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07/04/2010

_Keith Roberts_

Keith Roberts : Paul KINCAID & Geoff RIPPINGTON (éditeurs) : BSFA (série "British Science Fiction writers" #2) : 1983 : pas d'ISBN (publication amateur) : 50 pages (y compris bibliographie) : format A5 agrafé avec plusieurs pages d'illustrations en N&B, à peu près introuvable.

Keith Roberts.jpg

Ce livre est le second d'une courte série de monographies sur les auteurs de SF britanniques, dont je ne connais que deux volumes (celui-ci et le Shaw, le Moorcock et le White étant annoncés). Publiée par la BSFA (British Science Fiction Association), cette collection était dirigée par Kincaid & Rippington, deux membres actifs du fandom UK, et se voulait procéder à une réévaluation des auteurs nationaux qui étaient insuffisamment étudiés en comparaison de leurs collègues américains. Keith Roberts est en effet un cas exemplaire de cette négligence. Un auteur surtout connu pour une seule oeuvre (Pavane bien sûr) et à la visibilité réduite mais qui a toujours eu un cercle d'admirateurs parmi ses collègues et qui a été relativement bien servi pour les traductions en VF.

Pavane (LDP 1978).jpg

Cet ouvrage se compose d'une préface de Roberts lui-même, d'un essai détaillé de Paul Kincaid qui parcourt chronologiquement la production de l'auteur en détaillant quasiment l'ensemble de ses textes (nouvelles et romans) et d'une bibliographie complète (à l'époque) compilée par Mike Ashley qui liste séparément les livres (une douzaine), les nouvelles (quatre-vingts), les textes de non-fiction et les illustrations réalisées par l'auteur (on lui doit aussi l'illustration de couverture de cette monographie). On notera les trois pages de reproduction de couvertures (12 au total) ainsi que plusieurs dessins intérieurs dus au crayon de Roberts. On remarquera l'absence d'index.

Survol (LDP 1993).jpg

Cette série de monographies est particulièrement séduisante et son projet était (est toujours) pertinent puisque ces volumes sont les seuls sur ces auteurs. L'analyse de Kincaid est parfaitement menée et aborde l'ensemble des oeuvres de Roberts ce qui nous évite une focalisation sur l'omniprésent Pavane qui, malgré ses qualités, est parfois un peu trop envahissant dans les évocations de l'oeuvre de l'auteur. On trouve y donc discutés et détaillés des romans comme The chalk giants ou Kiteworld mais aussi des nouvelles comme Weihnachtabend (encore une unchronie !).

Les géants de craie (OPTA 1976).jpg

Au total un petit livre très intéressant et qui donne envie de (re)lire Roberts même si les derniers de textes de celui-ci ne sont (heureusement) pas abordés. On passera sur la qualité technique des reproductions de couvertures qui est assez mauvaise (mais ce sont les limites de ce type de production amateur) alors que les dessins de Roberts sont nettement mieux rendus et on appréciera la bibliographie de Ashley même si les réserves d'usage quand à l'utilisation actuelle de travaux ayant trente ans doivent être faites.

Molly zero (LDP 1990).jpg

Note GHOR : 2 étoiles

06/04/2010

_Joe Haldeman_

Joe Haldeman : Joan Gordon : 1980 : Starmont (série "Reader's guide" #4) : ISBN-10 0-916732-06-1 : 64 pages (y compris bibliographies et index) : coûtait 10 USD pour TP peu solide et peu facilement trouvable en occase, existe aussi en HC (-15-0).

Joe Haldeman.jpg

Ce court fascicule fait partie de la série de monographies d'auteurs de SF publiées par Starmont. A noter que, au vu de divers détails, il s'agit là d'une réimpression à l'identique (hormis la couverture et bien sûr le prix) tardive d'un des premiers volumes de la collection. Il est donc consacré à Joe Haldeman, un auteur présent dans le paysage de la SF depuis les années 70 et dont l'oeuvre majeure et la plus connue (qui a raflé le Hugo et le Nebula) est évidemment The forever war, célèbre roman anti-militariste basé sur son expérience de combattant dans la guerre du Viêt-Nam. C'est d'ailleurs sans doute cette notoriété qui lui a valu si rapidement (moins de 10 ans entre son premier texte et cette étude) d'avoir un volume qui lui soit consacré.

