18/02/2009
_Science fiction and market realities_
Science fiction and market realities : Gary WESTFAHL & George SLUSSER & Eric S. RABKIN : University of Georgia Press : 1996 : ISBN-10 0-8203-1726-8 (ISBN 10) : 220 pages (y compris index) : une quarantaine d'Euros (en neuf) pour un HC avec jaquette.

La science fiction est avant tout une littérature commerciale, n'en déplaise aux puristes ou aux artistes. C'est en partant de ce constat incontournable qu'on été rassemblés les essais de ce volume qui se veulent apporter un éclairage sur les influences du marché (via ses acteurs : producteurs, éditeurs, acheteurs) sur la façon d'écrire (et de penser) de la SF dans divers média (romans, juveniles, jeux, comics).
Classiquement, il s'agit d'un recueil d'essais dûs à divers auteurs, les essais qui composent ce volume ont été présentés lors de la 12ème conférence J. Lloyd Eaton, en 1990.
Comme d'habitude sur ce type de recueil, les textes qui composent cet ouvrage sont de qualité variable, mélangeant du très bon (avec un début en force grâce à Westfahl) à des productions de qualité que l'on doit aux habituelles pointures de ce genre d'exercice, qu'elles soient auteurs, éditeurs (au sens US) ou universitaires (Spinrad, Slusser, Hartwell, Cramer, Benford). Il y a aussi quelques textes plus anecdotiques (McConnell). Mais globalement l'ensemble est de très bonne tenue avec des éclairages sur des sujets peu abordés (le marketing des juveniles, le marché britannique ou russe...).
En fait, j'ai trouvé ce livre trop court (220 pages, c'est peu, l'ouvrage étant assez aéré) et peut-être manquant encore d'assise factuelle purement économique (chiffres de tirages, niveau du point mort, poids des retours, rapport entre PLV & ventes...) puisque les outils classiques de l'analyse financière ne sont jamais utilisés. A la décharge des intervenants c'est un domaine plutôt pointu, ce qui explique qu'ils ne nous livrent qu'une vision plutôt personnelle du marché et des impacts économiques sur leur travail et non un rapport de commissaires aux comptes.
C'est en tout cas un livre salutaire parce qu'il sort (un peu) la réflexion sur la SF de la sorte de bulle exclusivement artistique dans laquelle elle est habituellement menée. Cette approche économique est suffisamment rare pour être signalée et encouragée, d'autant plus que les très terre-à-terre considérations de rentabilité ou de résultat pèsent certainement plus sur l'évolution du genre que toutes les autres.
La lecture de cet ouvrage doit aussi être faite en prenant en compte que la situation décrite est celle des années 90, ce qui induit logiquement un décalage avec la réalité du marché actuel. Un certain nombre de corrections intellectuelles sont à apporter aux discours tenus mais on ne peut reprocher ce point aux auteurs.
Note GHOR : 3 étoiles
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17/02/2009
_A wealth of fable : An informal history of science fiction fandom in the 1950s_
A wealth of fable : An informal history of science fiction fandom in the 1950s : Harry WARNER Jr. : SCIFI Press : 1992 : ISBN-10 0-9633099-0-0 : 456 pages (y compris index): une trentaine d'Euros pour un HC avec jaquette (disponible chez NESFA).

Ce livre est la suite chronologique de All our yesterdays (du même auteur) qui couvrait les années 40. Il s'agit d'une sorte d'histoire du fandom (principalement US mais on peut aussi y croiser quelques européens) dans les années 50, narré par le petit bout de la lorgnette. Cela donne un livre certes riche en anecdotes (sur 400 pages, il y a de quoi raconter) mais remarquablement pauvre en analyses ou en perspectives historiques.

