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24/02/2009

_Science fiction writers of the golden age_

Science fiction writers of the golden age : Harold BLOOM (éditor) : Chelsea House Publishers 1995 : 0-7910-2198-X (ISBN 10) : 203 pages : 12.95 USD (à l'époque) soit une dizaine d'Euros (maintenant) pour un TP.

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Il s'agit là d'un ouvrage qui présente 12 auteurs (dont un couple) de l'age d'or (1940-1950) : Anderson, Asimov, Bester, Blish, Bradbury, Clarke, Heinlein, Leiber, Moore & Kuttner, Pohl, Sturgeon, Van Vogt.

Le principe de l'ouvrage est assez original avec, pour chaque auteur, deux pages de biographie, suivies d'une dizaine de pages d'extraits critiques (organisés par ordre plus ou moins chronologique et même parfois contemporain des textes discutés) qui se focalisent sur certaines oeuvres (connues ou pas, romans ou recueils) ou sur la carrière des auteurs. Un élément auto-biographique est aussi généralement présent. Le tout se conclut par une bibliographie certes sommaire mais fournie et relativement exacte même si elle ne traite que les livres (fiction ou non-fiction ainsi que recueils édités) dans la production des auteurs considérés (pas des nouvelles ou des adaptations dans d'autres médias).

Cette organisation permet d'avoir d'un façon pratique, rapide et simple plusieurs avis (souvent divergents) sur l'auteur en question ou sur certaines de ses oeuvres. Les avis présentés sont assez équilibrés, allant du positif (Disch sur Sturgeon) au massacre (Knight sur Van Vogt) en passant par le purement informatif ou la digression.

Les sources utilisés sont hyper-classiques et sont extraites des ouvrages de référence standards (recueils de critiques de Blish ou Budrys, ouvrages de Aldiss ou Gunn) ou des rares monographies consacrées aux auteurs étudiés (le Pohl ou le Sturgeon chez Starmont).

The issue at hand.jpg


Du coup, j'avais en fait lu presque 80% du contenu de ce livre mais cette lecture s'est trouvé étalée sur plusieurs années et de nombreux ouvrages, ce qui a minimisé (en ce qui me concerne) nettement la gêne de ce côté 'redite'.

Un ouvrage idéal pour se rafraîchir la mémoire sur ces écrivains majeurs, évaluer l'évolution de leur perception au cours du temps et glaner des pistes pour approfondir une éventuelle analyse plus poussée. Un livre sans prétention, qui ne prétend pas à l'exhaustivité (logique vu la qualité et la production des auteurs traités), mais néanmoins de qualité et d'un esprit synthétique bienvenu.

Note GHOR : 3 étoiles

20/02/2009

_Breakfast in the ruins : Science fiction in the last millenium_

Breakfast in the ruins : Science fiction in the last millenium : Barry N. MALZBERG : Baen : 2007 : 0-4165-2117-4 (ISBN 10) : 978-0-4165-2117-8 (ISBN 13) : 389 pages :  14.00 USD soit une dizaine d'Euros pour un TP.

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Cet ouvrage est un recueil d'essais et autres documents (préfaces, critiques) de Malzberg. Il se divise en deux parties, la première datant de 1982 et correspondant au recueil d'essais The engines of the night (publié en 1992) et la seconde rassemblant les écrits postérieurs à cette date. A noter la présence de deux nouvelles en prime.

C'est un ensemble de textes autonomes, courts (entre 2 et 10 pages) et sans grande organisation puisque sautant du coq à l'âne, si ce n'est le groupage en fin de volume des textes relatifs à d'autres auteurs (Ballard, Clifton, Keyes...), textes qui sont généralement des préfaces à divers recueils.

La lecture de ce livre est assez pénible parce que Malzberg est atteint d'un syndrome classique chez certains auteurs de SF, à savoir une relation d'amour/haine inextricable. Cette relation difficile entre un auteur et le genre qu'il pratique est due au fait que Malzberg vit mal le décalage entre les ambitions cosmiques/prophétiques/anticipatrices de la SF et la vie d'un genre mercantile/incestueux/mal payé/mal considéré.