La guerre éternelle (OPTA 1976).jpg

Ce livre est divisé en une dizaine de courts chapitres, suivant ainsi l'usage de la série. On trouve successivement une chronologie de la vie de l'auteur (qui s'arrête en 1979), une introduction d'orientation biographique, une suite de plusieurs chapitres consacrés chacun à un titre précis (dans l'ordre : War year, The forever war, Mindbridge, All my sins remembered et Infinite dreams, un recueil), et trois bibliographies annotées (une pour la fiction, une pour la non-fiction et une pour les sources secondaires, essentiellement des critiques dans les revues de SF). Un index termine l'ouvrage.

Mindbridge (Orbit 1984).jpg

La première impression à la lecture de cette monographie, est qu'elle vient bien trop tôt dans la carrière de l'auteur. Il est clair que les choses que Haldeman avait à dire ne l'étaient pas encore complètement en 1979 (date de l'écriture de cette étude) comme le montrent ses rajouts à The forever war pour l'amener à une "trilogie thématique" (avec Forever free & Forever peace). Du coup, l'analyse de Gordon donne une malheureuse impression de bâclage qui est surtout due au manque de matière. Pourtant il y a parfois de bonnes analyses menées à partir du texte de l'auteur et un certain nombre d'informations bienvenues sur les conditions de création de certains romans qui sont en fait des fix-ups.

Forever peace (Ace 2000).jpg

Ce sentiment de précipitation est d'ailleurs renforcé par une qualité du produit assez calamiteuse tant au niveau de la conception (du genre photocopie visible de bouts de documents collées ensemble) que de la réalisation (pages se détachant du reste du livre). Mis en parallèle avec le prix demandé (10 USD pour un TP de 64 pages), on peut être légitiment énervé par un ouvrage d'opportunité. Il n'est d'ailleurs pas sauvé par une bibliographie annotée rachitique (elle donne surtout le résumé des intrigues) et incomplète puisque ne traitant que des premières éditions et négligeant les nouvelles. Dommage pour une réflexion parfois bien menée mais desservie par un emballage médiocre.

Rêves infinis (Denoel 1981).jpg

Note GHOR : 1 étoile

31/03/2010

_A James Gunn Checklist_

A James Gunn Checklist : Chris DRUMM : 1984 : Chris Drumm (série "Drumm Booklet" #16) : Pas d'ISBN : Non paginé (24 pages) : Coûtait 1.25 USD pour un format plus petit que A5 agrafé au centre et avec couverture rigide qui se trouve pour assez cher d'occasion.

A James Gunn checklist.jpg

Ce minuscule ouvrage fait partie de la série de bibliographies éditées (et souvent réalisées) par Chris Drumm dans les années 80 (et qui dureront jusqu'au 90). Leur originalité était de couvrir des auteurs plutôt atypiques (Lafferty, qui verra une partie de sa fiction publiée par l'éditeur) ou à la réputation assez faible (Reynolds). Ici, elle s'intéresse à James Gunn, un auteur de midlist typique des années 60-70, un spécialiste du fix-up (la plupart de ses romans sont de ce type) qui connaîtra une certaine notoriété de par l'adaptation à la télévision de The immortals. Il est aussi un des rares personnages à posséder légitimement une double casquette d'écrivain et d'universitaire.

