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17/06/2021

_A Lit Fuse_

A Lit Fuse : The Provocative Life of Harlan Ellison : Nat SEGALOFF : 2017 : NESFA Press : ISBN-13 978-1-61037-323-4 (la fiche ISFDB du titre) : 416 pages (y compris index et bibliographie) : coûtait 35.00 USD pour un hc avec jaquette illustré d'un cahier central de photographies, disponible chez l'éditeur, existe aussi en version à tirage limité (-322-7).

ellison,anglais,2 étoiles

Il n'est pas utile de présenter Harlan Ellison (normalement je devrais ajouter à son nom un signe ®) à la plupart des amateurs un tant soit peu pointus de SF (pour d'autres souvent plus jeunes, ce nom ne leur dira rien du tout). Il est connu en France par ses nouvelles souvent aux limites du genre et sans doute encore plus par son rôle d'anthologiste de la série Dangerous Visions. Dans son pays d'origine, il est connu comme l'un des "personnages" du genre, s'étant forgé une réputation de show-man (il a même écrit des nouvelles dans une vitrine), d'enfant terrible (cf. l'incident avec Connie Willis à la Worldcon de 2006), de provocateur (dans des talk shows par exemple) et de procédurier n'hésitant pas a faire des procès à tout va. Nat Segaloff, un ami tardif (ils se sont rencontrés en 1996) d'Harlan Ellison nous propose donc une biographie de l'auteur (décédé en 2018, soit juste après la sortie de ce livre) à partir de nombreuses interviews et des nombreux écrits autobiographiques existants (comme son ami Asimov, Ellison adorait écrire du paratexte autour de ses nouvelles, le sujet principal en étant lui-même).

ellison,anglais,2 étoiles

Outre un paratexte important (deux préfaces, une postface, un cahier photographique de 32 pages, une interview, un index, une courte bibliographie secondaire et diverses annexes), l'ouvrage se divise en 16 chapitres de taille inégale. Ces parties sont plus ou moins dans un ordre chronologique tout en se concentrant de façon sérielle sur certains sujets (l'anthologie The Last Dangerous Visions, ses démêlés avec Gene Roddenberry, l'affaire Willis...). Le tout est narré dans un style léger et qui privilégie la parole d'Ellison plutôt que l'analyse et l'enquête.

ellison,anglais,2 étoiles

Si la lecture de l'ouvrage est plutôt agréable, car riche de pas mal de péripéties, l'impression générale est celle d'un texte qui est logiquement nettement dans le camp des "pro-Ellison" et où transparaît l'admiration de Segaloff pour son sujet. Plus orienté "gossip" qu'analyse littéraire, c'est une occasion de découvrir une personnalité marquante du genre qui reste peu connue dans nos contrées. Malgré l'enthousiasme de son biographe, je dois avouer que Ellison ne ressort pas grandi (en ce qui me concerne) de cet ouvrage. Il donne l'impression d'être une de ces personnes prétentieuses et sûres de leurs nombreuses qualités qui n'utilisent pas leur indéniable intelligence pour être en harmonie avec leurs semblables. Mais c'est à chacun de se former une opinion de l'homme qu'était Ellison à partir des éléments fournis par Segaloff. Au final, une lecture intéressante mais un ouvrage peut-être trop proche de son sujet.

ellison,anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

14/05/2021

_Science Fiction_ (Byrne-Smith)

Science Fiction : Dan BYRNE-SMITH (editor) : 2020 : Whitechapel Gallery (série "Documents of Contemporary Art") : ISBN-13 978-0-85488-281-6 (la fiche ISFDB du titre) : 239 pages (y compris index et bibliographie) : coûtait 16.95 GBP pour un tp non illustré, disponible (ou pas) chez l'éditeur, co-édité avec The MIT Press.

anglais,0 étoile

Je n'ai pas trop compris à quoi pouvait bien servir ce livre.  Il s'agit d'un recueil de textes qui sont souvent des extraits d'essais tirés de sources plutôt obscures et gravitant autour du monde de l'art. Du coup, il me semble que le but de cette collection de documents (c'est comme cela qu'elle est présentée) est de fournir la matière première à des plumitifs qui ont besoin de rédiger un catalogue d'exposition pour une galerie d'art, un musée ou une médiathèque. Comme cela, ils pourront citer Suvin (le novum expliqué en deux pages et demie), Atwood, Baudrillard ou même pour les plus pointus Haraway (celle des cyborgs) sans y comprendre quelque chose.

anglais,0 étoile

De ce ramassis d'écrits pathétiques (Atwood qui nous ré-explique qu'elle n'écrit pas de la SF), prétentieux ou sans intérêt (des descriptions d'œuvres graphiques ou multimédia sans que l'on puisse les voir), l'amateur du genre pourra à peine sauver l'interview de Kim Stanley Robinson, celle de Ballard (qui date de 1971 !) et la short-short de Ted Chiang. Je ne peux me prononcer sur ce qu'y trouvera l'amateur d'art.