Cette position où il est "la tête dans les étoiles et les pieds dans la fange" semble lui être intellectuellement fort pénible. On peut penser que c'est une telle situation situation qui explique, par exemple, son annonce de quitter le genre (comme Silverberg). Mais comme la SF est le seul genre qui l'accueille et le reconnaît, il s'est vu contraint d'y revenir.

Service d'ordre (Lattès 1980).jpg

Du coup, le livre (particulièrement dans sa première partie) est assez énervant pour l'amateur de SF, qui, vu la quantité de crachats dans la soupe, se demande pourquoi un auteur d'un tel génie (Malzberg est parfois assez peu modeste) a persisté à écrire des Ace Double (sous pseudonyme).

Gather in the hall of planets (Ace Double 27415 1971).jpg

Que les auteurs de SF soient des poivrots aux moeurs sexuelles bizarres (la fornication lors des conventions semble beaucoup travailler Malzberg), que les éditeurs de SF soient des requins sans scrupules et soumis au diktat du mauvais goût populaire, que les lecteurs de SF soient des demeurés juste bons à manger du foin et incapables de comprendre des textes un tant soit peu ambitieux, que les fans de SF soient des tarés découplés de la réalité, tout cela n'est pas original (ni même complètement faux.

Cette attaque en règle est juste un peu inconvenante de la part d'un auteur qui ne mange principalement que grace à ses productions SF et qui, par exemple, écrit des préfaces ou des livres (The passage of the light par exemple) édités par NESFA (une pure organisation de fans) et qui publie ce recueil chez Baen, éditeur à la réputation d'être un repaire pour la SF de bourrins.

The passage of light (NESFA 1994).jpg

Pour être franc, le côté : "ma conception de la SF, la seule valide, est incomprise par ces abrutis de lecteurs et de fans" m'a fait penser à la fameuse tribune libre de Léa Silhol (NdA : à l'époque de l'écriture de cet avis). Même diagnostic : "Tous des cons sauf moi", même absence de solutions, même échec.

A cette impression générale négative s'ajoute un certain nombre de reproches plus formels : de nombreux avis ou anecdotes sont répétés d'un essai sur l'autre (radotage ?), l'éciture est parfois un peu trop "too much" (hystérique ?), l'auteur reste extrêmement vague (prudent ?) dans ses attaques multi-cibles d'où l'impossibilité de recouper ses dires et les deux cents premières pages sont fortement datées (elles ont donc presque presque trente ans) et en conséquence pas forcément pertinentes pour une analyse de l'état de la SF aujourd'hui.

Un livre manifeste, à prendre comme tel, intéressant pour la plongée dans la perception du genre par un auteur qui vit mal sa participation à celui-ci, mais où le manque de recul et de mesure brouille le message de l'auteur.

Note GHOR : 1 étoile

17/02/2009

_A wealth of fable : An informal history of science fiction fandom in the 1950s_

A wealth of fable : An informal history of science fiction fandom in the 1950s : Harry WARNER Jr. : SCIFI Press : 1992 : ISBN-10 0-9633099-0-0 : 456 pages (y compris index): une trentaine d'Euros pour un HC avec jaquette (disponible chez NESFA).

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Ce livre est la suite chronologique de All our yesterdays (du même auteur) qui couvrait les années 40. Il s'agit d'une sorte d'histoire du fandom (principalement US mais on peut aussi y croiser quelques européens) dans les années 50, narré par le petit bout de la lorgnette. Cela donne un livre certes riche en anecdotes (sur 400 pages, il y a de quoi raconter) mais remarquablement pauvre en analyses ou en perspectives historiques.

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C'est clairement une oeuvre d'amour et de mémoire mais à force d'y apprendre à longueur de page que Albert Truc, qui résidait dans le Nébraska, a sorti 37 numéros du fanzine Hopla-boom durant les anées 1945-48 mais qu'il s'est disputé avec l'APA voisine au sujet d'une nouvelle non publiée et qu'il a gafiaté, et ainsi de suite ad nauséam, on est rapidement incité à pratiquer une lecture en diagonale.

De plus, le plan de l'ouvrage est très confus. Il mêle une structure thématique (plus ou moins) à une structure chronologique non linéaire, héritage du fait que son contenu est initialement paru et conçu comme une série d'articles. Ceci ne fait qu'ajouter à la pénibilité de la lecture.