The witching hour (Dell 1970).jpg

Cette bibliographie commence par une introduction de quatre pages signée par Stephen H. Goldman, un collègue de Gunn qui passe en revue ses principaux textes. La seconde partie utilise le format des premiers fascicules de Drumm, à savoir un listing par ordre chronologique des textes de l'auteur. On y trouve donc, regroupés par année (de 1947 à 1984) et numérotés séquentiellement, les oeuvres de l'auteur (quels que soient leur format ou leur type). Pour chaque item, un certain nombre d'informations bibliographiques sont données suivant le type, par exemple pagination et prix pour les livres, parutions successives pour les textes courts, de même que des informations ponctuelles. A noter que les réimpressions (dans la même collection) sont listées de même que les éditions étrangères (plus nombreuses qu'il n'y paraît). Deux courts extraits de lettres de Gunn datant de 1984 donnent ensuite des précisions sur ses projets de l'époque et un index par titre permet d'exploiter tout cela.

The mind master (Timescape 1982).jpg

Sur un plan technique, le niveau est bon, surtout si l'on compare ce titre avec les premiers (comme le Clement). Même si on reste clairement dans la production artisanale à la machine à écrire, les coquilles et ratures sont rares et l'ensemble est lisible (malgré un format plutôt petit). La couverture internationale est un vrai plus surtout dans ce cas où elle est d'une qualité étonnante pour un ouvrage américain : les deux éditions de Le pont sur les étoiles sont par exemple mentionnées (même si la réimpression de 1979 du Masque est omise), les traducteurs sont précisés. On regrettera toutefois qu'elle se limite généralement aux romans.

Le pont sur les étoiles (Satellite 1958).jpg

Un auteur comme Gunn pose un certain nombre de problèmes bibliographiques : quelques changements de titres (The mind master = The dreamers), des expansions de nouvelles (Sine of the Magus) et surtout un mode de production des romans à partir de nouvelles existantes (à la Van Vogt). Tout cela nécessite un outil bibliographique affûté pour pouvoir espérer s'y retrouver sans avoir à (re)lire l'intégralité de la production de l'auteur, certes peu volumineuse dans l'absolu mais quand même de taille. Heureusement, Drumm se montre à la hauteur de la tâche et est le seul à l'avoir menée à bien. C'est fort louable.

Le pont sur les étoiles (Le Masque 1975).jpg

Note GHOR : 3 étoiles

30/03/2010

_Millennial Mythmaking _

Millennial Mythmaking : Essays on the power of science fiction and fantasy literature, films and games : John PERLICH & David WHITT : 2010 : McFarland : ISBN-13 978-0-7864-4562-2 : x+202 pages (y compris index) : coûte 40 USD pour un TP non illustré, disponible chez l'éditeur : http://www.mcfarlandpub.com/book-2.php?id=978-0-7864-4562-2.

Millennial mythmaking.jpg

Vous me permettrez d'expédier cet ouvrage en un minimum de temps. Il s'agit d'un recueil de neuf essais par des illustres inconnus dans le monde de la SF (ils sont presque tous et toutes "professors of communication") sur des sujets vaguement en relation avec la SF&F et les mythes (avec force citations de Campbell, mais pas celui d'Astounding, l'autre). Je ne suis pas un spécialiste sur la partie mythes, mais je peux dire par contre que la connaissance de la SF des intervenants est au mieux un simple vernis. En gros, c'est la SF&F au cinéma (Harry Potter, La planète des singes, Ghost in the shell, Le labyrinthe de Pan) ou à la télévision (Star Trek, Heroes).

Star Trek 3.jpg

On peut se demander comment un tel collage de textes sans aucun intérêt a pu voir le jour. Par exemple on a presque trente pages d'un essai surréaliste (une passion qui naît quand l'auteur a vu un des films à la télévision) sur l'utilisation de la couleur dans la série Harry Potter qui en liste toutes les occurrences dans le texte pour aboutir à la conclusion que, quand Rowling utilise des objets rouges ou verts (ce sont aussi les couleurs de Noël nous précise l'auteur), c'est important et symbolique (de quoi n'est d'ailleurs pas vraiment explicité), la preuve : Harry Potter a les yeux verts et Voldemort les yeux rouges. On trouve aussi dans cet ouvrage une discussion sûrement très intéressante sur Les triplettes de Belleville mais dont la présence dans un ouvrage consacré au genre est plutôt mystérieuse. Le reste est à l'avenant, une couche de jargon Campbellien plaquée sur un lot de films loués dans le vidéo-club du coin.

