08/12/2012
_La Science-Fiction en France_
La Science-Fiction en France : Théorie et histoire d'une littérature : Simon BREAN : 2012 : Presses de l'Université Paris-Sorbonne : ISBN-13 978-2-84050-851-9 : 501 pages (y compris index et bibliographies) : coûte 22 Euros pour un TP non illustré, disponible dans toutes les bonnes librairies et chez l'éditeur (http://pups.paris-sorbonne.fr/pages/aff_livre.php?Id=991).
Attendu comme le messie par une partie des amateurs français grâce à un buzz persistant, cet ouvrage est dû à la plume de Simon Bréan, un chercheur et professeur français en littérature rattaché à la Sorbonne, spécialiste de la SF française. Ce livre est donc la publication remaniée de sa thèse qui a été soutenue en 2010. Vu les ambitions affichées et le niveau supposé du livre, il s'agit là de l'une des parutions majeures dans le domaine des ouvrages de référence en français de ces dernières années, ce qui explique probablement toute l'exposition médiatique (en tout cas dans le petit milieu de la SF) qui l'a entouré.
L'ouvrage débute par une préface de Gérard Klein, un des hommes orchestre de la SFF, un auteur que l'on aura d'ailleurs souvent l'occasion de croiser au fil de la lecture. Suit une longue introduction théorique de l'auteur qui définit la SF comme un régime ontologique matérialiste spéculatif et qui la place par rapport à d'autres "genres" ou productions littéraires. Les quatre chapitres suivants s'étendent sur la moitié du livre et brossent une histoire de la SF française et en France. On aborde donc d'abord les précurseurs et l'état du genre en 1950 puis chaque décennie est ensuite étudiée dans un chapitre dédié (le tout s'arrête en 1980 même si un bref bilan historique nous amène jusqu'au présent). Après cette séquence historique on bascule ensuite dans la partie théorique avec tout d'abord un chapitre sur les spécificités du genre tant au niveau de la construction littéraire que du processus de lecture lui-même. La partie suivante est plutôt d'essence thématique puisqu'elle balaye les principaux thèmes (voyage spatial, machines pensantes, extraterrestres, etc.) du genre en liaison avec la section historique. Le chapitre suivant développe la théorie du "macro-texte" commun qui encapsule tous les récits de SF et approfondit les parcours littéraires de deux auteurs : Gérard Klein et Pierre Pelot (sur la période étudiée). Une brève conclusion termine l'ouvrage et précède de volumineuses annexes : chronologie du genre, chronologie des régimes ontologiques, tableaux synthétiques des ouvrages parus en France, bibliographie primaire et secondaire et deux index (général et des oeuvres).
Avant d'aborder le contenu de cet ouvrage, il me paraît important de le redéfinir un peu. Sans avoir d'idée préconçue quant au contenu de l'ensemble et en me fiant au titre (et au sous-titre) : La Science-Fiction en France : Théorie et histoire d'une littérature, le livre que j'ai été amené à lire ne correspondait pas vraiment au ce qui était annoncé. En effet, j'ai plutôt lu un ouvrage qui aurait pu majoritairement s'appeler : Les romans de la Science-Fiction française des origines aux années 1980 tels que perçus par la revue Fiction. En effet, hormis quelques paragraphes contextualisants, seuls les auteurs et le domaine français sont étudiés (et encore uniquement les romans) et la partie historique est placée sous le prisme quasiment unique des analyses et avis donnés dans Fiction. Il est vrai que l'auteur s'en explique dès l'introduction, mais j'avoue bêtement aimer acheter le produit promis et non un autre.
