18/11/2008
_Writing science fiction_
Writing science fiction: Christopher EVANS : A&C Black : 1988 : 0-7133-3003-5 : 97 pages (dont index) : prix (d'occase) une dizaine d'Euros pour un TP.

Cet ouvrage est un autre exemple de la fameuse catégorie des des "how-to" books, visant le marché des aspirants-écrivains (ici britanniques)en tentant de leur enseigner les 'trucs' des auteurs professionnels.
Cet ouvrage est organisé en sept chapitres traitant d'abord des spécificités de la SF puis des ingrédients nécessaires à un bon texte (Idées, Personnages, Intrigue) avant de décortiquer le processus d'écriture sur une nouvelles. Il se conclut par un chapitre sur les réécritures et sur la vente du texte fini.
Toujours pour les mêmes raisons (je ne suis pas écrivain ni même apprenti-écrivain) je n'ai pas grand chose à dire sur ce livre qui, après lecture, offre globalement les mêmes prestations que ses homologues (le Card par exemple).

Christopher Evans est un auteur assez peu connu chez nous mais dont la production est de qualité. Il est récemment revenu avec Omega, son nouveau roman.

A noter que l'ouvrage est nettement centré sur la SF (la fantasy n'est pas vraiment abordée, à la différence de l'ouvrage de Card), mais c'est cohérent à la fois avec l'auteur et avec l'époque de parution où la Fantasy n'avait pas encore la part de marché qu'elle a de nos jours.
Le texte 'école' dont on suit la génése est un plus certain même si son inclusion dans son intégralité (il fait plus de de 10 pages) ne me parait pas indispensable.
Note GHOR : 1 étoile
10:18 | 10:18 | Ouvrages de référence divers | Ouvrages de référence divers | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : écriture, sf, science-fiction, anglais, 1 étoile | Tags : écriture, sf, science-fiction, anglais, 1 étoile
_The multi-man_
The multi-man: Philip HARBOTTLE : éditeur non mentionné (probablement Harbottle himself) : 1968 : ill Harbottle (d'après Marchioni) : pas d'ISBN : 69 pages (pas d'index) : reliure à spirale : 12 Euros sur e-bay.

Cet ouvrage est consacré à John Russell FEARN (1908-1960), auteur britannique aux multiples pseudonymes, traduit en VF aux débuts du FNA et de Galaxie (1ère série).
Il se compose d'une première partie qui mêle biographie et analyse d'une partie de l'oeuvre de Fearn (y compris hors du champ SF), en tentant de dégager les qualités de l'auteur. A noter que cet essai (The ultimate analysis) existe dans divers supports.
Le deuxième partie est une bibliographie commentée (un court résumé sur quelques lignes est généralement fourni) des textes de Fearn, organisée par pseudonyme et par genre.
Fearn est un auteur, qui même en France, traîne derrière lui un lourd passif de tâcheron de la SF, fossoyeur de la "SF de qualité", auteur présumé de textes horribles publies chez des éditeurs de troisième zone sous des pseudonymes abracadrantesques.
Harbottle essaie tant bien que mal deux choses :
- rétablir une certaine vérité quand aux ouvrages vraiment écrits par Fearn (par exemple, certains titres dus à Tubb lui sont attribués) et en tout cas préciser dans quelles circonstances l'auteur a pu faire preuve d'une telle apparente productivité.
- redorer le blason de l'écrivain en montrant quelle place il peut légitimement revendiquer dans l'histoire de la SF et en quoi il a été victime d'un certain snobisme réservé aux auteurs prolifiques ou trop visibles.
La défense menée par Harbottle est certes courageuse et généreuse, mais, en ce qui me concerne manque un peu de matière pour étayer ses assertions. Elle rend en tout cas le bonhomme sympathique et est d'une lecture très intéressante et pleine d'informations sur les coulisses de l'écriture à la chaîne.
Faute d'une organisation suffisament claire (pas d'index général par exemple), la bibliographie est assez complexe à manier, alors qu'elle recèle des informations importantes (parutions dans 1GA ou au FNA).
Cette oeuvre est un vrai "labour of love" qui, au vu de son ancienneté, mériterait une mise à jour pour se rapprocher d'un ouvrage comme The tall adventurer (co-écrit par Harbottle aussi) qui est techniquement d'une autre tenue.

