25/02/2010
_Imaginary worlds : The art of Fantasy_
Imaginary worlds : The art of Fantasy : Lin CARTER : 1973 : Ballantine (collection "Adult Fantasy" #58) : ISBN-10 0-345-03309-4 : 278 pages (y compris bibliographies et index) : coûtait 1.25 USD pour un PB (non illustré) qui se trouve d'occase à des tarif assez élevés.

Cet ouvrage est paru dans la célèbre collection à la licorne de Fantasy "Adulte" de Ballantine. Cette collection a été une des sources du renouveau (ou de la respectabilisation) de ce genre au début des années 70 dans la foulée de la (re)découverte de Tolkien. Carter, déjà auteur de plusieurs séries dans ce domaine (Thongor et autres Conan en collaboration) et d'études sur Tolkien ou Lovecraft a inséré dans la collection qu'il dirigeait cet ouvrage de synthèse sur la Fantasy, le seul titre de non-fiction qui y sera publié.

Les onze chapitres qui composent ce livre se divisent en deux parties inégales. Après une introduction, la première et plus importante constitue une histoire du genre en huit chapitres chronologiques qui commence avec William Morris et qui se termine avec Evangeline Walton. La seconde est plus technique puisque les trois chapitres qui la composent abordent divers points de la construction de mondes imaginaires (magie, flore & faune, géographie, noms...). Le livre se termine par les notes relatives aux onze chapitres (dont certaines font quand même deux pages), une bibliographie secondaire détaillée par auteur ou thème, une bibliographie spécifique à la collection "Adult Fantasy" dont fait partie le livre et un index thématique.

Véritablement précurseur, cet ouvrage peut encore se lire actuellement même si la Fantasy occupe désormais une place nettement plus importante qu'il y a presque quarante ans. Cette production massive amène une complexité théorique accrue, ne serait-ce que par l'émergence de nombreux sous-genres, ce qui rend le tableau brossé par Carter (en gros High Fantasy et Sword & Sorcery) trop simpliste. Malgré tout, la partie historique reste pertinente et d'une lecture agréable qui permet de retrouver certains textes fondateurs ou simplement intéressants un peu oubliés de nos jours.

N'étant ni écrivain, ni très amateur de Fantasy, Je ne peux guère exprimer d'avis que la partie "technique", même si j'ai trouvé la partie consacrée aux noms propres (R'lin K'ren A'a, Tirouv Ompallios, Yog-Haggoth etc...) amusante. On a souvent reproché à Carter de se prendre comme exemple. C'est aussi le cas ici où l'on peut parfois détecter un léger parfum d'autopromotion (personnelle ou pour la collection qu'il dirigeait), un pêché somme toute véniel. Au final un livre à la partie historique originale (il n'existe guère de tentatives similaires) qui offre une bonne perspective sur les débuts du genre.

Note GHOR : 3 étoiles
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22/02/2010
_The artificial paradise : Science fiction and american reality_
The artificial paradise : Science fiction and american reality : Sharona BEN-TOV : 1995 : The University of Michigan Press (série "Studies in literature and science) : ISBN-10 0-472-10580-9 : 201 pages (y compris index) : coûte 65 USD pour un HC d'un format assez étroit non illustré avec jaquette, disponible en neuf chez l'éditeur http://www.press.umich.edu/titleDetailDesc.do;jsessionid=....

Cet ouvrage est écrit par une poétesse et professeur d'anglais dans diverses universités américaines et israéliennes qui est basé sur sa thèse de 1991. Au vu de l'évolution de la carrière de l'auteur, ce livre est écrit par quelqu'un qui reste relativement étranger au genre. La thèse défendue par Ben-Tov est que la SF (et plus précisément la SF américaine moins l'utopie) est une sorte de rêve collectif qui vise à remplacer la nature par la technologie dans le but ultime et paradoxal de permettre à l'Adam américain de retourner dans le jardin d'Eden.

Le livre est divisé en une introduction et cinq chapitres assez longs (sauf le dernier). Le premier se concentre sur la conceptualisation du Paradis Terrestre par la SF via le truchement de la science qui remplace la nature féminine par l'artifice technologique masculin. Le deuxième développe l'idée d'une machine à rêver américaine spécifique que l'on voit par exemple à l'oeuvre chez Mark Twain. Le troisième étend cette image à la frontière spatiale par le biais d'une lecture détaillée de la trilogie Faded sun et de la série Dune. L'avant dernier démonte l'attirance de certaines féministes (Haraway principalement) pour la cyborgisation et le cyberspace. Une courte conclusion ainsi qu'un index clôturent l'ouvrage.

Je dois avouer ne pas avoir accroché à cet ouvrage. L'essentiel du raisonnement de Ben-Tov se faisant sur une base dichotomique très marquée qui oppose les pôles Nature/Femme/Objet/Corps/Emotion/Bien à Technologie/Homme/Sujet/Esprit/Raison/Mal où la SF se retrouve systématiquement du côte du méchant mâle violeur et destructeur de la nature qui veut percer ses secrets (via la science) pour pouvoir la récréer (parce qu'en fait elle lui manque). Même si on peut trouver des exemples de SF manifestant cette idéologie, la réduction du genre à un seul scénario universel est déjà une première idée aussi étrange que prétentieuse.