C'est clairement une oeuvre d'amour et de mémoire mais à force d'y apprendre à longueur de page que Albert Truc, qui résidait dans le Nébraska, a sorti 37 numéros du fanzine Hopla-boom durant les anées 1945-48 mais qu'il s'est disputé avec l'APA voisine au sujet d'une nouvelle non publiée et qu'il a gafiaté, et ainsi de suite ad nauséam, on est rapidement incité à pratiquer une lecture en diagonale.
De plus, le plan de l'ouvrage est très confus. Il mêle une structure thématique (plus ou moins) à une structure chronologique non linéaire, héritage du fait que son contenu est initialement paru et conçu comme une série d'articles. Ceci ne fait qu'ajouter à la pénibilité de la lecture.
Je ne connais pas tous les ouvrages existants sur le sujet, mais cet ouvrage ne peut être considéré comme l'histoire du fandom définitive. Celle-ci reste donc à écrire avec peut-être un peu moins de détails mais avec un peu plus de recul et de mise en perspective.
Le seul intérêt de ce livre est de pouvoir documenter les premiers pas d'un grand nombre de professionnels qui ont fait leurs classes dans le fandom.
C'est donc un témoignange de première main (avec toutes les qualités mais aussi les défauts de ce type de livre de souvenirs) sur les débuts du fandom US et non une étude sur le phénomène lui-même.
Note GHOR : 1 étoile
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11/02/2009
_The Vorkosigan companion_
The Vorkosigan companion : Lilian Stewart CARL & John HELFERS : Baen : 2008 : ISBN-13 978-1-4165-5603-9 : ill Darrell K. Sweet : 469 pages (pas d'index) : une vingtaine d'Euros pour un HC neuf (avec jaquette).

Cet ouvrage fait partie de la catégorie des concordances (on rencontre parfois, comme ici, le terme de companion). Ce type de livre a pour but de rassembler des éléments encyclopédiques autour d'un auteur ou d'une série populaire. C'est un genre d'ouvrage que l'on rencontre habituellement (pour ce qui est de la SF) dans le monde anglo-saxon (il en existe sur Niven, Hamilton, Brin, Foster ou Smith), même si l'ouvrage paru chez Rivière Blanche sur Limat & Coqdor fait parfaitement partie de cette catégorie.

Celui-ci est donc consacré à l'univers developpé par Lois McMaster Bujold dans sa série Vorkosigan. Cette série, dont la publication a commencé en 1986 comporte une dizaine de romans et une demi-douzaine de nouvelles (des novellas plutôt) dont la plupart ont été traduits en VF. C'est une série à succès qui a valu à son auteur nombre de prix (Hugo et Nebula) et a fédéré de nombreux fans, principalement autour du personnage de Miles, le héros de la plupart des textes.
Schématiquement, l'ouvarge est divisé en quatre parties principales :
- une courte (80 pages) partie sur l'auteur avec deux textes parfois autobiographiques de Bujold, une interview d'elle et une de son éditeur chez Baen.
- une très courte (40 pages) partie analytique sur la série.
- une collection de préfaces.
- le coeur du livre, à savoir les données collationnées sur l'univers de Bujold. Il est organisé en divers chapitres : une énorme (200 pages) concordance (c'est à dire un dictionnaire commenté de tous les concepts et personnages que l'on rencontre dans la série), un guide de prononciation, des cartes stellaires, des arbres généalogiques, une chronologie, un résumé des épisodes...

