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11/05/2010

_Apertures : A study of the writings of Brian W. Aldiss_

Apertures : A study of the writings of Brian W. Aldiss : Brian GRIFFIN & David WINGROVE : 1984 : Grenwood Press (série "Contributions to the study of science fiction and fantasy" #8) : ISBN-10 0-313-23428-0 : xvi+261 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait 30 USD pour un HC non illustré sans jaquette, parfois trouvable d'occase.

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Sous la plume de deux écrivains de SF et spécialistes de la réflexion sur le genre (ils ont par exemple tous les deux collaboré à Foundation), cet ouvrage est une étude approfondie de l'oeuvre de Brian Aldiss. Ce dernier est l'un des auteurs incontournables de la SF britannique. Sir Brian (anobli en 2005) a commencé dans les pulps (ou leurs équivalents anglais) et a affiné ses talents avec des textes assez classiques mais reconnus (Non-stop, Hothouse). Il a ensuite embrassé la New Wave et mené une réflexion sur le genre (qui culminera avec Trillion year spree). Par la suite, il reviendra à la fois à une SF presque "dure" (Helliconia, White Mars) tout en écrivant en parallèle des ouvrages parfois autobiographiques aux frontières du genre.

White mars (Warner 2000).jpg

Divisé en six grands chapitres, cet ouvrage suit une progression chronologique en étudiant les écrits d'Aldiss presque dans leur ordre de parution jusqu'au début des années 80. Chacune des parties est consacré au thème principal qui se dégage de l'oeuvre de l'auteur sur une période donnée (l'opposition intérieur/extérieur, l'ordre et le chaos, l'art, etc.). Avec de nombreuses citations, Griffin ou Wingrove (séparément puisque chaque chapitre n'est écrit que par l'un d'entre eux) s'appuient généralement sur un petit nombre d'oeuvres pour explorer ces thématiques. L'ouvrage comporte aussi des copieuses notes (en fin de chapitre sur plusieurs pages), une bibliographie primaire par ordre chronologique et un index.

Sex and the black machine (IZ).jpg

Même s'il existe un certain nombre d'ouvrages (le Matthews chez Borgo par exemple) ou de textes sur Aldiss, ce livre est l'un des plus complets consacrés à cet auteur important de par sa production et sa longévité. C'est donc une bonne introduction à son oeuvre qui nous est proposée là et un livre à posséder pour qui s'intéresse au genre. Les auteurs plongent bien dans la mécanique de l'écriture et explorent aussi le positionnement d'Aldiss le théoricien vis-à-vis du genre et comment ceci se reflète dans ses écrits.

The long afternoon of earth (Signet 1979).jpg

Malgré tout, je n'ai pas été complètement emballé par ce livre. Peut-être est-ce la juxtaposition de deux voix parfois dissonantes (Wingrove plus SF, Griffin plus littérature), peut-être est-ce l'absence assez généralisée de lien avec la biographie de l'auteur (hormis son passage dans l'armée en Extrême-Orient), peut-être est-ce dû à une analyse un peu trop archétypale et philosophique ou à un sentiment de grand découplage entre l'oeuvre d'Aldiss telle que vue par les auteurs et le monde de la SF dans lequel elle se situait, un univers réel qui est le grand absent de ce livre. Une analyse certes fouillée mais pas complètement convaincante (en ce qui me concerne) et surtout qui (logiquement) n'évoque pas le retour d'Aldiss à une SF plus classique au milieu des années 80, un tournant important dans sa carrière. 

L'hiver d'Helliconia (LDP 1990).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

10/05/2010

_Michael Moorcock : Death is no obstacle_

Michael Moorcock : Death is no obstacle : Colin GREENLAND & Michael MOORCOCK : 1992 : Savoy : ISBN-10 0-86130-087-4 : xii+146 pages (pas vraiment d'index) : coûtait 15 GBP pour un HC avec jaquette illustré en N&B.