On tombe là sur le défaut qui sous-tend l'ouvrage, à savoir que la connaissance du genre par l'auteur semble plutôt limitée. Chacune des généralités présentées comme des vérités peut aisément être réfutée par de nombreux exemples (on va dire Simak pour le supposé biais anti-nature de la SF). C'est aussi flagrant dans son analyse de Dune, présenté comme le fantasme machiste du héros tout-puissant, qui me semble être une lecture au premier degré d'un texte fondamentalement bien plus critique sur cette idéologie que Ben-Tov ne le croit. Malgré tout, une partie du livre est intéressante, comme quand l'auteur re-raconte à sa façon critique certaines oeuvres (Player Piano, Snow Queen, Neuromancer) même si, en particulier dans le cas de la trilogie de Cherryh, on arrive vite à saturation face à ce qui pourrait passer pour du simple remplissage. Au final un ouvrage trop binaire et trop peu recherché pour être complètement crédible et qui le fait payer fort cher.

Note GHOR : 1 étoile
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19/02/2010
_The Hugo, Nebula and World Fantasy awards_
The Hugo, Nebula and World Fantasy awards : Howard DEVORE (et Donald FRANSON) : 1998 : Advent : ISBN-10 0-911682-32-5 : 332 pages (y compris index) : coûte 14 USD pour un TP non illustré qui doit pouvoir se trouver en neuf chez NESFA : www.nesfa.org.

Pour faire bref, cet ouvrage est, malgré son titre différent, tout simplement une sorte de version mise à jour de A history of the Hugo, Nebula, and International Fantasy awards des mêmes auteurs. Il s'agit ici aussi de lister les lauréats et nominés de quatre prix centraux du genre jusqu'en 1997 : l'éphémère International Fantasy Award (1951-1957); le Hugo, prix à jury populaire (les inscrits à la Worldcon); le Nebula, prix à jury plus restreint (les membres de la SFWA) et le World Fantasy Award, prix à jury classique (ce dernier s'ajoutant aux prix couverts par la précédente version).

On notera un léger changement de plan puisque l'ouvrage est maintenant intégralement organisé par prix avec pour chacun tout d'abord un court historique général (qui est l'oeuvre de Franson), la liste chronologique des lauréats, des nominés et des présélectionnés (dans les cas de certaines années du Nebula). On trouve parfois (quand l'info existe ou est accessible, souvent pour le Hugo) les classements et/ou les nombres de voix ainsi que des informations ponctuelles (textes retirés, nombre de bulletins, changements divers). Un index général (par auteur ou par titre) termine l'ouvrage.

Malgré des parties historiques intéressantes (mais toujours trop courtes), il s'agit là d'un ouvrage constitué essentiellement de données brutes. Du coup sa seule pertinence est l'usage que l'on peut en faire. Vu l'importance des prix couverts dans la vie du genre, c'est logiquement un ouvrage que l'on est amené à consulter très fréquemment pour obtenir des informations factuelles. Un livre indispensable pour lequel la seule chose à espérer est une version mise à jour pour la décennie écoulée.

Note GHOR : 3 étoiles
08:01 | 08:01 | Ouvrages thématiques | Ouvrages thématiques | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : anglais, 3 étoiles, hugo, nebula | Tags : anglais, 3 étoiles, hugo, nebula
16/02/2010
_The history of the science fiction magazine Part 4 1956-1965_
The history of the science fiction magazine Part 4 1956-1965 : Michael (Mike) ASHLEY : 1978 (première édition) : New English Library : ISBN-10 0-450-03438-0 : 288 pages (y compris appendices mais pas d'index) : coûtait 6.50 GBP pour un HC avec jaquette comprenant deux pages de photographies en N&B.

Ce volume s'insère dans la série "History of the science fiction magazine" due à Mike Ashley. Pour les détails de cette série d'ouvrages hybrides (mélangeant anthologie et ouvrage de référence), voir http://ghor.hautetfort.com/archive/2010/02/01/the-history.... Cet exemplaire correspond à l'édition originale en HC, je ne suis pas sûr qu'il en existe d'autres versions (PB ou variante US).

La décennie évoquée dans cet ouvrage est celle allant de 1956 à 1965, de la fin effective du monopole d'Astounding/Analog aux débuts de la New Wave. La partie historique est plus courte que les précédents volumes puisqu'elle tombe à une soixantaine de pages. La partie des nouvelles compte les habituels dix textes, ici de Sturgeon, Aldiss, Silverberg, Wilhelm, Keyes, Ballard, Harrison, Van Vogt, Porges et Brunner. On constate un mélange de choses très connues (The streets of Ashkelon de Harrison) avec des textes mineurs d'auteurs célèbres (The expandables de Van Vogt) et des auteurs oubliés (Porges). Les annexes sont similaires à celles du tome 3 (20 auteurs) et le cahier photographique central reste à deux pages en N&B.

