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02/12/2018

_Fantastic Lives_

Fantastic Lives : Autobiographical Essays by Notable Science Fiction Writers : Marty H. GREENBERG (editor) : 1981 : Southern Illinois University Press (série "Alternatives") : ISBN-10 0-8093-0987-4 (la fiche ISFDB du titre) : xi+215 pages (pas d'index) : coûtait 15.00USD pour un hc non illustré avec jaquette, pas simple à trouver.

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Paru dans la petite collection d'ouvrages de référence des SIUP (Alternatives), cet ouvrage est, comme son sous-titre l'indique clairement, une compilation d'essais autobiographiques par des auteurs "notables". Au sommaire on trouve donc, outre une préface de l'editor, neuf articles d'une vingtaine de pages chacun (sauf celui d'AEVV qui atteint la quarantaine) rédigés par autant d'auteurs de SF. Dans l'ordre se succèdent donc : Harlan Ellison, Philip José Farmer, R. A. Lafferty, Katherine MacLean, Barry N. Malzberg, Mack Reynolds, Margaret St. Clair, Norman Spinrad et A. E. van Vogt. Les textes sont inédits (sauf celui de Malzberg qui réutilise diverses préfaces) et comportent une bibliographie très succincte.

Missing man (Berkley 1975).jpg

D'une façon assez surprenante, l'ensemble est très hétérogène avec finalement peu de textes respectant le "cahier des charges" de l'autobiographie, à savoir décrire la vie de l'auteur. Sont dans ce cas les essais de Farmer (d'une façon assez classique), MacLean (une narration "stream of consciousness" sans doute un peu embellie ou alors c'est à une jeune Einstein ou Mozart que nous avons affaire) et St. Clair (assez neutre). Le reste est un joyeux mélange qui comporte des réflexions sur des textes précis par leurs auteurs : Ellison sur I Have No Mouth and I Must Scream, Spinrad sur The Iron Dream; et des auteurs qui nous font leur numéro habituel : Malzberg et Lafferty exécutant leurs sempiternelles attaques sur la médiocrité de la SF et de leur collègues (le premier annonçant même son -finalement annulé- départ du genre); Reynolds dissertant sur l'économie politique et van Vogt nous listant tous les systèmes qu'il a inventé (pour écrire, pour être en forme ou pour se débarrasser de ses traumatismes).

Looking backwards, from the year 2000 (TEP 1976).jpg

Le résultat est très inégal (certaines jérémiades ou à contrario certaines séances d'autosatisfaction sont évitables et surtout déjà lues) mais l'ensemble reste assez fascinant. Même si la quantité réelle de détails autobiographiques est limitée (et dépend des auteurs), ces essais sont assez révélateurs de la personnalité et des obsessions de ces écrivains. On y retrouve par exemple un Lafferty complètement mégalo, un Malzberg complètement aigri et un van Vogt complètement barré. C'est en en tout cas une précieuse source d'information de première main, y compris sur des auteurs peu étudiés (MacLean ou St. Clair/Seabright par exemple).

The dancers of Noyo (Ace 1973).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

18/08/2018

_Otto Binder_

Otto Binder : The Life  and Work of a Comic Book and Science Fiction Visionary : Bill SCHELLY : 2016 : North Atlantic Books : ISBN-13 978-1-62317-037-0 (la fiche ISFDB du titre) : xviii+329 pages (y compris index) : coûte 19.95 USD pour un tp illustré en n&b, disponible chez l'éditeur ().

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Je me permets d'évoquer ici cet ouvrage même s'il plaira sans doute beaucoup plus aux amateurs de comics qu'à ceux de SF. En effet, il s'agit là de la biographie de Otto Binder, la moitié (principale) du fameux écrivain de l'âge d'or Eando Binder. On se souvient de cet auteur principalement pour sa série "Adam Link" qui préfigure les robots "Asimoviens" (c'est à dire comme personnages positifs). Hélas, et malgré un timide revival dans les années 60 chez Belmont ou Paperback Library, ce nom n'évoque plus grand chose aux lecteurs de SF, à fortiori s'ils sont français (seul trois de ses textes ont été traduits).