Michael Moorcock Death is no obstacle.jpg

Publié par l'éditeur maudit Savoy (un des rares à avoir été victime de la censure du gouvernement britannique), cet ouvrage est une sorte de collaboration entre les deux auteurs britanniques que sont Greenland et Moorcock, le plus jeune interviewant son aîné. Moorcock est une légende du monde de la SFF, un auteur protéiforme connu surtout pour sa Fantasy au kilomètre (avec l'inévitable Elric), mais aussi auteur de SF et acteur central de la New Wave, autant comme organisateur et théoricien que comme pratiquant (on pensera à la série Jerry Cornélius). Un personnage qui a toujours mêlé oeuvres alimentaires et textes plus ambitieux parfois situés aux frontières des genres.

Le programme final (Lattès 1981).jpg

Après une introduction d'Angela Carter, cet ouvrage se compose de sept chapitres d'une vingtaine de pages chacun. Ils sont tous structurés suivant le même principe à savoir celui d'une longue interview entre les deux protagonistes retranscrite sous forme brute d'une suite de questions/réponses. Chacune des parties concerne un aspect précis de la carrière de l'auteur et est toutefois organisée dans un ordre vaguement chronologique. Elles abordent successivement les romans d'Heroic-Fantasy; les textes de SF "classiques" (The blood red game ou la série des Danseurs); les comics; les romans iconoclastes (Behold the man), les Jerry Cornélius et la New Wave; la Fantasy plus ambitieuse (Gloriana) et enfin les choses plus mainstream ou les uchronies. Une dizaine d'illustrations pleine page (couvertures de livres) agrémentent le livre qui n'offre qu'un vague index rudimentaire (du type "le roman X est surtout évoqué dans la partie Y").

Le jeu du sang (OPTA 1976).jpg

Comme Greenland est à la fois un écrivain et aussi l'auteur d'un ouvrage consacré à la New Wave et la scène SF britannique des années 60-70 (The entropy exhibition, voir http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/11/23/7005ab4fb41...), il est ici parfaitement à l'aise pour échanger avec Moorcock ce qui nous donne un véritable dialogue où les propos des deux intervenants sont aussi intéressants l'un que l'autre même si, logiquement, l'aîné prend une place plus importante (après tout, le livre lui est consacré).

The wrecks of time (Ace Double H-36).jpg

Ce livre est rempli d'informations de première main sur la carrière d'un écrivain aussi important que Moorcock mais est aussi le lieu d'une réflexion sur l'écriture, sa technique et son environnement par un homme qui a pratiqué tous les métiers de tous les côtés de la barrière. D'une grande franchise, comme quand il explique qu'il a rallongé la novella Behold the man uniquement pour l'argent (il pensait que sur le plan artistique c'était une erreur de le faire), cette interview est riche d'enseignements. On peut probablement trouver dommage que certaines périodes soient assez rapidement éludées et on pensera ici bien sûr à l'épisode de la revue New Worlds et plus généralement la New Wave où pourtant les souvenirs de Moorcock pourraient être précieux sur un plan historique. Plus embêtant est l'absence d'un index utilisable tant il est basique, ce qui fait que la récupération ultérieure d'une information précise est à peu près impossible à moins de relire l'ensemble (un défaut d'ailleurs partagé par un certain nombre d'ouvrages de référence britanniques). C'est donc un livre d'une agréable et instructive lecture mais qui demande pour être pleinement exploité une véritable mémoire eidétique, une chose que je ne possède pas, hélas.

Elric le nécromancien (TF 1981).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

07/05/2010

_Michael Moorcock : A Reader's Guide_

Michael Moorcock : A Reader's Guide : John DAVEY : 1995 (pour cette impression) : Jayde Design : ISBN-10 0-9520074-0-1 : 36 pages avec feuilles imprimés sur une seule face (y compris index) : coûtait 5 GBP pour une publication format A4 avec reliure en spirale type fanzine.

Michael moorcock A reader's guide.jpg

Ce livre a subi de nombreuses incarnations : tout d'abord en plusieurs éditions limitées (1991 -20 exemplaires- et 1992 -300 exemplaires-), puis réimprimé en 1994 et ensuite en 1995 (cette version). Même s'il est présenté comme un guide de lecture de l'oeuvre de Moorcock, il s'agit en fait plutôt d'une analyse bibliographique poussé des textes d'un auteur dont la complexité est la marque de fabrique tant il en existe de variantes, réécritures, changements de titres, regroupements ventilés dans un nombre impressionnant de séries plus ou moins délibérément interconnectées.

