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08/04/2011

_The ides of Octember_

The ides of Octember : A pictorial bibliography of Roger Zelazny : Christopher S. KOVACS : 2010 : NESFA Press : ISBN-13 978-1-886778-92-4 : 399 pages (y compris index) : coûte 36 USD pour un TP illustré, disponible chez l'éditeur (www.nesfa.org).

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Dans le cadre de leur remarquable intégrale des nouvelles de Zelazny, (un superbe ensemble de six volumes de presque 600 pages chacun, riches en textes rares et en paratexte passionnant), les éditions NESFA ont aussi sorti cette bibliographie illustrée de Roger Zelazny. Cet auteur, autrefois un des phares de la New Wave américaine, est, comme tant d'autres, en train de glisser dans un relatif oubli malgré la réputation (particulièrement en France) de sa série Ambre.

Power & light (NESFA 2009).jpg

Cet ouvrage est donc une classique bibliographie de l'auteur qui, à la différence de ses prédécesseurs (Levack, Stephensen-Payne), se concentre uniquement sur les parutions en langue anglaise. On y retrouve l'organisation habituelle avec un nombre important de parties plus ou moins volumineuses qui couvrent d'une façon classique les textes de Zelazny (livres, nouvelles, non-fiction, poésie, recueils; le tout formant les deux tiers de l'ensemble) et ceux sur Zelazny (interviews, études, bibliographies, critiques. Chaque section est organisée par ordre alphabétique et présente les données bibliographiques habituelles suivant le type de texte (date, éditeur, ISBN, pagination, illustrateur, prix, etc.). A noter que seules les rééditions/réimpressions avec changement de couverture sont indiquées. Le tout est illustré de reproductions de couvertures format vignette (à peine plus grandes qu'un timbre poste) en N&B et est accompagné de plusieurs index.

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Cet ouvrage sera un régal pour le bibliographe amateur de Zelazny. A la fois récent et bénéficiant des longues recherches de Kovacs (on appréciera par exemple son travail sur les "Phantom Titles", les scories bibliographiques qui finissent toujours par apparaître), il est une acquisition indispensable même si son prix est comparativement assez élevé. La partie consacrée aux nouvelles est particulièrement riche et exhaustive.

anglais,zelazny,3 étoiles

Bien évidemment, on pourra toujours trouver quelques points à critiquer comme la petitesse des illustrations ou des points de détails (l'oubli d'une version de Coils datant de 1988 à la couverture différente de l'EO qui aurait donc dû être listée). Toutefois la vraie question que pose cet ouvrage malgré ses qualités indéniables est celle de sa véritable plus-value par rapport à des sources d'information en ligne. Pour être franc, il n'y a pas grand chose de plus dans ce livre sur le plan strictement bibliographique que ce que l'on peut tirer (avec les précautions d'usage) d'un site comme l'ISFDB, y compris les couvertures. Du coup la supériorité de cet ouvrage réside uniquement dans  certains points (poésie, adaptations dans d'autres médias, ou articles sur Zelazny) que l'on pourrait aisément voir comme annexes par rapport au coeur du projet, d'où la question de son utilité.

anglais,zelazny,3 étoiles

Note GHOR : 3 étoiles

03/11/2010

_Outermost : The art + life of Jack Gaughan_

Outermost : The art + life of Jack Gaughan : Luis ORTIZ : 2010 : Nonstop Press : ISBN-13 978-1-933065-16-8 : 176 pages (y compris index) : coûte 40 USD pour un HC illustré (format carré) disponible en neuf chez l'éditeur (http://nonstop-press.com/?page_id=12&category=1&p...).