Mission to Horatius1.jpg

A 40 Dollars le livre de 200 pages, on frise l'escroquerie, surtout quand les prestations annexes sont d'un aussi piètre niveau, comme cet index qui donne des numéros de pages erronés. On pourra juste sauver de ce naufrage le texte sur les avatars féminins de Second Life (dont le rapport réel avec la SF est pour le moins discutable), qui pose certaines questions intéressantes (Pourquoi la norme est-elle pour toutes les femmes de ressembler à Angelina Jolie ?) mais n'apporte guère de réponses structurées.

Note GHOR : 0 étoile

29/03/2010

_James H. Schmitz : A bibliography_

James H. Schmitz : A bibliography : Mark OWINGS (et Janet KAGAN) : 1973 : Croatan House : ISBN-10 0-08838-902-8 : non paginé (18 pages au total) : prix inconnu pour un petit fascicule format A5 type fanzine avec couverture cartonnée et agrafage central, difficile à trouver.

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Publié par la maison d'édition co-fondée par Owings (qui sortira au moins un tome similaire sur Heinlein), ce petit ouvrage est donc une bibliographie de James H. Schmitz. Celui-ci est l'un des authentiques "petits maîtres" de la SF. Assez peu traduit et finalement assez peu productif, il n'en reste pas moins un auteur dont on se souvient avec plaisir. Il faut donc remercier Eric Flint et Baen d'avoir récemment (au début des années 2000) remis à la disposition des nouveaux lecteurs une bonne partie de son oeuvre (les séries Telzey, Trigger et Hub).

Tnt (Baen 2000).jpg

D'une façon assez surprenante, la plus grosse partie (une douzaine de pages) de cette bibliographie est en fait constituée par un texte (The Natural heroine of James H. Schmitz) de Janet Kagan, une auteur de SF qui a fait partie de l'école Analog dans les années 90 (Hugo 1993 pour The nutcraker coup). Elle y fait l'éloge de Schmitz sous un angle assez intéressant, celui de son utilisation intensive de personnages principaux féminins qui échappent aux stéréotypes sexués. On trouve ensuite la bibliographie proprement dite. Celle-ci est organisée par ordre alphabétique et couvre uniquement les parutions en langue anglaise en mêlant romans et nouvelles. Elle fournit les informations bibliographiques habituelles permettant soit de discerner les diverses éditions soit de localiser les textes courts. Une chronologie des oeuvres (de 1943 à 1974 -sic-) termine l'ouvrage.

The demon breed (Ace 1968).jpg

Il n'y a rien à dire sur l'article de Kagan qui montre, sous la plume d'une pratiquante du genre, que celui-ci n'est pas forcément peuplé que de héros mâles débordant de testostérone, y compris sous la plume d'auteurs masculins. C'est d'autant plus intéressant que Schmitz écrivait essentiellement pour Analog, une revue qui a toujours été parmi les plus influentes et les plus connotées "conservatrice". Appuyé par de nombreux extraits, il montre un auteur d'un modernisme assez étonnant.

Analog 1971-06.jpg

La partie strictement bibliographique est nettement moins convaincante. Tout d'abord elle n'est techniquement pas exempte de défauts au niveau exactitude (certaines reprises de nouvelles en anthologies sont oubliées). Elle est aussi, d'une façon logique pour un livre qui va sur ses quarante ans, très dépassée temporellement.  Elle souffre aussi d'une organisation assez peu lisible avec un mélange permanent entre recueils et nouvelles homonymes (les premiers sont uniquement identifiables par leur soulignement) et un texte très dense organisé en blocs qui aurait gagné à être aéré par quelques retours chariot. Malgré tout une tentative plus qu'honorable pour un auteur qui le mérite largement.

Agent de Véga (OPTA 1970).jpg

Note GHOR : 2 étoiles