Ensuite, j'ai eu parfois du mal avec le projet du livre et son articulation. L'introduction laissait présager d'un ouvrage théorique sur le genre dans la lignée de Langlet ou de Saint-Gelais avec la classique tentative de définition du genre et les habituelles problématiques de l'exercice. Pourtant la suite bascule dans une histoire de la SF française en France qui ressemble beaucoup dans son esprit et son exécution (vie et mort des collections, résumés -parfois longs- des intrigues, querelles de personnes, etc.) à la partie française de l'histoire du genre racontée par Sadoul, aux bémols près 1) d'une certaine tendance à réécrire l'histoire en se basant souvent sur des commentaires (par exemple les préfaces de Klein) rédigés des années après les évènements évoqués et 2) d'une utilisation trop exclusive du matériau extrait de Fiction. Outre le fait que je n'ai jamais été vraiment Fiction mais plutôt Galaxie (je confesse aussi n'apprécier guère le F&SF original), il me paraît dommage de n'avoir retenu qu'un son de cloche. Même si les autres sources sont certainement plus difficiles à obtenir (fanzines, autres magazines, rares articles ou ouvrages de référence), il existait un "autre" discours critique (parfois écrit par les mêmes personnes, cf. le cas de Satellite) même s'il était moins développé ou moins influent que la "mafia" de Fiction. Cette copieuse (mais limitée dans son horizon) histoire du genre contée, retour à la théorie avec la meilleure partie du livre sur les objets et leur positionnement, même si le remplacement de la xénoencyclopédie de Saint-Gelais par le vade-mecum de Bréan n'est pas forcément une avancée fulgurante. J'ai beaucoup apprécié le travail passionnant sur les réécritures de Drode ou Curval qui est hélas bien trop court. Le chapitre suivant, une sorte de catalogue thématique, m'a complètement échappé, d'autant plus qu'une partie est constituée de redites d'éléments d'intrigues déjà dévoilés dans les chapitres historiques (j'ai même eu l'impression -peut-être fausse- d'y lire les mêmes phrases). Le retour à la théorie est alors le bienvenu surtout que (AMHA) on touche là à la vraie spécificité de la SF, à savoir l'aspect hyper-référentiel du genre et les demandes qu'il impose tant au lecteur (via les protocoles de lecture chers à Delany) qu'à l'auteur (qui doit intégrer tout un corpus à l'aune duquel il est jugé). Toutefois, les théories de Broderick sont plutôt à lire directement chez l'auteur (même si Reading by Starlight est parfois indigeste). De plus, j'ai été littéralement arrêté dans ma lecture par la fin de ce chapitre qui est constituée par deux études d'auteurs (dont l'omniprésent GK) certes très intéressantes mais dont la présence semble pour le moins incongrue tant elles semblent être autonomes (les liens avec le macro-texte qui les parsèment me paraissant presque "rajoutés"). L'étude sur Klein (et les parties du livre consacrées aux débuts du FNA) entrent d'ailleurs particulièrement en résonance avec les travaux contemporains de Lyau sur le même sujet (là : http://ghor.hautetfort.com/archive/2011/04/26/the-anticip...).
Même si l'on ne peut qu'être admiratif devant la quantité de travail fournie par l'auteur (et de son courage pour avoir lu certains vieux FNA), un certain nombre de détails auraient gagné à être approfondis et vérifiés directement à l'origine ou recoupés avec des sources fiables. Par exemple, et contrairement à ce qui est écrit par Bozzetto (là-dedans : http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/08/31/rah-peyresq...), Slan n'est pas un fix-up; le passage du format pulp à un format plus modeste ne date pas forcément de la fin des années 40 mais plutôt du milieu de la décennie (1943 pour le leader Astounding); le fait est que, contrairement à l'idée reçue, les nouvelles parues dans Galaxie (surtout dans sa deuxième incarnation) proviennent souvent d'autres magazines que de Galaxy (WoT, If et même New Worlds); ou l'anthologie Marginal (telle que publiée par OPTA) n'a pas eu 16 numéros dans notre réalité. Cette (fugitive) impression d'approximation est aussi présente en règle générale dans les parties consacrées au survol historique de la SF anglo-saxonne qui sont tellement résumées qu'elles pourraient parfois donner une image un peu déformée de la réalité, un lecteur non averti pourrait penser à la lecture de l'ouvrage que le New Worlds des années 70 est le descendant direct de celui de 1946. Pour terminer les reproches, il est dommage que la riche bibliographie secondaire soit tellement segmentée qu'elle en est inexploitable (même si cette problématique de classement se retourve pour toute liste d'ouvrages de référence, y compris ici).
Au final, pour un lecteur récent du genre, le livre représente une très pertinente synthèse d'un certain nombre de concepts théoriques et permet de connaître l'histoire de la production autochtone de la SF dans notre pays (au moins jusqu'en 1980). A ce titre, il est une addition bienvenue au catalogue des ouvrages de référence en VF. Toutefois, les amateurs plus au fait des travaux sur le genre pourront percevoir ce livre comme une certaine concaténation d'ouvrages existants (Lyau+Fiction+Saint-Gelais+Langlet+Sadoul+Wolfe+Broderick+Le Rayon SF) qui détaillent parfois de façon plus approfondie les mêmes sujets. A ce titre, il est au final d'un intérêt moindre.
Note GHOR : 2 ou 3 étoiles ("your mileage may vary" comme disent nos amis anglo-saxons)
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30/07/2012
_Science Fiction A very short introduction_
Science Fiction : A very short introduction : David SEED : 2011 : Oxford University Press (série "Very short introductions" #271) : ISBN-13 978-0-19-955745-5 : 147 pages (y compris index) : coûte 8 GBP pour un petit poche contenant une dizaine d'illustrations N&B.