On pourra aussi consulter sur le sujet de l'écriture à la chaîne et les années 50 dans la SF britannique, l'excellent livre de Steve Holland : The mushroom jungle.

Note GHOR : 2 étoiles (pour la démarche et la passion)
08:13 | 08:13 | Etudes mono-auteur | Etudes mono-auteur | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : sf, science-fiction, référence, fearn, 2 étoiles, anglais | Tags : sf, science-fiction, référence, fearn, 2 étoiles, anglais
17/11/2008
_Coordinates : Placing science fiction and fantasy_
Coordinates : Placing science fiction and fantasy : George E. SLUSSER & Eric S. RABKIN & Robert SCHOLES : Southern Illinois University Press (série Alternatives) : 1983 : ISBN-10 0-8093-1105-4 : 206 pages (y compris index, notes et notices bibliographiques) : une grosse dizaine d'Euros d'occase pour un HC (pas de jaquette sur mon exemplaire, à vérifier).

Ce volume regroupe les essais originalement écrit pour la 3ème conférence J. Lloyd Eaton sur la SF&F qui s'est tenue en 1981.
Comme d'habitude, ils sont censés se tenir à un thème, ici la définition de coordonnées pour les deux genre cousins que sont la SF et la fantasy. Dans la pratique, on verra que les sujets abordés n'ont qu'un rapport parfois très lointain avec cette problématique.
Au sommaire, 13 textes (ils sont de longueur variable, de 7 à 30 pages) :
- Des essais un peu généraux sur le (ou les) genre(s) : The criticism of science fiction (qui dresse une trop brève histoire des tentatives d'apporter un discours critique au genre), America as SF (une revue des fictions parues en 1939 dans les magazines SF et de leur contenu, le tout en conjonction avec l'exposition universelle de cette année).
- Plusieurs études sur des textes précis : Voyage au centre de la Terre, She (analyse féministe), Herland (idem, of course), Triton (les désirs), Waldo -RAH- & Desertion -Simak, série City- (sous l'angle de l'opposition entre autoplastie et alloplastie), Atlas shrugged -Rand- (une analyse politique engagée), Dune & Foundation (leur rapport à la forme classique), Fahrenheit 451 (les coupes autoritaires faites par l'éditeur Ballantine sur le texte).


- Quelques articles inclassables : How new is new ? (le nouveau l'est-il vraiment), Existential Fantasy (Kierkegaard contre Mishima), The descent of fantasy (pas tout compris).
Il est, dans la pratique et avec ce genre de livre, impossible de se fier au thème pour déterminer son intérêt puisqu'il se révèle purement indicatif ou extrêmement vague. On se retrouve donc réduit à constater que la qualité des textes est strictement fonction de celle de l'intervenant. Les habitués de l'exercice livrent donc de bons essais (Franklin, Wolfe, Fiedler) alors que certains se noient dans leurs marottes ou la démonstration absconse.
La majorité des essais, en se focalisant sur des oeuvres précises (même si elle ne sont pas toutes originales, cf la n-ième étude sur Triton ou Dune), est toutefois d'un bon niveau, avec une mention à celui sur Atlas shrugged (un texte important pour les libertariens et leurs dérivés US) et à la lecture croisée RAH/Simak.

Un livre plus séduisant qu'il n'y parait, avec, une fois les scories enlevées, de quoi alimenter les réflexions sur certaines oeuvres et leurs thématiques ou leurs idéologies.
Note GHOR : 2 étoiles
12:31 | 12:31 | Ouvrages thématiques | Ouvrages thématiques | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : sf, référence, science-fiction, 2 étoiles, anglais | Tags : sf, référence, science-fiction, 2 étoiles, anglais
10/11/2008
_Different engines : How science drives fiction and fiction drives science_
Different engines : How science drives fiction and fiction drives science: Mark L BRAKE & Neil HOOK : Macmillan : 2008 : ill Corbis (en fait la couverture d'un pulp des années 20 colorisée différemment, l'original est de Frank R. Paul) : ISBN 978-0-230-01980-5 : 265 pages (y compris index) : de l'ordre de 8 Euros pour un HC avec jaquette (petit format).