Encore une fois, appréciation constante de ma part sur la partie référence (majeure sur le sujet jusqu'à une époque récente) et un ensemble de fictions d'une qualité honorable, surtout si l'on prend en compte l'écart énorme qui existe entre la SF de 1956 et celle de 1965. A noter qu'Ashley ne produira pas de tome 5 (1966-1976), cette période étant traitée (partiellement) dans son magistral Gateways to forever.

Note GHOR : 3 étoiles
07:22 | 07:22 | Ouvrages thématiques | Ouvrages thématiques | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : anglais, 3 étoiles | Tags : anglais, 3 étoiles
15/02/2010
_The subject of race in american science fiction_
The subject of race in american science fiction : Sharon DEGRAW : 2007 : Routledge (série "Literary criticism and cultural theory") : ISBN-13 978-0-415-80289-5 : 230 pages (y compris bibliographie et index) : coûte 27 GBP pour un TP non illustré, existe aussi en HC (-97901-6), disponible chez l'éditeur : http://www.routledgepaperbacksdirect.com/books/The-Subjec....

Le problème des races (et donc du racisme qui en découle parfois) est toujours épineux. Bien qu'elle prêche le culte de la différence comme le dit souvent David Brin, la SF n'en est pas moins un genre clairement localisé dans un temps et une société qui ont été (et sont toujours) sujets à des sentiments xénophobes. Il est donc légitime d'essayer de voir comment le genre se positionne pratiquement sur ce point. C'est là le sujet d'étude de DeGraw, un sujet qui reste assez peu évoqué et encore moins étudié d'une façon systématique, le seul ouvrage l'abordant étant celui de Kilgore (http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/06/18/astrofuturi...) sachant qu'il se concentre plus sur un segment limité du genre.

Ce livre se découpe d'une façon assez simple en seulement trois chapitres. Chacun d'eux est nominalement consacré à un auteur, à savoir dans l'ordre (chronologique) : Edgar Rice Burroughs (pour sa série martienne mettant en scène John Carter), George S. Schuyler (écrivain et journaliste noir pour son anticipation des années 30 Black no more) et Samuel R. Delany (auteur noir, étoile montante des années 60 & 70). Ces auteurs sont certes étudiés en détail mais ils servent aussi de "fil rouge" pour un regard détaillé sur la SF et la littérature afro-américaine des années correspondantes qui consacre une large place à des gens comme Bradbury, Heinlein, Butler ou Hopkinson. Divers appendices sont fournis : une chronologie, des notes copieuses (20 pages), une bibliographie des textes cités et un index.

L'impression que m'a laissé ce livre a d'abord été celle d'un manque d'unité. En effet, les trois gros (jusqu'à 80 pages pour celui sur Delany) chapitres semblent former autant d'essais indépendants, dans la mesure où ils se recoupent peu et procèdent d'une approche à chaque fois différente. Le premier est très resserré sur Burroughs et ses textes, le second est une sorte d'histoire de la sphère littéraire afro-africaine militante (donc pas exclusivement spéculative) et les troisième finit enfin par s'ouvrir sur la place des auteurs de couleur dans le genre. On ne peut nier la technicité de DeGraw mais son premier essai est parfois trop classique : la constatation que les lecteurs/producteurs/éditeurs de SF sont très majoritairement des WASP d'où une appropriation des valeurs de ce segment de la population américaine n'est pas fondamentalement nouvelle. La deuxième partie est certes intéressante mais nécessite pour l'apprécier pleinement des connaissances que je ne possède pas. La troisième montre du potentiel mais peine à décider si elle est une étude sur Delany (il en existe déjà plusieurs) ou vraiment sur problème des races dans la SF (ce qui est pourtant le titre de l'ouvrage).

Un livre qui n'est certes pas encore le texte définitif sur le problème mais une bonne base de réflexion sur les attitudes que l'on peut trouver dans le genre, à la fois dans la fiction (voir l'analyse de Farnham's freehold) et dans la vie sociale de celui-ci. Nous nous pensons parfois tolérants et progressistes tant nous embrassons aisément l'alien mais la phrase de Asimov à Delany lors de la remise de son Nebula 1968 en dit long sur le chemin qui nous reste à parcourir ("You know, Chip [Delany], we only voted you these awards because you're Negro..."). Sans tomber dans l'angélisme ou la discrimination positive, une histoire des minorités dans la SF reste à écrire d'autant plus que, d'une façon surprenante, DeGraw ne se traite que des afro-américains et reste silencieuse sur les autres minorités (asiatique ou hispanique par exemple).

Note GHOR : 2 étoiles
09:05 | 09:05 | Ouvrages thématiques | Ouvrages thématiques | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : anglais, 2 étoiles | Tags : anglais, 2 étoiles