Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/12/2009

_Le feu aux étoiles_

Le feu aux étoiles : Gilles DUMAY : 1996 (?) : Destination Crépuscule (by Bifrost ?) : pas d'ISBN : 171 pages (pas d'index) : coûtait 55 Francs pour un TP illustré en N&B à l'encre rose de couverture assez baveuse.

Le feu aux étoiles.jpg

Voici un ouvrage dont le statut n'est pas clair. Visiblement coordonné par Gilles Dumay et lié à la revue Bifrost, il semble s'agir plus ou moins d'un titre réalisé en conjonction avec un festival (Space-Op 96) qui s'est déroulé à Sophia-Antipolis dont le thème est, comme son nom l'indique, le Space-Opéra (la précédente manifestation de ce type était sur les vampires). Il se présente comme s'inscrivant dans la série d'anthologies Destination crépuscule (qui a connu plusieurs éditeurs) et est illustré (en N&B) de dessins originaux (Patrick Larme et Jeam Tag), de photos et de reproductions de couvertures.

Les Whums se vengent (FN 1969).jpg

A l'intérieur, l'ouvrage est divisé en cinq parties. La première est un mélange de courtes introductions/préfaces/sommaires et d'un article de Joseph Altairac qui met en perspective ce sous-genre de la SF. Elle est suivie par l'essentiel de l'ouvrage (90 pages), la section intitulée "Littérature" qui rassemble des articles de fond (sur l'humour, sur Thirion, sur La plaie de Henneberg...), des interviews d'auteur francophones (Genefort, Ayerdahl, Deff/Wagner, Lehman, Bordage), des très courtes critiques d'ouvrages "en vrac" et une sélection de classiques. Une microscopique (7 pages) partie "Réalités" offre deux articles sur les éventuelles bases scientifiques du Space-Opéra. On trouve ensuite un article sur Star Trek par Ruaud (les restes de son ouvrage chez DLM) et enfin une nouvelle de Thiberge puis une novella de Lehman. A noter l'absence d'index et de légendes pour les images de couvertures (une habitude dans les ouvrages en VF).

Star trek.jpg

Il se dégage de ce livre au demeurant fort sympathique une impression de fouillis complet. Déjà, le mélange fiction et non-fiction est souvent (AMHA) un exercice difficile qui, pour réussir, nécessite une intégration des divers éléments nettement plus travaillée qu'ici. Alternant des articles de fond généralement intéressants et des choses plus courtes sur des sujets anecdotiques ou périphériques, l'ouvrage n'arrive jamais à trouver son rythme ni un certain équilibre. Certains textes (les notules de lecture par exemple) semblent d'ailleurs juste présents pour faire du remplissage. 

La loi des ancêtres (FN 1972).jpg

C'est dommage parce que outre des réflexions pertinentes et documentées sur le SO (dont certaines seront réutilisés telles quelles pour le livre de Colson & Ruaud), les interviews présentent une plus value indéniable (avec des photos des auteurs jeunes nous plongent dans le passé). Par contre la qualité technique de l'ouvrage est assez mauvaise avec des pages floues, une maquette abracadabrante et surtout des reproductions de couvertures faites sur une photocopieuse proche de rendre l'âme (les dessins originaux et les photos sont par contre correctement reproduits).

La plaie (AM 1974).jpg

Au final un ouvrage plutôt mal foutu ou mal pensé qui recèle pourtant de bonnes choses. Un beau potentiel gâché par une exécution indigne (sous la pression des délais ?), dommage.

Le sang des astres (RF 1963).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

10/12/2009

_The feminine eye : Science Fiction and the women who write it_

The feminine eye : Science Fiction and the women who write it : Tom STAICAR (éditeur) : Ungar (série "Recognitions") : 1982 : ISBN-10 0-8044-6878-8 : 148 pages (pas d'index) : coûtait 7 USD pour un TP, existe aussi en HC (-2838-7).