Cet ouvrage est principalement un receuil d'articles précédemment publiés dans Astrobiology magazine, articles qui ont pour principe de mettre en parallèle une époque de l'histoire des sciences et la SF qui lui est contemporaine, en partant du principe que les deux champs se répondent et s'alimentent l'un l'autre.
Il est divisé en sept chapitres :
1) The age of discovery : Kepler, Newton, Gallilée avec la proto-SF (du type Gulliver)
2) The mechanical age : Darwin, Flammarion avec Wells
3) The astounding age : Einstein et les premiers pulps
4) The atomic age : la bombe, la guerre froide et l'école Campbell
5) The new age : la course à la lune et la new wave
6) The computer age : l'essor de l'informatique et le cyberpunk
7) The age of biology : les biotechnologies et la SF à l'écran (GATTACA, Blade runner)
En ce qui me concerne, le sous-titre est un peu trompeur.
En effet, plus qu'un récit des interactions entre science et science-fiction, on a plutôt affaire à une histoire de la SF comme il en existe bien d'autres avec comme fil conducteur et repères chronologiques les progrès scientifiques. Hormis de rares exemples on ne voit pas trop comment la "fiction drives science", ce qui est dommage puisque c'est sur ce principe (ou du moins "fiction drives technology") que Gernsback a créé le genre. Quand à la proposition inverse ("science drives fiction"), elle est semble t-il tellement évidente qu'elle est carrément évacuée du livre.
Sans la réflexion sur la place de la science en SF (aucune mention de la Hard Science par exemple, ni d'aucun des ses auteurs) ni réflexion sur l'influence de la SF sur la science (si ce ne sont quelques anecdotes ultra-connues souvent tirées de Campbell), seule reste l'histoire de la SF.
Sur ce point le livre se situe dans une honnête moyenne (on notera toutefois quelques erreurs de dates) mais son principal défaut est surtout de n'être absolument pas original (les oeuvres discutées ont été vues et revues au fil des ouvrages sur la SF : A canticle for Leibowitz, The left hhand of darkness, 1984, Stranger in a strange land, etc...).

Il est aussi nettement trop court (les pages sont petites et les notes bibliographiques copieuses). Traiter la SF de Kepler à Doom (le film de 2005) sur 200 pages ne permet qu'une vague ébauche qui laisse de trop vastes zones d'ombre.
A la décharge des auteurs, l'entreprise est toutefois assez casse-gueule, surtout sur un texte aussi court, quand on voit qu'il fait 400 pages pour raconter deux décennies de magazines SF.
Enfin, deux points qui m'ont gêné :
1) on voit parfois un peu trop nettement les emprunts (avoués) à Franklin ou aux Roses.


2) dans les premiers chapitres, le fait de voir appliquer le terme de Science Fiction à des textes comme Sommium , Les voyages de Gulliver ou Frankenstein. En tant que Westfahlien orthodoxe, je pense que la SF n'existe qu'à partir de 1926 et que les oeuvres antérieures n'en sont pas stricto-sensu, mais c'est juste une question de terminologie.
Un ouvrage pas forcément mauvais mais qui n'apporte rien de plus : trop long pour un livre d'initiation/introduction, trop court pour une histoire de la SF digne de ce nom.
Note GHOR : 1 étoile
14:48 | 14:48 | Ouvrages thématiques | Ouvrages thématiques | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (1) | Commentaires (1) | Tags : sf, science-fiction, référence, science, 1 étoile, anglais | Tags : sf, science-fiction, référence, science, 1 étoile, anglais
07/11/2008
_Theodore Sturgeon_
Theodore Sturgeon : Lucy MENGER : Ungar (série Recognitions) : 1981 : ISBN-10 0-8044-6492-8 : 136 pages (y compris index et biblio basique) : quelques Euros d'occase pour un TP.