Faisant partie d'une longue série de titres d'un principe similaire à celui de nos francophones "Que sais-je", ce petit ouvrage a pour vocation de présenter le genre (surtout sur son pan littéraire) dans ses grandes lignes à un public de néophytes. Il a été écrit par David Seed, un professeur de littérature américaine dans une université britannique. C'est un personnage qui n'est pas un inconnu dans le domaine des ouvrages sur la SF puisqu'on lui doit divers articles et au moins deux volumes, l'un sur la guerre froide en SF (American science fiction and the cold war, voir : http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/05/13/american-sc...) et l'autre la compilation du massif A companion to Science Fiction (là : http://ghor.hautetfort.com/archive/2009/03/19/a-companion...).
L'approche choisie par Seed s'appuie sur les principales thématiques du genre, ces thématiques étant souvent reliées à des icônes précises (comme l'ont montré les travaux de Wolfe sur ce sujet). Après une courte introduction, l'auteur aborde donc successivement les voyages dans l'espace, les rencontres avec l'autre, la technologie, les utopies et dystopies et les fictions autour du temps. Un dernier chapitre va passer en revue un certain nombre de sujets propres à la SF (intertextualité, fandom, magazines, critique...). Une liste de lectures théoriques et un index clôturent ce court ouvrage qui est agrémenté d'une quinzaine d'illustrations grand format en N&B (surtout relatives à des films).
Si la connaissance du genre par Seed est difficile à mettre en défaut, l'impression qui ressort de la lecture de cet ouvrage est celle d'un problème de structure. En effet, le découpage en thèmes tel qu'il est annoncé par l'auteur présente une certaine logique classique et correspond à une approche relativement claire. Le souci est que Seed, sans doute à cause de la richesse d'un genre à couvrir en une grosse centaine de pages, en arrive à mêler tout et n'importe quoi au sein de parties pourtant clairement libellées. On trouve ainsi toute la New Wave dans le voyage spatial ou les réalités truquées de PKD avec les utopies.
A ce "fouillis" thématique s'ajoutent des ruptures de rythme assez pénalisantes pour la facilité de lecture. En effet, il arrive parfois à Seed de s'arrêter dans son exposé thématique pour nous détailler l'intrigue complète de Childhood's end ou de 2001. Dans un ouvrage aussi synthétique ces pages entières consacrées à raconter un film font un peu délayage. On pourrait aussi évoquer une présence de la proto-SF (Wells et Verne mais aussi De Bergerac ou Mercier) dont l'importance dans ce guide me paraît disproportionnée avec leur impact sur l'état actuel de la SF, s'agissant de textes que quasiment aucun acteur du genre n'a lu et ne lira. Celle logique de pedigree (et aussi de légitimation grâce ici à la convocation de Atwood, Burroughs, Lessing et al.) me paraît toujours artificielle et hypocrite. Malgré toutes ces critiques, il me faut préciser que cet ouvrage remplit de façon tout à fait convenable son rôle de présentation du genre (en apportant même quelques références originales) même si son organisation ou certains de ses choix de légitimation me laissent sceptique.
Note GHOR : 1 étoile
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09/07/2012
_Strange divisions and alien territories_
Strange divisions and alien territories : The sub-genres of science fiction : Keith Brooke (editor) : 2012 : Palgrave Macmillan : ISBN-13 978-0-230-24967-7 : xiv+222 pages (y compris index et bibliographie) : coûtait une vingtaine d'Euros pour un tp non illustré qui existe aussi en hc (voir là : http://us.macmillan.com/strangedivisionsandalienterritori...).
Une des questions que se posent à la fois le néophyte et l'universitaire qui s'intéresse au genre labellisé "Science Fiction" est celui de son exacte taille et de son contenu. A première vue, l'appartenance à un même ensemble de livres aussi variés que Hitler's War (la 2GM en 1938), The Windup Girl (une Terre future affamée), Eifelheim (des ET au Moyen-âge) ou Bringer of Light (des empires galactiques en lutte) peut paraître incompréhensible. C'est cette partition de la SF en sous-genres (avec leurs auteurs spécialistes, leurs clichés, leurs sous-sous-genres) que les contributeurs réunis par Brooke ont décidé d'expliciter et d'illustrer dans cet ouvrage publié par un éditeur universitaire (d'où son prix, excessif surtout en hc).