The feminine eye.jpg

Cet ouvrage est paru dans la collection Recognitions de Ungar, un ensemble de recueils d'essais sur des thèmes ou des auteurs liés soit au Policier soit à la SF. Sous la direction de Tom Staicar (comme Critical encounters II), il fait appel à l'écurie habituelle des auteurs travaillant pour Ungar, des gens assez connus dans le domaine des études sur le genre dans les années 70-80 (Arbur, Brizzi, Yoke, Barr). A la différence de la série des Critical encouters, on a ici un thème limpide : les auteurs féminins de SF.

The nemesis from Terra (Ace Double F-123).jpg

Ce court livre contient neuf essais d'une quinzaine de pages. Chacun d'entre eux est donc consacré à un auteur de SF de sexe féminin, avec, par ordre d'apparition : Brackett, Moore, Norton, Cherryh, Tiptree, Charnas, Bradley, Elgin et enfin Vinge (Joan D.). Dans la plupart des analyses la problématique de l'identité sexuelle est centrale et l'orientation féministe généralement marquée. Certains textes (celui sur Brackett par exemple) utilisent une approche plus biographique. On remarquera l'absence d'index et le report des notes en fin d'ouvrage (et non en fin d'article ou en bas de page) avec parfois l'inclusion d'une bibliographie.

L'aventurier de l'espace (RF 1957).jpg

Comme souvent avec ce type d'ouvrage à plusieurs mains, le niveau général est assez variable, à la fois en fonctions des auteurs étudiés et des auteurs qui font l'étude. Il est toutefois plutôt bon grâce à des intervenants qui maîtrisent leur sujet. Même si certaines approches sont un peu trop classiques ("Toward sexual identities" pour Tiptree) ou se concentrent sur des auteurs "prévisibles" (et encore, il n'y a pas d'essai sur Le Guin ni sur Russ), on pourra louer l'attention portée à des auteurs plus rarement étudiés comme Norton ou Vinge.

Les yeux d'ambre (Le Masque 1980).jpg

Un livre peut-être un peu moins militant que d'autres, ce qui lui permet de se concentrer plus sur les écrits que sur l'idéologie. Ceci le rend assez intéressant et génère un regret : la trop faible longueur des essais sur certains auteurs habituellement peu mis en valeur.

La planète des ours (RL 1977).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

27/11/2009

_The entropy exhibition : Michael Moorcock and the British 'New wave' in science fiction_

The entropy exhibition : Michael Moorcock and the British 'New wave' in science fiction : Colin GREENLAND : 1983 : Routledge & Kegan Paul : ISBN-10 0-7100-9310-1 : 244 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait 12 GBP à l'époque pour un HC avec jaquette.

The entropy exhibition.jpg

Cet ouvrage est dû à Colin Greenland, un auteur de SF britannique surtout connu par sa série Tabitha Jute, un space opéra rétro. Basé sur sa dissertation de doctorat d'Anglais, il s'agit d'une sorte d'histoire de la New Wave au travers du magazine New Worlds et de trois de ses figures marquantes (Aldiss, Ballard et Moorcock). Ce mouvement typique des années 60 fut une tentative (principalement britannique) pour réformer la SF de l'époque, considérée comme sclérosée (particulièrement celle parue dans Analog) en y injectant à la fois des techniques littéraires novatrices et des thématiques plus dérangeantes (sexe, mort, entropie) et plus tournées vers le fameux 'inner space'.

Take back plenty (Avonova 1992).jpg

Le livre est découpé en onze chapitres d'une longueur inégale (de dix à quarante pages). Les cinq premiers forment une réflexion historique sur l'évolution des magazines de SF dans les années 60 en abordant plusieurs thèmes (le sexe, la fiction 'anti-spatiale' et l'espace intérieur). Ils sont suivis par trois chapitres consacrées chacun spécifiquement à un auteur (Aldiss, Ballard et Moorcock), le plus long étant celui sur le dernier cité. On trouve ensuite deux chapitres sur les problèmes de style, la touche finale étant donnée par une analyse de l'entropie et/ou la catastrophe (un terme cher à la New Wave). Une bibliographie (primaire et secondaire mélangée) ainsi qu'un index terminent l'ouvrage.