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Un peu aux marges des titres couvert par ce blog, cet ouvrage fait plutôt partie de la catégorie des "pictorial", c'est à dire les livres essentiellement consacrés aux illustrations ou aux illustrateurs. Il s'agit ici d'une sorte de biographie illustrée de Jack Gaughan. Celui-ci est un des dessinateurs phares de la SF US dans les décennies 60 et 70 dont le travail pour DAW ou Ace est resté dans les mémoires des amateurs, y compris des francophones puisqu'un nombre non négligeable des ses oeuvres se sont retrouvées sur des titres publiés en France.

Entry to elsewhen (DAW 1972).jpg

Après une introduction de l'épouse de Gaughan, cet ouvrage se divise en une quinzaine de chapitres qui suivent classiquement (et chronologiquement) la carrière de l'auteur, de sa naissance en 1930 dans l'Ohio à son décès précoce en 1984. On y rencontre ses mentors (Hannes Bok), ses collègues (Finlay, Schoenherr) ou ses clients (Wollheim, Carr). Un index clôture cet ouvrage qui se caractérise par une iconographie abondante (plus de 500 images) tant en couleur qu'en N&B et qui mêle brouillons, croquis préparatoires, croquis et oeuvres publiées (les couvertures elles-mêmes).

Sentinelle de l'espace (Le Masque 1974).jpg

Physiquement, l'ouvrage est d'une grande qualité (papier, reliure, niveau de reproduction) et le résultat est visuellement superbe. C'est un régal que de se plonger dans l'imaginaire de cet artiste tout en étant bien guidé par les nombreux dessins intermédiaires qui permettent d'appréhender la façon de travailler de Gaughan. L'utilisation intensive des cahiers de brouillons de l'illustrateur est ici un plus indiscutable qui permet au livre de ne pas être qu'un simple catalogue de reproductions de couvertures.

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Par opposition à la partie graphique, je serais plus réservé sur la partie textuelle qui m'a semblé un peu en dessous de l'iconographie. Le récit est relativement sans relief et, pour l'amateur de SF, se concentre un peu trop sur les premières années de la vie de l'artiste. Ceci induit d'ailleurs un décalage assez désagréable entre les illustrations (qui datent pour la plupart de la période tardive de Gaughan) et le texte lui-même. Il arrive même qu'une oeuvre soit évoquée dans le texte à une certaine page mais qu'elle ne soit reproduite que vingt pages plus loin. C'est malgré tout un ouvrage fort attachant qui rend parfaitement hommage à un des ces artistes qui ont influencé l'identité visuelle du genre.

Off center (Ace Double M-113 1965).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

03/09/2010

_Reflections of A. E. Van Vogt_

Reflections of A. E. Van Vogt : A. E. VAN VOGT : 1975 : Fictioneer Books : pas d'ISBN : 136 pages (y compris bibliographie mais pas d'index) : coûtait 3.50 USD pour un TP avec quelques photos N&B, difficilement trouvable.

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Edité par Fictioneer Books, la firme spécialisé créée par David Anthony Craft qui produira quelques ouvrages consacrés au genre avant de se concentrer sur les comics, ce titre est une autobiographie de Van Vogt. Cet auteur, comme certains autres (on pensera à RAH) a la particularité maintes fois vérifiée de déchaîner les passions. Génie pour les uns, "gâcheur cosmique" pour les autres, il ne laisse jamais indifférent et son empreinte sur le genre est indéniable.

Future glitter (Ace 1973).jpg

Ce livre débute par deux préfaces, une due à Forrest J. Ackerman et l'autre à la plume de l'auteur lui-même. D'une façon prévisible avec Van Vogt, on ne retrouve pas vraiment l'habituel schéma chronologique des autobiographies. Celle-ci est divisée en divisé en trois grandes parties (très inégales) et une vingtaine de courts chapitres qui forment une certaine suite temporelle mais sont plutôt d'orientation thématique (la dianétique, les écrits de son épouse, certains textes précis comme The violent man). Une bibliographie à l'organisation assez "spéciale" clôture l'ouvrage qui est en plus agrémenté de trois photos en N&B.

