12/01/2010
_Grumbles from the grave_
Grumbles from the grave : Robert A. HEINLEIN (édité par Virginia HEINLEIN) : 1990 : Del Rey : ISBN-10 0-345-36941-6 : xxi+325 pages (y compris index) : coûtait 6 USD pour un PB illustré de photos en N&B, existe aussi en HC (-36246-2).

Ce livre, dont il semble que Heinlein avait plus ou moins prévu la parution de son vivant (voir page 115), a été publié en 1990 juste dans la foulée du décès de l'auteur alors que la popularité de ce dernier était encore perceptible (et surtout monnayable comme le montre la mention "National bestseller" de la couverture). Edité par son épouse, il s'agit d'un ouvrage hybride, une sorte d'autobiographie qui a la particularité de n'être composée que d'extraits de lettres, à la fois celles écrites par RAH mais aussi celles qu'il recevait.

Après une courte introduction biographique d'une vingtaine de pages, l'ouvrage se divise en quinze chapitres de longueur très inégale (de moins d'une dizaine à une cinquantaine de pages) qui sont consacrés à un thème précis (les débuts d'écrivain, les juveniles, Starship troopers, les voyages...). Comme indiqué, chacun d'entre eux est constitué d'extraits de courriers échangés entre Heinlein et divers correspondants (même si ses échanges avec Lurton Blassingame, son agent, forment l'essentiel des documents). Ces extraits sont datés et classés dans l'ordre chronologique avec parfois des subdivisions au sein de certains chapitres (par livre ou par sujet). Dans certains cas, Viriginia Heinlein fournit des informations supplémentaires permettant de comprendre le contexte sous forme de notes. Outre un index et une bibliographie schématique, plusieurs appendices sont fournis : le texte caviardé dans Red Planet par Scribner's, le prologue à Podkayne of Mars enlevé par Putnam et un compte-rendu de la Heinlein Retrospective par son épouse. A noter que le livre est illustré de nombreuses photos en N&B (voyages, réceptions, vie domestique, reprocdutions de couvertures) auquel le format poche ne rend guère justice.

En lui-même, cet ouvrage n'est pas inintéressant (excepté l'habituel travelogue auquel semblent souvent succomber les auteurs US) pour qui souhaite approfondir sa connaissance de l'homme qu'était Heinlein, malgré le fait que la structure même du livre apporte un effet stroboscopique assez désagréable puisque certains sujets sont expédiés en deux pages et quelques extraits de lettres. On peut aussi pardonner un certain mercantilisme qui conduit, à la mort d'un auteur important, à une profusion de titres dont l'opportunisme d'exploiter des cendres encore chaudes paraît être la motivation principale. On pourra aussi excuser la qualité très moyenne de l'iconographie, le papier utilisé pour un poche n'étant visiblement pas l'idéal en matière de finesse de reproduction.

Mon principal regret vient d'une chose habituelle avec tout ce qui concerne Heinlein après sa mort, à savoir l'impression d'une censure très forte exercée par sa veuve sur tout ce qui concernait son défunt mari. On sent bien qu'il nous manque des éléments ou que les choses sont parfois présentées sous un jour plutôt favorable à l'auteur. Par exemple, la brouille de Heinlein avec Campbell, qui a pourtant constitué une étape importante dans la carrière de RAH et qui, connaissant les deux hommes (voir aussi le recueil des lettres de Campbell rassemblées par Chapdelaine), a dû donner lieu à de belles passes d'armes épistolaires, est presque complètement absente du livre. Idem pour la rupture avec Scribner's ou la réception plutôt tiède (un doux euphémisme) des romans tardifs qui a sûrement dû faire bondir l'auteur sur sa machine à écrire. On sent bien déjà cette légendaire volonté de fer de contrôler (de lisser ?) complètement l'image de Heinlein.

Au final, un livre trop partial et partiel pour constituer une base de départ utilisable pour comprendre pleinement la vie et l'oeuvre de cet auteur majeur du genre. ne reste que l'exploitation commerciale d'un nom.

Note GHOR : 1 étoile
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16/10/2009
_Dreamer of Dune : The biography of Frank Herbert_
Dreamer of Dune : The biography of Frank Herbert : Brian HERBERT : 2004 : Tor : ISBN-10 0-765-30647-6 : 576 pages (y compris annexes et index) : 17 USD pour un épais TP avec cahier central de photographies N&B, à noter que cet ouvrage est un reprise en TP du HC publié l'année précédente (Avril 2003) chez le même éditeur.