The wrecks of time (Ace Double H-36).jpg

Il est toujours difficile et parfois injuste de critiquer un livre au motif de ce qu'il n'est pas. Il ne faut donc pas penser que l'on a affaire ici à une histoire de la New Wave ou même de New Worlds telle que peut la raconter Ashley par exemple. Il s'agit plutôt d'une ensemble de choses assez disparates, avec un premier groupe de réflexions allant de l'état des magazines de SF au début des années 60 (y compris le couplet habituel sur la dégénérescence d'Astounding/Analog que l'on a lu sous bien des plumes tant britanniques que françaises) à des considérations  sur la série des Jerry Cornélius. On devine un deuxième ensemble constitué des trois études mono-auteurs, des textes intéressants mais qui sortent parfois nettement du cadre de l'ouvrage.

L'assassin anglais (Lattès 1981).jpg

Au final c'est une impression de dispersion qui ressort de cet ouvrage. Au lieu de s'en tenir à un sujet (on peut d'ailleurs se demander lequel, Moorcock, New Worlds, la New Wave ?), on a un collage de diverses pièces dont le lien assez ténu est constitué par un vague rapport avec ces trois sujets. Ce manque de cohésion est d'autant plus regrettable que les théories de Greenland sont pertinentes et argumentées même si elles n'échappent pas à certains lieux communs de la critique SF, certains jugements hâtifs (sur l'imagerie utilisée par les magazines SF) ou des influences un peu trop pesantes (celle d'Aldiss en particulier).

Trillion year spree.jpg

Il s'agit globalement d'un bon ouvrage qui est  à décortiquer pour en extraire les éléments les intéressants. A mon avis, il aurait certainement gagné en force en étant traité d'une façon historiographique plus classique de façon a faire clairement ressortir l'histoire et l'impact de la New Wave sur la SF, un sujet important qui est trop souvent source de fantasmes.

 

Note GHOR : 2 étoiles

14/10/2009

_Science fiction and the two cultures_

Science fiction and the two cultures : Essays on bridging the gap between the science and the humanities : Gary WESTFAHL & George SLUSSER : 2009 : McFarland (série "Critical explorations in Science Fiction and Fantasy" #16) : ISBN-13 978-0-7864-4297-3 : 282 pages (y compris index et bibliographie) : une grosse vingtaine d'Euros pour un TP, disponible chez l'éditeur : http://www.mcfarlandpub.com/book-2.php?id=978-0-7864-4297-3.

Science fiction and the two cultures.jpg

On peut dire que ce volume rassemble globalement les minutes de la 20ème "J. Lloyd Eaton conference on science fiction and fantasy literature" qui s'est tenue en 1999 aux USA (seul trois essais n'y ont pas été présentés). Il s'agit, à ma connaissance, du plus récent des nombreux ouvrages de ce type (qui sortaient avant chez SIUP) consacrés à ce symposium sur la SF qui rassemble autour d'un thème le gratin de la critique littéraire appliquée à la SF. Cette année-là, le thème était la fameuse controverse des "deux cultures" initiée par Snow et Leavis qui postulaient une sorte de schisme entre littéraires et scientifiques.

Contre l'infini (Denoel 1983).jpg

On trouve dans ce recueil, 16 essais assez courts, faisant chacun entre dix et vingt pages. Ils sont regroupés en deux grandes parties, la première consacrée au problème général des deux cultures et la seconde montrant des exemples de son traitement dans des oeuvres de SF (The first men in the moon, Against infinity, le cycle des Robots d'Asimov) ou utilisant des thématiques exportées du genre (Ratner's star de DeLillo). Les auteurs des papiers sont les éternels habitués : Slusser, Westfahl, Fredman, McConnell, Benford, Hendrix. L'ouvrage se termine par une postface de Westfahl qui est une réminiscence des conférences passés, une bibliographie des oeuvres citées (bizarrement divisée en plusieurs sections) ainsi qu'un index.

