2013 pour cette édition) : Hikoki Publications : ISBN-13 978-1-90210-917-6 : 192 pages (y compris index, bibliographie et annexes) : coûte 29.95 GBP pour un grand hc avec jaquette largement illustré en couleur et n&b, disponible chez l'éditeur.

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Voici un volume plutôt ancien (première édition en 2011) qui est consacré à un sujet spécifiquement britannique : les projets d'armes destiné à al V-Force, c'est à dire à la force aérienne de dissuasion britannique (l'équivalent de nos FAS). Il est à noter que le livre ne traite pas des avions de cette force (les fameux "bombardiers V") mais des armes portées (ou très souvent seulement projetées) par ces appareils. C'est une histoire typique des pays européens (on y verra des parallèle avec la France), faite de beaucoup de rêves et d'idées brillantes (statoréacteurs, VTOL, lifting bodies) qui se heurte en permanence aux réalités économiques de nations appauvries par la 2GM, sans parler des ingérences américaines (ici l'épisode Skybolt). C'est assez fascinant à lire (même si c'est parfois assez aride) pour qui aime ces systèmes qui resteront pour beaucoup des dessins sur le papier. Et puis on sera toujours amusé par les désignations de ces armes qui sont issues du fameux "Rainbow Code" et qui sont "so british" : Blue Sugar (une radiobalise), Green Bamboo, Orange Herald (des têtes nucléaires) ou Green Sparkler (un SAM).

25/01/2026

_L'imaginaire au pouvoir_

L'imaginaire au pouvoir : Vincent GERBER : 2024 : Le passager clandestin (collection "essais, enquêtes et manifestes") : ISBN-13 978-2-36935-580-9 (inconnu de l'ISFDB, dans la base à Bruno) : 169 pages (y compris bibliographie, pas d'index) : coûte 19.00 Euros pour un petit tp non illustré, disponible chez l'éditeur.

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"La SF peut être une littérature politique", "La SF est plutôt progressiste", "la SF peut permettre de faire réfléchir", "La SF peut projeter d'autres structures politiques", "La SF ne peut pas changer le monde toute seule". Toutes ces affirmations (telles que je les retranscris, c'est à dire plus ou moins correctement) forment les éléments de la thèse développé par l'auteur (un historien suisse). Il y présente l'idée que la SF (et en particulier ses sous-genres utopiques ou dystopiques) ne peuvent avoir une action politique sur le monde réel que par la mise à disposition de possibles alternatifs et que le genre n'agit pas sur le réel en lui-même (ou si peu) mais qu'il peut donner les idées/outils/schémas pour le faire.

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Comme ces quelques affirmations ne peuvent qu'être qu'évidentes pour tout amateur et connaisseur du genre, j'avoue que je n'ai pas trop compris au début quel était le but exact de l'ouvrage ni quels en étaient les lecteurs potentiels. Je dois ajouter que je n'étais pas plus fixé à la fin. En gros, le message m'a semblé être : "La SF c'est bien pour penser un meilleur futur". Après plus de 50 ans de pratique du genre, je n'ai pas vraiment besoin de 160 pages pour m'expliquer cela, ce qui veut dire que je ne suis probablement pas dans la cible visée. Il se peut que ce livre soit plutôt destiné à des penseurs progressistes (j'emploie ce terme de façon générique, l'auteur étant par exemple libertaire) pour qu'ils intègrent la SF dans leur panoplie intellectuelle.

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À ce titre, l'intention est louable mais (avec moi il y a toujours un MAIS) force est de constater que le substrat intellectuel du livre n'est plus de prime jeunesse. En effet, Gerber s'appuie essentiellement (une dizaine de citations pour les trois premiers) sur les travaux de Gérard Klein (son fameux article sur le malaise dans la SF, 1975), Bernard Blanc (Pourquoi j'ai tué Jules Verne, 1978), Jacques Van Herp (Panorama de la science-fiction, 1973), UKLG (Le langage de la nuit, 1979), Michael Moorcock (un article de 1978), une étude sur les lecteurs de 1985 ou le Cordesse (La nouvelle science-fiction américaine, 1984). Non pas que ces sources et ces analyses soient intrinsèquement mauvaises, mais il y a quand même un net progrès de la réflexion sur la genre depuis 50 (cinquante !) ans dont il est dommage de ne pas en profiter. En fait, on dirait qu'une partie du livre a été écrite dans les années 80 et cela surprend à la lecture et pose la question de la pertinence des sources employées au regard de la connaissance du genre.