Je ne connais pas tous les ouvrages existants sur le sujet, mais cet ouvrage ne peut être considéré comme l'histoire du fandom définitive. Celle-ci reste donc à écrire avec peut-être un peu moins de détails mais avec un peu plus de recul et de mise en perspective.

Le seul intérêt de ce livre est de pouvoir documenter les premiers pas d'un grand nombre de professionnels qui ont fait leurs classes dans le fandom.

C'est donc un témoignange de première main (avec toutes les qualités mais aussi les défauts de ce type de livre de souvenirs) sur les débuts du fandom US et non une étude sur le phénomène lui-même.

Note GHOR : 1 étoile

13/02/2009

_Les 42210 univers de la science-fiction_

Les 42210 univers de la science-fiction : Guy BOUCHARD : Le Passeur : 1993 : 2-9801067-7-9 : 338 pages (y compris bibliographie aérée mais pas d'index) : 19 Euros en neuf pour un petit TP.

Les 42210 univers de la science-fiction.jpg

Que dire de ce livre ?

D'après ce que j'en ai compris, c'est une tentative de définir la science fiction en modélisant toutes les possibiltés des formes romanesques. Pour ce faire, l'auteur, à l'aide de critères judicieusement choisis (sic) montre qu'il existe au total 87435 formes romanesques (67 types de personnages x 3 types de rapports des personnages au narrateur implicite x 15 types de rapports à l'espace x 29 types de rapport au temps). Dans cet ensemble, 67 de ces formes unitaires correspondent au roman réaliste et 42210 à la SF (d'où le titre). Ne me demandez pas lesquelles et comment on arrive à un tel résultat, je n'en sais rien et je ne suis pas sûr que l'auteur en sache plus que moi.

Prudemment, l'auteur ne donne jamais de définition rédigée de la SF, cela aurait été trop facile d'y trouver des contre-exemples et évite soigneusement de se prononcer sur des sujets polémiques (en terme de théorie du genre) comme "la SF est-elle incluse dans le Fantastique", "La Fantasy est-elle un sous ensemble de la SF"...

Cet ouvrage est un galimatias total et incompréhensible. De plus, son ton pédant et le fait qu'il s'imagine règler leur compte à tous ceux qui on précédemment tenté de définir la SF le rende fort peu sympathique. Dans ce concert de critiques, le seul théoricien du genre qui trouve grâce aux yeux de Bouchard étant Suvin (surprise, c'est comme Bouchard un universitaire basé au Canada).

Pour une poétique de la SF.jpg

Parmi les grands moments de ce livre :
- des erreurs factuelles, parfois assez courantes mais fragilisant d'emblée le discours (par exemple l'affirmation, maintes fois lue, que le terme Space opéra vient de Soap opéra).
- une résolution d'équations du premier degré assez particulière : si x/3 = 2982, alors x = 8358 (je vous laisse faire le calcul), qui prouve que les mathématiques ne sont pas plus la tasse de thé de Bouchard que la SF.
- une terminologie propre et inédite où Science Fiction Savante = Hard Science, pas forcément critiquable dans l'absolu mais que ne peut qu'obscurcir le discours de Bouchard par l'usage de termes à la signification non partagée.
- un français du genre babelfish (un western en location !), mais c'est peut-être du québécquois.
- un ensemble de références qui place au même niveau de crédibilité tout et n'importe quoi : 6 pages de Rafaël Pividal dans Europe prises aussi au sérieux que le Clute & Nicholls, alors qu'il existe un monde à tous les niveaux entre ces deux références.

Un ouvrage complètement barré, d'une prétention absurde et d'une lecture hilarante. Le seul livre aussi déjanté que je connaisse est aussi une tentative grandiose et universaliste : classifier toute la SF par ses thèmes avec un système de code (Science fiction and the universe of knowledge de Croghan). Sa lecture est aussi un grand moment de délire.

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En plus, sans vouloir faire le pingre, ce livre qui part de nulle part et y revient coûte quand même la bagatelle de 19 Euros (port compris) pour un bouquin gros comme le Grenier chez La Farandole. Cela fait cher pour le plaisir de se moquer de l'auteur.