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On notera tout d'abord que cet ouvrage est la mise à jour d'un livre de 2003. Ensuite, en ce qui concerne la SF "livresque", elle est clairement le parent pauvre de l'ouvrage, à la fois parce qu'elle ne représente qu'une petite partie de la carrière artistique de Binder (en gros les années 30 et la collaboration avec son frère) et parce que Schelly est plus un spécialiste des comics. Dans la pratique, seule les soixante premières pages sont intéressantes pour un amateur de SF qui y trouvera une évocation réaliste de la carrière d'un écrivain débutant.

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Au final, un livre sympathique qui mérite d'être lu au moins pour sa partie initiale (la suite peut être parcourue mais nécessite sans doute une solide culture es-comics US pour être pleinement appréciée). 

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Note GHOR : 2 étoiles (pour la partie SF)

18/12/2015

_Harry Harrison! Harry Harrison!_

Harry Harrison! Harry Harrison! : Harry HARRISON : 2014 : Tor : ISBN-13 978-0-7653-3308-7 (la fiche ISFDB du titre) : 351 pages (y compris bibliographie) : coûtait 27 USD pour un hc avec jaquette non illustré (sauf un cahier central de 16 pages de photographies N&B) disponible en neuf et qui existe aussi en ebook (978-1-4299-6728-0).

Harry Harrison Harry Harrison.jpg

Publié par Tor (l'éditeur US habituel de Harry Harrison), cet ouvrage est une autobiographie réalisée avec l'aide de sa fille Moira. Harrison (décédé en 2012) est un de ces auteurs de midlist à la longue carrière (commencée en 1941) et qui restera sans doute seulement connu pour une petite partie de son oeuvre, celle consacré à des séries (Deathworld, Stainless Steel Rat aka Ratinox). Peu traduit en VF, il a été honoré du titre de Grand Maître par la SFWA et est étonnamment très célèbre en Russie et dans les pays de l'est.

harrison,1 étoile,anglais

Du fait de la fatigue et de la maladie d'Harrison lors de la rédaction de cet ouvrage, il présente une forme un peu particulière. On trouve tout d'abord une classique chronologie de la carrière de l'auteur, puis l'autobiographie proprement dite sur 220 pages. Elle est complétée par une série d'essais que l'auteur n'a pas eu le temps d'incorporer au texte principal. Ces essais couvrent un certain nombre de sujets propres au genre (ses principales séries, l'uchronie, John W. Campbell, etc.). Une bibliographie des premières parutions des oeuvres (romans, nouvelles, essais, anthologies) de l'auteur et un cahier photographique central complètent un ensemble qui ne comporte hélas pas d'index d'où une certaine difficulté à s'y retrouver.

harrison,1 étoile,anglais

Mon avis sur ce livre est assez proche de celui que j'ai pu écrire pour l'autobiographie de Vance () et ce pour les mêmes raisons. En effet, si j'achète cet ouvrage c'est essentiellement en tant qu'amateur de SF. Du coup, le récit détaillé des voyages d'Harrison et de sa vie domestique, même si elle est aventureuse et se déroule sur plusieurs continents, ne sont pas forcément ce que je recherche. Je suis prêt à mettre une trentaine d'Euros pour un texte qui m'éclaire sur le fonctionnement intime du genre mais pas pour le récit des exploits du fils de l'auteur aux commandes d'un cargo.

harrison,1 étoile,anglais

Ce livre est toutefois moins une mauvaise affaire que le Vance grâce à sa dernière partie qui, même si elle n'est guère copieuse, est clairement centrée sur la SF et sa pratique. Au final un titre plutôt décevant pour un auteur qui aurait sans doute gagné à être plus connu.

harrison,1 étoile,anglais

Note GHOR : 1 étoile

11/11/2013

_War over Lemuria_

War over Lemuria : Richard Shaver, Ray Palmer and the Strangest Chapter of 1940s Science Fiction : Richard TORONTO : 2013 : McFarland : ISBN-13 978-0-7864-7307-6 : viii+256 pages (y compris bibliographie et index) : coûte 45 USD pour un TP agrémenté de quelques photographies en N&B, disponible chez l'éditeur ().