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En bonus, cet ouvrage n'échappe pas aux bons petits travers habituels de la micro-édition française : pas d'index (pratique pour retrouver quelque chose), une bibliographie (je cite) "par ordre d'apparition" (aussi super pratique, sachant qu'en prime elle est incomplète), la présence envahissante des supposés lumières de l'étude sur le genre à la mode (Rumpala par là, Kyrou par ici), publicité gratuite pour l'éditeur (3 titres de la collection Dyschroniques dans la bibliographie). Finalement, reste une dénonciation sympathique : le capitalisme, les dictatures c'est MAL. Pourtant, cette potentielle ode aux utopies et aux combats révolutionnaires inspirés par le genre aurait pu être intéressante en s'appuyant sur un matériau plus récent.

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Note GHOR : 1 étoile (bloqué dans les années 80)

24/01/2026

_Japanese Aircraft Carriers 1920-1945_

Japanese Aircraft Carriers 1920-1945 : Ermano MARTINO : 2025 : Seaforth : ISBN-13 978-1-0361-3352-8 : 128 pages (y compris bibliographie et annexes) : coûte 29.99 GBP pour un grand hc presque carré avec jaquette illustré en n&b, disponible chez l'éditeur en promo.

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Traduction d'un titre paru en Italie en 2021, cet ouvrage passe en revue tous les porte-avions japonais de 1920 (le Hosho) jusqu'à la fin de la 2GM et leur massacre par les Américains. À noter que l'auteur ne traite pas des porte-hydravions (type Tone) et des "vrai-faux" porte-avions (présentés comme des destroyers porte-hélicoptères) mis actuellement en service par la marine japonaise. C'est clairement un ouvrage synthétique qui va à l’essentiel pour chacun des navires en quelques pages. Accompagné de nombreux tableaux et d'annexes, richement illustré (plans, schéma de camouflage, photo colorisées), c'est un aide-mémoire fort pratique même s'il n'est pas aidé dans ce rôle par sa taille. On appréciera la place accordé aux "petits" porte-avions (Unryu, Unyo...) et aux divers projets jamais terminés (Aso, Ikoma, etc.).

23/01/2026

_Starfarer_

Starfarer : An Authorised Biography of Poul Anderson : John WOMBAT & Ruth MOREIRA : 2025 : Wombat Wargames : ISBN-13 979-8-31944761-6 : 164 pages (pas d'index ni de bibliographie) : coûte une trentaine d'Euros pour un tp (POD par Amazon en France !) illustré en couleurs et n&b, disponible via Amazon (pas trouvé de lien sur le site de l'éditeur).

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Sous une couverture de Kelly Freas, cette seconde édition (la première date de 2024) est donc une biographie "autorisée" de Poul Anderson. Ce terme indique que les auteurs ont visiblement eu accès, via Astrid Bear (la fille de Poul Anderson) aux archives familiales. Bien sûr, on ne présente plus Poul Anderson, en tout cas pour les vieux routiers du genre, un auteur important mais jusqu'aux années 2000 plutôt négligé en France pour des raisons vaguement idéologiques.

Tau Zéro (PP 2016-09).jpg

Pour être franc, le résultat est tout simplement gentillet. On apprend un peu de choses sur la famille de l'auteur, on voit pas mal de photos (de famille mais aussi par exemple tous les trophées reçus en pleine page), on a une vision de la carrière de l'auteur à base de listes de publication ("il a publié ça dans Y puis ça dans Z et encore ça chez W en XXXX") et une certaine emphase (normale pour ce type d'ouvrage). Tout cela ne va pas chercher bien loin dans l'analyse des textes et donne un résultat niveau "fanboy/girl" qui n'apportera pas grand chose à la connaissance des inspirations/motivations/sources de l'auteur, si ce n'est un peu de contexte familial. L'absence d'index, de bibliographie (compensée -sic- par plusieurs pages de publicité pour l'éditeur) rendent le tout simplement anecdotique.

Trois coeurs, trois lions (Le Bélial 2006-06).jpg

Note GHOR : 1 étoile (pour fans de PA seulement)