Note GHOR : 0 étoile

11/02/2009

_The Vorkosigan companion_

The Vorkosigan companion : Lilian Stewart CARL & John HELFERS : Baen : 2008 : ISBN-13 978-1-4165-5603-9 : ill Darrell K. Sweet : 469 pages (pas d'index) : une vingtaine d'Euros pour un HC neuf (avec jaquette).

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Cet ouvrage fait partie de la catégorie des concordances (on rencontre parfois, comme ici, le terme de companion). Ce type de livre a pour but de rassembler des éléments encyclopédiques autour d'un auteur ou d'une série populaire. C'est un genre d'ouvrage que l'on rencontre habituellement (pour ce qui est de la SF) dans le monde anglo-saxon (il en existe sur Niven, Hamilton, Brin, Foster ou Smith), même si l'ouvrage paru chez Rivière Blanche sur Limat & Coqdor fait parfaitement partie de cette catégorie.

Concordance to Cordwainer Smith (3rd edition).jpg

Celui-ci est donc consacré à l'univers developpé par Lois McMaster Bujold dans sa série Vorkosigan. Cette série, dont la publication a commencé en 1986 comporte une dizaine de romans et une demi-douzaine de nouvelles (des novellas plutôt) dont la plupart ont été traduits en VF. C'est une série à succès qui a valu à son auteur nombre de prix (Hugo et Nebula) et a fédéré de nombreux fans, principalement autour du personnage de Miles, le héros de la plupart des textes.

Schématiquement, l'ouvarge est divisé en quatre parties principales :

- une courte (80 pages) partie sur l'auteur avec deux textes parfois autobiographiques de Bujold, une interview d'elle et une de son éditeur chez Baen.
- une très courte (40 pages) partie analytique sur la série.
- une collection de préfaces.
- le coeur du livre, à savoir les données collationnées sur l'univers de Bujold. Il est organisé en divers chapitres : une énorme (200 pages) concordance (c'est à dire un dictionnaire commenté de tous les concepts et personnages que l'on rencontre dans la série), un guide de prononciation, des cartes stellaires, des arbres généalogiques, une chronologie, un résumé des épisodes...

Ethan of athos (Baen 1986).jpg

Même si l'on peut quelque part me considérer comme un fan de la série (je l'ai lu en entier et je l'ai suivie depuis sa sortie en magazines), je ne sais pas trop quoi faire de cet ouvrage.

La somme de travail est évidemment colossale et tous les détails de l'univers de Bujold sont explorés. C'est tellement minutieux que l'on peut y apprendre (par exemple) que Miss Pym est la fille du Soldat Pym et qu'elle est la servante de Ekaterin et qu'elle apparaît dans Diplomatic immunity. Le tout sur 300 pages de détails de ce type et de ce niveau de précision.

C'est évidemment fascinant, mais une petite voix me souffle "A quoi bon ?". Je ne suis pas suffisamment passionné par cette série pour estimer pertinent d'encombrer mon cerveau avec cette masse de trivia. Une utilisation possible d'une telle quantité d'information est l'utilisation dans le cadre d'un jeu de rôle, mais l'hyper-detaillage des personnages de la série est peut-être superflu.

La partie la plus intéressante est (AMHA) la première où Bujold nous parle de sa vie et de son métier d'écrivain, y compris sous le toujours intéressant angle économique. Hélas, ce segment est trop court et la suite du livre vire rapidement au concert de louanges. Ces lauriers ne sont pas forcément immérités, en particulier au vu des prix récoltés et de la disponibilité quasi-permanente des ouvrages, mais Bujold n'est pas non plus Shakespeare et l'univers construit n'est pas forcément des plus originaux.

Ce qui est dommage, c'est qu'il y a avait surement matière à faire avec un tel sujet. Les réponses à des questions du type : Comment une mère au foyer peut-elle réussir dans le domaine de la SF militariste ? Quelle est l'idéologie qui sous-tend cette succession de dictatures ou de monarchies ? Quel est l'impact de l'utilisation d'un héros handicappé ?; feraient surement de belles analyses.

Un livre sûrement fait par passion mais difficile à apprécier par ceux qui, comme moi, ne la partagent pas avec la même intensité ou le font avec plus de recul. A réserver aux ultra-fans de Miles.

Note GHOR : 1 étoile

PS : en bonus, une cover gallery là : http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/02/12/lois-mcmast...