La sorcière dormante (TF 1982).jpg

Ce livre est divisé en de nombreuses petites parties : une préface (par Moorcock Himself), une introduction, diverses listes de titres (romans, omnibus, recueils, non-fiction), une description détaillée du contenu des séries avec explications bibliographiques fournies sur les transformations subies, le même chose pour les titres "standalone", un liste de lecture expliquée avec l'ordre recommandé par l'auteur, des informations sur les pseudonymes et finalement un index.

The best of Michael Moorcock (Tachyon 2009).jpg

C'est à véritable travail de fourmi que s'est livré John Davey. Les recoupements effectués sont impressionnants et la lecture des évolutions successives d'une saga comme celle d'Elric donne presque mal à la tête tant le nombre des opérations de "chirurgie littéraire" (découpages, création de fix-ups, toilettage, expansions, révisions...) pratiquées par Moorcock est important. Seule une lecture minutieuse a pu permettre baliser un tel labyrinthe.

The warlord of the air (DAW 1978).jpg

Paradoxalement, c'est le fait que l'auteur aurait pu en faire plus qui dessert un peu cet ouvrage. En effet, la production de nouvelles par Moorcock n'est tout simplement pas du tout abordée et surtout les informations strictement bibliographiques aussi basiques que les éditeurs des livres évoqués sont absentes. Du coup, il subsiste parfois des doutes sur le contenu de telle ou telle version qui est simplement décrite par Davey comme "USA 1977/UK 1984" ou parfois juste datée sans plus de précision de pays. Il est donc  dommage que tout le travail sur le contenu soit rendu inexploitable par une absence de souci d'identifier le contenant. Il est donc un peu dommage de devoir absolument croiser cet ouvrage avec une bibliographie de Moorcock (comme par exemple The Tanelorn Archives de Bilyeu).

The tanelorn archives.jpg

Note GHOR : 2 étoiles

06/05/2010

_Michael Marshall Smith : The annotated bibliography_

Michael Marshall Smith : The annotated bibliography : Lavie TIDHAR : 2004 : PS Publishing : ISBN-10 1-904619-04-5 : 77 pages (pas d'index) : coûtait 10 GBP pour un TP à la couverture glacée, illustré en N&B, tirage limité à 300 exemplaires numérotés, existe aussi en HC (-05-3).

Michael Marshall Smith The annotated bibliography.jpg

Comme son titre l'indique clairement, ce petit fascicule est une bibliographie commentée de l'oeuvre de Michael Marshall Smith. Après des débuts dans la SF où il écrira trois romans (tous traduits) et un petit nombre de nouvelles (une partie sont parues en VF dans Galaxies), cet auteur britannique s'est dirigé plutôt vers l'Horreur. A noter que, comme d'autres de ses compatriotes qui varient leurs pseudonymes, il utilise un nom différent (Michael Marshall) pour signer ses textes relevant de ce genre.

Interzone 115.jpg

Cette bibliographie couvre donc les écrits de M. M. Smith sur la période allant de 1990 à 2003 et ce quelle que soit la langue dans laquelle ils ont été traduits. Elle est organisé d'une façon standard avec une première partie consacrée aux livres (neuf en tout à la date de rédaction), une deuxième section qui traite des nouvelles (une cinquantaine) et trois petites parties qui recensent la non-fiction (une sélection seulement), les livres conçus par l'auteur et une bibliographie secondaire choisie (2 items y compris celui-ci). Les entrées sont classées par ordre chronologique de première parution. De nombreuses vignettes en N&B illustrent les éditions présentées et sont parfois regroupées en pages thématiques.  

Redshift (Roc 2001).jpg

On regrettera tout d'abord l'absence complète d'index. Un choix difficilement compréhensible et pour tout dire assez énervant à l'usage. Heureusement que la production totale de l'auteur est  faible car il faut, pour toute recherche, parcourir l'intégralité de la section concernée avant de tomber sur l'information souhaitée. Les illustrations sont aussi d'une qualité de reproduction parfois assez faible (problème de qualité de papier ou de taille d'image insuffisante ?) qui ne met pas forcément en valeur les ouvrages présentés qui ressortent certaines fois comme de petits rectangles sombres.