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Par un des ces hasards que seule la synchronicité peut expliquer, cet ouvrage est le deuxième sur le même sujet à paraître dans un laps de temps assez court. Ce sujet est le fameux (du moins pour les anglo-saxons) "Mystère Shaver". Cette publication de récits de fiction présentés comme vrais défraya la chronique des magazines SF dans les années 40 (mais portera les ventes d'Amazing à des niveaux record) magazine et ses échos poursuivront les principaux protagonistes (Raymond A(lfred) Palmer et Richard S(harpe) Shaver) jusqu'à leur décès dans les années 70 (1975 pour Shaver, 1977 pour Palmer). Au mois de juin 2013, Fred Nadis faisait donc paraître son The Man from Mars sur le sujet mais avait été précédé au mois de mai par Richard Toronto (un journaliste spécialiste du sujet) avec l'ouvrage évoqué ici.

anglais,Palmer,Shaver,2 étoiles

L'ouvrage se présente donc comme une sorte de biographie "croisée" qui accorde une place équivalente aux deux protagonistes. Il est divisé en quatre parties d'une cinquantaine de pages chacune. Les deux premières sont consacrées à la vie séparée des personnages jusqu'en 1945, date de leur rencontre. La troisième partie est consacrée au développement du "Mystère Shaver", de son apparition en 1945 à sa quasi-disparition en 1948 (sur ordre de l'éditeur Ziff-Davis). La dernière section voit les deux hommes prendre des chemins différents (toujours l'édition pour Palmer, d'autres théories pour Shaver) en gardant toutefois le contact (et en se brouillant aussi). Le livre se conclut par une bibliographie et un index et comporte une trentaine de photographies N&B, souvent personnelles.

anglais,palmer,shaver,2 étoiles

Malgré leurs sujets similaires, les livres de Nadis et de Toronto ne se recoupent finalement qu'assez peu. Le premier s'intéresse plus à la vie de Palmer (et est donc plus en prise sur le milieu SF) alors que le second est nettement plus fasciné par la personnalité visiblement complexe de Shaver (qui semble même parfois être aux limites de la folie comme semble l'indiquer son long séjour en HP) et par le déploiement du Mystère qui porte son nom (alors que Nadis traite plus les UFOs chers à Palmer). On apprend donc pas mal de choses différentes en lisant ces deux biographies ensemble (ou à la suite) ce qui permet d'ailleurs de découvrir certains mêmes épisodes sous des jours antagonistes.

anglais,palmer,shaver,2 étoiles

Il y a tout de même quelques scories dans cet ouvrage (comme l'évocation de B-29 bombardant l'Allemagne ou des détails qui clochent sur certains auteurs de SF) qui peuvent inciter à une relative prudence quant aux éléments fournis par l'auteur mais la lecture de l'ensemble est en tout très facile et presque ludique. Outre des détails croustillants sur la naissance des magazines pour hommes (par exemple Playboy et Rogue qui ont été crées par des amis de Palmer) aux USA ou les manigances du FBI de Hoover, on ne pourra qu'admirer la retenue de Toronto qui nous décrit quand même des personnages principaux qui semblent particulièrement "barrés" (surtout Shaver) sans émettre de jugement. C'est paradoxalement ce manque d'un avis  personnel du biographe face à des tels délires (comme ces d'images d'Amazones et autres races anciennes que Shaver discernait dans les rochers de sa propriété) que l'on peut parfois regretter tellement Toronto cultive une stricte neutralité.

anglais,palmer,shaver,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

31/10/2013

_Past Masters and other Bookish Natterings_

Past Masters and other Bookish Natterings : Bud WEBSTER : 2013 : The Merry Blacksmith Press : ISBN-13 978-0-61548-282-0 : xvi+385 pages (y compris index) : coûte 19.95 USD pour un tp illustré en N&B qui se commande probablement chez l'éditeur (là : http://www.merryblacksmith.com/).