Cet ouvrage est, comme son sous-titre l'indique, une biographie de Frank Herbert. On ne présente plus ce dernier, essentiellement connu comme l'auteur de nombreux best-sellers situés dans l'univers de Dune, une franchise qui, sous la plume de Brian Herbert et Kevin J. Anderson, continue à livrer un nouvel opus chaque année. Cette biographie est d'ailleurs l'oeuvre du premier cité, l'un des fils de Frank Herbert.

En partie basée sur le journal de Brian Herbert, cette biographie suit l'ordre chronologique habituel (de 1864 à 1986). Constituée d'une grosse quarantaine de chapitres, elle se trouve divisée en trois parties principales correspondant peu ou prou à un lieu d'habitation de la famille Herbert (La Californie, la région de Seattle et enfin Hawaï). La narration se partage en parts plutôt inégales entre Herbert l'écrivain (la partie la plus petite) et Herbert le père de famille (la plus importante). Pour illustrer l'ensemble un cahier photographique de seize pages est inséré au milieu du livre et propose des photos en N&B de la famille Herbert, photos d'une qualité assez moyenne à cause du papier sur lequel elles sont imprimées. L'ouvrage se termine par plusieurs annexes : une bibliographie complète de Herbert père (fiction & non-fiction) plutôt mélangée et assez limitée en information, des bibliographies pour les enfants Herbert, une bibliographie secondaire et un index.

Globalement cette biographie est plutôt intéressante pour découvrir les facettes inconnues de l'auteur en particulier dans sa sphère familiale où tout n'était semble t-il pas rose. Cette proximité du biographe avec son sujet colore d'une façon plutôt importante le livre qui pourrait parfois s'intituler Moi et mon père. En effet, outre cette relation complexe qui est largement développée, certains passages du livre laissent plutôt l'impression qu'il est plus l'autobiographie de Brian que la biographie de Frank.

Il n'en reste pas moins que, une fois débarassé de l'encombrant fils qui règle quelques comptes avec son père grâce à ce livre (et malgré des passages un peu lourds à la gloire de ce dernier), il reste suffisamment d'information dans ce volumineux ouvrage pour satisfaire les lecteurs intéressés par le métier d'écrivain et ses difficultés ou par la carrière et les sources d'inspiration d'un auteur célèbre. Au final un livre offrant un bon éclairage sur l'auteur malgré certaines longueurs (au début par exemple).

Note GHOR : 2 étoiles
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08/10/2009
_Divine invasions : A life of Philip K. Dick_
Divine invasions : A life of Philip K. Dick : Lawrence SUTIN : 1991 : Citadel Twilight : ISBN-10 0-8065-1228-8 : 352 pages (y compris annexes et index) : coûtait 20 USD pour un TP (avec cahier central de photographies N&B), se trouve aisément en VO ou VF au vu du grand nombre d'éditions existantes.

Comme son sous-titre l'indique, cet ouvrage est une biographie de Philip K. Dick. Cet auteur est l'un de ceux qui fascinent le plus les amateurs du genre, en particulier en France comme l'atteste l'importante (pour notre pays s'entend) littérature qui lui est consacrée (y compris une autre biographie "romancée" par Carrère). Il est d'ailleurs symptomatique de voir que ce titre est l'une des rares biographies d'un auteur de SF à avoir été traduite et qu'il en existe même deux éditions (Denoël "Présences" & Folio-SF). A noter que cet ouvrage est une reprise en format plus accessible de l'EO éditée par Harmony Books fin 1989.

Ecrite par Lawrence Sutin, un professeur d'université américain, cette biographie suit logiquement le format standard de l'ordre chronologique. Elle est découpée en douze chapitres qui, suivant leur importance dans la vie de l'auteur, couvrent une durée variable. Par exemple un chapitre entier est consacré à l'année suivant les fameuses visions de PKD (1974-1975). Plusieurs annexes complètent cette biographie : une sorte (puisque n'apportant que le strict minimum en matière de données) de bibliographie commentée et notée (sur 10) qui discute les livres (recueils ou romans), un liste de sources et un index thématique. Un petit (8 pages) cahier central de photos est inséré au milieu du livre mais se révèle d'un rendu d'une piètre qualité (style photocopie) probablement à cause du papier utilisé.