Des lendemains qui scintillent (JL 2T1975).jpg

A la lecture, cet ouvrage donne une étrange impression de "déjà vu" qui s'explique en fait assez aisément. Comme il s'agit presque des seuls écrits autobiographiques d'un auteur sur lequel on a beaucoup écrit, la plupart des commentateurs se sont abondamment servi dans ce petit opus pour y trouver de la matière première. De celui de Altairac à celui de Drake, on retrouve partout dans les ouvrages sur Van Vogt des bribes de cette autobiographie, ce qui n'est pas sans lui ôter sa fraîcheur.

Des lendemains qui scintillent (JL 02-1985).jpg

Cet ensemble, même si l'on peut regretter sa brièveté, est donc un indispensable pour qui souhaite connaître cet auteur et surtout découvrir de première main ses positions sur certains points comme, bien évidemment, ses rapports avec Hubbard. On remarquera aussi que AEVV est nettement plus disert sur sa jeunesse ou ses débuts que sur ses oeuvres tardives. Le seul point noir du livre est la bibliographie au classement remarquablement embrouillé (nouvelles d'AEVV dans Astounding, puis nouvelles de Fantasy, puis SF de E. M. Hull puis Fantasy de la même, etc.) qui n'apportera pas grand chose à l'amateur actuel même si l'information relative à la constitution des nombreux fix-ups devait, à l'époque, être assez inédite. Au final un texte important pour un auteur qui l'est tout autant.

Des lendemains qui scintillent (JL 03-1990).jpg

Note GHOR : 3 étoiles

25/06/2010

_Over my shoulder : Reflections on a science fiction era_

Over my shoulder : Reflections on a science fiction era : Lloyd Arthur ESHBACH : 1983 : Oswald Train : pas d'ISBN : 416 pages (y compris index) : coûtait 17 USD pour un HC avec jaquette illustré de photographies en N&B.

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Cet ouvrage est une sorte d'hybride assez peu fréquent. En effet, il s'agit du mélange d'une autobiographie, d'un livre d'anecdotes et d'une bibliographie de certaines small press. Eshbach était (il est décédé en 2003) probablement un des seuls acteurs du genre a pouvoir l'écrire. Fan de la première heure (il fait partie du "First Fandom"), écrivain de SF, editor du premier ouvrage sur l'écriture du genre (Of worlds beyond), on se souviendra surtout de lui comme le fondateur de Fantasy Press (et plus tard de Polaris Press), une des premières maisons d'édition amateur à fournir sous forme durable les textes attendus par les fans.

The book of Ptath (Fantasy Press 1947).jpg

Après une introduction de Budrys, le livre aligne une quinzaine de chapitres de longueur variable. Entremêlé avec le récit de sa vie, l'auteur évoque successivement les principaux éditeurs amateurs de l'immédiate après-guerre. On y croise des maisons aussi légendaires que (bien sûr) Fantasy Press, mais aussi Arkham House, Gnome ou Shasta. On y rencontre aussi de nombreux professionnels comme Bradbury ou E. E. Smith. Le volumineux dernier chapitre (50 pages) est une bibliographie sommaire (année de parution et nombre d'exemplaires) des livres produits par les small press couvertes par Eshbach. Un index clôture le livre. A noter la présence d'un cahier central de 16 pages de photos en N&B. 

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C'est un ouvrage sans prétention qui semble bien restituer l'ambiance qui régnait dans ce milieu de gens à la fois passionnés (et il en fallait pour publier en HC des textes de science fiction) mais aussi parfois tellement attirés par l'appât du gain qu'ils en perdaient toute mesure. Il s'agit donc, outre l'aspect anecdotique de certaines scènes, d'un document historique (comme les livres de Warner) sur le fandom à ses débuts et sur la (première) transformation des conditions de publication du genre (des pulps aux HC).