Il faut croire que les années 80-81 était les années Sturgeon en ce qui concerne les ouvrages de référence. En effet, outre le livre homonyme de Lahna Diskin chez Starmont, cet ouvrage aux buts similaires mais plus étoffé était publié à peu près en même temps.

Il s'agit donc d'une classique analyse de l'oeuvre de Théodore Sturgeon, un auteur à la voix si particulière dans le paysage de la SF.
La structure de ce livre est tout à fait standard, avec un découpage en sept chapitres comme suit :
1- "A brief biography" dont l'objet est clairement indiqué dans le titre.
2- "We are the enemy 1939-1940" traite des nouvelles de Sturgeon de sa première période (avant la 2 GM) sous l'angle d'un thème commun à savoir un anti-intellectualisme prononcé et une méfiance vis-à-vis des humains qui mène à un grand pessimisme.
3- "The paths of good" concerne les textes de la fin des années 40 où Sturgeon amorce un virage vers l'humanisme en manifestant plus d'amour pour l'espèce humaine et découvre la capacité de celle-ci à faire le bien.
4- "Man will prevail" s'occupe des textes courts des années 50 qui montre une confiance encore plus grande en l'homme et tente une approche plus sociétale des remèdes possibles.
5- "Manifestations of man" analyse les principaux romans de Sturgeon (ceux de SF) : The dreaming jewels, More than human, The cosmic rape & Venus plus X sous l'angle de la sexualité (surtout pour le dernier) et l'exploration des modalités de réalisation possibles du potentiel de l'homme.

6- "Still we are the enemy" poursuit l'ordre chronologique avec les textes des années 60 (et après) qui voient Sturgeon faire en quelque sorte la synthèse de son analyse de l'humanité qui peut, selon l'auteur, envisager un avenir positif.
7- "Art and artistry" un chapitre plus technique qui montre comment fonctionne la "patte" de Sturgeon, un des stylistes les plus réputés du genre. Menger montre que l'auteur incorporait littéralement sa poésie (invendable autrement) à ses textes en prose.
Suivent une bibliographie secondaire, et une bibliographie primaire choisie qui permet de trouver les dates de première parution des textes ainsi qu'une localisation partielle des nouvelles (un seul titre les contenant est indiqué).

Il n'y a pas grand chose de négatif à dire de cet ouvrage. C'est proprement fait, c'est d'une construction à la fois originale (la misanthropie des premiers textes de Sturgeon a rarement été mise en avant) et logique (parce que étayée). Les démonstrations et analyses sont appuyés par de nombreuses citations et validées par une absence d'erreurs factuelles (dans la limite de mes connaissances).
Tout au plus pourrait-on trouver que le lien entre l'homme et l'écrivain est parfois peu fait alors qu'il aurait pu être pertinent pour expliquer les "writer's block" à répétition de l'auteur. Evidemment, comme à chaque fois qu'un ouvrage est à mon sens bien mené, j'en regrette la brièveté. Les (seulement) 120 pages d'analyse assez aérées donnent parfois un sentiment de trop-peu.
Si on veut, un jour, faire croitre le segment des ouvrages de référence dans notre langue, cet ouvrage (qui en plus concerne un auteur dont la carrière est logiquement terminée) serait (AMHA) un candidat de choix pour une traduction VF au sein d'une collection d'essais sur des auteurs précis.
Comme d'autres (par exemple le Leiber mentionné là : http://groups.google.fr/group/fr.rec.arts.sf/msg/511a21b5...) il pourrait, par le fait qu'il traite d'un auteur traduit et apprécié, peut-être intéresser un public suffisamment large (une grosse centaine de personnes) pour rendre l'aventure rentable.

Note GHOR : 3 étoiles

Puisque l'on en est à Sturgeon, je ne peux que conseiller de soutenir l'initiative de NAB qui a entrepris la publication de l'intégrale des écrits (y compris inédits et variations) de l'auteur. Ils en sont au tome 10 ou 11.

14:07 | 14:07 | Etudes mono-auteur | Etudes mono-auteur | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : sturgeon, sf, 3 étoiles, anglais | Tags : sturgeon, sf, 3 étoiles, anglais