Il est difficile de reprocher quoi que soit au travail immense de Suvin. Son récit de la vie de l'auteur s'appuie largement appuyé sur la masse des écrits "périphériques" laissés par Dick (certains étant d'ailleurs inédits) et par de nombreuses rencontres avec ses amis, les membres de sa famille ou certains de ses confrères et/ou admirateurs (on croisera fréquemment Jeter ou Bishop). L'ouvrage est très dense, y compris au niveau de la police de caractère (un peu petite) et demande une lecture attentive.

Même je déplore que les éléments bibliographiques soient un peu traités par dessus la jambe, mon principal problème avec ce livre très fouillé est son personnage principal. Pour faire simple, il ressort de tout ceci qui Dick était parfois (souvent ?) "borderline". Du coup, le spectacle de la lente descente aux enfers d'un esprit presque dérangé ne m'a pas particulièrement passionné, d'autant plus que je ne suis pas un grand admirateur de ses oeuvres les plus récentes. Lire des pages sur ses expériences (soit-disant) mystiques et sur la signification de l'univers telle qu'elle lui a été révélée par un rayon rose n'a pu que me conforter dans cette posture.

Un très bon livre sur un auteur central du genre mais à réserver à ceux qui sont intéressés par le fonctionnement d'un esprit "différent" et auto-destructeur.
Note GHOR : 2 étoiles
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08/09/2009
_This is me, Jack Vance ! (Or, more properly, this is "I")_
This is me, Jack Vance ! (Or, more properly, this is "I") : Jack VANCE : Subterranean Press : 2009 : ISBN-13 978-1-59606-245-0 : 208 pages (y compris cahier de photographies N&B) : 40 USD pour un HC avec jaquette.

Jack Vance (né en 1916) est probablement l'un des derniers grands auteurs de l'age d'or encore en vie. Il nous livre ici son autobiographie telle qu'il l'a dictée puisque sa vue défaillante ne lui permet plus d'écrire lui-même. Elle est publiée par Subterranean Press, un petit éditeur américain spécialisé dans les ouvrages luxueux à destination des collectionneurs et qui a à son catalogue une certain nombre de titres de Vance ou autour de lui.

Comme il s'agit d'une autobiographie, Vance ne déroge pas au format chronologique habituel. Il nous raconte donc sa vie en 13 chapitres d'une longueur assez variable et qui se concentrent plutôt sur ses jeunes années (on atteint à peine 1974 au trois quart du livre). En fait, le terme d'autobiographie est assez trompeur puisque la majeure partie du livre est plutôt ce que les anglo-saxons appellent un travelogue (un journal de voyages en VF), un type de texte que l'on rencontre parfois sous la plume d'autres auteurs de SF (Heinlein en est le meilleur exemple). Dans la pratique, le Jack Vance "auteur" est totalement absent du livre à l'exception d'une partie intitulée "Final word" qui nous donne, visiblement à contrecoeur, quatre pages sur l'écriture. Le livre se termine par un cahier photographique (en N&B) d'une dizaine de pages. Il n'y a pas d'index.

Etant un grand amateur de Vance, je dois bien avouer que cet ouvrage m'a particulièrement énervé. J'ai tout d'abord été profondément déçu par le texte lui-même. Au début (la jeunesse de l'auteur et les années de marin), on se dit que c'est assez normal qu'il ne se passe pas grand chose d'intéressant et que l'extrême platitude de la narration n'est que le prélude à des parties autrement savoureuses comme Vance sait si bien les faire. Et bien non. Est-ce un symptôme de facultés intellectuelles sur le déclin ? En tout cas, le livre n'offre aucun plaisir en tant que texte. C'est plat, mal écrit et surtout absolument sans intérêt. L'auteur égrène un liste de destinations dont la lecture est aussi passionnante que celle d'un billet d'avion : "Next day we retrurned downriver and flew back to Singapore, then to Hong Kong and finally back to Oakland.". Il nous raconte des trucs aussi importants que le fait qu'il ait donné sa voiture à un garagiste en Allemagne (et c'est tout). Le tout est parsemé d'anecdotes sans aucun intérêt (deux légionnaires français qui sont bousculés lors d'une soirée à Tahiti) ou dont le traitement déçoit de la part de Vance qui nous explique qu'il a dîné dans le meilleur restaurant français (La Pyramide) et que c'était génial mais qui ne nous indique même pas ce qu'il a mangé (on apprend juste que son fils est resté dans la voiture à lire), chose surprenante venant d'un auteur si à l'aise avec la description des plaisir de la table. Il n'y a aussi aucun romantisme. Pour un ouvrage dédicacé à sa femme Norma (décédée en 2008), celle-ci est étrangement absente et traverse le livre comme une silhouette traitée sans émotion ni affection.