Même si l'on peut quelque part me considérer comme un fan de la série (je l'ai lu en entier et je l'ai suivie depuis sa sortie en magazines), je ne sais pas trop quoi faire de cet ouvrage.
La somme de travail est évidemment colossale et tous les détails de l'univers de Bujold sont explorés. C'est tellement minutieux que l'on peut y apprendre (par exemple) que Miss Pym est la fille du Soldat Pym et qu'elle est la servante de Ekaterin et qu'elle apparaît dans Diplomatic immunity. Le tout sur 300 pages de détails de ce type et de ce niveau de précision.
C'est évidemment fascinant, mais une petite voix me souffle "A quoi bon ?". Je ne suis pas suffisamment passionné par cette série pour estimer pertinent d'encombrer mon cerveau avec cette masse de trivia. Une utilisation possible d'une telle quantité d'information est l'utilisation dans le cadre d'un jeu de rôle, mais l'hyper-detaillage des personnages de la série est peut-être superflu.
La partie la plus intéressante est (AMHA) la première où Bujold nous parle de sa vie et de son métier d'écrivain, y compris sous le toujours intéressant angle économique. Hélas, ce segment est trop court et la suite du livre vire rapidement au concert de louanges. Ces lauriers ne sont pas forcément immérités, en particulier au vu des prix récoltés et de la disponibilité quasi-permanente des ouvrages, mais Bujold n'est pas non plus Shakespeare et l'univers construit n'est pas forcément des plus originaux.
Ce qui est dommage, c'est qu'il y a avait surement matière à faire avec un tel sujet. Les réponses à des questions du type : Comment une mère au foyer peut-elle réussir dans le domaine de la SF militariste ? Quelle est l'idéologie qui sous-tend cette succession de dictatures ou de monarchies ? Quel est l'impact de l'utilisation d'un héros handicappé ?; feraient surement de belles analyses.
Un livre sûrement fait par passion mais difficile à apprécier par ceux qui, comme moi, ne la partagent pas avec la même intensité ou le font avec plus de recul. A réserver aux ultra-fans de Miles.
Note GHOR : 1 étoile
PS : en bonus, une cover gallery là : http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/02/12/lois-mcmast...
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10/02/2009
_Styles of creation : Aesthetic technique and the creation of fictional worlds_
Styles of creation : Aesthetic technique and the creation of fictional worlds : George SLUSSER & Eric S. RABKIN : University of Georgia Press : 1992 : ISBN-10 0-8203-1455-2 : 270 pages (y compris index global et parfois notices bibliographiques) : trouvable d'occase (parfois) pour une vingtaine d'Euros pour un HC (avec jaquette).

Ce volume rassemble 18 essais parmi ceux qui ont été présentés lors de la 11ème conférence J. Lloyd Eaton, en 1989. Ils avaient pour objet de traiter du rôle du style dans la SF&F.
A la différence d'autres ouvrages dans cette série, les essais sont ici d'une longueur assez hétérogène, allant de 6 pages (Brin) à plus d'une trentaine. Au niveau des auteurs, on notera qu'il y a peut-être un peu moins de contributions par le petit groupe des intervenants habituels, même si certains sont maintenant bien connus (Westfahl, Landon, Carter, Parrinder, Freedman).
Sont donc abordés les thèmes suivants :
- "Creation and style : Nature and function" : 3 essais sur une définition plus ou moins théorique, avec une analyse du style de PKD par Freedman.
- "Style and grammar : Voice and mood" : 4 essais sur le style au niveau le plus fin (l'écriture), avec un focus sur l'horreur et un texte sur Schachner par Carter.
- "The rhetorics of style : Figures and effects" : 4 essais sur les effets produits par les divers styles (Satire, Utopie).
- "Style and structure" : 3 essais se focalisant sur des auteurs (Leinster) ou des oeuvres (Misery & Herovit's world).
- "Tropes and aesthetic technique" : 4 essais un peu fourre-tout, traitant par exemple le paysage dans la SF britannique, la fréquence des néologismes dans divers textes ou l'image des musées dans la SF.