anglais,0 étoile

Note GHOR : 0 étoile

10/05/2021

_Darwinian Feminism and Early Science Fiction_

Darwinian Feminism and Early Science Fiction : Angels, Amazons and Women : Patrick B. SHARP : 2018 : University of Wales Press (série "New Dimensions in Science Fiction") : ISBN-13 978-1-78683-229-0 (la fiche ISFDB du titre) : xii+193 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 60.00 GBP pour un petit hc non illustré sans jaquette, disponible chez l'éditeur, aussi disponible en e-book.

anglais,2 étoiles

En donnant dans la caricature la plus complète, il y a deux sortes d'auteurs qui écrivent sur les interactions entre science fiction et féminisme : ceux qui "connaissent" le féminisme (Barr, Melzer) et ceux qui "connaissent" la science fiction (Yaszek, Davin, Larbalestier). Il en résulte généralement des "récits" très différents, les premiers nous racontant l'histoire d'une citadelle masculiniste prise d'assaut par de courageuses guerrières durant les années 60, les seconds nous peignant un genre à dominante masculine tant dans ses producteurs que de ses consommateurs mais où certaines voix féminines et féministes ont pu se faire entendre dès le début. Je dois avouer que c'est avec plaisir que je peux placer Sharp dans le second camp. En s’appuyant sur une étude détaillée du matériau qui est quand même la base de toute analyse sur le genre, c'est à dire les textes eux-mêmes, l'auteur trace l'influence du "Féminisme Darwinien" (l'idée que la théorie de l'évolution postulée par Darwin peut justifier/appuyer des aspirations féministes) dans la proto-SF et surtout dans les magazines SF des années 20 et 30.

anglais,2 étoiles

La démonstration de Sharp est parfaitement maîtrisée et s'appuie sur des lectures de textes d'un petit groupe d'auteurs féminins (Lilith Lorraine, Clare Winger Harris, Leslie F. Stone, Leigh Brackett, C. L. Moore...) qui, au sein d'un univers clairement masculin (je le répète), ont introduit diverses thématiques ou problématiques (par exemple le contrôle de la reproduction) sous des angles clairement identifiables comme féministes. Il se penche aussi, mais d'une façon moins détaillée, sur certains textes (plutôt des romans) qui sont antérieurs à l'émergence du genre comme le célèbre (du moins dans certains cercles) Herland de Gilman.

anglais,2 étoiles

Même si ce livre est assez salutaire en ce qu'il rétablit certaines données factuelles un peu oubliées comme la fameuse légende urbaine du "prénom" non genré obligatoire de C. L. Moore qui est une fois de plus, renvoyée au rayon des fantasmes (à la base, on trouve l'information dans l'interview de Moore par Elliot), ou qu'il procède à une réévaluation du rôle de Gernsback dans la publication de ces premiers écrits féministes (c'est Westfahl qui va être content), il existe un certain nombre de choses qui m'ont moins séduit dans cet ouvrage. Pêle-mêle, je lui reprocherais son prix (quand même 70 Euros pour un livre de moins de 200 pages à la mise en page assez aérée), le fait que la partie vraiment consacrée à la SF ne commence qu'à la page 70 (le début du livre, en gros les trois premiers chapitres sur 5, est une étude sur l'histoire des sciences et du Darwinisme vue sous le prisme du féminisme) et le fait que le corpus étudié reste de facto assez limité (à une trentaine de textes). Il n'en reste pas moins que l'ensemble (du moins la partie SF en ce qui me concerne) est intéressant et bien mené. Un livre à lire pour mieux appréhender les débuts de l'implication des femmes et du féminisme dans le genre.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

04/05/2021

_Aliens in Popular Culture_

Aliens in Popular Culture : Michael M. LEVY & Farah MENDLESOHN (editors) : 2019 : Greenwood : ISBN-13 978-1-4408-3832-3 (la fiche ISFDB du titre) : xviii+335 pages (y compris index) : coûte 94.00 USD pour un grand hc parcimonieusement illustré en n&b, disponible chez l'éditeur, existe aussi en ebook (-3833-0).

anglais,1 étoile

Compilé par Levy et Mendlesohn assistés d'un grand nombre de collaborateurs (pas loin d'une centaine !), cet ouvrage est une sorte d'encyclopédie autour du thème de l'alien (l'extraterrestre, pas l'étranger) dans la culture populaire, c'est à dire en gros dans tous les types de supports que l'on peut imaginer : SF écrite, cinéma, télévision, comics, jeux vidéos, musique. Il s'agit donc d'un ensemble qui comporte une préface (Mendlesohn), une introduction (Benford), 4 "essais" (de cinq pages et d'une approche générale) et surtout une grosse centaine d'"entrées" d'environ trois pages chacune (avec une micro-bibliographie à chaque fois). Il y a enfin une longue liste de contributeurs et un index (mais pas de bibliographie d'ensemble).