Galaxies 33.jpg

Malgré tout, ces problèmes techniques qui auraient dû être résolus ne doivent pas faire oublier la très grande qualité bibliographique de l'ouvrage et du travail de Lavie Tidhar. C'est une véritable mine d'information et de détails dont l'importance est à souligner. En effet, M. M. Smith fait partie de ces auteurs dont le travail a souvent été publié dans des supports assez peu accessibles ou dans des éditions confidentielles (comme son recueil sorti par Earthling Publications ou ce recueil gratuit tiré à seulement 5000 exemplaires), ce qui le rapproche d'un auteur comme Powers (dont la bibliographie a d'ailleurs été aussi publiée par PS). A noter quand même certains manques sur la VF, comme par exemple l'oubli de la traduction de Hell hath enlarged herself dans Galaxies #28. Au final c'est un outil de qualité qu'une technique un peu mieux maîtrisée aurait pu rendre incontournable.

Galaxies 28.jpg

Note GHOR : 3 étoiles

05/05/2010

_Monad 1 : Essays on Science Fiction_

Monad 1 : Essays on Science Fiction : Damon KNIGHT (editor) : 1990 : Pulphouse Publishing : ISBN-10 1-56146-430-9 : 91 pages (pas d'index) : coûtait 5 USD pour un TP non illustré, existe aussi en HC à tirage limité (-431-7).

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Edité par Pulphouse, une des premières small-presses spécialisées dans la SF à la fin des années 80 (on lui doit une série d'anthologies originales ainsi que de nombreux recueils souvent en tirage limité), cet ouvrage est une sorte de magazine critique à parution irrégulière dont il n'existera que trois numéros. Sous la houlette de Knight, sa ligne éditoriale qui excluait les contributions "des fans, des universitaires et des anecdotalistes" en privilégiant les "véritables" écrivains (sous-entendu de fiction) sera une source d'agacement au sein des commentateurs habituels du genre et peut éventuellement expliquer la courte vie de ce magazine.

Rule golden & Double meaning (Tor Double 34 1991).jpg

Cette première livraison contient cinq textes dont seulement trois sont inédits. Outre un poème de Disch (sur la vie au jour le jour d'un auteur), on y trouve un essai de Le Guin (sur la Fantasy et les dragons, tendance féministe), une courte réminiscence de Aldiss (tirée de Bury my Heart at W. H. Smith), un texte de Sterling sur les simulacres et finalement un essai historique de Knight. Un très court "courrier des lecteurs" (une lettre) clôture un ouvrage qui ne possède pas d'index et dont seul le texte de Sterling propose une bibliographie.

Crystal express (Ace 1990).jpg

Il est évident qu'en semblant impliquer que seuls les auteurs de SF peuvent parler du genre d'une façon pertinente, Knight n'allait pas se faire que des amis dans le petit monde de la réflexion sur celui-ci, un univers plus peuplé de fans ou de professeurs que d'auteurs qui ont mieux à faire sur le plan économique. Il faut ajouter à cela que le projet manque un peu de ligne directrice comme le montre la présence du poème de Disch qui est pour le moins incongrue, à moins que cela ne soit que du remplissage, faute de textes disponibles.

334 (Denoel 1976).jpg

Comme en plus, les textes proposés sont d'une qualité assez faible et surtout (contrairement aux objectifs de l'éditeur) parfois strictement anecdotiques comme le Aldiss et plus grave le Knight qui est juste une vague promenade dans l'histoire de la SF mêlée à des souvenirs personnels de l'auteur (le tout étant largement aéré pour masquer un net manque de consistance), le résultat final est décevant. En gros, seul un tiers du recueil (Le Guin et Sterling) propose une vraie réflexion sur le genre digne de revues comme Foundation ou Extrapolation, un pourcentage qui n'est guère à l'avantage de Knight particulièrement au vu de son ambitieux manifeste qui ouvre ce recueil ("Only SF writers can criticize it from the inside").

Foundation 41.jpg

Note GHOR : 1 étoile