Au risque de me répéter, mais cet ouvrage, comme les autres de la même série, est un peu une auberge espagnole. Même si ici le thème général (Style & SFF) est globalement au centre des essais, on constate une grande variété d'approches et de hors-sujets plus ou moins importants.
Par exemple, le texte de Stephanie Hammer étudie trois nouvelles (2 de Fantastique, 1 de SF) est-allemandes dans le but de nous montrer qu'elles sont une critique du régime communiste. Les textes évoqués étant 1) non traduits, 2) d'un manque d'originalité impressionnant (des lunettes magiques, une arche stellaire fictive), 3) non analysés stylistiquement et 4) d'une appartenance à la satire discutable, on se demande le pourquoi de l'inclusion de cet essai d'une qualité intrinsèque plutôt faible.
Il y a donc de tout dans ce recueil avec toutefois un niveau globalement dans les meilleurs de la série.
On appréciera particlièrement Westfahl (encore) avec son étude solide sur les néologismes (construction, fréquence, émetteur), qui avec force tableaux et données montre ce qui semble être une particularité de la SF. Très bons aussi sont les analyses textuelles rapprochées de Dick ou Schachner ainsi que le texte de Miller. On trouvera aussi des analyses pertinentes d'oeuvres de Malzberg ou de King.
Les quelques scories : Brin qui n'a pas grand chose à dire mais qui au moins le fait rapidement, le texte sur l'utopie (Fitting) particulièrement jargonnant et pénible (on en viendrait à penser que TOUS les articles sur les utopies sont aussi chiants à lire que les fictions qu'ils analysent), l'histoire du concept de musée par Crossley; sont certainement inévitables dans ce type d'ouvrage ou sont destinés à une autre public que moi.
Dans les transcriptions des conférences d'Eaton, cet ouvrage est un de ceux qui m'a fait globalement une des meilleures impressions.
Note GHOR : 2 étoiles
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09/02/2009
_Classics of science fiction and fantasy literature Vol. 2_
Classics of science fiction and fantasy literature Vol. 2 : Fiona KELLEGHAN : Salem Press : 2002 : 1-58765-052-5 : 355 pages (y compris index & annexes) : prix : environ 25 Euros port compris pour un HC.

Cet ouvrage est en fait la suite/complément du volume 1 (logique), un ouvrage déjà commenté ici : http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/02/06/classics-of.... Il est d'alleurs numéroté en séquence avec ce volume 1 puisqu'il commence à la page 343.
Son principe est donc le même :
Ce livre a pour ambition de présenter les classiques de la SF&F. Pour ce faire, il traite, sur trois ou quatre pages, d'une centaine d'oeuvres. La présentation est constante, et est divisé en deux parties de longueur inégale. La première, certainement destinée à des étudiants un peu flemmards, (The story) résume le livre d'une façon tout de même assez détaillée (donc attention aux spoilers). La deuxième partie (Analysis) précise la place du l'oeuvre considérée dans la production de l'auteur et dans le genre, puis en dégage les thèmes principaux.
Ce tome prend donc la suite alphabétique du précédent et traite les romans (ou séries ou rares recueils) dont les titres vont de The man in the high castle (Dick) à Zothique (Smith).

On y trouve le même choix très éclectique, tant en terme de genres (SF dans toutes ses variantes, Fantasy ou Fantastique) qu'en terme d'ouvrages, allant des incontournables (1984, Rogue moon, Timescape) à des textes plus rarement rencontrés (When HARLIE was one, Witch world) qui bénéficient d'un coup de projecteur bienvenu.

A noter plusieurs annexes :
- La liste des principaux prix SF et de leurs vainqueurs ainsi que celle des grandmasters honorés par la SFWA.
- Une liste chronologique des titres étudiés (permet un placement dans l'histoire du genre).
- Un classement thématique des titres étudiés (une information souvent présente dans les ouvrages anglo-saxons, une aide pédagogique ?).
- Un guide des ouvrages de référence commenté, très bien fait et aux commentaires (AMHA) fort pertinents qui devrait permettre au novice de se constituer une bonne bibliothèque de base (à noter que cette liste comporte toutefois peu d'ouvrages bibliographiques).
Mon avis reste le même sur cet ouvrage, puisque j'ai toujours les même réserves sur son utilité (malgré ses qualités) pour l'amateur un tant soit peu pointu. L'intérêt des annexes est quand même à signaler.
Note GHOR : 1 étoile
08:09 | 08:09 | Recueils de critiques | Recueils de critiques | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : anglais, 1 étoile | Tags : anglais, 1 étoile