Keith Brooke, auteur lui-même, a rassemblé une belle brochette d'écrivains de SF (surtout britanniques) dans cet ouvrage qui s'ouvre par une préface de Michael Swanwick. Suivent une douzaine de chapitres consacré chacun à un des principaux sous-genres de la Science Fiction ou à un thème particulier. On va donc aller de la Hard Science (Gary Gibson) au Posthumanisme (Tony Ballantyne) en passant par le Space Opéra (Alastair Reynolds), le Cyberpunk (James Patrick Kelly) ou la religion (Adam Roberts). Chaque essai fait une petite vingtaine de pages et se termine par une liste des lectures recommandées. Après une courte conclusion de Brooke, l'ouvrage est clôturé par une bibliographie par chapitre et un index général.
Cet ouvrage étant écrit par des pratiquants chevronnés du genre (la moins productive étant Kate Dolan avec quand même neuf livres à son actif), son contenu reflète une grande connaissance de la SF et de son histoire. Logiquement, certains auteurs vont traiter les sujets avec lesquels ils ont le plus d'affinité ou dans lesquels ils oeuvrent habituellement. Par exemple Adam Roberts va évoquer les rapports entre SF et religion, une approche dans le droit fil de son histoire de la SF parue chez le même éditeur (là : http://ghor.hautetfort.com/archive/2008/09/23/the-history...) et Reynolds s'est vu confier le Space Opéra. Le côté négatif de cette approche est le fait que certains auteurs ne peuvent résister à parler de leurs propres textes, même si c'est camouflé sous de l'humour comme pour Di Filippo.
Le problème avec cet ouvrage est celui que l'on rencontre avec ces recueils d'essais dus à des contributeurs différents, à savoir une grande hétérogénéité de traitement. Certaines parties sont plutôt synthétiques avec une vision globale, alors que d'autres ressemblent plus à une suite de synopsis d'oeuvres présentant un thème commun. Même si l'on apprécie l'inclusion et l'étude de textes récents ainsi que la qualité individuelle (même si elle est variable) des essais, l'ensemble manque un peu de mise en perspective et d'harmonisation, c'est a dire d'un véritable travail de coordination
Note GHOR : 2 étoiles
08:10 | 08:10 | Ouvrages généraux sur la SF | Ouvrages généraux sur la SF | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : anglais, 2 étoiles | Tags : anglais, 2 étoiles
02/06/2012
_La Science Fiction illustrée_
La Science Fiction illustrée - Une histoire de la S.F. : Franz ROTTENSTEINER : 1975 : Seuil : pas d'ISBN : 160 pages (y compris bibliographie) : mon exemplaire affiche un prix de 35 FRF pour un livre grand format à la couverture souple et largement illustré.
Dû à la plume de Franz Rottensteiner, un auteur/critique/anthologiste/directeur de collection autrichien surtout connu pour avoir été l'agent et l'ardent défenseur de Stanislas Lem, cet ouvrage a été publié en plusieurs langues (il est ici traduit de l'anglais). Il est globalement contemporain de divers projets similaires (Gunn, Kyle) dont les buts étaient une présentation de la SF au fameux "Grand Public" (comme l'indique bien le fait qu'il ait été publié par un éditeur généraliste), en attendant l'arrivée d'encyclopédies plus pointues (Ash, Holdstock).
L'ouvrage est organisé en une cinquantaine de courts (deux à trois pages en moyenne) chapitres qui abordent un des aspects du genre. On trouvera à la fois des entrées sur des personnages clés de la SF (de Wells à Bok en passant par -surprise !- Lem ou Asimov), sur les grands thèmes du genre (les robots, le premier contact, les contre-utopies...), sur les diverses SF nationales (y compris la SFF) et sur les habituels sujets propres au genre (le fandom, les prix, les pulps...). Chaque chapitre bénéficie d'illustrations (couvertures, photos de films) souvent pleine page, soit en N&B, en couleur (les moins fréquentes) ou dans une sorte de sépia à couleur variable (marron mais aussi violet, bleu ou rose). Une chronologie et une bibliographie secondaire (mais pas d'index) clôturent ce volume.
Voilà un livre qui présente de nombreuses qualités même si son objectif (une histoire de la SF en moins de cinquante pages de texte) reste évidemment inatteignable. Les éléments factuels sont maîtrisés, les références sont correctes et l'analyse, même si elle est parfois forcément lapidaire, est généralement pertinente et mesurée (on excusera la pleine page consacrée à un auteur polonais inconnu et l'article sur Lem dont le côté dithyrambique peut faire sourire). De plus, Rottensteiner nous permet de nous rendre compte qu'il existe d'autres SF que l'anglo-saxonne y compris grâce à une iconographie très rarement vue car d'origine allemande, roumaine, polonaise, espagnole ou russe.