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L'une des forces du genre réside dans sa capacité de mémoire, une capacité qui se traduit soit par la mise à disposition de textes indisponibles par certains éditeurs (NESFA, NAB aux USA, Bragelonne en France) soit par le souvenir de la contribution des acteurs du genre, quelle que soit leur renommée. C'est dans cette tradition que s'inscrit l'ouvrage de Bud Webster, un écrivain et fin connaisseur du genre à qui l'on doit aussi (chez le même éditeur) une étude sur les anthologies (Anthopology 101, voir là : http://ghor.hautetfort.com/archive/2011/12/28/anthopology...). Il s'agit essentiellement d'un recueil de portraits d'auteurs qu'André-François Ruaud (qui a longtemps eu une démarche similaire) a appelé les "petits maîtres de la SF".

A planet for texans (Ace Double D-299).jpg

Après une préface de l'auteur et une introduction de Mike Resnick, l'ouvrage se divise globalement en trois parties. La première (et la plus volumineuse avec près de 300 pages) est un recueil d'essais initialement parus dans divers supports internet (Helix SF, Baen's Online). Ces textes (d'une dizaine de pages chacun, en comptant la bibliographie) sont principalement consacrés à ces fameux petits maîtres du genre. Cela va de quasi-inconnus de nos jours comme Nelson S. Bond ou Edgar Pangborn à des gens qui sont restés assez célèbres (en tout cas en France) comme Clifford D. Simak ou C. M. Kornbluth. La deuxième partie regroupe une dizaine de courtes (deux pages en comptant large) critiques d'ouvrages de série "Z" initialement parues dans F&SF dans les années 2000. La dernière partie compte trois récents entretiens croisés entre Webster et Jerry Pournelle au sujet de l'édition numérique. L'ouvrage se termine par un historique de la revue SFWA Bulletin et un index.

Planet big zero (Monarch 1964).jpg

Même si le projet du livre n'est pas d'une originalité folle vu que le travail de mémoire du genre est une constante de celui-ci, il forme un ensemble toujours agréable à lire avec un effet "Madeleine de Proust" incontestable qui nous remémore (pour certains) nos premiers contacts avec la Science-Fiction. De plus la plume de Webster a un indéniable côté sympathique et fait plus penser à une causerie qu'à un exposé théorique. Un autre point fort de l'ouvrage est la grande connaissance de la SF et de ses acteurs (parfois de première main) dont fait preuve l'auteur qui nous régale de moult informations peu connues ou inédites.

anglais,2 étoiles

Du côté négatif on pourra parfois reprocher à Bud Webster un humour un peu répétitif qui, s'il peut se concevoir et être efficace dans des chroniques destinées à être lues à intervalles régulièrement espacés, passe un peu moins bien dans le cadre plus ramassé d'un tel recueil d'essais. On pourra aussi regretter la place prise par les éléments bibliographiques. En effet, on se trouve face à l'habituel  problème du dosage. Ne s'agissant que de bibliographies partielles mais conséquentes (plusieurs pages à chaque fois), elles n'offrent donc pas l'exhaustivité de bases comme l'ISFDB mais occupent une bonne partie de l'espace sans plus-value évidente (par exemple celle de Lafferty fait douze pages mais ne peut se substituer à celle parue chez Drumm). Malgré ces remarques, c'est un livre-hommage qui est d'un intérêt certain pour qui s'intéresse à l'histoire moins connue du genre.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles