Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/05/2010

_Michael Moorcock : Death is no obstacle_

Michael Moorcock : Death is no obstacle : Colin GREENLAND & Michael MOORCOCK : 1992 : Savoy : ISBN-10 0-86130-087-4 : xii+146 pages (pas vraiment d'index) : coûtait 15 GBP pour un HC avec jaquette illustré en N&B.

Michael Moorcock Death is no obstacle.jpg

Publié par l'éditeur maudit Savoy (un des rares à avoir été victime de la censure du gouvernement britannique), cet ouvrage est une sorte de collaboration entre les deux auteurs britanniques que sont Greenland et Moorcock, le plus jeune interviewant son aîné. Moorcock est une légende du monde de la SFF, un auteur protéiforme connu surtout pour sa Fantasy au kilomètre (avec l'inévitable Elric), mais aussi auteur de SF et acteur central de la New Wave, autant comme organisateur et théoricien que comme pratiquant (on pensera à la série Jerry Cornélius). Un personnage qui a toujours mêlé oeuvres alimentaires et textes plus ambitieux parfois situés aux frontières des genres.

Le programme final (Lattès 1981).jpg

Après une introduction d'Angela Carter, cet ouvrage se compose de sept chapitres d'une vingtaine de pages chacun. Ils sont tous structurés suivant le même principe à savoir celui d'une longue interview entre les deux protagonistes retranscrite sous forme brute d'une suite de questions/réponses. Chacune des parties concerne un aspect précis de la carrière de l'auteur et est toutefois organisée dans un ordre vaguement chronologique. Elles abordent successivement les romans d'Heroic-Fantasy; les textes de SF "classiques" (The blood red game ou la série des Danseurs); les comics; les romans iconoclastes (Behold the man), les Jerry Cornélius et la New Wave; la Fantasy plus ambitieuse (Gloriana) et enfin les choses plus mainstream ou les uchronies. Une dizaine d'illustrations pleine page (couvertures de livres) agrémentent le livre qui n'offre qu'un vague index rudimentaire (du type "le roman X est surtout évoqué dans la partie Y").

Le jeu du sang (OPTA 1976).jpg

Comme Greenland est à la fois un écrivain et aussi l'auteur d'un ouvrage consacré à la New Wave et la scène SF britannique des années 60-70 (The entropy exhibition, voir http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/11/23/7005ab4fb41...), il est ici parfaitement à l'aise pour échanger avec Moorcock ce qui nous donne un véritable dialogue où les propos des deux intervenants sont aussi intéressants l'un que l'autre même si, logiquement, l'aîné prend une place plus importante (après tout, le livre lui est consacré).

The wrecks of time (Ace Double H-36).jpg

Ce livre est rempli d'informations de première main sur la carrière d'un écrivain aussi important que Moorcock mais est aussi le lieu d'une réflexion sur l'écriture, sa technique et son environnement par un homme qui a pratiqué tous les métiers de tous les côtés de la barrière. D'une grande franchise, comme quand il explique qu'il a rallongé la novella Behold the man uniquement pour l'argent (il pensait que sur le plan artistique c'était une erreur de le faire), cette interview est riche d'enseignements. On peut probablement trouver dommage que certaines périodes soient assez rapidement éludées et on pensera ici bien sûr à l'épisode de la revue New Worlds et plus généralement la New Wave où pourtant les souvenirs de Moorcock pourraient être précieux sur un plan historique. Plus embêtant est l'absence d'un index utilisable tant il est basique, ce qui fait que la récupération ultérieure d'une information précise est à peu près impossible à moins de relire l'ensemble (un défaut d'ailleurs partagé par un certain nombre d'ouvrages de référence britanniques). C'est donc un livre d'une agréable et instructive lecture mais qui demande pour être pleinement exploité une véritable mémoire eidétique, une chose que je ne possède pas, hélas.

Elric le nécromancien (TF 1981).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

28/04/2010

_Master of Middle-Earth : The achievement of J. R. R. Tolkien_

Master of Middle-Earth : The achievement of J. R. R. Tolkien : Paul KOCHER : 1974 (pour cette édition) : Penguin : ISBN-10 0-1400-3877-9 : 222 pages (y compris index) : coûtait 0.40 GBP pour un poche non illustré qui se trouve d'occase assez aisément.

Master of middle-earth.jpg

Cet ouvrage est une étude globale sur l'univers de la Terre du Milieu, la création majeure de JRR Tolkien qui est l'un des mondes de la Fantasy les plus connus (si ce n'est le plus connu). Ecrit par un professeur britannique, ce livre a été initialement publié en 1972 chez Houghton Mufflin aux USA avant de traverser l'Atlantique pour être repris en 1973 par Thames & Hudson (dans les deux cas en HC) et finalement sorti en poche par Penguin en 1974. A noter qu'il semble bien qu'une VF de ce titre soit parue en 1981 chez Retz sous le titre de Les Clés de l’oeuvre de J.R.R. Tolkien, une version peu référencée dans les sites français.

Le seigneur des anneaux T1 (LDP 1979).jpg

Cette étude est divisée en sept chapitres assez peu homogènes en taille (de moins de quinze à plus de cinquante pages). Ils abordent la plupart des grandes thématiques éternelles qui intéressaient l'auteur (le Mal, l'Ordre Cosmique) ainsi que les créations propres à Tolkien (les Hobbits, les Peuples Libres, Aragorn) en mettant en liaison les divers textes composant les écrits sur le sujet. Le support principal de la réflexion de Kocher est bien sûr Le seigneur des anneaux, mais il utilise aussi des nouvelles moins connues comme Leaf by niggles ou Farmer Giles of Ham, qui sont traitées dans un chapitre qui leur est dédié. Un index clôture l'ouvrage.

Le seigneur des anneaux T2 (LDP 1979).jpg

Pour un lecteur comme moi, qui ne connaît que les fondamentaux de cet univers (essentiellement la trilogie, et en VF), cet ouvrage semble suffisamment fouillé pour être crédible. Il est clair que Kocher, écrivant dans les années 60-70, n'a normalement pas pu prendre en compte la masse de documents que l'usine Tolkien a produit autour du monde de la Terre du Milieu et que les héritiers exhument avec une régularité remarquable et un sens commercial qui semble très sûr même si, vu de l'extérieur, leur signification profonde et leur intérêt peuvent sembler anecdotiques.

Le seigneur des anneaux T3 (LDP 1979).jpg

N'étant donc pas un passionné de Fantasy ni un expert es-Tolkien, je n'ai donc que moyennent accroché à cet ouvrage, plus par ma faute que par celle de Kocher qui a, de par sa prose et son érudition, réussi à me faire finir son livre en y prenant un certain plaisir. En ce qui me concerne, c'est une bonne introduction à cet univers minutieusement bâti et à l'influence énorme sur la Fantasy.

Bilbo le hobbit (JL 1977).jpg

Note GHOR : 1 étoile

07/04/2010

_Keith Roberts_

Keith Roberts : Paul KINCAID & Geoff RIPPINGTON (éditeurs) : BSFA (série "British Science Fiction writers" #2) : 1983 : pas d'ISBN (publication amateur) : 50 pages (y compris bibliographie) : format A5 agrafé avec plusieurs pages d'illustrations en N&B, à peu près introuvable.

Keith Roberts.jpg

Ce livre est le second d'une courte série de monographies sur les auteurs de SF britanniques, dont je ne connais que deux volumes (celui-ci et le Shaw, le Moorcock et le White étant annoncés). Publiée par la BSFA (British Science Fiction Association), cette collection était dirigée par Kincaid & Rippington, deux membres actifs du fandom UK, et se voulait procéder à une réévaluation des auteurs nationaux qui étaient insuffisamment étudiés en comparaison de leurs collègues américains. Keith Roberts est en effet un cas exemplaire de cette négligence. Un auteur surtout connu pour une seule oeuvre (Pavane bien sûr) et à la visibilité réduite mais qui a toujours eu un cercle d'admirateurs parmi ses collègues et qui a été relativement bien servi pour les traductions en VF.

Pavane (LDP 1978).jpg

Cet ouvrage se compose d'une préface de Roberts lui-même, d'un essai détaillé de Paul Kincaid qui parcourt chronologiquement la production de l'auteur en détaillant quasiment l'ensemble de ses textes (nouvelles et romans) et d'une bibliographie complète (à l'époque) compilée par Mike Ashley qui liste séparément les livres (une douzaine), les nouvelles (quatre-vingts), les textes de non-fiction et les illustrations réalisées par l'auteur (on lui doit aussi l'illustration de couverture de cette monographie). On notera les trois pages de reproduction de couvertures (12 au total) ainsi que plusieurs dessins intérieurs dus au crayon de Roberts. On remarquera l'absence d'index.

Survol (LDP 1993).jpg

Cette série de monographies est particulièrement séduisante et son projet était (est toujours) pertinent puisque ces volumes sont les seuls sur ces auteurs. L'analyse de Kincaid est parfaitement menée et aborde l'ensemble des oeuvres de Roberts ce qui nous évite une focalisation sur l'omniprésent Pavane qui, malgré ses qualités, est parfois un peu trop envahissant dans les évocations de l'oeuvre de l'auteur. On trouve y donc discutés et détaillés des romans comme The chalk giants ou Kiteworld mais aussi des nouvelles comme Weihnachtabend (encore une unchronie !).

Les géants de craie (OPTA 1976).jpg

Au total un petit livre très intéressant et qui donne envie de (re)lire Roberts même si les derniers de textes de celui-ci ne sont (heureusement) pas abordés. On passera sur la qualité technique des reproductions de couvertures qui est assez mauvaise (mais ce sont les limites de ce type de production amateur) alors que les dessins de Roberts sont nettement mieux rendus et on appréciera la bibliographie de Ashley même si les réserves d'usage quand à l'utilisation actuelle de travaux ayant trente ans doivent être faites.

Molly zero (LDP 1990).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

06/04/2010

_Joe Haldeman_

Joe Haldeman : Joan Gordon : 1980 : Starmont (série "Reader's guide" #4) : ISBN-10 0-916732-06-1 : 64 pages (y compris bibliographies et index) : coûtait 10 USD pour TP peu solide et peu facilement trouvable en occase, existe aussi en HC (-15-0).

Joe Haldeman.jpg

Ce court fascicule fait partie de la série de monographies d'auteurs de SF publiées par Starmont. A noter que, au vu de divers détails, il s'agit là d'une réimpression à l'identique (hormis la couverture et bien sûr le prix) tardive d'un des premiers volumes de la collection. Il est donc consacré à Joe Haldeman, un auteur présent dans le paysage de la SF depuis les années 70 et dont l'oeuvre majeure et la plus connue (qui a raflé le Hugo et le Nebula) est évidemment The forever war, célèbre roman anti-militariste basé sur son expérience de combattant dans la guerre du Viêt-Nam. C'est d'ailleurs sans doute cette notoriété qui lui a valu si rapidement (moins de 10 ans entre son premier texte et cette étude) d'avoir un volume qui lui soit consacré.

La guerre éternelle (OPTA 1976).jpg

Ce livre est divisé en une dizaine de courts chapitres, suivant ainsi l'usage de la série. On trouve successivement une chronologie de la vie de l'auteur (qui s'arrête en 1979), une introduction d'orientation biographique, une suite de plusieurs chapitres consacrés chacun à un titre précis (dans l'ordre : War year, The forever war, Mindbridge, All my sins remembered et Infinite dreams, un recueil), et trois bibliographies annotées (une pour la fiction, une pour la non-fiction et une pour les sources secondaires, essentiellement des critiques dans les revues de SF). Un index termine l'ouvrage.

Mindbridge (Orbit 1984).jpg

La première impression à la lecture de cette monographie, est qu'elle vient bien trop tôt dans la carrière de l'auteur. Il est clair que les choses que Haldeman avait à dire ne l'étaient pas encore complètement en 1979 (date de l'écriture de cette étude) comme le montrent ses rajouts à The forever war pour l'amener à une "trilogie thématique" (avec Forever free & Forever peace). Du coup, l'analyse de Gordon donne une malheureuse impression de bâclage qui est surtout due au manque de matière. Pourtant il y a parfois de bonnes analyses menées à partir du texte de l'auteur et un certain nombre d'informations bienvenues sur les conditions de création de certains romans qui sont en fait des fix-ups.

Forever peace (Ace 2000).jpg

Ce sentiment de précipitation est d'ailleurs renforcé par une qualité du produit assez calamiteuse tant au niveau de la conception (du genre photocopie visible de bouts de documents collées ensemble) que de la réalisation (pages se détachant du reste du livre). Mis en parallèle avec le prix demandé (10 USD pour un TP de 64 pages), on peut être légitiment énervé par un ouvrage d'opportunité. Il n'est d'ailleurs pas sauvé par une bibliographie annotée rachitique (elle donne surtout le résumé des intrigues) et incomplète puisque ne traitant que des premières éditions et négligeant les nouvelles. Dommage pour une réflexion parfois bien menée mais desservie par un emballage médiocre.

Rêves infinis (Denoel 1981).jpg

Note GHOR : 1 étoile

26/03/2010

_Jack Vance : Critical appreciations and a bibliography_

Jack Vance : Critical appreciations and a bibliography : A. E. CUNNINGHAM (editor) : 2000 : The British Library : ISBN-10 0-7123-1102-5 : 232 pages (y compris bibliographie mais pas d'index) : coûtait 15 GBP pour un HC avec jaquette au tirage limité à 750 exemplaires, illustré de dessins originaux (de Paul Rhoads, qui a aussi fait la couverture), existe en version signée et augmentée de photos (-1103-3).

 Jack Vance british library.jpg

Cet ouvrage britannique est un recueil d'essais consacré à Jack Vance. Comme souvent quand il s'agit de cet auteur, c'est un produit à tirage limité et qui existe dans plusieurs déclinaisons. Piloté par Cunningham, le bibliographe de la bande, il est contemporain de et aussi lié à la VIE (la Vance Integral Edition, voir http://www.vanceintegral.com/), un projet collaboratif et pharaonique de publication de l'intégrale des textes de Vance qui montre que cet auteur est une valeur sûre pour vendre des éditions de luxe fort onéreuses à un petit groupe de fanatiques, une chose que Underwood-Miller (et maintenant Subterranean) ont bien comprise depuis longtemps.

Future tense (Ballantine 1964).jpg

Bénéficiant de textes dus aux plus grandes plumes du genre : auteurs (Ellison, Simmons, Wolfe) ou commentateurs (Langford, Shippey), ce livre comprend une dizaine d'essais de taille assez variable (de moins de dix à plus de quarante pages). On y trouve, outre de nombreuses évocations des textes de l'auteur (largement appuyés sur de longues citations), une analyse du thème de la vengeance, un petit segment autobiographique, l'avis d'un des éditeurs de Vance (Miller). Un des gros morceaux (soixante pages) du livre est une bibliographie (VO) qui couvre : les premières parutions (pour les nouvelles), les premières (ou remarquables) éditions (pour les livres), les adaptations et les livres secondaires. Cette bibliographie comprend aussi une chronologie et un index. A noter qu'une partie des textes seront traduits en VF dans Les univers de Jack Vance.

Dust of far suns (DAW 1981).jpg

Malgré le "critical" dans son sous-titre, cet ouvrage est plus un "companion" en hommage à Vance qu'une analyse critique. On est clairement dans la célébration et le souvenir ému plutôt que dans la déconstruction littéraire d'un auteur important mais qui, comme tant d'autres avant lui, a peut-être écrit le ou les "livres de trop". Du coup, ce titre offrira plus de plaisir à l'amateur de longue date qui se voit replongé dans des mondes familiers qu'à celui qui va chercher à comprendre comment fonctionnaient les récits de l'auteur.

Emphyrio (OPTA 1978).jpg

Malgré tout, c'est un ouvrage d'une grande qualité (belle jaquette, reliure solide, papier luxueux) qui, une fois n'est pas coutume, est proposé à un prix extrêmement attractif au regard de ses prestations. On pardonnera donc aisément son côté parfois un peu trop 'fan-boy' et sa partie bibliographique qui, si elle est bien faite et limpide, n'offre quand même pas les même prestations que le Currey (pour les premières éditions) ou que l'une des bibliographies plus complètes (et plus internationales) de Vance qui existent (Levack & Underwood, Benson & Stephensen-Payne ou Hewett & Mallett). Il suffit simplement de se laisser emporter par les souvenirs de la voix d'un conteur hors pair.

Tales of the dying earth (Orb 2000).jpg

Note GHOR : 2 étoiles