A wealth of fable.jpg

Bien sûr, on ne trouvera pas dans cet ouvrage une approche historiographique rigoureuse (certaines des affirmations de Eshbach contenues dans ce livre ont d'ailleurs été contestées par la suite) puisqu'il est résolument personnel. De la même façon, il ne s'agit là pas d'un outil bibliographique sur un domaine (les small press des années 40-50) assez obscur et aux enjeux financiers importants (en tout cas pour les collectionneurs). C'est finalement un peu dommage que ce livre, physiquement très bien fait, reste dans le superficiel.

The legion of time (FP 1952).jpg

Note GHOR : 1 étoile

16/06/2010

_Olaf Stapledon : Speaking for the future_

Olaf Stapledon : Speaking for the future : Robert CROSSLEY : 1994 : Liverpool University Press (série "Science Fiction texts and studies" #1) : ISBN-10 0-85323-388-8 : xviii+474 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait 32.50 GBP pour un volumineux HC avec jaquette, illustré en N&B.

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Sous la plume d'un professeur de littérature américain (qui est aussi un spécialiste de Wells) ce gros livre est une biographie de l'auteur britannique Olaf Stapledon. Il n'est pas surprenant qu'un éditeur universitaire anglais prenne cet auteur comme sujet de son premier ouvrage d'une collection après tout consacrée à la SF. Stapledon est en effet un des ces écrivains de SF qui, comme Wells ou Lewis, n'ont jamais été "tâchés" par une association trop étroite avec les pulps ce qui lui assure une certaine respectabilité et le place dans le camp des auteurs fréquentables malgré une production SF indiscutable et non négligeable.

Sirius (Denoel 1976).jpg

Après une préface d'Aldiss, le premier des dix-neuf chapitres de cette biographie est une rapide ébauche de l'importance de Stapledon. Il est étonnamment suivi par le récit des tracas rencontrés par l'auteur lors de sa venue de l'auteur à New-York pour une conférence sur la paix en 1949, l'année précédent son décès. C'est seulement ensuite que la chronologie reprend son cours normal avec à peu près un chapitre par période de cinq ans (ou parois moins). S'appuyant à la fois sur le journal de l'écrivain et une volumineuse correspondance, Crossley nous raconte la vie de l'un de ces penseurs britanniques fascinés (ou tracassés) par le futur. L'ensemble est illustré d'une trentaine de documents, essentiellement des photographies reproduites en N&B. Après une cinquantaine de pages de notes, on trouve une bibliographie primaire et secondaire (partielle) et enfin un index.

Rien qu'un surhomme (RF 1952).jpg

Il s'agit d'une véritable biographie et non d'un ouvrage de circonstance. Un livre longuement documenté et qui est visiblement fruit d'un très dur labeur, la taille des notes l'attestant aisément. Malgré tout ce soin, cette minutie, j'avoue m'avoir être plutôt ennuyé à la lecture de la vie de ce personnage dont le portrait qui en est fait n'est parfois pas très flatteur sur le plan moral.

Créateur d'étoiles (Rencontre 1970).jpg

Malgré le fait que ses écrits de SF de l'auteur soient au coeur de l'ouvrage, on ne peut pas dire qu'il en soit rendu plus intéressant pour autant. Ce n'est certes pas de la faute de Crossley mais c'est plutôt dû au fait que Stapledon n'était pas vraiment immergé dans le milieu naissant autour du genre et, en tant que représentant de la haute culture, n'avait guère de contacts avec celui-ci (sauf sur le tard avec Clarke et la BIS). En bref, malgré ses qualités, ce livre n'est pas vraiment pertinent dans une optique historique du fait que les trajectoires littéraires de la SF comme genre et de Stapledon ne se sont jamais rencontrées et que l'oeuvre de l'auteur est pratiquement presque indépendante du reste du genre (hormis évidemment pour Wells l'admiré précurseur).

Les derniers et les premiers (Denoel 1978).jpg

Note GHOR : 1 étoile