Pour ajouter à cette déception vis à vis du texte lui-même, je suis aussi en colère contre l'éditeur. Si, en tant qu'amateur de SF ou de Fantasy, je crache 40 USD pour un livre de 200 pages bien aérées (presque deux fois le prix d'un HC de ce type), c'est parce qu'il s'agit de l'autobiographie de JACK VANCE et que je m'attends à lire des choses sur le Jack Vance qui m'a fait rêver, à savoir l'auteur, mais pas une liste non commentée de noms de lieux et de moyens de transport. Pour être franc, on est presque dans l'abus de confiance et on retrouve bien le positionnement de l'éditeur dont la spécialité est justement les ouvrages hors de prix pour une population de pigeonsclients dans mon genre prêts à mettre la main au portefeuille pour un texte supplémentaire ou un bonus inédit. Je veux bien passer sur le Reynolds à 35USD pour 85 pages mais là je trouve que les limites de l'honnêteté sont atteintes : produit très cher, trompeur (un travelogue pour une autobiographie) et de mauvaise qualité. Cela fleure bon l'exploitation à outrance d'un filon.

Globalement, ce livre ne vous apprendra rien sur Vance l'écrivain (si, qu'il utilise un stylo à plume avec de l'encre bleue ou noire), ne vous donnera qu'une vision fugace de Vance l'homme (le jeune homme, le père, le mari, le patriarche) et vous dira presque rien sur le monde vu par l'auteur. Au final cet ouvrage est un joli attrape-gogo ou l'illustration parfaite de la crédulité des passionnés. Lisez et faites lire les fictions de Vance, c'est sûrement le plus bel hommage à lui rendre.

Note GHOR : 0 étoile
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05/08/2009
_C'est dans la poche ! Mémoires_
C'est dans la poche ! Mémoires : Jacques SADOUL : Bragelonne (Collection Essais) : 2006 : ISBN-10 2-915549-64-8 : 206 pages (pas d'index) avec un cahier photographique central en N&B sur papier glacé (non paginé) : 17 Euro pour un TP format carré.

Cet ouvrage est donc l'autobiographie de Jacques Sadoul. Ce dernier a longtemps été l'un des acteurs majeurs du genre en France depuis la fin des années 60. Directeur du CLA à ses débuts puis directeur de J'ai Lu, ses choix éditoriaux (sa Van Vogt mania par exemple) ont durablement marqué le paysage de la SF dans notre pays. C'est aussi un auteur de romans (plutôt fantastiques) et d'ouvrages de référence dont sa célèbre Histoire de la Science-Fiction moderne, texte incontournable et rarement égalé (malgré ses défauts) y compris dans le monde anglo-saxon.

Le livre est organisé de façon logiquement chronologique avec un chapitre par année de 1956 à 2001 dans lesquels Sadoul nous raconte son quotidien de directeur de collection ainsi que les nombreuses rencontres qu'il a pu faire au cours de sa carrière. L'ouvrage est illustré par un important (32 pages) cahier central qui rassemble des photographies en N&B montrant plus les personnages cités dans le livre que Sadoul lui-même. En bonus, on trouve une sorte de "bêtisier" de l'auteur compilé par sa secrétaire.

Loin d'autres autobiographies pompeuses, on appréciera l'autodérision dont fait preuve Sadoul et qui rend cette plongée dans le monde de l'édition "à l'ancienne" très agréable à lire. On y croise pas mal d'acteurs du genre (écrivains, illustrateurs, éditeurs) que Sadoul remet parfois à leur place. C'est un livre au ton léger et sans grandes prétentions mais qui donne une idée des contraintes de l'édition, même si tout cela semble parfois d'un grand amateurisme comparé aux méthodes modernes de gestion.

Comme J'ai Lu faisait aussi bien autre chose que de la SF, l'amateur ne devra pas être surpris de la portion somme toute congrue qui est réservée au genre (même si la majorité des photos le concerne). L'intérêt de cet ouvrage s'en trouvera donc d'autant diminué et ce malgré ses qualités. On pourra aussi regretter de ne pas trouver plus de scoops croustillants ou de révélations fracassantes dans cet ouvrage assez intimiste. Au final, un livre paisible, sans comptes à régler, qui résume bien une longue et productive carrière.
Note GHOR : 1 étoile (pour la trop petite partie SF)
10:24 | 10:24 | Biographies & autobiographies | Biographies & autobiographies | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : français, 1 étoile | Tags : français, 1 étoile