Beyond infinity (Orbit 2004).jpg

Cet ouvrage est, plus que d'autres de la même série, victime de l'effet fourre-tout. En gros on a deux types d'essais : ceux de la première partie qui se positionnent généralement dans les débat sur les deux cultures mais qui négligent de parler de SF (y compris McConnell comme à son habitude) et ceux de la seconde partie qui parlent de SF mais dont le rapport avec le sujet est au minimum peu évident.

Les robots (JL 1972).jpg

Outre ce manque d'unité, l'ensemble des textes m'a paru d'un niveau plutôt moins bons que d'habitude avec des essais complètement anecdotiques, comme cette recension des robots tueurs (et d'ailleurs quel rapport avec les deux cultures ?) ou celui sur deux ouvrages de SF roumains que personne n'a lu et ne lira jamais tellement l'auteur n'arrive pas à communiquer un quelconque intérêt pour ceux-ci. Même des intervenants généralement inspirés comme Westfahl sont à peine moyen avec sa démonstration statistique du fait que le PIB d'un pays (ici Taiwan) croît de la même façon que le nombre de livres de SF qui y sont publiés, une chose qui apparaît assez logique mais qui demande à être explicitée, chose que l'auteur évite soigneusement.

Les robots de l'aube T1 (JL 1984).jpg

Un ouvrage trop fouillis et trop léger pour être intéressant.

 

Note GHOR : 1 étoile

02/10/2009

_Le détroit de Behring : Introduction à l'uchronie_

Le détroit de Behring : Introduction à l'uchronie : Emmanuel CARRERE : P.O.L. : 1986 : ISBN-10 2-86744-070-X : 122 pages (pas d'index ni de bibliographie) : marqué 72 FRF pour un TP qui semble même pouvoir se trouver en neuf.

Le detroit de behring.jpg

Membre d'une famille de l'intelligentsia française, prodige littéraire devenu cinéaste, Emmmanuel Carrère est un personnage plus associé à la littérature "blanche" qu'au petit monde de la SF. Pourtant, il a toujours affiché clairement un intérêt pour celui-ci, en particulier par cet ouvrage et par sa biographie (sic) de Dick Je suis vivant et vous êtes morts.

Je suis vivant et vous etes morts.jpg

Cet ouvrage reprend le mémoire (de maîtrise ?) rédigé par Carrère au début des années 80. Il s'agit, comme son nom l'indique, d'une introduction à l'uchronie, un sous-genre de la SF qui, même si son nom et son existence sont fort anciens, restait assez peu connu en dehors du cercle des amateurs de SF. En plusieurs chapitres l'auteur nous convie à un tour de l'uchronie en détaillant un certain nombre d'oeuvres appartenant d'une façon plus ou moins centrale (il ne s'agit parfois que de quelques lignes uchroniques au sein d'un roman) à ce genre. Le tout est saupoudré de diverses considérations vaguement philosophiques de l'auteur. On notera la surprenante (pour un mémoire) absence d'index et de bibliographie.

Le son du cor (OPTA 1970).jpg

Comme le reconnaît aisément Carrère, cet ouvrage doit beaucoup à l'encyclopédie de Versins mais il est toutefois bien loin d'en posséder la rigueur. En effet, cet essai manque singulièrement d'une structure discernable (indice = les chapitres ne possèdent pas de titres) et la promenade proposée par l'auteur tourne rapidement au mouvement Brownien. Même si ce que dit Carrère est parfois pertinent, l'ouvrage est trop nébuleux pour donner une idée un tant soit peu nette de l'uchronie à un nouveau lecteur du genre.

Le son du cor (LDP 1978).jpg

Un livre à réserver à ceux que les états d'âme ou les digressions de l'auteur peuvent intéresser (on remarquera une conclusion du style "laissons tomber l'uchronie pour vivre le réel" qui tue littéralement le projet du livre). Un essai qui, faute de mieux, faisait autorité sur le sujet mais qui est heureusement maintenant remplacé par les divers travaux d'Eric Henriet. Une curiosité bien dans l'esprit de ces livres sur la SF écrits par des gens extérieurs au genre où l'absence de connaissance du domaine est masquée par des artifices.

L'histoire revisitée.jpg

Note GHOR : 1 étoile