En ce qui me concerne, deux aspects formels ont eu tendance à plomber cet ouvrage. Tout d'abord, une organisation trop anarchique au point que le sommaire du livre semble être dû seulement au hasard (avec des articles dans l'ordre suivant Robida=>Poe=>Heinlein=>Zulawski dont la logique m'échappe). Ensuite, je dois avouer que le parti pris artistique de l'ouvrage à base de retranscriptions monochromes, de fonds colorés et d'images colorisées de façon assez étrange peut entraîner un certain rejet (tout cela pour dire que je trouve la mise en page et les choix de couleurs très laids). Feuilleter ce livre est même une expérience assez déplaisante et ne met en tout pas vraiment en valeur le travail des artistes (transcrire Bok en marron et noir ou Finlay en mauve et noir ne me semble pas très pertinent ni très réussi). Au final un livre plutôt bon dans son discours mais que sa présentation n'aide pas vraiment.
Note GHOR : 2 étoiles (pour le contenu textuel)
11:20 | 11:20 | Ouvrages généraux sur la SF | Ouvrages généraux sur la SF | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : français, 2 étoiles | Tags : français, 2 étoiles
30/12/2011
_Sciences & Science Fiction_
Sciences & Science Fiction : Divers auteurs : 2010 : Editions de la Martinière/Universcience éditions : ISBN-13 978-2-7324-4142-9 : 234 pages (y compris bibliographie) : coûtait 29.90 Euros pour un TP format carré largement illustré en couleur.
Cet ouvrage est en fait le catalogue de l'exposition "Science et Fiction, aventures croisés" qui s'est tenue en 2010-2011 à la Cité des sciences et de l'industrie. Le thème de ce grand raout étant de mettre en lumière les rapports étroits qu'entretiennent la SF et les sciences et, par la même occasion (comme le justifie la préface), de présenter le genre sous un aspect plus flatteur que celui de sous-littérature. Une stratégie de légitimation par la culture dominante que l'on voit de plus en plus à l'oeuvre (cf. les tentatives de la BNF qui se positionne sur ce créneau).
Ce livre est donc découpé en une multitude de courts essais d'une dizaine de pages ou moins qui, vu l'iconographie abondante, ne doivent pas compter plus de la moitié de texte. Venant après une succession de préfaces et autres introductions, ces essais se répartissent en trois thèmes principaux : "L'espace-temps", "L'Homme" et "Les machines". Ils sont de plusieurs sortes : articles de vulgarisation (le laser, la propulsion spatiale), textes de portée générale (histoire du genre, villes du futur) ou se focalisant sur des aspects précis (les capitaines de l'espace dans la BD britannique, les langues dans la SF). Le livre se termine par diverses annexes : chronologie, bibliographie (VF, VO & Web), présentation des auteurs, crédits.
Il est indéniable que ce livre est agréable à feuilleter à cause de son iconographie très abondante (au minimum une illustration couleur par page) et de qualité (grâce à une reproduction maîtrisée). De plus, l'originalité de certains choix permet d'admirer des travaux peu connus (comme les couvertures de magazines britanniques des années 60), même si une partie de l'ensemble a souvent été vue (en particulier les images tirées de films). Le texte en lui-même est beaucoup plus classique (avec très peu d'erreurs factuelles) et n'apportera guère d'informations à qui connaît un tant soit peu le genre.
En fait, c'est plus le manque d'unité qui peut être gênant. Tout d'abord, la cohabitation entre les disciplines (sérieuses) de la prospective et de la vulgarisation et la Science-Fiction (pas sérieuse) a toujours été un art délicat et les changements de ton entre des essais consécutifs sont parfois brutaux, sans parler des perspectives différentes. Ensuite, certains sujets auraient, à mon avis, pu être éliminés, soit parce qu'ils sont trop pointus (par exemple l'article de F. Valéry) ou parce qu'ils sont du domaine du marronnier ou de la caricature (comme celui sur les soucoupes volantes). Cette hétérogénéité est sans doute du à un cercle de collaborateurs plutôt restreint et que l'on retrouve dans la plupart des projets de ce type. Au final un joli livre à feuilleter mais qui ne fera guère date et que l'on pourra aisément oublier une fois l'exposition qui lui sert de support terminée.
Note GHOR : 1 étoile
13:45 | 13:45 | Ouvrages généraux sur la SF | Ouvrages généraux sur la SF | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : français, 1 étoile | Tags : français, 1 étoile