anglais,1 étoile

Les entrées sont donc présentées par ordre alphabétique, de The Abyss (le film) à The X-Files (la série TV). On y trouve des textes étudiant des œuvres précises (surtout des films), sur des ensembles fictifs (des séries de films, de jeux, de romans...), des auteurs (de David Almond -?- à Robert Charles Wilson) ou des sujets divers (les Greys, les aliens "polaires"). La taille de chaque entrée étant à peu près constante (un peu plus de 2 pages) on arrive à des niveaux d'analyse extrêmement variables et une grande hétérogénéité.

anglais,1 étoile

On obtient donc une sorte de pot-pourri où deux pages sur Lilo and Stitch (sérieux) ou Aliens Love Underpants (une série de livres pour enfants) voisinent avec deux pages sur Ursula K. le Guin ou Star Trek. Cela m'a créé une certaine difficulté à trouver l'ensemble pertinent et fidèle à un certaine perception de la réalité et de l'importance des choses (deux pages et demie avec photo sur 300 pour les Télétubbies ?). A noter que l'on a bien évidemment le cochage de toutes les cases obligatoires en terme de représentativité des auteurs et des sensibilités. A cela s'ajoute le fait que certains auteurs sont plus ou moins aptes à transmettre l'importance du sujet qu'ils abordent, rendant leur contribution parfois parfaitement anecdotique ou triviale. 

anglais,1 étoile

Au final un ensemble nettement décevant, surtout quand on le met en regard avec son prix (on frôle la centaine d'Euros). Cela donne l'impression de partir un peu dans tous les sens (à la wikipédia en utilisant les contributions disponibles aléatoirement) sans que l'on arrive à discerner une vraie ligne directrice capable de rendre justice à un sujet central du genre et surtout capable de hiérarchiser (ne serait-ce qu'en terme d'espace alloué) et de structurer les diverses interventions pour donner une vue d'ensemble d'un sujet qui est plus vaste et plus complexe qu'une simple énumération d'œuvres ou d'artistes. Un ratage sans doute dû à un manque de contrôle éditorial.

anglais,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile

30/04/2021

_The Tragic Thread in Science Fiction_

The Tragic Thread in Science Fiction : Robert H. WAUGH : 2019 : Hippocampus Press : ISBN-13 978-1-61498-246-3 (la fiche ISFDB du titre) : 235 pages (y compris bibliographie) : coûte 20.00 USD pour un tp non illustré (probablement un POD), disponible chez l'éditeur, existe aussi en ebook (-262-3).

The tragic thread in science fiction.jpg

Écrit par Robert H. Waugh, un professeur d'anglais à la retraite reconnu comme un des spécialistes de Lovecraft (voir sa bibliographie), cet ouvrage est un recueil d'une douzaine d'essais dont une partie ne sont pas inédits (parus dans Extrapolation entre autres). Cet ensemble de textes de taille variable aborde un certain nombre d'auteurs : David Lindsay (3 essais), Olaf Stapledon (2 essais), Arthur C. Clarke (2 essais), Mervyn Peake, William Gibson, Fritz Leiber (3 essais dont un qui est aussi sur Tiptree) et H.P. Lovecraft. Ils sont étudiés soit sous le prisme de l'étude d’œuvres précises (Childhood's End, Neuromancer, A Voyage to Arcturus, The City and the Stars...) soit sous celui de l'analyse de thèmes récurrents dans leur bibliographie (la musique chez Lindsay, la mort chez Leiber, le théâtre chez Leiber et Tiptree...). Une bibliographie clôture ce livre qui ne n'offre (hélas) pas d'index.

anglais,1 étoile

L'auteur est présenté en 4ème de couverture comme un "scintillating critic". En ce qui me concerne, j'aurais plus volontiers utilisé le terme de "pompeux". A grand coup de citations en allemand, français, italien ou latin dans le texte, de références pesantes à Spinoza, Socrate, Hesse, Goethe, Mallory ou Dante, Waugh procède au grand étalage de sa culture littéraire qui est certes étendue (heureusement pour un professeur d'anglais !) mais qui n'apporte guère d'éléments à son discours sur la SF et semble plutôt noyer sa réflexion sur le genre. On est clairement avec ce livre face à la technique fréquente chez certains universitaires de l'esbrouffe la référence culturelle, ce qui, dans le cas de son texte sur The City and the Stars conduit l'auteur à plus nous parler de Hesse et de son Magister Ludi (Le jeu des perles de verre en VF) que de Clarke et son roman (même s'il a des choses intéressantes à dire sur ce sujet).

anglais,1 étoile

Comme tout le reste est à l'avenant, à savoir beaucoup de délayage et d'étalage, la lecture de l'ensemble est assez pesante et fait que les points pertinents que peut soulever Waugh sont noyés dans une logorrhée constante. A réserver à ceux qui veulent améliorer leur culture générale et briller en société ou à ceux qui veulent légitimer le genre. Bof, bof, bof.

anglais,1 étoile

Note GHOR : 1 étoile